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 Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]

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CITOYEN DE PANEM
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ϟ 1ERE MOISSON : 23/08/2012
ϟ MESSAGE : 547
ϟ AVATAR : Sam Worthington (guardianangel)
ϟ MULTICOMPTE : Théodore M. Hymes
ϟ DISTRICT : quatre - réside désormais au Capitole
ϟ AGE : 23
ϟ METIER : Journaliste et Mentor (71èmes HG) - A un talent caché pour le dessin.
ϟ LIFESTYLE : excellentes, un peu trop à son goût d'ailleurs. Mais pour tout dire, il ne crache pas dessus, bien au contraire...
ϟ HUNGER GAMES : oui
ϟ RÉBELLION : contre
ϟ COMPÉTENCES : SURVIVOR
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MessageSujet: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Ven 24 Aoû - 21:22
1340 mots environ



    Le soleil se couchait sur les bâtiments blancs du Capitole. Du balcon de l’appartement que j’avais fini par acheter, je le regardais s’échapper, rêvant moi aussi d’évasion. J’imaginais ce que ça pouvait faire d’être un oiseau, ou un poisson… un animal pouvant se déplacer en faisant fi des limites terrestres. Je m’imaginais, là haut, très haut dans le ciel, planant dans les nuages, jouant avec les courants chauds… Le Capitole, j’avais beau le haïr, il m’offrait tous les jours des paysages nouveaux. Et pas de forêts. Si, bien sûr, il y avait des plantes vertes, une forêt de bâtiments, mais pas de forêts faites de bois, d’herbe, de rochers, de précipices, d’obscurité et de sang. Je secouais la tête, coupant mes pensées dans leur digression dangereuse. Il ne fallait surtout, surtout pas que j’y pense. C’étaient comme des aimants qui sautaient sur la moindre occasion pour revenir. Les souvenirs d’il y a quatre ans se perdaient dans mon esprit, jaillissant au moindre prétexte. Comme maintenant. Le soleil n’était plus qu’un point rougeoyant à l’horizon, et je le lâchais du regard pour me calfeutrer à l’intérieur de mon appartement. Mon petit rituel d’allumage de tous les éclairages que j’accomplissais chaque soir m’occupa bien cinq minutes et ans un appartement tant éclairé qu’on pouvait se croire en plein jour, je m’assis dans un fauteuil, face à la télévision. Je m’ennuyais. Mais il ne fallait pas que le Capitole le sache, sans quoi il allait m’obliger à… oh, non, pas à faire comme certains qui étaient obligés de mettre leur corps au service du Capitole, non ! Je n’étais pas du genre beau garçon et quand bien même, j’étais plutôt du genre bad boy infréquentable, qui ne savait pas se tenir en société et qui n’avait rien à faire parmi la population colorée du Capitole. Pourtant j’y habitais et je comptais bien y rester le plus longtemps possible. Je me pris la tête entre les mains et allai chercher un verre de whisky ou quelque chose s’en approchant. L’alcool ne me brûla même pas la gorge devenue insensible en quatre petites années et tomba directement dans mon estomac affamé. Soudain, une alerte sonna et mon calendrier m’informa que je me devais d’assister à une de ces soirées qu’organisait le Capitole pour distraire ses habitants et que la venue d’un vainqueur pouvait être appréciée. J’imaginais bien qu’ils allaient encore me demander de commenter les derniers événements… C’était pathétique de voir à quel point mon air de désillusionné et de blasé pouvait les faire rire et battre des mains comme si je n’étais qu’un clown. Au moins, on me laissait tranquille sur ce que je disais (sauf si je dépassais les limites bien sûr), parce que plus personne ne me prenait au sérieux avec mon visage émacié par l’alcool, la lueur de folie qui brillait dans mes deux perles grises et ma barbe de trois jours. Je considérais mon accoutrement et haussai les épaules. Un vieux tee-shirt et un jean. Voilà qui allait plaire aux Capitolins. Je me voyais déjà le spectacle de rires et de moqueries, mais ça ne me faisait plus ni chaud ni froid. Il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour aller amuser la galerie. Et je savais très bien quelle tournure allait prendre la soirée : j’allais être sous le feu des projecteurs dix minutes puis j’allais m’installer à côté d’une bouteille de tord-boyau pour le reste de la nuit, espérant tenir jusqu’au matin pour ne pas avoir à sortir dans le noir. Non. La seule chose qui pouvait rendre ces soirées moins ennuyeuses et moins déprimantes, c’était l’éventuelle présence de Rouge, une jeune Capitoline qui était apparemment destinée à être la styliste du futur tribut du quatre… La couleur du District Quatre était d’ailleurs plus le bleu, comme le bleu de la mer que je ne pouvais plus voir en face sans revoir le visage de Myriam. Qu’une « Rouge » doive faire les costumes de parade de nos tributs étaient pour moi assez amusant. Mais plus que son prénom insolite, c’était sa personnalité qui m’empêchait de fuir les soirées. Elle semblait toujours aussi enjouée, toujours aussi heureuse d’être là et toujours aussi curieuse que la première fois que je l’avais vue. Ca avait d’ailleurs était un massacre total, puisque la soirée avait fini tôt et que je m’étais trouvé dans l’obscurité angoissante de la nuit. Je soupirai en terminant mon verre et je jetai une veste sur mes épaules si le climat se rafraîchissait. J’espérais bien que Rouge serait là. Histoire de faire rapidement passer le temps. Je sortis dehors et aussitôt enveloppé dans la nuit noire, je cessai de bouger. J’étais paralysé. Pas le moindre rayon de soleil rouge. Oh, bien sûr, il y avait tant d’éclairages dans la ville qu’on se pensait parfois en plein soleil, mais les ombres ne trompaient pas. Ni le noir du ciel, dans lequel allait s’allumer dans quelques minutes le nom des tributs qui venaient de mourir. Le canon avait il résonné aujourd’hui ? Je retins quelques larmes de frayeur, et je rassemblai tout mon courage pour faire un pas en avant. Puis un autre. Puis un autre. Je finis, tremblant, par traverser la rue où m’attendait un taxi et je me laissai tomber à l’arrière, crachant d’une voix agressive l’adresse de la soirée comme pour reprendre maîtrise de mes émotions. Le chauffeur ne dit rien mais je voyais bien le petit sourire mesquin sur son visage. Il se moquait de moi, j’en étais sûr. Je n’avais qu’une envie, le tuer. Mais non. Il ne fallait pas. Ce n’était plus les Hunger Games. Je ne devais pas tuer tous ceux qui me dérangeaient. Et puis, ce n’était pas Maël Reh, ce meurtrier. Si ca l’était. Il avait tué sa sœur non ? Je me pris la tête entre les mains, tâchant de m’isoler dans ma tête de torturé. Je devais cesser de penser. Cesser de me croire dans l’arène. Ma vie entière n’était pas les Jeux non ! Je devais cesser de croire que les autres essayaient d’entrer dans la meute de carrière, cette même meute que j’avais rejetée… non. Je devais cesser d’y penser. Et… « Monsieur, nous sommes arrivés. » « Ah. Bien. »Je ne le regardai même pas lorsque je payai et sortis de la voiture. Aussitôt, cette même paralysie s’empara de moi. Je devais faire ce pas en avant. Sourire. Me décrisper. J’étais raide comme un piquet lorsque j’atteignis la porte de la grande pièce déjà remplie de personnes et je tremblais de partout. Comme prévu, les regards se dardèrent sur moi, et je vis les sourires ironiques se dessiner sur leur visage. Ils se gaussaient de moi et de mon air constamment apeuré. Oui, je ne suis pas l’un de vos vainqueurs qui sourient, qui épatent la galerie, qui sont aussi charismatiques que vous ! Oui, je suis celui qui ne sourit pas, qui fait tout le temps la tronche, qui est aussi drôle que le massacre de phoque, et qui a en plus une mauvaise réputation. Ah, ça, pour sûr, je ne risque pas d’être un danger pour le Capitole. Sauf si, bien sûr, une goutte d’eau douce s’est jamais révélée être un danger pour un océan d’eau salée. Bref. Les regards se dardèrent donc vers moi pour se détourner en quelques secondes. Visiblement je n’étais pas très intéressant ce soir. Ca m’arrangeait. Je me laissai tomber dans un canapé, comme quelques quarts d’heure plutôt dans mon salon, et récupérai un verre d’alcool sur la table la plus proche. Enfin, je cherchai Rouge des yeux.
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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Sam 25 Aoû - 19:04

Qu'il me parle tout bas
Je vois la vie est rose.

Rouge – Rentre chez toi, Maria. Ce soir, je sors.

La bonne range le dernier pull. Un pull bleu avec des paillettes. Une horreur. Horreur, peut-être, mais c’était la mode. Rouge, assise en tailleur sur son lit, observe Maria, une jeune femme filiforme aux longs cheveux bleus. Rouge n’avait jamais vraiment désiré de bonne. Mais ses parents en avaient ressenti le besoin. Rouge, leur adorable petite fille si jolie et si prometteuse, se devait d’avoir des domestiques. Rouge les laissait alors travailler tranquillement, sans leur donner un autre ordre que celui de partir. Rouge descend de son lit, laissant les couvertures chiffonnées, et se dirige en silence vers son armoire. Enfin. Vers l’immense pièce qui lui sert d’armoire. Elle se frotte les yeux, baille, avant d’ouvrir la porte transparente. Elle frappe dans ses mains deux fois et la pièce s’illumine. Maria apparait derrière elle, les mains bien en vue sur son tablier.

Maria – Vous avez besoin d’aide, mademoiselle ?

Sans répondre, Rouge s’aventure dans la pièce. Des robes, des pulls, des pantalons, entreposés là en attendant leur heure de gloire. Des paillettes, des strass, reflètent la lumière et renvoient sur les murs une ribambelle de couleurs. On se serait cru à Noël, sous les guirlandes. Ca lui donne presque mal à la tête, aux yeux. Des couleurs, allant du rose au brun. Des pantalons en jeans déchirés, des t-shirts à imprimés simples. Et pourtant, tous étaient destinés aux soirées, aux rendez-vous, aux interviews. Aux trucs où elle devait devenir Rouge, star, sociable, belle, rebelle. Elle repousse des boucles blondes.

Rouge – Aide-moi à choisir une robe.

La bonne la dépasse et choisit des robes. Des noires, des roses, des vertes, des bleus. Des robes à fleurs, des robes en plumes, des robes où certaines parties étaient transparentes. Des longues, des qui arrivent aux genoux et des courtes. Elle roule des yeux. Elle retourne dans sa chambre, se jette sur son lit. Qui doit-elle être, aujourd’hui ? Elle doit être sociable. Elle doit être belle. Elle doit faire impression. Elle préférerait rester dans son lit, à regarder la télévision en s’empiffrant de glace – même si son agent lui a clairement fait comprendre que c’était mauvais pour elle. Au lieu de ça, elle allait devoir jouer à la bécasse, la pauvre petite oie blanche, innocente, du Capitole. Rire, manger, boire, avaler ce liquide transparent qu’elle n’avait jamais supporté pour se faire vomir. Danser, rire, parler, prendre des nouvelles de personnes qu’elle ne voulait même pas se souvenir. Maria revient, les bras débordant de tenues. Rouge renvoie les robes longues ainsi que celles qui arrivent aux genoux. Elle renvoie les bleues, les vertes et les jaunes. Elle rejette ses cheveux vers l’arrière, finit par choisir la seule robe qui l’inspire. La rose, la courte. Celle qui lui arrive au milieu de la cuisse. Celle qui est bourrée de paillettes. Ca l’ennuie. Elle retire son t-shirt difforme et l’envoie valser dans un coin. Elle fait de même avec son pantalon. Elle se glisse dans la robe et grogne en constatant qu’elle est vraiment plus que courte. Ca l’ennuie. Rouge rassemble ses mèches blondes sur le côté et tourne le dos à Maria. La bonne comprend et vient à bout de la fermeture éclair.

Maria – Je dois vous coiffer ?
Rouge – C’est gentil, Maria. Mais je pense que je vais laisser mes cheveux au naturel.

Et comme pour souligner son envie, d’un coup de tête, elle envoie ses cheveux vers l’avant avant de les rejeter en arrière. Les mèches blondes, légèrement bouclées, coulent le long de son visage.

Rouge – T’en penses quoi ?

Si sa mère avait entendu, elle l’aurait engueulé. Le personnel ne donne pas son avis. Le personnel doit, comment dire… Rester derrière une espèce de mur transparent, une barrière infranchissable. Il garde ses distances, ses limites. Pas d’avis. Le personnel ne choisit pas les tenues de ses employeurs. Il se contente de ranger, de nettoyer et d’assouvir les besoins de ses maîtres. Rouge n’était pas de cet avis. Maria était une jeune fille d’à peu près son âge. Une personne humaine et non un animal. Maria était donc en mesure de donner son avis. Elle pourrait même devenir son amie… Enfin. Maria lui annonce que c’est parfait. Que Rouge est magnifique. La jeune Capitoline éclate de rire. Comme à chaque compliment. Fausse modestie oblige. Pour enchaîner, elle se maquille. Légèrement, juste histoire de faire ressortir ses yeux. Du rose pâle sur ses lèvres et des boucles d’oreilles dorées, assortie à un collier. Rouge s’assied sur son lit, ses chaussures à talons noirs, dépassant les dix centimètres, dans les mains.

Rouge – Tu t’imagines ? Je vais être coincée dans une basse-cour, harcelée par des poules aux plumes jaunes, roses, rouges, vertes et des coqs de pacotille tous aussi ridicules que leur féminin.

Maria s’indigne, lui lance un « il ne faut pas parler de la sorte, mademoiselle. ». Mais Rouge voit clairement qu’elle se retient de rire. Rouge peut tout se permettre. Elle est Capitoline, actrice et styliste. Maria, quant à elle, ne peut rien se permettre. Elle est domestique, domestique et rien d’autre que domestique. Son rang de Capitoline ne lui servirait à rien si elle se faisait prendre en se moquant de personnes plus hautes qu’elle. Rouge se regarde dans le grand miroir qui tapisse l’un des murs de sa chambre. Elle est parfaite. Sublime. Rose et pailletée. Elle sort, fourre ses affaires dans un petit sac à main, taillé dans la même matière rose et pailletée que sa robe, et le coince sous son bras. Elle agite sa main, sourire aux lèvres, pour dire au revoir à Maria.

Maria – Bonne soirée, mademoiselle.
Rouge – Ferme bien, en sortant. Et bonne nuit !

Dehors, le chauffeur. Toujours prêt à partir, à l’emmener. Toujours prêt à la raccompagner chez elle. Eveillé en permanence. Ce n’est pas une vie, au fond. Cette fois, elle essaiera de ne pas rentrer trop tard. Ou trop tôt, ça dépend du point de vue. Elle lui indique l’adresse et retouche son maquillage. Être parfaite. La voiture tourne et Rouge voit déjà les gens se presser devant l’entrée. La soirée risque d’être longue. Trop longue.

Rouge – Si t’as pas de nouvelles avant deux ou trois heures du matin, tu peux rentrer chez toi. Je trouverai un taxi.

Le chauffeur s’indigne et râle mais Rouge claque déjà la portière. Et s’aventure déjà vers l’entrée où elle aussitôt assaillie de toute part. Les gens qui la connaissent, ceux qui veulent la connaître. Elle parle, sourit, rigole, prend des photos avec des personnes qu’elle ne connait ni d’Adam ni d’Eve.

Au bout d’une demi heure, elle parvient à la table du buffet, soudoie un mec chargé de surveiller la table afin qu’il lui apporte une bouteille de champagne pleine et débouchée et se retourne, un grand sourire aux lèvres. Elle sait qu’il est là, quelque part. Dans un coin. Les gens qui n’aiment pas les fêtes, en général, c’est là qu’ils sont. Dans un coin. Elle croise le canapé des yeux. Pas l’homme mal rasé et habillé normalement dessus. Le canapé. Ce n’est qu’après qu’elle le capte. Sourire, déhanché, robe courte et rose et pailletée. Rouge s’avance. Lance d’un ton légèrement moqueur une remarque.

Rouge – Tu fais peine.

Mais elle sait pourquoi il est habillé de la sorte. Elle sait pourquoi il tire la tronche. Intérieurement, elle tirait la tronche aussi. En plus, ses talons la faisaient souffrir. Elle se laisse tombe à ses côtés, sa bouteille en main.

Rouge – Et si tu faisais au moins semblant de t’amuser ?

Prends exemple sur Rouge. Elle est parfaite dans ce rôle.

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Sam 25 Aoû - 19:48
1120 mots environ

    Tu fais peine.

    Je lèvai la tête de mon verre et dardai mon regard gris sur le rose à paillette qui était devant moi et qui venait de me déranger. Puis je remontai le tissu pour arriver au visage de Rouge qui me lança une autre remarque tout aussi pertinente :

    Et si tu faisais au moins semblant de t’amuser ?

    J’esquissai un sourire, conscient qu’elle n’avait pas tout à fait tort. Je faisais peine à voir, et je me savais une loque humaine. J’avais l’impression d’avoir quatre vingt dix ans, de n’être qu’une momie décharnée, et pourtant j’avais vingt trois ans révolu. Vingt trois ans et demi pour être tout à fait exact. « Tu fais peine ». Je me demandais qui faisait le plus peine à voir entre moi et ces greluches colorées qui se trémoussaient sur de la musique, là bas. Je m’étirai grossièrement, avant de secouer la tête. Avant, j’avais les cheveux mi long qui me tombaient dans les yeux. Et lorsque je secouais ainsi la tête pour les faire virevolter à la sortie de l’eau, je savais que ça me donnait l’air d’être un jeune chien fou. Mais ça, c’était avant qu’on rase mes cheveux avant les jeux, pour qu’ils ne me gênent pas. Une idée de ma styliste. Une idée stupide. Mais j’avais perdu l’habitude de mes cheveux mi long et maintenant je les rasais presque intégralement dès qu’ils me semblaient trop longs. Je me passai une main dans les cheveux et fis une moue mi-rieuse, mi-agacée. Je ne savais jamais vraiment ce que Rouge attendait de moi lorsqu’elle me lançait de telles… phrases, le mot « pique » eut été un peu trop fort, à la figure. Après tout, … je soupirai.

    « Qu’espères tu que je te réponde, Rouge. Je ne suis pas un Capitolin. Tout ça… »

    Je désignai d’un geste de la main les gens et leur buffet, la musique, leurs tenues extravagantes… Tout ce qui constituait le Capitole. Tout ce que j’exécrais. En fait, j’étais injuste, puisqu’il n’y avait plus grand-chose qui puisse trouver grâce à mes yeux depuis quatre ans. Même la nourriture qu’on avait en quantité, que j’avais en quantité maintenant, me paraissaient aussi fades que du carton. J’imaginais que les seuls aliments qui pouvaient encore faire fonctionner mes papilles étaient ces baies que j’avais mangées, ces poissons crus de peur qu’on ne voie mon feu que j’avais avalé à la hâte… Mais je n’avais plus mangé de poissons depuis quatre ans. En fait, ma vie s’était arrêtée il y a quatre ans. Le visage innocent du premier tribut que j’avais tué s’imposa à mon esprit avec force et je m’avachis davantage sur le canapé de luxe, pour rester accroché à la réalité. Il ne fallait pas que je divague, non, pas une soirée où le Capitole me laissait tranquille. Si je divaguai… il était certain que les pacificateurs qui étaient à l’entrée et qui me surveillaient du coin de l’œil ne tarderaient pas à s’en apercevoir et me feraient évacuer la pièce tout en faisant leur rapport. Que je reste dans un coin bien sagement, ça c’était correct. Que je commence à montrer aux petits chéris du Capitole toute l’horreur des jeux en perdant l’esprit au milieu d’eux, ça dépassait les limites. Et mon frère n’était pas encore tout à faire hors des griffes du Capitole. Il pouvait toujours participer à leurs jeux. Je repris, d’une voix essoufflée comme si je venais de courir un marathon :

    « Tout ça… c’est sûrement drôle pour toi, mais… ce n’est pas vraiment pour moi. D’ailleurs, comment peux tu accepter de t’accoutrer de telle manière ? Même la folle du D4 n’accepterait pas une telle tenue. »

    J’étais maussade, et je n’avais pas envie de faire des efforts pour être gentil. Rouge était une Capitoline, et je ne l’oubliais que trop souvent. Il ne fallait pas que je perde de vue qu’elle était une chose du Capitole. Peut être même était elle une espionne de Snow. Peut être même qu’elle allait rapporter mes propos aux Pacificateurs, qui allaient me regarder en me demandant comment allait Sebastian… Je pris la bouteille des mains de Rouge sans aucune douceur et regardai l’étiquette. Du champagne ? C’était quoi ce jus de pomme pétillant ? Je grommelai dans ma barbe un peu courte d’autres remarques sympathiques, à croire que j’avais envie de parler ce soir là :

    « Tu n’es toujours pas passée à quelque chose de buvable ? Ce jus de chaussette ne vaut pas un clou. Et tu as vu tes talons, ou plutôt tes marches pieds ? Et puis qu’est ce que tu fous encore là, tu vois pas que tu pollues mon environnement ? Va lécher les bottes des fonctionnaires, tu trouveras si ça se trouve des sponsors pour tes futurs mignons. »

    Ses futurs mignons… je ne les considérais pas comme mien. Oui, c’étaient les siens. Moi, je n’avais pas envie de les conseiller. D’ailleurs, à quoi cela pouvait il leur servir ? Je pouvais toujours leur pourrir la vie avec de fausses rumeurs, ça oui, mais bon… J’avais conscience d’être particulièrement grossier, vulgaire et imbuvable avec Rouge aujourd’hui. J’en avais conscience, peut être un peu de remords, mais je les étouffai vite en buvant le champagne à même la bouteille, et que le verre aille voir ailleurs si j’y étais. Le serveur qui était à côté me fit les gros yeux et je lui fis un geste horriblement malpoli pour lui dire de regarder ailleurs. Bref, je savais que Rouge n’allait pas apprécier mon comportement, mais je n’étais pas encore remis de ma sortie dans la nuit. En fait, ce n’était pas tout à fait ça, puisque la sortie, je l’encaissai un peu mieux à chaque fois. Non. C’était plutôt la journée qui venait de s’écouler qui me portait sur les nerfs, c’était le cauchemar que j’avais fait cette nuit, dans lequel je revoyais Myriam me supplier de la croire, de croire que c’était bien elle et que la tribut du district sept était celle que j’avais tuée un peu plus tôt. Puis le Président Snow, avec sa voix doucereuse, m’avait demandé des nouvelles de ma famille. Et ma famille qui… Je toussai, et me tassai encore plus dans le canapé, rentrant les épaules et renfrognai mon visage.

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Sam 25 Aoû - 22:18

Oooooh !
Et une bouteille de rhum !

Rouge voit le sourire qui se dessine sur ses lèvres. C’est bien. Au moins, il ferait moins peur aux demoiselles qui minaudent dans leurs robes en plumes et en bulles, là-bas. Rouge les connait : chaque fête, c’est pareil. Elles repartent aux bras d’un homme différent. Ca ne dure jamais longtemps. Une nuit, en fait. Jusqu’au petit déjeuner. Après, elles partaient, en bande, faire la chasse aux hommes ailleurs. Dans les soirées, quand Rouge les repérait, toutes les trois, elle essayait à tout prix de les éloigner de Jerk. Elle n’a pas peur pour Maël. Elle est avec lui, ce qui signifiera aux filles qu’il est occupé. Et Maël est suffisamment grognon pour se débrouiller par lui-même. Qu’est-ce qu’une fille de dix-neuf ans pouvait bien faire pour le sortir des griffes de trois vouivres ?

Maël – Qu’espères-tu que je te réponde, Rouge. Je ne suis pas un Capitolin. Tout ça…

Il gagne un point, Rouge. Elle, elle était habituée. Depuis sa tendre enfance, elle arpentait les fêtes, les défilés de mode de sa mère et les inaugurations de son père. Elle était toujours là, défilant, saluant, souriant, envoyant des baisers à une foule en furie, sur les tapis rouges. Elle était toujours là, assise dans un fauteuil, avec Jerk ou une autre personne, répondant aux questions des journalistes. Et pourtant, Rouge déteste ça. Elle veut tellement être normale. Vivre dans un district. Travailler à la même cadence tous les jours pour gagner sa vie. Avoir de vrais parents et non des fantômes, des « oui chérie, bien chérie » qui travaillaient en permanence, allant jusqu’à l’abandonner dans les bras de nourrices et d’assistants. Participer aux Jeux lui ferait peur. La Moisson la rendrait malade. Elle n’aurait aucune raison de se réjouir. Mais au moins, elle vivrait. Elle se sentirait vivre. Au Capitole, elle était morte.

Maël – Tout ça… c’est sûrement drôle pour toi, mais… ce n’est pas vraiment pour moi. D’ailleurs, comment peux-tu accepter de t’accoutrer de telle manière ? Même la folle du D4 n’accepterait pas une telle tenue.

Accepter. Accoutrement. Telle manière. Le sourire de Rouge s’élargit et elle porte le goulot de la bouteille à ses lèvres. Le goût de la pomme envahit sa bouche. Les bulles explosent contre son palais. L’alcool descend dans sa gorge, réchauffe son estomac. Elle dégage la bouteille de ses lèvres, bat des cils en direction du serveur pour qu’il oublie ce qu’il y a vu et rejette une poignée de boucles blondes. Drôle, ça ne l’était qu’en façade. Demain, elle serait malade. Demain, elle aurait mal à la tête. Demain, elle resterait au lit, de la glace et des films.

Rouge – Comment ? En sachant qu’il y a bien une dizaine de producteurs dans cette salle ainsi que cinq réalisateurs, au moins. Je dois gagner ma vie. La vie est malheureusement faite de choix douloureux.

Elle sait de quoi elle parle. Les producteurs s’intéressent à ce qu’ils trouvent docile, malléable. Pas à ce qui est indomptable. S’ils voient qu’ils ne peuvent rien tirer de la personne, ils ne prennent pas. Ils jettent. Ils lancent une rumeur. Et la rumeur grignote les seuls fils qui maintiennent encore la réputation de la star en vie. La réputation s’effondre et entraine la mort de l’acteur. Mort psychologique. Sauf si l’acteur tient réellement à sa carrière, ce qui risquerait d’entrainer un suicide. Rouge repousse les pensées morbides dans un coin de sa tête. Et une nouvelle gorgée de champagne la fait sourire. Une moue boudeuse s’affiche quand la bouteille quitte ses mains aux ongles soigneusement limés et vernis. Vernis rose. Comme quoi le hasard faisait bien les choses.

Maël – Tu n’es toujours pas passée à quelque chose de buvable ? Ce jus de chaussette ne vaut pas un clou.

Rouge ouvre la bouche pour protester, pour répondre à la provocation mais le temps qu’elle formule une phrase dans sa tête, Maël avait déjà enchainé sur un autre sujet.

Maël – Et tu as vu tes talons, ou plutôt tes marches pieds ?

Parce qu’il pense que ça la fait rire, de se trimballer avec ça aux pieds ? Qu’est-ce qu’il y connait, lui, aux dures lois du Capitole ? Si tu n’attires pas l’attention, tu n’es rien, tu es fini. Les chaussures plates, c’était la mode de l’automne. Et le temps était à l’été. Elle n’avait donc aucune raison de se mettre à plat. Et ses pieds la faisaient souffrir. Elle les sent presque enfler dans les chaussures en daim noir. C’en était presque atroce. Demain, elle ne marcherait pas. Ou très peu.

Rouge – Parce que tu crois que ça m’éclate ? S’il y a bien une chose que je redoute le plus, dans les fêtes, ce sont ces stupides chaussures. Belles, peut-être. Mais tout aussi dangereuses. Essaie, toi. Tu verras comme c’est éperdument marrant de se promener avec des chaussures digne des échassiers.

Elle repousse une nouvelle fois ses cheveux et fronce légèrement le nez, signe qu’elle était légèrement irritée par son comportement. Et visiblement, il ne s’arrête pas là. Mais oui ! Pourquoi cesser en si bon chemin ?

Maël – Et puis qu’est ce que tu fous encore là, tu vois pas que tu pollues mon environnement ? Va lécher les bottes des fonctionnaires, tu trouveras si ça se trouve des sponsors pour tes futurs mignons.

Polluer un environnement. Lécher les bottes des fonctionnaires. Trouver des sponsors. Futurs mignons. Décidément, soit il avait déjà bu avant de venir – ce qu’elle aurait parié – soit elle le faisait véritablement chier. Rouge n’opte pour aucune des deux. Elle secoue la tête. Soupire. Sourit.

Rouge – Les fonctionnaires ne me servent à rien. Ce ne sont que des coqs de parade comme les autres. Du fric en apparence. Que dalle dans les poches. A ton avis ? Pourquoi les taxes dans les districts augmentent-elles ?

Elle repousse de nouveau ses cheveux. Un geste naturel, habituel, qu’elle fait même sans s’en rendre compte. Elle arrache la bouteille des mains de Maël et porte le goulot à ses lèvres, pour la troisième fois depuis la soirée. Cette fois, elle enchaine deux gorgées. Voire même trois. Elle sourit. Il tousse, se tasse dans le fauteuil. Quoi ? S’apitoyer ? Après tout ce qu’il vient de lui balancer dans la gueule. Et tout ce qu’il ne lui a pas dit.

Rouge – Va te faire, Maël.

Elle avait dit ça sans vraiment le penser. Et elle était certaine qu’il le savait. C’était… Un genre de plaisanterie.
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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Dim 26 Aoû - 12:06
1200 mots environ

      Les fonctionnaires ne me servent à rien. Ce ne sont que des coqs de parade comme les autres. Du fric en apparence. Que dalle dans les poches. A ton avis ? Pourquoi les taxes dans les districts augmentent-elles ?


    J’haussai un sourcil et me renfrognai davantage encore, si c’était possible. Qu’est ce que ça pouvait bien me faire que les taxes dans les districts augmentent ? Et en quoi cela avait il un lien avec les fonctionnaires qui paradaient comme des coqs, comme elle l’avait si justement fait remarquer ? C’était du gros n’importe quoi, et je n’arrivais pas à suivre Rouge aujourd’hui. En fait, je me demandais si je l’avais déjà suivie dans ses propos et je décidai d’arrêter de penser à ça. J’avais soif. Et elle m’avait repris ce que j’avais si gentiment appelé du jus de chaussette. Le serveur était toujours à côté de nous, comme un pingouin, mais je décidai de le faire fuir d’un regard noir. Ce fut une réussite, mais je n’eus pas le temps de profiter de ma victoire car déjà Rouge reprenait :

      Va te faire, Maël.


    Je m’enfonçai dans le canapé comme si j’allais pouvoir le traverser. Soirée définitivement pourrie en fin de compte, comme toutes les autres, parce que Rouge ne me déridait pas autant que d’habitude. Je considérai les gens autour de nous et j’en vins à la conclusion que nous étions totalement hors d’atteinte auditive en voyant les gens nous ignorer totalement. Le serveur, lui, venait d’être happé par les Pacificateurs et devait à coup sûr leur rapporter mon état d’esprit. Je compris à la manière dont me regarda l’un des deux soldats que j’étais sur la sellette. Il fallait que je surveille mon attitude qui commençait à devenir un petit peu trop provocante à leur goût apparemment. Je choisis de les ignorer en regardant rouge d’un regard totalement désintéressé et un petit peu goguenard. Je lui repris la bouteille des mains vu que c’était la seule chose alcoolisée à ma portée et en bus une nouvelle gorgée totalement insipide avant de rétorquer enfin :

      « Mais je t’en prie, Rouge… »


    J’avais bien envie de lui faire remarquer qu’il ne suffisait que d’un mot du Capitole pour que son voeu soit exaucé. J’étais parfaitement au courant que le plus grand malheur d’un vainqueur était d’être séduisant et attirant. Les riches Capitolins ne crachaient pas sur les gagnantes telles que Fields, lorsque le Capitole l’amenait à des soirées comme pour l’exposer comme une œuvre d’art. Heureusement pour moi, la mode des « bad boy » comme tableau de chasse n’était pas encore arrivée. Mais bon… toutes ces pensées, je ne pouvais pas me permettre de les dire aussi crument à Rouge, pour la simple raison que les Capitolins lambda n’étaient pas sensés le savoir. De toute manière, je n’avais pas que ça à faire, de lui pourrir sa soirée. Non. Il fallait que j’excuse un peu mon comportement odieux. Mais pour ça, il me fallait quelque chose de plus fort que du champagne. J’avais beau avoir bu avant de venir, et avant qu’elle n’arrive, ce n’était jamais suffisant à mon goût car à mon grand désarroi, je tenais très bien l’alcool. Je terminai la bouteille de champagne.

      « J’ai mal dormi. Et j’ai du traverser la rue tout à l’heure. Seul. »


    Je n’aimais pas être trop clair sur l’agitation qui pouvait régner en moi et sur les faiblesses que j’avais, mais je voulais aussi qu’elle comprenne un peu mon humeur morose. Oh, bien sûr, il était impossible qu’elle connaisse exactement la teneur de mes cauchemars, ni pourquoi j’avais si peur de la nuit et du noir, mais au moins, elle avait une vague idée de ce que ça représentait pour moi. Cependant, je ne lui laissai pas le temps de répondre en reprenant rapidement, pour ne pas m’attarder sur mes aveux qui me mettaient très mal à l’aise :

      « Attend… tu disais qu’il y avait combien de réalisateur et producteur dans cet étouffoir ? Tu te forces à porter ces chaussures ridicules et ces écailles de poisson fluo pour eux, et tu ruines tout à rester parler avec moi ? Tu ne vas vraiment pas bien Rouge, je ne sais pas si tu es au courant. »


    Rouge était pour moi un mystère sans limite. A dire vrai… c’était logique que je ne la comprenne pas. Les Capitolins nous voyaient comme des joujoux pour bien s’amuser, rire, nous adorer, nous soutenir et pleurer avec nous sur nos malheurs. Pour qu’ils connaissent un ersatz de vie en gros. Mais moi, je n’étais pas vraiment fréquentable, et Rouge n’attendait même pas, du moins si c’était le cas elle cachait bien son jeu, de moi des attentions et des soirées ensemble. En fait… j’avais l’impression qu’elle ne se rendait vraiment pas compte de ce qu’elle risquait et moi, je me rendais compte pour la première fois, de ce que je lui faisais risquer en ayant une telle attitude en public alors qu’elle me parlait. Imaginez pour être plus clair, que vous acceptiez de parler avec un pauvre gars tout seul, et que ce même pauvre gars tout seul provoque ouvertement les autorités, juste pour le plaisir de les provoquer. Forcément vous vous retrouvez devant la justice pour collaboration, dans le pire des cas, et dans le meilleur vous êtes fiché à vie et vous vous retrouvez totalement sans emploi et sans espoir de remonter la pente. C’était à peu près ça sauf que je ne savais pas vraiment qui était Rouge dans le Capitole, en dehors d’une styliste totalement folle, et que si j’avais parfaitement conscience que je risquais la vie de ma famille en m’opposant aux ordres du Capitole, je ne savais pas si ce même Capitole était capable de tuer l’un de ses membres pour me punir.

    Je me pris la tête entre les mains, tout cela étant trop compliqué pour moi. Finalement, quatre ans après, je ne savais toujours pas s’il valait mieux gagner les jeux ou y mourir. C’est sûr, mourir dans une arène ça n’a rien de glorieux, et c’est même assez douloureux, mais survivre tout le reste de sa vie en jouant un jeu pour protéger la vie de personnes qui vous haïssent, et servir un régime que l’on hait, ce n’était pas beaucoup mieux. Je n’arrêtais pas d’avoir des pensées extrêmement négatives ce soir. Ce n’était pas inhabituel, mais à l’accoutumée, j’arrivais à les retenir et à les mettre de côté. Je finis donc par lâcher, cherchant à dévier sur un sujet plus léger et portant moins à la dispute.

      « Tu auras l’autorisation d’aller dans le D4 à un moment ou à un autre ? »

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Dim 26 Aoû - 20:59

Oooh !
I wanna dance with somebody !

Du coin de l’œil, Rouge comprend. Les Pacificateurs, dans leurs uniformes blancs et immaculés, n’attendent qu’un faux pas, qu’une seule parole trop agressive de la part de son compagnon pour l’emmener. Ailleurs. Suffisamment loin d’elle pour qu’elle ne voie rien, n’entende rien. Elle repousse encore ses cheveux et manque de succomber à l’irrésistible envie de les attacher afin qu’ils ne la dérangent plus. Elle sourit à Maël. Rouge gémit quand il lui reprend sa bouteille. Sa précieuse bouteille. Elle est prête à rétorquer un « mais je croyais que tu n’aimais pas ça, le champagne ». Mais Maël enchaîne, sans vraiment lui laisser le temps de parler.

Maël – Mais je t’en prie, Rouge…

Je t’en prie, quoi ? Il n’y a rien à prier dans l’histoire. Rouge lui rétorque un sourire. Elle le regarde vider la bouteille avant de jeter un coup d’œil à ses ongles parfaitement manucurés. Elle sent sa robe remonter au niveau de ses cuisses et ses pieds qui gonflent dans ses chaussures. Elle sent le maquillage sur son visage et la chaleur qui l’emprisonne. Le mélange de parfums dans la sale lui monte à la tête et les couleurs lui arrachent la rétine. C’est à peine si elle ose baisser les yeux sur sa tenue, de peur d’être aveugle définitivement. Elle ne servirait plus à rien, en étant aveugle. Elle serait juste bonne à se noyer dans le fric de maman et papa.

Maël – J’ai mal dormi. Et j’ai du traverser la rue tout à l’heure. Seul.

Elle est prête à lui rétorquer une remarque cinglante. Pas vraiment méchante, juste un peu de taquinerie. Mais elle se retient. Maël affronte sa peur couramment tandis qu’elle, elle la fuit du mieux qu’elle peut. Mais ce n’était nullement comparable. Maël a peur du noir, Rouge des batraciens. Le noir était partout, les batraciens étaient dans les forêts, dans les mares. Rouge n’a aucun mérite alors que lui, il devrait en avoir tellement…

Maël - Attend… tu disais qu’il y avait combien de réalisateur et producteur dans cet étouffoir ? Tu te forces à porter ces chaussures ridicules et ces écailles de poisson fluo pour eux, et tu ruines tout à rester parler avec moi ? Tu ne vas vraiment pas bien Rouge, je ne sais pas si tu es au courant.

A vrai dire, elle avait dit les nombre au hasard. Mais il ne devait pas y en avoir moins que ça. Elle lisse des plis sur sa robe du plat de ses mains et croise correctement les jambes, jouant de temps en temps avec son pied. Elle reprend son sourire, éclate de rire à un moment. Que croit-il ? Que le Capitole n’a pas à faire de sacrifice ? Si ça ne tenait qu’à elle, elle aurait mis un pantalon, un t-shirt blanc à imprimés simple difforme et des ballerines. Si ça ne tenait qu’à elle, elle aurait attaché ses cheveux, elle ne se serait presque pas maquillée et elle ne se forcerait pas à sourire. De plus, si ça ne tenait qu’à elle, elle ne serait même pas là. Elle serait chez elle, dans son lit, à regarder des films ou des défilés, à la recherche de nouvelles idées. Elle regarderait la chaîne sur laquelle s’affichent des images de la mer. Elle se serait endormie devant un dessin animé ou elle aurait dansé devant un jeu vidéo. Si ça ne tenait qu’à elle, elle ne serait pas là. Mais elle était venue, habillée, chaussée, maquillée, peu coiffée et avec son sourire. Elle devait parler, sociabiliser. Se faire connaître et rencontrer.

Rouge – Tu crois qu’ils en ont quelque chose à foutre des personnes avec qui je parle ? Ce qui les intéresse, c’est ma gueule. Mon sourire, mon visage, ma manière de me comporter. Ce n’est que mon corps qu’ils veulent. Ma voix, mon talent, mes conversations, ils s’en foutent.

Elle rejette une avalanche de boucles blondes derrière sa tête et éclate de rire. Rouge risque gros. Mais Rouge est intouchable. Après tout, les épouses de ces hauts fonctionnaires vont toutes s’habiller chez Ramsay, la maison de Haute Couture. Si les fonctionnaires font du mal à Rouge, il se peut que ces dames trouvent une aiguille mal placée dans leurs prochaines commandes… La mère de Rouge, fondatrice de la Maison Ramsay, n’était peut-être pas présente pour sa fille. Mais elle la chouchoutait.

Rouge – En fait, si je pouvais remonter ma robe un peu plus, ça augmenterait davantage mes chances de signer prochainement un contrat avec eux.

Comme si le talent avait encore à voir. La fille devait être juste jolie. Même plus que ça. Du moment qu’elle savait apprendre des textes par cœur… Après, le reste, il y avait les doublures, les retouches. Les conversations, ils n’en avaient rien à foutre. Du coin de l’œil, Rouge voit Maël se prendre la tête dans ses mains. Elle ne dit rien.

Maël – Tu auras l’autorisation d’aller dans le D4 à un moment ou à un autre ?

Rouge soupire. Elle avait déjà demandé. Elle aurait pu y aller. Elle aurait juste eu à jouer des cils, des lèvres, du décolleté et des jambes. Elle aurait juste du insister, rire aux blagues pas drôles du type de l’administration. Elle y était presque. Mais ses parents n’avaient pas voulu la laisser partir, même pour un séjour à la mer dans un district pourtant soumis au Capitole. Un district assez riche. Rouge n’avait jamais quitté le Capitole.

Rouge – J’sais pas.

Elle espérait. Vraiment. Voir la mer, les vagues, le sable. Sentir l’eau, goutter le sel, ramasser des coquillages. Assister à un coucher de soleil, regarder les pécheurs lancer leurs lignes, ouvrir des huîtres pour y trouver des perles. Elle y rêvait tellement fort que ça la briserait de mourir avant de voir l’infini bleu.

Rouge – Si un tribut du quatre gagne, sûrement.

Elle fait un geste à un serveur, frotte son pied sur sa jambe et lui offre un clin d’œil avant de lancer d’une voix magnifiquement contrôlée et suffisamment aguicheuse un « ramène une bouteille d’un truc plus fort que le champagne, dear ». Elle ne précise même pas. Le serveur est un homme, non ? Il doit s’y connaître. Au pire, elle ferait un scandale.

Rouge – Je pense que ça ne sert à rien de te demander de m’y accompagner.

Elle repousse des mèches et lui sourit. Moqueuse, compréhensive, rebelle.

Rouge – Je sais que tu ne voudrais pas t’afficher avec une Capitoline.

Non mais quelle honte.

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Lun 27 Aoû - 17:16
1400 mots environ

      J’sais pas.


    Visiblement j’étais passé d’un sujet sensible pour moi à un sujet sensible pour elle. Pourtant, ça me semblait assez… étrange que les stylistes des victimes n’aient pas le droit d’aller dans les districts, ne serait ce que pour leur « art ». Ma styliste m’avait accompagné tout au long de ma tournée, et du coup était venue dans le quatre plusieurs fois, mais je pensais qu’elle y était venue avant que je gagne les jeux, en dehors de ses visites aux vainqueurs. Je n’étais peut être pas très clair dans mes pensées mais le fait était pourtant là : il me semblait inconcevable que les électrons libres des Hunger Games ne puissent pas se déplacer selon leur volonté. J’appelais électron libre tous ceux qui travaillaient pour que les Hunger Games soient un réel show télévisé, ceux qui en vantaient les mérites, ceux qui n’avaient de moi que du mépris. Les stylistes, les agents, les caméramans, bref, les Capitolins qui ne vivaient pas dans le monde des Bisounours à croire que nous étions heureux d’être sélectionnés pour les jeux. Ceux qui, comme Rouge, devaient avoir conscience de toute l’horreur que les mots Hunger Games évoquaient pour nous. Je soupirai. Elle aussi sûrement. Du moins, son visage soupirait pour elle.

      Si un tribut du quatre gagne, sûrement. Je pense que ça ne sert à rien de te demander de m’y accompagner.


    Je grommelai un « Ouais, un truc fort qui te servirait à nettoyer tes chiottes » au serveur qui avait répondu à la demande de Rouge. Son regard désespéré et méprisant coula sur moi comme les rayons du soleil : sans m’atteindre. Rouge était vraiment… vraiment une Capitoline jusqu’au bout des ongles, un peu de rébellion en plus, un peu de bêtise en moins. Ou pas.

      Je sais que tu ne voudrais pas t’afficher avec une Capitoline.


    J’estimai que mon regard à cet instant valait toutes les réponses verbales que l’on pouvait imaginer. Elle pensait quoi, la petite, là ? Que c’était aussi simple que ça ? Que j’allais me pointer dans le District Quatre la bouche en cœur et que tout le monde allait m’apporter un collier de coquillage en me demandant de leur pardonner leurs regards froids et leur rejet d’il y avait déjà quatre ans, tout en m’affirmant que oui, j’avais eu raison de tuer Myriam et que ils ne m’en voulaient plus ? Elle était bien mignonne mais nous, ceux des Districts, on était autre chose que des greluches multicolores qui se pavanaient au bras du plus riche du moment sur des échasses de trente centimètres et qui applaudissaient lorsqu’un gamin se faisait transpercer d’une flèche, tuait quelqu’un à coup de brique ou d’autres absurdités comme celle là. Oui, mon regard se durcit comme de la roche et devint plus froid que la mer lors des tempêtes de neige. Je me redressai sur le canapé pour bien faire comprendre à Rouge qu’elle n’avait plus à insulter l’humanité des membres du District Quatre :

      « Non mais tu crois quoi, O’Mara ? Que c’est à cause de toi que je ne veux pas y retourner ? Je te rappelle que j’ai tué ma sœur de sang froid pendant mes jeux, et ça, c’est quelque chose que les gens de mon district ne pourront jamais me pardonner. Et je les comprends. Eux ne s’extasient pas devant les jeux, au moins, nous, on a une once de respect pour les morts. Une Capitoline, oui, c’est bien ce que tu es… »


    Je ne savais pas si Rouge avait été sincère en posant sa question, mais j’étais déçu, oui déçu, par la styliste. Et dire que j’avais pensé pendant un certain temps qu’elle était… différente des autres Capitolins. Je me levai en l’ignorant et allai me poster devant une des fenêtres. Je ne regardai pas dehors, bien sûr, mais j’espérai qu’en lui tournant le dos, elle comprenne que je n’étais pas d’humeur. Je n’étais pas un vainqueur pour rien, et je n’allais pas lui faire ce plaisir de montrer ma faiblesse, aussi je ne m’inquiétais pas à l’idée que je puisse pleurer en public ou faire quelque chose de cet acabit, puisque j’en étais incapable, mais je ne voulais plus lui adresser la parole. Lunatique, bipolaire… peut être. Je songeai un instant à ce que ça faisait de parler à d’autres vainqueurs des Hunger Games, mais pour n’avoir eu de contacts qu’avec Nale ces dernières années, et encore, pouvions nous parler de contact ?, puisque je fuyais tous les membres des districts, je ne pouvais que m’imaginer l’effet d’une telle discussion. Quelqu’un qui… nous comprenait ? Non. A la rigueur, pour les tributs fratricides, je pouvais aller voir dans les districts un et deux, où on trouvait la plus forte concentration de carrières, mais sinon. Et dire que j’étais sensé être un privilégié ! Je songeai à la manière avec laquelle j’avais craché la dernière phrase à Rouge. D’un ton méprisant dans lequel ressortait toute la haine que j’avais pour le Capitole et les gens de leur espèce.

    Je m’adossai aux rideaux, m’appuyant avec une jambe repliée, ma basket pas tout à fait propre salissant le lourd rideau de velours. Quel goût infâme. Un Capitolin essaya de me parler, et je l’envoyai paître vulgairement. Son air scandalisé, le deuxième que je provoquai d’ailleurs, attira l’attention des Pacificateurs qui durent juger que j’étais allé trop loin. L’un d’eux vint dans ma direction. Fort heureusement, il y avait un peu trop de monde dans cette soirée, et le temps qu’il traverse la foule le plus discrètement possible, après tout il ne fallait pas faire de scandale, je m’étais esquivé pour aller à l’autre fenêtre. Mon tee-shirt et mon jean délavé n’étaient pas des plus discrets. Stupidement, je cherchai Rouge du regard. Je lui en voulais, bien sûr, mais c’était la seule personne que je… que j’appréciais dans cette pièce. Le serveur guindé qui devait ne pas m’apprécier venait de repartir du canapé, et devait donc avoir donné sa marchandise. Dommage, j’avais loupé l’alcool fort. J’esquissai une moue indéchiffrable, et finalement j’arrivai à me convaincre de revenir au canapé. Je surgis derrière Rouge et je grommelai en m’installant de nouveau sur le canapé en passant par-dessus :

      « J’suis calmé. »


    Ca pouvait vaguement passer pour les excuses que j’étais incapable de lui céder. Et je voulais qu’on passe outre cette petite… altercation. Le pacificateur passa à côté de nous et me tapota sur l’épaule. Lorsqu’il se pencha sur moi, je me décalai instinctivement pour que Rouge ne soit pas trop près. Il me murmura son habituel refrain sur la santé de mon frère qui pouvait se révéler fragile, et je fermai les yeux. Puis, tout naturellement, il reprit son chemin parmi les invités. Je le suivis rapidement du regard puis je reposai mes perles grises devenues anthracites sur la robe rose de Rouge.

      « Même en temps que styliste, tu ne peux pas y aller pour… je ne sais pas moi… « t’inspirer » du lieu ? Ce serait mieux pour toi d’y aller sans moi dans les parages parce que ça te ferait éviter les regards noirs et l’hostilité qu’ils me réservent »


    J’essayai d’enfoncer bien profondément la hache de guerre. Histoire de ne pas me mettre à dos quelqu’un de plus. Et surtout, il ne fallait surtout pas que je fâche Rouge. J’avais suffisamment mal joué pour avoir les Pacificateurs sur le dos ce soir, alors si Rouge se mettait en colère ou se montrait ne serait-ce qu’un peu peinée… J’essayai de me détendre et je jouai avec le bas de mon tee-shirt.

      « Au fait, si je fais des apparitions en public, c’est toi qui dois me « styliser » ? Ou ils s’en fichent des vieux, et tu ne fais des costumes de poisson que pour les futurs cadavres ? »

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Lun 27 Aoû - 22:00

Tonight, we are young
Rouge avait dit ça pour rire. Elle savait que ce n’était pas ça qui le retenait au Capitole. Elle savait sans savoir. Elle savait qu’il n’y retournerait pas pour le moment, avec ou sans elle, mais elle ne savait pas pourquoi. Et c’était exactement la question. Pourquoi. Elle ne lui poserait pas la question. Parce qu’il ne répondrait pas. Et qu’il la regarderait comme il la regarde maintenant. Il se redresse, se tient droit. Elle avait juste dit ça pour rire. Après tout, le Capitole est tellement détestable aux yeux des Districts. Est-ce qu’ils savent ? Est-ce qu’ils savent réellement ce qu’est le Capitole ? Le véritable Capitole, et non les lumières, l’argent et les belles robes. Elle soutient son regard, les noisettes de ses yeux affrontant la tempête maritime des siens.

Maël – Non mais tu crois quoi, O’Mara ? Que c’est à cause de toi que je ne veux pas y retourner ? Je te rappelle que j’ai tué ma sœur de sang froid pendant mes jeux, et ça, c’est quelque chose que les gens de mon district ne pourront jamais me pardonner. Et je les comprends. Eux ne s’extasient pas devant les jeux, au moins, nous, on a une once de respect pour les morts. Une Capitoline, oui, c’est bien ce que tu es…

Les premiers mots l’atteignent avec une force brutale, presque bestiale. O’Mara. Personne ne l’appelait par son nom de famille. Ou bien juste les petits merdeux, les gosses de riches se croyant tout permis, qui disaient ça pour se donner un air supérieur. C’était presque ça. Se donner un air supérieur. Lui rappeler, O’Mara, qu’elle n’était qu’un déchet. Qu’elle ne valait pas mieux que les autres. Que tous les autres membres de cette salle, de cette salle, de cette ville si belle mais laide à la fois. Elle n’avait jamais pensé que c’était à cause d’elle. Pourquoi retournerait-il avec elle là-bas, chez lui ? Elle ne représentait pas grand-chose. Elle était un passe-temps. Quelque chose, un jouet made in Capitole, destiné à faire passer les longues fêtes ennuyeuses. Elle coince des mèches trop gênantes derrière son oreille, tournant et retournant les mots dans sa tête de greluche capitoline.

Avoir une once de respect pour les morts. Il la faisait passer pour une sans cœur du Capitole. Il la jetait dans le même sac que les autres. Peut-être parce qu’elle avait demandé à être styliste. Si elle était styliste, c’était justement pour le respect. Pas le respect des autres pour ses tenues. Le respect des deux tributs du quatre. Pour ne plus les voir enrouler de la plus vulgaire manière qu’il soit dans un bête filet de pêche. Elle ne faisait pas ça pour les Jeux. Elle faisait ça pour eux. Les Jeux la rendaient malade. Elle vomissait aux coups de canon, elle ne mangeait plus et toutes les nuits, elle revoyait les morts. Elle fuyait le sommeil, lisant, relisant des livres, des scripts, passant des hures au téléphone, en larmes, avec Jerk. Il n’y avait que le sang qui l’écœurait. Il y avait les gens qui criaient dans les rues, transportés de bonheur, ils y avaient ceux qui pariaient. Tout ça la rendait nauséeuse.

Elle le laisse partir, sans rien ajouter à ce qu’il vint de dire. Elle est légèrement irritée par tout ce qu’il croit comprendre. Elle a peut-être quatre ans en moins que lui mais, elle, elle connait le Capitole. Elle aussi, elle a souffert. Peut-être pas comme lui, comme les familles des districts, comme les tributs. Mais elle avait souffert. Sans rien dire, elle prend la bouteille que le serveur lui tend et, sans regarder le nom de l’alcool, en avale deux gorgées. C’est fort. Ca brûle. Un rire éclate tout près d’elle. Elle le reconnaitrait entre mille.

Caspar – Quelle descente ! C’est ton « ami » qui t’apprend ça ?

Il s’assied. Son corps gras est trop prêt du sien. Son genou frôle celui de Rouge. C’est ignoble. Il passe un bras sur le dossier du fauteuil, juste derrière le cou de la Capitoline. Son eau de toilette sent trop fort. Sent mauvais. La tête lui tourne, elle se reprend. Roule des yeux. Se désintéresse, agacée.

Rouge – Casse-toi.
Caspar – Et pourquoi ? On m’a toujours dit de ne pas laisser les jeunes femmes seules quand elles sont jolies.

C’est de la drague, ça. Rouge sourit. Un sourire moqueur, nullement adapté à ce genre de situation dans laquelle la jeune dame se devait de sourire et de rougir. Elle ressemble à une carnassière.

Rouge – Tu te casses ou je t'abats ma bouteille sur le crâne.
Capsar – Tu n’oserais pas.

Tu t'casses ou j'te casse. Rouge fait craquer ses phalanges. Ce geste n’aurait nullement fait ciller un homme fort.

Rouge – J'vais m'gêner.

Caspar n’était pas fort. Caspar était gros, fainéant et chiant. Il pâlit. Et finalement, il se lève, ne lui dit pas au revoir et s’en va, penaud, retrouver sa bande de copains, riant aux larmes, plus loin. Elle repousse des boucles blondes. Avale une nouvelle gorgée. Ca brûle. Et la voix de Maël retentit à ses côtés.

Maël – J’suis calmé.

Ne me dis plus jamais que je ne suis qu'une Capitoline.
Elle hoche la tête, lentement, en silence. Elle n’a pas le temps d’ouvrir la bouche pour lui présenter des excuses qu’un Pacificateur se matérialise aux côtés de Maël. Rouge tente d’écouter mais elle ne parvient qu’à entendre un vague murmure, masqué par le brouhaha de la salle et la musique. Quand le soldat se redresse, Rouge ne trouve rien d’autre qu’un sourire à lui adresser. Elle est sage et innocente. Elle scrute le visage de Maël.

Maël – Même en temps que styliste, tu ne peux pas y aller pour… je ne sais pas moi… « t’inspirer » du lieu ? Ce serait mieux pour toi d’y aller sans moi dans les parages parce que ça te ferait éviter les regards noirs et l’hostilité qu’ils me réservent.

Rouge hausse les épaules d’un air détaché.

Rouge – Que dalle. Ils n’ont pas créé les hologrammes aquatiques pour rien, qu’ils te répondent quand tu uses de cet argument. Si tu veux t’inspirer, tu regardes ça, tu vas à la bibliothèque et tu la fermes.

Elle passe sur ce qu’elle a en tête. Elle se garde pour elle-même le « Je suis du Capitole, je suis styliste. Ils seraient quand même hostiles. Mais moins ouvertement. ». Elle le regarde jouer avec son t-shirt, ne sachant plus trop où se mettre, suite à l’altercation, à tout ce qu’il lui avait balancé dans la face, tout à l’heure. Mais c’était du passé. Rien que du passé.

Maël – Au fait, si je fais des apparitions en public, c’est toi qui dois me « styliser » ? Ou ils s’en fichent des vieux, et tu ne fais des costumes de poisson que pour les futurs cadavres ?

Alors là, elle n’y avait pas pensé. Elle joue avec la bouteille et pose le goulot sur ses lèvres, avalant une nouvelle fois l’alcool.

Rouge – Ils s’en foutent. Je pense que t’es censé savoir t’habiller tout seul. Mais ça ne me dérange pas de te faire des costumes. Seulement si tu veux.

Elle lui tend la bouteille, l’invitant à boire. C’est comme un signe de paix, non ? Elle redevient rêveuse, pensant à ses nouvelles tenues. Elle pose une main sur son coeur, faisant mine de s'indigner.

Rouge – Maël ! Tu crois que j'aurais suffisamment mauvais goût que pour les déguiser en poisson clown ou pour les draper d'un filet de pêche ?! Tu me blesses, Maël...

Un sourire. Un froncement de nez. Elle plaisante.

Rouge - Ils ne seront pas habillés en poissons. C’est stupide, les costumes de poissons. Et tellement peu original ! On laisse aussi tomber les filets de pêche. C’est nul. Je ne dis pas qu’il n’y en aurai pas. Mais pour une fois, le filet ne sera pas leur seule tenue.

Elle ne savait pas très bien s’il la suivait.
Mais ils avaient tout oublié.

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Lun 3 Sep - 11:34
1380 mots environ


      Ils s’en foutent. Je pense que t’es censé savoir t’habiller tout seul. Mais ça ne me dérange pas de te faire des costumes. Seulement si tu veux.


    J’haussai les sourcils, vaguement amusé par la liberté qu’elle prenait de penser croire que je voulais qu’elle me déguise en poisson à chacune de mes apparitions pour les Hunger Games. Oh, bien sûr, je n’apparaissais pas tant que cela, mon « heure de gloire » était passée depuis un certain temps à présent, mais bon… contrairement à beaucoup de Vainqueurs, je n’habitais pas à l’année dans mon district, pour avoir préféré le Capitole, aussi, les gens me voyaient un peu plus que la normale, et ce n’était pas pour leur plaire apparemment. Un brin provocateur moi ? Si peu. En même temps, c’était par cette rébellion toujours sur le fil du rasoir que j’avais l’impression d’être en vie. Et c’était grâce à cette impression que je l’étais toujours. J’avais souvent pensé à mettre fin à mes jours, mais c’eut été tellement ingrat vis-à-vis de Myriam qui s’était tout de même, avouons le, sacrifiée pour son petit frère… Je m’imaginais de nouveau déguisé en poisson (il fallait tout de même le faire non ? Nos stylistes avaient eu tellement peu de goût qu’ils nous avaient mis des écailles un peu partout, et une nageoire dorsale… je ne gardais de nos tenues de parade qu’une image assez atroce. Rouge tenta d’ailleurs de me confirmer qu’elle était un peu plus professionnelle que la styliste précédente :

      Maël ! Tu crois que j'aurais suffisamment mauvais goût que pour les déguiser en poisson clown ou pour les draper d'un filet de pêche ?! Tu me blesses, Maël... Ils ne seront pas habillés en poissons. C’est stupide, les costumes de poissons. Et tellement peu original ! On laisse aussi tomber les filets de pêche. C’est nul. Je ne dis pas qu’il n’y en aura pas. Mais pour une fois, le filet ne sera pas leur seule tenue.


    Le filet ? Pas leur seule tenue ? Il fallait qu’elle revoit ses positions… il y avait de tellement beaux garçons dans le District Quatre… Bon d’accord, pour le coup, j’étais assez ironique. J’avais quand même assez envie de lui faire la remarque. Mais non, j’avais un peu peur de la vexer à nouveau. Après tout, elle se comportait comme si je n’avais pas été grossier et elle, stupide, et c’était exactement ce que j’avais voulu. Je n’allais pas remettre son rang de Capitoline sur le tapis. Je me considérai la bouteille qu’elle m’avait tendue un peu plus tôt. Ca, ce n’était pas du jus de pomme pétillant. C’était bien plus fort, et je grommelai :

      « Les pingouins que tu as à tes pieds sont peu être méprisables, ils savent ce que veut dire « alcool fort ». Et ouais, je te pensais capable d’affubler les cadavres du District Quatre d’écailles et de ce genre de trucs immondes. J’sais pas si tu te souviens de mon année… je crois que c’était le pire de tous ceux qui avaient été fait jusque là. Tu vas réussir à battre tout le monde côté horreur tu penses ? »


    J’avais dit ça sur un ton sérieux, le pingouin dont je parlais avait d’ailleurs froncé les sourcils, mais je comptais sur les deux sous de jugeote de Rouge pour comprendre que c’était de l’humour, qu’il ne fallait pas mal le prendre, etc… tout ce qu’on pouvait espérer comme réaction en quelque sorte. J’avalai une longue gorgée du tord boyau qui ne me fit même pas tousser. J’étais trop habitué à la brûlure inévitablement provoquée et ressentie, pour que ça me fasse quelque chose de plus qu’une douce chaleur au ventre. Je m’avachis dans le canapé, mais pas par volonté de disparaître comme tout à l’heure, mais plus pour simuler un faux bien être qui n’était peut être pas si faux lorsque je pensais à ce que j’évitais dans mon district. Les soirées avec Rouge… elles me faisaient inévitablement penser au District de la Pêche et à ses habitants. D’ailleurs, en parlant de ça, je fronçais les sourcils. Avais-je, ou non, oublié de prendre les quelques dessins maritimes que j’avais fait depuis notre dernière rencontre ? Je fouillai mes poches, et entre quelques mouchoirs sales, miettes de pain (que j’étalai sur le canapé, sinon ce n’était pas drôle), et autre crayon gris, je sortis finalement de ma poche, un bout de papier froissé, pas plus grand qu’un rectangle de cinq centimètres sur onze, qui avait visiblement vécu depuis un bout de temps dans mon jean. Je le tendis à Rouge, un léger sourire mystérieux aux lèvres, me demandant si elle allait prendre le papier avec répugnance ou avec cet affront aux convenances qui lui convenait si bien :

      « Tiens au fait, j’ai pensé à toi la dernière fois que j’ai griffonné. Et s’il te plaît, ne t’en inspire pas. J’ai pas envie que mes cadavres soient affublés d’antennes de crevette ou de trucs dans le genre »


    Mes cadavres… je savais que les chances pour que je sois le mentor des prochains tributs étaient assez élevées, puisque j’étais l’un des plus jeunes vainqueurs du D4. Et en prime, je n’avais pas le droit de refuser. Des cadavres… c’était tout ce qu’ils étaient, des cadavres en devenir. Je n’avais aucune raison valable pour être encore en vie, ou pour être plus précis, pour avoir été encore en vie à la fin des Hunger Games, et eux non plus n’en avaient pas. Et qu’on ne me sorte pas une théorie fumeuse sur les carrières. Certains tributs gagnaient en égorgeant les autres avec les dents, et pour ça, il n’y avait aucune formation derrière. C’était juste l’animal qui s’éveillait, et l’instinct de survie. Je doutais qu’il y eut un seul tribut qui ait pu gagner sans tuer et en ayant eu des remords sur le moment. Tuer devenait tellement naturel dans l’arène… je ne pouvais pas concevoir que nous, les Carrières, nous ayons plus de « chances » de gagner que les autres. En même temps, je n’avais jamais voyagé dans les autres districts, et selon certains, les habitants des D10, 11 ou 12 n’avaient pas tous suffisamment à manger. Si le Capitole les laissait crever de faim, c’était un peu beaucoup stupide, puisqu’ils étaient sa main d’œuvre. Et pas qu’un peu stupide en fait ! Non, en réalité, c’était sûrement parce que les habitants de ces districts, étaient un peu trop dangereux pour le Capitole. Nous… nous ne l’étions pas pour deux sous. Enfin… en même temps, le Capitole était une institution. S’il était détruit, et c’était impossible je le savais, il y aurait sûrement une autre institution pour reprendre la relève et inventer des « Thirst Games » ou un truc encore plus stupide. Je m’étirai brièvement.

      « J’imagine que si je te demande, ou que si je pose une demande officielle, pour que tu me stylises et que tu me donnes des costards à écaille, tu te retrouveras à pouvoir me suivre dans le D4 quand j’irai ou un truc dans le genre. J’sais pas comment ça marche. Dans tous les cas, te fais pas d’illusion, j’ai pas envie d’y aller, sauf pour la Moisson, ou j’suis obligé, et ce genre de truc.»


    Ma voix était rauque et toujours aussi bougonne qu’à mon habitude. On ne changeait pas une équipe qui gagnait non ? Et bien voilà. Je désignai le bout de papier que j’avais passé à Rouge et si lequel étaient dessinés des fruits de mer encore en vie. Enfin… encore en vie… ce n’étaient que des dessins hein ! Mais bon. Juste avant de reprendre une gorgée d’alcool, je lui demandai :

      « On continue à faire ce qu’on avait dit hein ! T’en parles pas, tu montres pas. »

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Ven 7 Sep - 20:58

Safe and Sound

Elle avait des dessins, partout, dans son appartement. Il y en avait sur les murs, accrochés par des punaises argentées. Certains étaient cachés par des morceaux d’étoffes, de tissus, de dentelles et des idées, partout, noyées, exposées, tantôt raturées et tantôt recopiées avec soin. Il y avait dans des cahiers gonflés à bloc par les croquis et les échantillons de textiles divers. Il y avait des moments où elle passait la nuit sur les dessins, à fignoler les derniers détails, à zapper sur les cassettes des défilés de sa mère pour trouver une nouvelle idée, plus belle, plus grandiose et totalement inoubliable. Elle avait travaillé sur des tailles et des proportions différentes. Enfants, hommes, femmes, adolescents. Combien de fois ne s’était-elle pas piquée avec une aiguille ? Et combien de dessins n’avait-elle pas jeté à la corbeille ? Maël lui prend la bouteille des mains et elle lui répond d’un sourire.

Maël – Les pingouins que tu as à tes pieds sont peu être méprisables, ils savent ce que veut dire alcool fort.

Rouge jette un rapide coup d’œil vers le serveur, pas si loin d’elle, et lui offre un sourire chargé d’excuses. Bien sûr qu’elle avait compris que ce n’était pas méchant. Et sérieusement, elle, ça ne l’aurait pas dérangée que l’on l’appelle Pingouin. Après tout, c’était mignon, un pingouin. Elle lance un « C’est chou, les pingouins, dude ! » assez fort pour que le serveur l’entende et elle repose ses yeux noisette sur Maël, à côté d’elle. Elle croise les jambes et résiste à l’effroyable envie d’ôter ses chaussures sur le beau tapis de leur hôte.

Maël – Et ouais, je te pensais capable d’affubler les cadavres du District Quatre d’écailles et de ce genre de trucs immondes. J’sais pas si tu te souviens de mon année… je crois que c’était le pire de tous ceux qui avaient été fait jusque là. Tu vas réussir à battre tout le monde côté horreur tu penses ?

C’est un coup dans le front que Rouge se ramasse quand il a fini. Capable de déguiser avec un mauvais goût certain des adolescents en poissons géants et difformes ? Voyons, ils n’allaient quand même pas faire une publicité pour un produit de chez le poissonnier ! Bien qu’en y réfléchissant, c’était presque ça. Ils feront la publicité de leur district maritime, ils vendront du rêve aux Capitolins, en extase sur les gradins, se pâmant d’excitation à l’annonce du commencement des Jeux.

Rouge – Je me souviens. Votre costume était un ramassis de n’importe quoi. Votre styliste aurait mieux fait de louer un costume de poisson dans un magasin de Farces et Attrapes que ç’aurait été pareil.

Rouge passe une main dans ses cheveux, enroule distraitement une boucle blondes autour de son doigt et humidifie ses lèvres.

Rouge – Ils doivent vendre du rêve, du spectacle. Autant le faire avec classe, surtout si c’est leur dernière fois…

Pourquoi pensait-elle à des choses aussi négatives que les Jeux alors qu’autour d’elle, la fête battait son plein. Bien sûr, il y avait toujours Caspar, plus loin, qui racontait ses exploits imaginaires à sa bande de macaques hormonalement perturbés. Il y avait toujours ces trois pestes qui minaudaient auprès de tout ce qui était riche et masculin. Il y avait toujours les fonctionnaires, mariés à des femmes laides et retouchées, qui lorgnaient sur les jambes des jeunes filles. La prochaine fois, elle mettrait un pantalon. Les pantalons, ça peut être glamour aussi. Et parfaitement adapter à la situation. Rouge observe les miettes qui tombent sur le canapé, pourtant si propre, et se retient de rire. Ce serait vraiment méchant vis-à-vis des hôtes et bon. Mais ça la faisait quand même rire. Elle observe le papier qu’il lui tend, repose ses yeux sur le sourire qu’il lui fait. Elle hausse un sourcil avant de s’intéresser au papier. Pas bien grand, sale, et ayant vécu sans voir le soleil durant un moment. Elle prend la feuille, parce qu’elle avait beau habité au Capitole, ça ne la dérangeait pas se salir.

Maël – Tiens au fait, j’ai pensé à toi la dernière fois que j’ai griffonné. Et s’il te plaît, ne t’en inspire pas. J’ai pas envie que mes cadavres soient affublés d’antennes de crevette ou de trucs dans le genre.

Rouge déplie le papier et observe minutieusement les animaux de la mer qui s’étalent sur le papier griffonné. Ses yeux volent d’un dessin à l’autre, les étudiant, mémorisant chacun des détails, chaque coup de crayon. Elle voyait des crevettes, des bandes de petits poissons, des bulles, des coquillages et d’autres petites créatures. Un sourire rêveur vient étirer ses lèvres roses tandis qu’elle pense à la mer. Alors ça, sous l’océan ? Ca ressemble à ça ? C’est un rêve, tout de même.

Rouge – … C’est magnifique, Maël. Merci.

Elle replie délicatement la feuilles, histoire de ne pas la chiffonner ni même l’abimer. Elle coince la feuille, après maintes contorsions discrètes et peu voyantes, dans son soutien-gorge et grogne pour que la feuille ne la gêne pas.

Maël – J’imagine que si je te demande, ou que si je pose une demande officielle, pour que tu me stylises et que tu me donnes des costards à écaille, tu te retrouveras à pouvoir me suivre dans le D4 quand j’irai ou un truc dans le genre. J’sais pas comment ça marche. Dans tous les cas, te fais pas d’illusion, j’ai pas envie d’y aller, sauf pour la Moisson, ou j’suis obligé, et ce genre de truc.

Un costume à écailles. C’est qu’il la prenait vraiment pour l’une de ces stylistes sans goût qui pense écailles et poissons. La mer, ça offrait bien plus que ça. La mer, ça épouse le ciel et l’infini. La mer regorge de couleurs et de vie mais aussi de danger. La mer, ce n’est pas que des algues vertes et des poissons. La mer, c’est le sable, les coquillages, les couchers de soleil mais aussi les tempêtes, les vagues, le bruit et la mère des pluies. La mer, pour Rouge, ce n’était pas, au risque de se répéter, que de simples costumes de poissons et des robes en filets de pêche. Rouge éclate de rire. Doucement.

Rouge – Mais je n’ai aucune envie de t’habiller de l’un de ces stupides costumes en écaille !

Elle réfléchit deux secondes, détaillant rapidement Maël des yeux.

Rouge – Un costard gris, tout simple, ça fera l’affaire. Et ce serait tout aussi classe.

Mais à vrai dire, elle n’avait jamais pensé aux possibilités qui s’offriraient à elle si elle devenait la styliste d’un mentor. Elle ne savait pas très bien comment ça marchait, de ce côté-là. Peut-être qu’elle devrait véritablement l’accompagner. Et ça, ce serait vraiment fun. Juste pour voir la mer. Même pas pour apprendre à nager, à pêcher, à tresser des filets. Juste pour la voir. Son large sourire revient, son enthousiasme aussi.

Rouge – Il n’empêche que si tu veux de moi, je suis preneuse.

Rouge suit le mouvement qu’il fait pour désigner le papier qu’elle avait soigneusement rangé.

Maël – On continue à faire ce qu’on avait dit hein ! T’en parles pas, tu montres pas.

L’avait-elle seulement trahi une seule fois ? A chaque fête, elle était pour le reconduire chez lui. Elle était toujours là, avec son mental de fidèle Labrador, si jamais il voulait lancer une fusée rouge. Ce qu’il ne faisait, pour ainsi dire, jamais. Ses dessins, ceux qu’il lui offrait, elle les conservait dans une boîte à chaussures dans le dressing. Là où personne n’avait l’autorisation d’aller, sauf si elle était avec.

Rouge – Motus et bouche cousue. J’emporterai tes secrets dans ma tombe, Maël.

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Dim 16 Sep - 16:48

      Motus et bouche cousue. J’emporterai tes secrets dans ma tombe, Maël.


    Je la regardais d’un œil vide de toute expression. Elle avait intérêt à se taire, parce je lui avais offert une grande preuve de confiance en lui donnant ces dessins. Je me savais pas trop mauvais dessinateur, et il était hors de question que le Capitole soit au courant, et je me répétais légèrement en pensées. Bref. Je considérai donc Rouge du regard, cherchant à savoir si elle était réellement prête à ça. Personne ne pouvait se savoir prêt à tenir sa langue quelles que soient les conséquences et circonstances avant de s’être trouvé en situation. Et d’ailleurs, si je l’avais vachement approchée, la situation, avec la douleur, le risque de mourir et tout, je n’avais fait que la frôler. Donc moi non plus, je n’avais rien à dire. Et toute cette discussion en pensée n’était que des plus stériles et vaines et je devais me la fermer. Oh oui… sauf que je ne parlais pas. D’ailleurs, je ne savais même pas depuis combien de temps j’étais muet, un verre d’alcool suffisamment fort pour me faire de l’effet entre les mains et le regard dans le vide. Rouge m’avait elle parlé ? Si elle l’avait fait, dommage pour elle j’avais rien entendu. D’ailleurs, je m’en fichais. Non, je ne m’en fichais pas. Oui si. Oh et puis zut. J’avais déjà bu avant d’arriver, j’avais bu en arrivant, et je buvais encore. J’avais bien l’impression qu’on allait me ramener en me portant et que j’allais encore perdre en réputation. Ou pire encore. J’avais déjà touché le fond de toute manière. Et je creusais encore. Et… je m’avachis davantage dans le canapé. A un moment ou à un autre, j’allais finir par le traverser en entier. Je fis un signe au pingouin de me resservir, m’apercevant que j’avais déjà fini le verre. Visiblement il hésitait. Je soupirai et allai lui arracher la bouteille des mains lorsqu’il croisa le regard d’un Pacificateur. Comment ça j’aurai trop bu ? Mais j’étais majeur, vacciné et totalement décrédibilisé ! Quoique je puisse faire ou dire, aucun opprobre ne serait jeté sur le Capitole ou sur le D4. De toute manière, j’étais seul non ? Seul, solitaire, malaimé et puis et m*rde. Je devins agressif sans me contrôlé :

      « S’pèce d’imbécile, ressers moi un verre et fais pas chier. J’suis un grand garçon alors tu remplis ce verre et tu vas parader dans ton coin comme les crétins de ton genre. »


    Je m’étais presque levé. J’en avais marre. J’étais fatigué, j’avais passé une sale journée, une sale nuit et j’étais épuisé. Nerveusement, psychologiquement, moralement. Le district Quatre me manquait plus que jamais. La mer, son calme, l’apaisement qu’elle ne manquait jamais de procurer par son rythme tranquille… J’avais besoin de rentrer, mais ma patrie, puisque c’était ainsi que je considérais mon district natal, m’était interdite. Je poussai violemment le pingouin qui n’avait pas fait un mouvement en ma direction, mais qui était sur mon chemin. Ma tenue négligée, ma barbe mal rasée, mon vieux jean et mes baskets attirèrent l’attention, et je regardai avec une certaine folie et animosité tous ceux qui me regardaient. J’avais envie de tous les affronter dans l’arène, avec l’épée que j’avais maniée il y a quatre ans. Avec la même rage qu’à cet instant. J’étais fou, j’étais malade… Je laissai les Pacificateurs me conduire à la porte en essayant de faire le moins de scandale possible. Je n’étais pas un risque, juste un monument de dépravation. Et je venais peut être de ruiner la carrière de Rouge. Peut être… ce n’était même pas sûr. Heureusement. Le noir de la nuit m’étouffa soudain. Les Pacificateurs, eux, étaient déjà rentrés, après avoir appelé un taxi pour me ramener. Moi, j’étais déjà recroquevillé contre le mur le plus proche, cherchant à éviter le noir oppressant en me bouche les yeux et les oreilles. Elle allait surgir à un moment ou à un autre ; planter sa hache dans mon bras. Elle allait arriver. Je n’avais pas mon épée, et j’étais seul. Il n’y avait pas d’arbre pour se cacher. J’étais tétanisé. Même la lumière tamisée des lampadaires ne servaient à rien. Elle accentuait l’obscurité plus qu’elle ne l’apaisait. Je voulais que Rouge vienne m’aider. Que je m’excuse pour mon comportement. Je voulais retrouver les bras et le calme de Myriam pour la suivre en toute confiance. Mes tremblements devenaient incontrôlables. J’essayai de respirer calmement, de passer au dessus de l’alcool qui embrouillait mes sens. J’essayai de contrôler ma respiration, de me calmer, de…

      « Rouge… s’il te plait… »


    Spoiler:
     

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Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.
« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Ven 19 Oct - 22:02
But even the sun sets in paradise

Rouge n’était pas une cafteuse. Et Rouge tenait à ses amis et aux cadeaux qu’elle recevait de temps en temps. Qu’est-ce qui pourrait la motiver à partir cafter aux journaux, aux abrutis de l’administration que Maël savait dessiner ? Qu’est-ce qui pourrait lui donner envie d’aller crier sur tous les toits que le vainqueur savait donner la vi aux étoiles de mer qu’il couchait sur papier ? Quelle mouche serait assez stupide pour oser la piquer de telle sorte qu’elle aille bousiller l’une des dernières choses qui appartenaient réellement à Maël ? Rouge, même blonde et capitoline, n’était pas aussi conne.

Rouge tenait aux secrets, aux confidences. Avant, ses amies, même ses meilleures amies, lui refusaient de déverser leur flot de confidences dans ses oreilles, quand elle était enfant. Ca l’avait vexé, réellement, et elle avait passé des nuits à pleurer sur ces soi-disant amies qui se racontaient tout quand elle, Rouge, n’était pas dans les parages. Elle n’avait jamais compris pourquoi. Elle ne disait rien à personne, elle gardait tout pour elle, même quand le secret était plus lourd qu’une pierre. Elle savait tout encaisser sans qu’un mot de filtre au travers de ses jolies lèvres roses. Et pourtant, elle avait attendu longtemps avant de connaître le plaisir des secrets. Au début, elle s’était contentée de tomber au bon endroit et au bon moment. Quand une personne ivre l’attrapait par le bras pour lui raconter telle ou telle histoire. Les fêtes, parfois, ça avait quelque chose de positif. Pour elle. Pour les autres, elle n’en savait rien.

Rouge observe le corps de Maël glisser sur le canapé. Elle se regarde, presque couché, son verre dans la main. Peut-être devrait-elle rendre la bouteille… Après tout, c’était malsain. Il allait être malade, il allait être mal vu, il allait être arrêté par les Pacificateurs de l’entrée. Après tout, le soldat venait à peine de les quitter, suite à la ‘discussion’ qu’il avait eu avec Maël. Elle jette un coup d’œil sur ses ongles manucurés et joue nerveusement avec son ongle, limé tellement fort qu’il pourrait couper la chair comme un couteau dans du beurre. La comparaison était peut-être trop forte mais les griffes de Rouge étaient farouches. Du coin des yeux, elle suit le geste qu’il fait en direction du serveur. Encore un verre. Rouge avait arrêté de compter. En réalité, elle n’avait même pas commencé. Elle avait jugé que Maël était un garçon suffisamment grand pour connaître ses limites. Pourtant, Rouge, à chaque soirée, c’est pareil. Elle le sait, pourtant.

Maël – S’pèce d’imbécile, ressers moi un verre et fais pas chier. J’suis un grand garçon alors tu remplis ce verre et tu vas parader dans ton coin comme les crétins de ton genre.

Rouge observe l’altercation. Elle avait vu le corps de Maël se lever à moitié, elle avait entendu son ton changer d’intonation et ce, sans pouvoir faire quoi que ce soit. Elle aurait dû se lever, l’arrêter, chasser le serveur qui restait là, à lancer des regards d’animal apeuré à elle ne savait quel Pacificateur dans la salle. Et pourtant, elle était d’accord : il avait trop bu. Et il s’était levé, avait renversé le pauvre homme en tenue noire et blanche pour partir, comme un chien errant et malade. Et elle, cruche, godiche, elle était restée plantée sur le canapé, ses jambes soigneusement pliées, sa robe parfaitement lissée et brillante et ses cheveux aux parfaites ondulations blondes. Il avait juste fallu que deux éclairs blancs attirent son regard pour qu’elle comprenne que Maël n’avait plus l’autorisation de mettre les pieds dans la grande salle illuminée où les commentaires commençaient à fuser sur son ami.

Rouge se lève, le menton haut et fier, comme ses parents le lui ont appris, et prend le temps de remettre ses vêtements en ordre, de reprendre ses esprits avant de se diriger, à grandes enjambées, son sac sous le bras, tentant de rejoindre les Pacificateurs et l’homme qu’il emmène. Elle avait eu du mal de se frayer un chemin dans la foule mouvante de curieux se pressant déjà derrière les soldats du Capitole. La main grasse de Caspar l’avait attrapée au niveau du coude et ses deux yeux porcins brillaient tellement que leur lumière malsaine la rendait malade.

Caspar – Alors ?

Dans un mouvement d’agacement profond, Rouge avait dégagé son bras un peu trop brusquement, abandonnant la recherche de son ami dans la foule. Elle regardait Caspar, son visage exprimant un ennui mortel et une colère froide qu’il faisait plus que mériter.

Rouge – Alors, ma proposition de te casser la gueule tient encore.

Un redressement de menton mit fin à la conversation et Rouge joua des pieds et des coudes pour traverser la masse grouillante de vermines colorées et poudrées. Elle ne ralentit pas quand elle se rendit compte qu’il faisait plus que noir dehors. Quelqu’un lui barra la route encore une fois, en riant joyeusement. Elle lui écrasa les orteils et s’en alla sans demander son reste. Après tout, ce n’était rien de plus qu’un babouin ivre mort. Les Pacificateurs la regardèrent en chuchotant quand elle franchit la grande porte vitrée.

Peut-être ne l’aurait-elle pas retrouvé si un bruit, même minime, n’avait pas attiré son attention. Il était à côté d’elle, à deux ou trois pas. Une boule noire sur un fond encore plus noir. Une boule humaine, grelottante, tremblante, sur le trottoir que des Muets se tuaient à garder propre. Sans prendre en compte son sac, sa tenue et le sol, Rouge s’agenouille, les fesses sur les talons, devant Maël.

Maël – Rouge… s’il te plait…

Qu’est-ce qu’elle devait faire ? Caresser ses cheveux, sa joue ? Lui chanter une berceuse pour le calmer ? Le prendre dans ses bras ? Ce serait profiter de sa faiblesse. De plus, elle savait parfaitement qu’il n’était pas en état de contrôle. Elle se contenta de prendre ses mains et de les serrer fort dans les siennes.

Rouge – Ssssh… Je suis là.

D’un geste de la tête, elle rejette une mèche derrière sa tête. A l’intérieur de sa bouche, ses dents mordent sa lèvre inférieure.

Rouge – …Tu veux que je te ramène ? J’appelle Joe et il arrive en un clin d’œil.

Un mot et elle sera déjà en train de pianoter sur les touches de son portable.

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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Ven 26 Oct - 10:49
    Je tremblais. J’avais peur. Je sentais les larmes qui coulaient en cascade sur mes joues, s’accrochant dans ma barbe de plusieurs jours que je n’avais pas pris le temps de raser. Se perdant dans mon tee-shirt. Je sentais ma respiration devenir de plus en plus chaotique, et mon cœur qui demandait de plus en plus d’air. Je savais exactement ce que j’étais en train de faire, mais je ne savais pas ce que je pouvais y faire. Une crise de panique, comme j’en avais déjà tant fait dans un recoin de ma chambre, lorsque la nuit me surprenait et qu’elle m’avalait sans que je ne puisse rien y faire. Nombreux étaient les Muets qu’on avait mis à mon service qui m’avaient déjà retrouvé recroquevillé et tétanisé dans un coin, sans que je ne fasse le moindre geste pour bouger. Ils ne pouvaient pas parler, heureusement pour moi. J’étais pathétique. J’entendis des pas, une hésitation, et de nouveau des bruits de pas, rapides. Rouge était déjà là. Elle me prit les mains et les serra tout en m’assurant de sa présence :

      Ssssh… Je suis là. Tu veux que je te ramène ? J’appelle Joe et il arrive en un clin d’œil.


    Je tremblais de plus en plus de terreur. J’avais du mal à respirer. Je me recroquevillai dans mes sanglots, en cherchant les bras de Rouge, sans le savoir vraiment. La nuit était là, devant moi. Elle voulait m’avoir, comme elle avait eu les autres. Elle se riait de moi, elle rendait toutes les ombres menaçantes. J’éclatai en sanglots une nouvelle fois, sans le cacher. J’avais trop bu pour garder la moindre dignité. J’enfouis ma tête dans mes bras, les jambes ramenées contre la poitrine.

      « Rouge, Rouge… Myr… »


    Non, pas le nom interdit. J’essayai de rassembler mes pensées, de me calmer, mais je n’arrivais plus à respirer normalement. Mes inspirations et mes expirations se succédaient si rapidement qu’elles semblaient se mêler les unes aux autres pour devenir totalement inefficaces. J’agrippai le bras de Rouge, pour me raccrocher à la réalité. Je la suppliai en fixant mes yeux gris qui déversaient une rivière de larmes de gamin sans que je n’y puisse rien faire :

      « S’il te plait, sors moi de là. Rouge… je suis désolé, j’ai… Non pas ça ! »


    Une voiture venait de passer, me surprenant et m’arrachant pendant un instant à ma terreur pour m’y replonger aussitôt, encore plus profondément. J’avais peur, si peur… ce n’était pas tant les souvenirs de mes jeux que la nuit elle-même. Mes pleurs, comme le sang, m’empêchaient de voir nettement. Je luttai contre ma terreur pour me lever, m’appuyant contre le mur pour m’aider. Mes tremblements s’accentuaient à chaque seconde. Les éclairages du Capitole étaient là, et j’essayai de me raccrocher à eux, sans succès. Je murmurai à mon amie des mots sans queue ni tête, juste pour faire du bruit, ayant repris un peu le contrôle de mes pensées, puisque je n’arrivais pas à reprendre celui de mon corps. Je restais collé au mur pour avoir un point d’appui stable, et mes yeux hagards furetaient maintenant dans tous les recoins histoire de ne plus être pris au dépourvu. J’avais beau avoir vingt trois ans, la nuit et son ambiance me faisait devenir un gamin terrifié à l’idée qu’un monstre se trouve sous son lit. Un gamin qui aurait besoin de l’assurance de ses parents comme quoi il ne risquait rien, comme quoi on le protégeait. Mais mes parents n’étaient pas là, n’étaient pas à mes côtés. Et j’avais vingt trois ans, pas neuf. Je fermais les yeux, tentant de calmer mes tremblements.

      « Je… je veux bien que tu… que tu l’appelles. Je suis désolé, je n’aurai pas du crier. Ca va entacher ta réputation. Le… un jour… je le payerai cher je le sais… Je n’aurai pas du… je suis désolé. »


    Je ne regardai pas Rouge, mais gardai les yeux fermés, le visage portant vers le trottoir d’en face. Heureusement que Rouge était là… heureusement qu’elle était meilleure que moi, qu’elle supportait mes sautes d’humeur. Heureusement, aussi, qu’elle avait grandi au Capitole et ne risquait pas d’être choisie pour les jeux. Heureusement… je ne savais pas pourquoi elle était aussi prévenante à mon égard. Pourquoi elle ne me méprisait pas ouvertement. Elle était là, c’était le principal.


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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Sam 27 Oct - 21:13
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Maël – Rouge, Rouge… Myr…

Myriam, le nom de sa sœur. Rouge se souvenait de l’Arène, de cette édition, de ce que ces enfoirés de capitolins l’avaient obligé à commettre. C’était il y a quatre ans. Cinq, bientôt car plus les minutes avançaient, plus ils se rapprochaient de la 76ème Edition de ces Jeux macabres et sans aucun intérêt. Oh ! Bien sûr, il y avait le discours du Président Snow dans lequel il expliquait que ces jeux étaient une sorte de rappel à l’ordre, une punition exemplaire pour chacun des Districts. Après tout, qui aime bien châtie bien. Rouge ne releva pas la dernière appellation de Maël. Ca n’aurait servi qu’à attiser une dispute et, vu dans l’état où il était, ç’aurait été plus qu’une connerie. Devant elle, les larmes de Maël qui ravageaient son visage d’homme, laissant des sillons humides sur leur passage. Ses doigts courraient sur les bras de la jeune fille et s’y agrippaient avec force. Rouge se retenait de se dégager de l’emprise des mains de son ami, bien qu’elle ait mal.

Maël – S’il te plait, sors moi de là. Rouge… je suis désolé, j’ai… Non pas ça !

Rouge était perdue. Elle aurait voulu faire quelque chose pour lui. Elle aurait voulu trouver des mots suffisamment apaisants pour empêcher les larmes de couler. Elle aurait voulu avoir de la lumière, pas pour elle, mais pour lui. Pour qu’il ait moins peur. Rouge n’avait jamais eu à faire à ce genre de situation. Elle n’avait ni frère ni sœur qui auraient pu avoir besoin de ses bras, de son réconfort pour chasser des monstres imaginaires. Ses amies et amis ne faisaient pas appel à elle quand ils étaient en proie à des crises de larmes. A vrai dire, ils n’étaient jamais en proie à des crises de larmes. Pourquoi auraient-ils des raisons de pleurer ? Parce qu’ils s’étaient cassé un ongle ? Parce que le teinturier n’avait pas encore eu le temps de laver et repasser leurs tenues de soirée ? Parce qu’il n’y avait jamais assez de caviar, jamais assez de champagne, jamais assez d’excentricité, de paillettes, de strass, de danses, de musiques, de bonheur ? Mais du bonheur, il leur en coulait par tous les trous. Ils transpiraient le bonheur, ils puaient le bonheur, ils pissaient du bonheur, ils pleuraient du bonheur. Le malheur, la peur, la vraie peur, ils laissaient ça aux districts. Rouge avait du mal à réconforter Maël parce qu’elle ne savait tout bonnement pas comment faire. Elle avait du mal à suivre le trajet de ses yeux. Rouge n’était pas naturellement douée avec les enfants. Et en cet instant présent, Maël ressemblait à un enfant. Et si tu disais quelque chose, Rouge ? Si tu arrêtais de le regarder comme une bête curieuse, Rouge ? Si tu e comportais comme une véritable amie, au moins une fois dans ta vie ? Après tout, personne ne sait jamais quoi dire dans ces moments. Les écoles des Joyeux Amis Parfaits, ça n’existe pas.

Maël – Je… je veux bien que tu… que tu l’appelles. Je suis désolé, je n’aurai pas du crier. Ca va entacher ta réputation. Le… un jour… je le payerai cher je le sais… Je n’aurai pas du… je suis désolé.

Rouge bougea légèrement et s’assit dos au mur aux côtés de Maël. Sa robe, elle n’en avait rien à foutre. Elle pouvait être sale sans crier. Elle pouvait déchirer sa robe sans pleurer. D’un coup, elle éjecta tout l’air de ses poumons et passa un bras autour dans épaules secouées par les sanglots de Maël afin de ramener sa tête sur son épaule. Elle regardait droit devant elle, observait les voitures qui passaient sur l’avenue tandis que ses doigts caressaient distraitement les cheveux de Maël. Ecoute-le, Rouge ! Il se confond en excuses. Il pense à toi au lieu de penser à lui. Il pense à ta carrière, à ta vie, aux actes et aux retombées qu’ils auront. Rouge sortit son portable de son petit sac à paillettes de pouffiasse hautaine et débile et godiche et nulle. D’une main, elle tapota sur l’écran et envoya le message à son chauffeur. Il connaissait les ordres. Il n’était pas plus de deux heures du matin. Il savait où et il savait que c’était pour maintenant et pas dans une heure. C’était ça qu’elle aimait chez Joe. Et finalement, elle savait ce qu’elle avait à dire.

Rouge – Je l’ai appelé, il devrait arriver dans une petite dizaine de minutes.

Elle posa sa joue sur le crâne du jeune homme, les yeux dans le vague, les pensées en désordre.

Rouge – Tu sais, ma carrière, on s’en fout. Ma carrière, elle va continuer. Si ce n’est pas dans des films, je ferai les reconstitutions dans les Arènes. Si jamais ils ne veulent plus de moi en tant qu’actrice, je serai styliste. Ma mère n’attend que ça, que je lui annonce que je compte reprendre sa maison de couture.

Rouge n’en avait jamais eu l’intention, d’ailleurs. Coudre, c’était uniquement un passe-temps pour elle, un loisir entre deux tournages. Elle replia ses jambes contre elle et fut agacée par cette foutue robe trop courte. Au fond, il faisait noir, on s’en foutait.

Rouge – Et ma réputation, on s’en fout aussi. Je ne mourrai pas parce que deux pélots et trois tondus crieront sur tous les toits que je ne suis pas une Capitoline comme il faut l’être. Je m’en fous.

Elle sourit légèrement dans le vague à l’évocation d’une pensée futile. Mais quitte à parler pour faire du bruit, autant continuer. Ca faisait passer le temps et le noir.

Rouge – De toute manière, à parti du moment où tu n’as pas des ongles de vingt centimètres, des diamants sous la peau, des moustaches de chats, des cheveux teints et des cils d’or, tu n’es pas comme il faut être. Être soi-même, c’est interdit, tu sais.

Rouge scrutait les voitures jusqu’à voir la sienne arriver. Une bête, une grise. Une qui aurait normalement dû se fondre dans la masse mais qui ne le faisait pas puisqu’elle ne ressemblait pas aux autres. Elle se leva et aida Maël à l’imiter avant de le conduire, un bras sous ses épaules, jusqu’au siège arrière. Elle referma la portière derrière elle et énonça l’adresse qu’elle avait mémorisée à Joe. Elle serra la main de Maël dans la sienne.

Rouge – Ca va aller. Je te reconduis chez toi, maintenant.

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ϟ HUNGER GAMES : oui
ϟ RÉBELLION : contre
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MessageSujet: Re: Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]   Ven 16 Nov - 23:06
    Je pleurai sans m’arrêter. Je sentais Rouge assise à côté de moi, et ça me rassurait. A peine. J’étais terrifié, j’étais comme un enfant mis au milieu de son pire cauchemar. Peut être n’était-je que ça ? Un enfant… un enfant qu’on avait forcé à grandir vite. Un enfant éternellement prisonnier de ses terreurs et de son caractère lunatique. Etais-je lunatique ? Assurément. J’étais instable mentalement, voilà qui était certain. Mais je pleurais, toujours. J’avais honte d’être aussi faible. J’avais peur que l’on me voit. Rouge était là pour me protéger. J’avais honte d’avoir besoin d’être protéger à bientôt vingt quatre ans. Je tremblais. Rouge bougea légèrement et passa son bras sur mon épaule. Je me laissai aller sur son épaule, ne me sentant pas capable de faire autre chose. Elle passai ses doigts dans mes cheveux, et ça me rassurait. En réalité, sa simple présence me rassurait. J’étais fatigué. J’avais trop bu, je le savais. C’était rare que je boive autant. L’approche des jeux en était la cause principale, bien sûr, mais pas la seule. Je n’avais pas réellement d’excuse à donner sur ma grande consommation d’alcool. D’habitude, je buvais sans que ça ne me fasse grand effet. D’habitude, je me calmai lorsque je me sentais perdre le sens des réalités. J’étais un alcoolique de vingt trois ans, certes, mais je restais sensé. Et ce soir… ce n’avait pas été le cas. Rouge bougea un peu à nouveau et j’entendis des cliquetis. Je me tendis instantanément au creux de Rouge, me préparant au coup de hache qui allait suivre sans nul doute. J’étais trop fatigué pour suivre. Trop fatigué de vivre. Mais le coup ne vint pas, et je réouvris les yeux pour être assaillis par une obscurité que j’avais oubliée.

      Je l’ai appelé, il devrait arriver dans une petite dizaine de minutes. Tu sais, ma carrière, on s’en fout. Ma carrière, elle va continuer. Si ce n’est pas dans des films, je ferai les reconstitutions dans les Arènes. Si jamais ils ne veulent plus de moi en tant qu’actrice, je serai styliste. Ma mère n’attend que ça, que je lui annonce que je compte reprendre sa maison de couture.


    Rouge parlait. Je l’écoutais d’une oreille distraite, plus concentré sur les battements de mon cœur et le rythme de sa voix. Sa voix. Je n’entendais plus les mots, juste un bruit continu. J’entendais Actrice, maison, couture… Mon cerveau refusait d’entendre les mots maudits qu’étaient Capitole, Arène, styliste, réputation… il faisait lui-même la censure des données qui parvenaient à mes oreilles pour que je ne recommence pas à paniquer. Au doux son de la voix de Rouge, je commençais à m’endormir, un peu apaisé. Pour un peu, j’aurai commencé à sucer mon pouce, mais les larmes salées qui coulaient encore rompaient ce qui semblait un sommeil, ou un début de sommeil, tranquille. Les larmes… pourquoi n’arrivaient elles pas à s’arrêter ? Trop de pression ? Sûrement.

    Rouge arrêta de parler, ce qui me sortit de mon demi sommeil. Je tremblai. J’étais dans un état semblable à un état de choc, et je fixai mon amie, ma meilleure amie ?, comme je fixais des années en arrière ma grande sœur que j’admirais. Je ne faisais pas d’amalgame, non, j’étais juste… en confiance. En confiance parce que j’étais abruti par la fatigue. Plus qu’abruti… Je n’étais qu’un pantin, un pantin qu’elle guida habilement vers une voiture grise que je connaissais déjà. Je connaissais aussi le chauffeur, mais je ne lui fis aucun signe pour le saluer. Je me laissai tomber plus que je ne m’assis sur le siège arrière. Rouge me prit la main, mais je ne répondis rien. J’étais déjà en train de retomber de fatigue. Non, c’était faux. Je dormais déjà. Je me sentis glisser doucement dans le sommeil qui suivait la fatigue. Je dormais à moitié lorsque j’entendis Rouge dire une dernière fois :

      Ca va aller. Je te reconduis chez toi, maintenant.


    Puis je sombrai définitivement dans le sommeil, recroquevillé sur la banquette arrière comme pour me protéger.
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Je veux voir la vie en Rouuuge ! [pv E. Rouge O'Mara] [SAISON 1]

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