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 ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV

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CITOYEN DE PANEM
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ϟ 1ERE MOISSON : 26/02/2012
ϟ MESSAGE : 463
ϟ AVATAR : phoebs tonkin.
ϟ MULTICOMPTE : nope.
ϟ DISTRICT : originaire du deux, actuellement dans le treize.
ϟ AGE : vingt ans.
ϟ METIER : autrefois elle s'entraînait pour les jeux.
ϟ HUNGER GAMES : non
ϟ RÉBELLION : indécis
ϟ COMPÉTENCES : SURVIVOR
ADMINISTRATRICE DE DAUGHTER OF FIRE
MessageSujet: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Dim 15 Avr - 2:14


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EXPECT ANOTHER WORLD.
Il restait planter là. Et mes yeux sombres ne le quittaient pas d’une seconde. Fou. Il l’était sans doute. Folle. Je l’étais aussi. Ma main glissa sur mes cheveux tirés en arrière. Nerveuse. Nerveuse comme jamais. Une légère brise d’air chaud soufflait doucement. Les lanternes suspendues un peu partout volaient alors d’une manière presque…hypnotique. Mais que fais-tu ici. Que viens-tu faire dans cet endroit morbide. Apprécies-tu le fait de marcher là où d’autres sont morts. J’aurais pu mentir, mentir au monde en affichant un sourire et en étant aimable. Mais je ne savais pas mentir, je ne sais pas sourire non plus. D’aussi loin que remonte ma mémoire, j’ai toujours dit bonjour à la mort. La côtoyer, comme une amie, comme une amante. Depuis la mort de Sam. Depuis que Reynolds m’entraîne. Depuis qu’Asher est revenu. La mort ne m’a jamais quitté. Et mes pieds frôle désormais l’endroit où la mort à élu domicile. Quelle ironie du sort. Mes yeux ne pouvaient quitter son regard. Etait-il aussi cinglé que les autres. Les vainqueurs sont souvent d’étranges personnages. Il suffit de voir Asher. Asher. Une grimace déforma mon visage le temps d’une seconde. Il était revenu de l’enfer. Il était revenu pour moi, pour Samuel. Et puis il est redevenu lui. Lui qui me rassure, lui qui me fait rire, lui qui me fait peur. Que fais-tu ici Bonnie. Que vas-tu faire maintenant qu’il n’est pas là pour t’épauler, te guider. Il t’avait prévenu de ne pas partir. Et tu ne l’as pas écouté. Je n’aurais pas dû. Mais désormais c’est bel et bien trop tard. Tu ne sortiras pas indemne de cette arène.

Sa voix était sèche, dure, il voulait sans doute imiter mon ton. Je ne bougeais pas d'un centimètre lorsqu'il déclara simplement. « Nous sommes dans une ancienne arène. Si vous en avez envie je peux vous monter l'endroit où ils ont tué mon mentor ? Ou la petite Arabella ? Comme il vous plaira. Et la rivière, un peu plus loin dans la forêt, est absolument charmante. Du moins, quand un homme n'est pas en train d'y perdre ses entrailles. » Entrailles. Corps. Un frisson parcourra lentement mon échine. Mais ce n'était pas de la peur. C'était de l'excitation morbide. J'étais devenue aussi stupide qu'une Capitoline pré-pubère. Le sang. Tu l'avais vu. L'image de Samuel. La flèche traversant son corps d'enfant. Le sourire de cette fille. Le même sourire sur mon visage aujourd'hui. Mon poing se serra et se relâcha d'un coup. Stupide Bonnie. Ma tête se baissa légèrement. Et la réalité reprit doucement le dessus. « Nos bienveillants amis du Capitole trouveraient cela fascinant. Pour nous, petits agneaux, ce serait surtout un moyen de chasser cette vilaine migraine, pas vrai ? » Je ne comprenais franchement pas de quoi il tentait de me parler. La seule chose claire était son bras tendu vers moi. Et son sourire. Ma main frôla son bras, hésita et au final se reporta vers le comptoir qui se trouvait juste derrière lui attrapant un verre. Le dit verre termina sa course dans ma bouche aussi rapidement que possible. Me retrouvant face à lui, je lui offris mon plus beau sourire d'hypocrite. « Mmh, mort, entrailles. Vous savez parler aux femmes vous. » Soufflais-je doucement, mi- amusée par ce cavalier au langage si peu conventionnel. Mon bras se coinça sous le sien et nous étions en route. Sous le regard ébahit de nombre d’invités. Ce qu’ils pensaient de nous était bien simple. Je n’étais qu’une fille, il n’était qu’un homme. Et nos pas nous éloignaient progressivement du brouhaha et des rires gras. Loin de mes camarades de district, loin du capitole. Loin de tout.

Seuls. Nous étions seuls, la forêt était une sorte de bois tout ce qu'il y a de plus basique. Des arbres assez grands, des plantes, rien de bien sorcier. Rien de bien effrayant. Et pourtant je restais accrochée à son bras comme une enfant qui a peur du noir, comme une débutante, comme une fille. Je m'en voulais. Intérieurement. Mais mon bras refusait de le lâcher. Et lui semblait ne rien dire. Ne rien penser de tout cela. De cette blague. De cette idiotie sans nom qu'il trimbalait avec lui. Nos pas nous menaient au plus profond des bois. Et plus nous avancions, plus la chaleur se faisait sentir. A moins que ce ne soit que l'effet de l'alcool dans mes veines. Je laissais mes yeux se fermer parfois. Humer l'air. Se laisser guider. Ne rien dire. Ne rien faire. Et puis il s'arrêta. Et moi aussi par extension. Face à un lac. L'eau était transparente. Limpide. Une légère cascade se versait lentement dans cette vaste étendue d'eau. Comment diable connaissait-il cet endroit ? Peut-être l'avait-il déjà vu. Peut-être était-ce pour lui le lieu de tous ses cauchemars. La lune éclairée le tout de sa majestueuse lumière laiteuse. Je lâchais doucement le bras de mon acolyte. Les yeux rivés vers le lac. Envoûtée. Et passablement ivre aussi. Mes mains se glissaient alors dans mes cheveux les détachant une fois pour toute de l'emprise de cette coiffure bien trop stricte. Un flot de cheveux bruns tomba sur mes épaules. Un demi-sourire au bout des lèvres. Je me tournais doucement vers lui. Et ma voix se fit douce, ou du moins se fit-elle moins agressive. « Bonnie. Mon nom est Bonnie. » Ou du moins j'espérais qu'il ne maudirait pas mon nom après cette rencontre. Puis je me tournais encore vers l'eau. Limpide. La chaleur, une bouffée de chaleur envahit mon corps. Un sourire. Et mes mains glissaient sur le côté de ma robe. Frôlant la fermeture, pour au final, glisser cette dernière vers le bas. Et la robe se trouva au sol. Et ne restait sur ma peau, que les sous-vêtements couleur écarlate dont le Capitole m'avait offert. Nue ou presque. Le résultat était le même. J'étais face à l'eau. Un parfait inconnu derrière moi. Et je me surprenais encore à lui lancer un regard provocateur par-dessus mon épaule. « Enchantée. »

Je ne lui laissais pas le temps de réagir. C'était comme si les lieux étaient en moi. Et Mercutio était là, sans être là. C'était devenu un autre monde. Un autre endroit. Que penserait Asher de tout ceci ? Du fait que je me retrouve presque nue face à un autre. Il le tuerait. C'est ce que je ferais. Si j'étais lui. Mais tu n'es pas lui Bonnie. Tu n'es qu'une gamine. Tu n'es qu'un mouton, tu n'es rien. Rien de rien. Et alors j'avançais un pied. Et sans un mot je plongeais grossièrement dans l'eau limpide. Laissant le liquide me porter, m'envahir. Je remontais -presque- facilement à la surface. Le regard rivé sur celui qui se devait d'être mon compagnon de soirée. « Elle n'est pas si froide qu'elle n'y paraît. » lui lançais-je en riant. « Tu ne vas pas rester là à me regarder nager ? » enchaînais-je en faisant une planche assez grossière. Je plaquais les quelques mèches rebelles sur mon crâne mouillé. « Je promets de ne rien dire au Capitole. » dis-je en me mettant le doigt devant la bouche. Comme une enfant. Comme une niaise. Mon regard se dirigea doucement vers la lune. « Il n'y a qu'elle qui nous regarde ce soir. » chuchotais-je pour moi-même. Peut-être avait-il entendu. Peut-être pas. Un sourire sur mon visage. Et je fermais doucement les yeux.



1241 mots.


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and i'm a long way, from your hill or cavalry. and I'm a long way from where I was, where i need to be. if there is a light you can always see and there is a world we can always be. if there is a kiss i stole from your mouth and there is a light, don't let it go out.
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CITOYEN DE PANEM
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MessageSujet: Re: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Dim 15 Avr - 5:45
Les quelques éclats de lune qui feuilletaient à travers le feuillage projetaient des ombres étranges sur les alentours ; comme des ailes sur le dos presque nu, une cicatrice au visage. Il savait que tout cela n’était que chimère, illusion, comme l’arène en elle-même. Peut-être que des gens étaient assis quelque part dans une salle de contrôle, en train de les espionner, en train de planifier quelque chose pour leur tomber dessus et les ramener tout gentiment plus près des autres invités. C’était la première fois qu’il remettait les pieds dans une arène depuis la 68ième et ce n’était pas vraiment différent. Il se sentait encore observé, et le malaise qui lui retournait l’estomac chaque fois qu’il quittait le cocon du District Sept était bien présent. Il savait qu’il n’était en sécurité nulle part – personne ne l’était -, mais le Sept était la maison. Le Sept était le véritable lui, pas l’insouciant ridicule avec qui les gens du Capitole aimaient à s’amuser durant un temps. Il savait qu’avec le temps ses sourires commençaient à se faner, que ses blagues étaient toujours les mêmes et que même les idiotes comme Tatiana Fludgeway n’étaient plus bernées par ses numéros. Mais tout allait bien. Tout allait toujours bien, oui, car dès alors que vous sortiez des sentiers battus pour vous par le Président Snow lui-même ce-dernier remplaçait ses roses par des poignards et ses mots délicats par des poisons au parfum printanier. Quand il était plus jeune, avant que le Capitole lui arrache tout ce qui restait d’avant-Jeux en lui, il n’avait que ce mot à la bouche : rébellion. Ses cauchemars étaient peuplés de visages connus, certains moins que d’autres. Quelques-uns revenaient plus souvent ; celui de la petite Lucie qu’il avait été incapable de sauver, celui de la fille du Deux qui avait fini la tête écrasée sous sa botte. Il n’avait pas entièrement surmonté ça. Se retrouver seul, perdu quelque part avec des gens que vous ne connaissiez pas et dont les intentions n’étaient parfois pas claires – n’était-ce pas là le but des Hunger Games ? N’était-ce pas exactement ce qui était en train de se produire ?

Il se surprit à faire quelques pas vers l’arrière. Il ne se connaissait aucun faible pour les adolescentes saoules et n’avait aucunement l’envie de s’en découvrir un, aussi fixa-t-il son regard sur la nouvelle cible des ombres : la robe de Bonnie. C’était un nom agréable, Bonnie. Malléable, aussi. Les Bonnie pouvaient être douces, ou cruelles. Pour celle-là il penchait plus pour la seconde option. Quelque chose dans le regard, peut-être, ce même regard qui à l’instant présent était braqué sur lui. « Elle n’est pas si froide qu’elle n’y paraît. » Il n’aimait pas les rivières, les fleuves. Les bateaux. L’étape de sa Tournée de la Victoire où il avait été invité à dîner sur le yacht du maire du Quatre avait été la pire. De la même manière il n’aimait pas grimper aux arbres, n’aimaient pas se trouver ailleurs qu’au rez-de-chaussée. Et en complète contradiction, il détestait les caves. Les tunnels. Les portes fermées. Depuis la 68ième tout était bon pour la lui rappeler – la forme particulière d’un tronc d’arbre, le reflet du soleil dans l’herbe fraîche de rosée… tout ce qui était beau ne l’était plus depuis qu’à ces paysages se superposait le sang. Les cris. Les larmes. Les siennes. Les leurs. Il supposa que Bonnie ne pleurait pas. Sonia Frostday non plus. Et certainement pas le Président Snow. Son regard revint se poser sur la robe roulée en boule sur le sol. « Tu ne vas pas rester là à me regarder nager ? » Les politesses étaient tombées en même temps que la tenue. Ça ne faisait pas vraiment de différence. Ça, ou qu’elle soit ou non habillée. Tout était dans la robe. La robe rouge. Rouge comme le sang de la fille du Deux sous sa botte, exactement comme ça. Aucun cri. Aucune plainte. Ce n’était pas que le crâne qui s’était brisé à ce moment-là, c’était lui-même. L’enfant qu’il avait été et le monstre qu’il était devenu. Le véritable lui n’aurait pas fait cela. Le véritable lui n’aurait jamais été capable d’arracher une lance des mains d’un autre tribut – d’un autre gamin, bordel – pour la lui enfoncer dans la gorge. Il méprisait ce qu’il était devenu. Méprisait ceux qui en le voyant triompher avaient applaudit. « Je promets de ne rien dire au Capitole. » Elle le tira de sa rêverie. Elle flottait sur le dos dans le lac et si un instant elle avait fermés les yeux on aurait pu la croire morte. Mais elle ne les fermerait pas. Jamais. Ils étaient plein de soif de sang. Ce n’était pas ceux d’un agneau mais bien d’un loup. Les filles du Deux étaient toutes les mêmes. Les vainqueurs aussi, en quelque sorte. Des tueurs. Tuer pour ne pas être tué ne faisait pas de vous une meilleure personne. Vous le répéter avant de fermer chacune des lampes qui éclairaient les recoins de votre immense – et vide, oh, vide de tout – maison ne vous aidait pas à dormir. Être sorti de l’arène en vie ne vous aidait pas pour autant à vivre. Pourquoi vivre quand ceux que vous aimiez étaient morts ? Et c’était par sa faute à lui. Sa grand-mère. Sa mère. Et la pauvre Violette. Il ignorait à quel moment elle avait cessé d’être sa Violette, mais c’était arrivé. Elle était devenue un visage comme les autres. Un fantôme de plus. « Il n’y a qu’elle qui nous regarde ce soir. » Il sursauta presque, s’imagina durant un moment qu’il avait dit cela tout haut. Mais non, mais non. Ce n’était la douce et cruelle Bonnie qui contemplait la lune en exposant son ventre nu.

Il ramassa la robe. Se demanda quoi en faire durant un moment puis la laissa retomber. En même temps que son veston. « De là où je viens, c’est rare, une rivière. T’imagines un lac. Les vieux racontent que c’est plein de monstres et de sirènes maléfiques qui chantent pour envoûter les hommes. Ils disent que c’est ce chant démoniaque qui pousse certains tributs à se porter volontaires. Ils ne comprennent pas que certains d’entre vous aiment les Hunger Games. Les voient comme la porte de sortie d’une existence minable. Parce que ça l’est, pas vrai ? Minable partout. Minable dans les mines du Douze, dans les champs du Neuf, dans la mer du Quatre. Le Village des Vainqueurs et peut-être même les chiottes du Président Snow. Minable. Tu veux gagner ? Tu penses que y’a quoi, derrière la gorge tranchée du dernier tribut ? Je suis mentor depuis six ans, si on oublie cette putain d’Expiation. La 76ième arrive bientôt, aussi. La plupart du temps le vieux Karterpiler et Marcus… » Il réalisa que c’était la première fois qu’il prononçait le nom de son mentor depuis sa mort. C’était étrange. Il avait été capable, pour Violette. Il hurlait son nom dans la maison immaculée dans laquelle le Capitole l’avait parqué en détruisant tout ce qui pouvait être détruit. Mais pas pour Marcus. Peut-être que c’était trop frais. Peut-être aussi parce qu’il avait vu mourir son mentor en direct à la télévision tandis que de la pauvre Violette ne restaient plus que des cendres quand il était arrivé. C’était sûrement ça. Il ramena les manches de sa chemise blanche sur ses poignets. Il avait froid, tout d’un coup. C’est d’une voix plus calme qu’il poursuivit. « Karterpiler et mon mentor s’occupaient du garçon à tour de rôle, et moi j’avais la petite. Pas une au-dessus de quinze ans en six ans. La femme qu’ils ont tué dans l’Expiation aurait dû s’en charger mais elle pouvait à peine se lever, alors c’est moi qui le faisait. Les deux premières n’ont pas dépassé le Bain de Sang, merci aux Carrières dans ton genre. La troisième a fini cinquième. Cinquième. J’aurais vendu tout le Sept pour lui envoyer le remède contre le poison qui l’a tuée. Elle est morte dans une rivière. Le courant était tellement fort que l’hovercraft ne pouvait pas ramasser son corps. Mais ça, c’est un lac. Il n’y a que les sirènes qui chantent pour damner les hommes. » Et il y plongea la tête première avec une pensée vague, à quelque part, pour le costume hors-de-prix dont l’avait vêtu Corrus.


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CITOYEN DE PANEM
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ϟ 1ERE MOISSON : 26/02/2012
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MessageSujet: Re: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Dim 15 Avr - 16:45


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EXPECT ANOTHER WORLD.
Ma robe entre ses doigts fins. Il n’avait d’yeux que pour elle. Elle et sa couleur de sang, sa couleur d’amour, sa couleur de mort. Envoûté par un bout de tissus. Il était fou. Fou d’avoir gagné, c’était le lot d’un grand nombre de vainqueurs non volontaires. Vainqueur par le plus grand des hasards, vainqueur grâce à la faiblesse des autres. Il n’y avait que cela qui différenciait les carrières et les autres tributs. Nous étions conditionnés dès notre plus jeune âge, la mort ne nous effrayait pas. Seule la victoire. Win or die. Pas de juste milieu. Il me jeta un rapide coup d’œil. Visiblement pas aussi amusé que moi par la situation. Ce qui m’amusa encore plus. Son veston tomba rapidement sur le sol, un grand sourire de ma part accueillit cette action inattendue. Allait-il plonger ? Il ne se jeta pas dans le bain. Non. Le veston était au sol. Mais il était toujours en chemise et pantalon. Et ses yeux trahissaient une profonde détresse émotionnelle. Toujours face à lui j’attendais. « De là où je viens, c’est rare, une rivière. T’imagines un lac. Les vieux racontent que c’est plein de monstres et de sirènes maléfiques qui chantent pour envoûter les hommes. Ils disent que c’est ce chant démoniaque qui pousse certains tributs à se porter volontaires. » Mes yeux ne quittaient pas les siens. Je ne réagissais pas face à sa voix. Je le laissais dire. Dire ce qui semblait le tuer à petit feu. « Ils ne comprennent pas que certains d’entre vous aiment les Hunger Games. Les voient comme la porte de sortie d’une existence minable. Parce que ça l’est, pas vrai ? Minable partout. Minable dans les mines du Douze, dans les champs du Neuf, dans la mer du Quatre. Le Village des Vainqueurs et peut-être même les chiottes du Président Snow. Minable. » Sa voix devint plus forte. Son esprit était en proie à de nombreuses émotions qui déformaient ses traits. Mais je ne bougeais toujours pas. « Tu veux gagner ? Tu penses que y’a quoi, derrière la gorge tranchée du dernier tribut ? Je suis mentor depuis six ans, si on oublie cette putain d’Expiation. La 76ième arrive bientôt, aussi. La plupart du temps le vieux Karterpiler et Marcus… » Une pause. Il me demandait de réfléchir à ma vie. A ce que Reynolds m’enseignait depuis mes dix ans. Mon enseignement. Ma vie. Mon unique but. Je n’avais jamais tué quelqu’un. Dans de nombreux exercices j’excellais et je dominais mes adversaires. Mais ce n’était que des exercices. Et une fois à terre, mon adversaire se relevait toujours. Et nous reprenions l’entraînement. Toujours plus fort, toujours plus rapide. C’était comme cela que j’imaginais la vie. Tuer pour vivre. N’étais-ce pas la plus vieille loi de l’humanité ? Si on m’enlevait ça. Je n’étais alors plus rien. Il s’étrangla en prononçant le dernier nom. Marcus. C’était le tribut vainqueur de l’expiation. C’était un homme bon selon Asher. Un vainqueur qui ne méritait pas cette fin. Mais qui mérite une telle fin Bonnie. Qui mérite de mourir seul, égorgé par un sinistre inconnu. Loin de chez soi. Il me faisait douter. Lui et sa sincérité déconcertante. Mais il ne pouvait effacer presque vingt ans d’endoctrinement. Il ne pouvait me transformer en lui. En être dégoûté de la vie, dégoûté du monde, dégoûté de soi-même. Il enleva doucement sa chemise. Perdu dans ses sinistres pensés. Et si c’était moi à sa place. Et si c’était Asher qui était mort lors de l’expiation et pas l’autre. Serais-je la même personne ? Mais il n’était pas mort lors de cette expiation Bonnie. Asher était bel et bien là. Et l’autre était mort. Mais pas Asher. Lui ne pourra plus mourir désormais. « Karterpiler et mon mentor s’occupaient du garçon à tour de rôle, et moi j’avais la petite. Pas une au-dessus de quinze ans en six ans. La femme qu’ils ont tué dans l’Expiation aurait dû s’en charger mais elle pouvait à peine se lever, alors c’est moi qui le faisait. Les deux premières n’ont pas dépassé le Bain de Sang, merci aux Carrières dans ton genre. » Sa voix était calme, mais ses propos étaient violents. Ils transperçaient mon âme de part en part ne laissant derrière eux que profonde rancune. Carrière dans mon genre. Ainsi il avait deviné. Ainsi il savait qui j’étais sans même me le demander. Un lent soupir. Il m’en voulait. Pour ce que je n’avais pas fait. Pour ce qu’il n’avait pas pu faire. Impuissant face à la mort de ses tributs. Il était brisé. Il n’était plus qu’une ombre. Et cela me fit trembler. Je voulais lui répondre. Mais il ne s’arrêta pas. Et ses paroles se brisaient, et moi je restais silencieuse comme une foutue statue. « La troisième a fini cinquième. Cinquième. J’aurais vendu tout le Sept pour lui envoyer le remède contre le poison qui l’a tuée. Elle est morte dans une rivière. Le courant était tellement fort que l’hovercraft ne pouvait pas ramasser son corps. Mais ça, c’est un lac. Il n’y a que les sirènes qui chantent pour damner les hommes. » « Tais-toi. » Mais il ne m’entendit pas. Il plongea simplement. Mes yeux se fermèrent quelques secondes. Quelques fichues secondes. Un corps. Samuel. Il était là, près de moi, la chaleur de sa voix, son ton arrogant. Je le voyais encore se porter. Sur la place du deux. Mais ce n’était pas une surprise, le deux a l’habitude d’élire ses tributs. Et Samuel était l’élu de douze ans. Tout le monde pensait qu’il ne passerait pas le premier jour. Il survécu. Et tua avec ses mains d’enfant. Moi je souriais devant l’écran et d’une certaine manière je savais qu’il me regardait lui-aussi. Puis je revois cette colline. Samuel se penchant pour ramasser du bois, et cette flèche traîtresse. Elle le tua dans son dos. Le sang ruissela dans la rivière. Mort sur le coup. Une flèche traversant son abdomen d’enfant.

Mes yeux s’ouvrèrent sur le visage de Mercutio. Mais il n’y avait plus rien d’amical dans mon regard. Je n’étais plus amusée. L’alcool ne me faisait plus d’effet. « Tais-toi. » ma voix était forte. Un ordre. « Tu ne sais rien. Rien de rien. » J’avançais doucement vers lui. « Regarde-moi. » Ce qu’il fit. Ses yeux clairs où se reflétait son âme brisée. Son âme meurtrie. « Regarde-moi et dis-moi. Dis-moi que tu n’as rien ressentie lorsque ta chaussure brisa le crâne de la jeune Vitanie, dis-moi que tu n’as pas été heureux de transpercer le ventre d’un autre ou que tu n’as pas jubilé lorsque ton dernier tribut tuait les autres. » Je marquais une pause. J’étais désormais plus près de lui. Trop près. « Dis-moi que tu n’as pas ressentie cette excitation morbide qui parcoure ton échine jusqu’à prendre possession de ton esprit. » En même temps que mes mots sortaient de ma bouche, une de mes mains remonta de sa hanche jusqu’à son épaule. Je regardais le ciel. La lune brillait plus fort me semblait-il. Et mon regard se reposa sur lui. Un regard plus doux. « J’ai perdu tout ce que j’avais. Je n’ai plus rien. Rien. » Ma voix se brisa dans sur le dernier mot. « Le deux n’a pas gagné les jeux depuis dix ans. Depuis la victoire d’Asher. Tous les tributs étaient mes amis. J’étais avec eux lorsqu’on sélectionnait les tributs dans les centres d’entraînement. C’aurait pût être moi. J’aurais pût être Vitanie. » Une autre pause. Je soufflais. Ma main toujours posée sur son épaule. Mes yeux toujours rivés sur les siens. « Tu peux pleurer sur ces choses que tu aurais pu faire pour les sauver. Reste donc enfermé dans ce passé, laisse tes souvenirs te détruire. Car ils sont morts. Je ne le sais que trop bien. Morts. Et jamais ils ne reviendront. Jamais tu ne pourras parler avec Marcus. Jamais je ne reverrais Samuel. Car les morts ne reviennent pas à la vie. Ils sont justes morts. » Mon autre main se posa sur son épaule. « Dis-moi qu’à cet instant tu ne ressens rien. Alors je m’en irais et plus jamais tu n’entendras parler de moi. » Mon corps se rapprocha du sien. Et dans un énième soupir je lui souris.



1403 mots.


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MessageSujet: Re: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Dim 15 Avr - 22:54
C’était une sensation bizarre, d’être si près de quelqu’un et d’en être en même temps si éloigné. Ça faisait presque mal, à la vérité. Il ne ressentait plus aucune colère, maintenant, simplement une singulière curiosité. Pour ce que Bonnie était et que lui n’avait jamais été, ni personne d’autre dans le Sept. Une machine. Un tueur. Mais ce n’était pas effrayant, ce n’était pas froid et sombre comme on pouvait le percevoir depuis son poste de télévision. Un cœur qui battait. Un souffle chaud dans son coup. Vingt-trois années de vie ne l’avaient pas préparé à celle qu’il menait aujourd’hui. Il n’avait plus froid. Ou peut-être bien, il ne savait plus. « Regarde-moi et dis-moi. Dis-moi que tu n’as rien ressenti lorsque ta chaussure brisa le crâne de la jeune Vitanie, dis-moi que tu n’as pas été heureux de transpercer le ventre d’un autre ou que tu n’as pas jubilé lorsque ton dernier tribut tuait les autres. » Folle. Elle était folle. Il fallait l’être pour trouver plaisir dans la contemplation de la mort. Les gens du Capitole étaient tous des cinglés, également. Et lui aussi, peut-être bien. Le nom de la fille du Deux lui revint ; Vitanie. C’était Vitanie, alors. En sept ans il n’avait jamais cherché à l’apprendre, ou alors il l’avait oublié entre deux bouteilles. Plus que ceux qu’il avait tués au Bain de Sang, sa mort à elle le hantait. Elle était blessée. Elle ne pouvait plus l’atteindre, pourtant il l’avait tuée. Parce qu’il avait l’occasion de le faire, pas parce qu’elle était une menace. « Dis-moi que tu n’as pas ressentie cette excitation morbide qui parcoure ton échine jusqu’à prendre possession de ton esprit. » Il secoua la tête, frissonna presque lorsqu’elle le toucha. Il n’était pas comme ça. Du moins il n’aurait jamais été sensé le devenir. Avait-il été heureux, chaque fois que s’affichait dans le ciel le visage d’un tribut inconnu, tué ailleurs par quelqu’un d’autre ? Peut-être. Lui était toujours en vie. Les enfants de la 68ième resteraient des enfants pour toujours et lui vieillirait jusqu’à, peut-être, avoir la chance de complètement les oublier. « J’ai perdu tout ce que j’avais. Je n’ai plus rien. Rien. » Il détourna les yeux. Contempler le reflet de sa propre réalité était insupportable. Il tenta de reculer. La main posée sur son épaule l’en empêcha. « Le deux n’a pas gagnés les Jeux depuis dix ans. Depuis la victoire d’Asher. Tous les tributs étaient mes amis. J’étais avec eux lorsqu’on sélectionnait les tributs dans les centres d’entraînement. C’aurait pu être moi. J’aurais pu être Vitanie. » Ses amis ? Ses amis, qui dès alors qu’il était revenu de la 68ième ne l’avaient plus considéré comme le bon vieux Mercutio mais comme une étrange créature du Capitole dont il fallait se tenir éloigné. Sa famille. Et Violette, qui n’était plus à plaindre dès qu’il pensait à la vie que lui, le vivant, menait. La mort était douce, pourtant il en avait peur. Elle lui avait pris tout ce qui avait jamais compté pour lui, réussissant invariablement à le rattraper au moment précis où il se sentait en sécurité. « Tu peux pleurer sur ces choses que tu aurais pu faire pour les sauver. Reste donc enfermé dans ce passé, laisse tes souvenirs te détruire. Car ils sont morts. Je ne le sais que trop bien. Morts. Et jamais ils ne reviendront. Jamais tu ne pourras parler avec Marcus. Jamais je ne reverrais Samuel. Car les morts ne reviennent pas à la vie. Ils sont justes morts. » Il aurait voulu lui dire de s’en aller, d’arrêter de parler et de disparaître. Il n’aimait pas entendre la vérité. Une autre main se posa sur son épaule, et c’était tellement étrange. Il n’aimait pas la proximité. Les gens du Capitole ne vous le demandaient pas avant de vous serrer contre eux comme des toutous. Certains vous louaient. Pour les accompagner à des soirées, pour réchauffer leurs lits… mais avec Bonnie ce n’était pas la même chose. Sa présence n’était pas exactement dérangeante. C’est comme si elle n’avait pas vraiment été là, crée seulement par un jeu d’ombres entre le feuillage des arbres et la lumière de la lune. La pression de ses paumes sur ses épaules était légère. Il savait qu’elle aurait pu lui faire mal. Lui aussi, il aurait pu lui en faire, du mal. Il était suffisamment doué pour s’en faire à lui-même, ça ne devait pas être bien compliqué. Détruire les choses. C’était la seule chose qui réussissait aux vainqueurs. « Dis-moi qu’à cet instant tu ne ressens rien. Alors je m’en irais et plus jamais tu n’entendras parler de moi. » Il ressentait bien quelque chose. De l’attirance ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Bonnie était jolie mais avait quelque chose de plus qu’il ne parvenait pas exactement à cerner. Alors il garda le silence. Lequel dura suffisamment longtemps, peut-être, pour se traduire par un assentiment.

Lorsqu’il ouvrit finalement la bouche c’était dans un murmure. « Les Carrières. Captivantes créatures. Captivants corps inertes, aussi, puisqu’il est difficile d’assimiler le fait que ces êtres pleins de vie, de rage et de puissance ne sont plus. Tu pourrais être l’un d’eux. Te porter volontaire pour la 76ième, porter ta jolie robe rouge devant le Capitole, faire s’esclaffer Caesar Flickerman. Et ensuite ? Sang et mort. Feu. Larmes. Tu n’as jamais tué. Tu ne sais pas ce que sait, tu ignores à quel point ça te détruit de l’intérieur. Mais tu t’imagines que tu sais. Tu t’imagines que ton entraîner dit la vérité, que tous ces idiots qui se portent volontaires meurent parce qu’ils ne possédaient pas la même flamme que toi. Tu l’as, la flamme. Et ça va te tuer. » Ça le tuerait lui aussi si il n’y prêtait pas attention. Il se mit à reculer, vers le lac et non vers la rive. Vers les profondeurs de leurs deux désespoirs.


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MessageSujet: Re: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Mar 17 Avr - 0:01


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EXPECT ANOTHER WORLD.
C’était désormais une évidence. Tu n’étais pas la bienvenue, ni dans ce lac, ni dans ce monde. Bonnie. Quelle idiotie que d’être venue. Quelle stupide idée que d’avoir pris ce train, d’avoir mangé ces gâteaux, d’avoir parlé avec ces gens. Ils pensent désormais que je leurs suis acquise, que jamais je en remettrais en cause leur toute puissance. Le ferais-je ? Non. Car tu es bien trop lâche. Et tu te complais dans cette lâcheté pathétique, jamais tu n’en sortiras car tu le sais très bien, tu n’as aucune envie de changer. Mes mains restaient posées sur ses épaules, mes yeux sombres dans ses pupilles claires. Il n’était pas d’une aussi grande beauté, mais la lune dans ses yeux lui donnait un charme. Un charme surnaturel. Mes yeux se fermèrent. Et le silence m’envahit. Un silence perturbant. Je prenais donc cela pour un oui. Un sourire déforma mon visage. Une de mes mains resserra son étreinte. Etrange la chair, étrange la peau. Etrange cette sensation. Se sentir si près et pourtant si éloigné. Combien de temps sommes-nous restés ainsi. Deux secondes, deux minutes, deux heures. Le temps n’avait plus d’effet sur ma personne. Et ce satané sourire ne quittait pas mon visage, mes yeux restaient fermés, attendant ce geste, ce geste qui jamais ne viendrait. Puis vint le murmure. Un chuchotement indistinct qui me fit ouvrir les yeux d’un seul coup. « Les Carrières. Captivantes créatures. Captivants corps inertes, aussi, puisqu’il est difficile d’assimiler le fait que ces êtres pleins de vie, de rage et de puissance ne sont plus. » Sa voix, ses mots, mon regard devint plus dur, mon sourire disparut. Je n’étais plus. Et mes yeux avides cherchaient dans ses mots un autres sens. « Tu pourrais être l’un d’eux. Te porter volontaire pour la 76ième, porter ta jolie robe rouge devant le Capitole, faire s’esclaffer Caesar Flickerman. Et ensuite ? Sang et mort. Feu. Larmes. » Mon visage se baissa. Encaissant ses paroles qui brisaient mon âme. Rouge est le sang. Rouge est ma fureur désormais. La pression sur ses épaules se fit plus forte. Plus insistante. Tu perds contrôle Bonnie. Tu te perds. « Tu n’as jamais tué. Tu ne sais pas ce que sait, tu ignores à quel point ça te détruit de l’intérieur. Mais tu t’imagines que tu sais. Tu t’imagines que ton entraîner dit la vérité, que tous ces idiots qui se portent volontaires meurent parce qu’ils ne possédaient pas la même flamme que toi. » Je me risquais à ouvrir la bouche. Mais rien ne put sortir c’était comme s’il paralysait ma voix. Je tremblais. Je tremblais de froid, de peur, de rage peu importe. Mes yeux dans ses yeux. Il était fou et moi j’assistais au spectacle de sa déchéance. « Tu l’as, la flamme. Et ça va te tuer. » Et il se dégagea et s’en alla vers le fond du lac. Me laissant seule. Seule avec mon esprit dérangé.

La mort. J’y avais songé. Une fois, c’était en hiver, quelques mois après la mort de Samuel. Il n’y avait personne dans la maison. Et je me souviens, je me souviens de mon bras, ma main se saisissant de ce couteau. Et des larmes. Des larmes sur mes joues. Lâche. Ce jour-là, le couteau tomba au sol. Tout aurait été plus simple si je m’étais juste tranchée la gorge. Plus de peur, plus de larmes, plus de cris. Lâche. La mort ne m’avait pas détruite. Elle m’a brûlé à petit feu, s’attaquant à mon esprit, s’attaquant à mes souvenirs. La mort ne m’a pas tué. Elle m’a enlevé mes raisons de vivre. Le couteau sur la table, ma main tremblante, mes yeux mouillés. Tout ceci n’était qu’une des comédies, qu’un jeu pour elle. Car la mort joue avec nous. Je ne le suivais pas. Il ne s’en alla pas si loin que ça, le lac n’était pas si grand qu’il le laissait paraître. « Va te faire foutre ! » ma voix résonna sur l’eau. J’hurlais. Mes yeux devinrent rouges de larmes. Crier. J’aurais pût continuer. Cela soulageait un moment, juste un moment. Mes mains restaient dans le vide. Vide comme mon esprit, vide comme ma raison. Il me remettait en place. Il me disait que j’étais et c’était sans doute la chose ma plus dure à laquelle je devais faire face depuis longtemps. Puis je ne dis plus rien ; mes mains se plaquèrent sur mes yeux noyaient de larmes. Respirer devenait même un supplice. J’aurais pu me mettre la tête sous l’eau et ne jamais remonter. Mais ce serait encore un jeu et tu perdrais. Lâche Bonnie. Tu n’es qu’un stupide enfant. Stupide agneau à beugler sur celui qui se permet de dire la vérité. Le feu en toi. Tu sais toi-même que tu le possèdes. Qu’il te possède. Il me regardait sans doute. Quel drôle de spectacle se déroulait devant lui, quelle stupide gamine il venait de quitter. Même lui ne peut te supporter, personne ne le peut. « Ma flamme s’est éteinte au moment où la sienne est morte. » murmurais-je pour moi-même. Tu l’avais ressenti, ce cœur qui cesse de battre. Celui de Samuel ne reprendra jamais sa course. Alors que le tient bat encore. Mes mains retournèrent sous l’eau. Et avec elles mon calme.

Ses yeux, je les sentais. Mon regard croisa le sien. Et cette flamme. Cette flamme dont il parle avec tant de haine. J’arrive à l’apercevoir dans le fond de son regard. Il l’avait encore. Je nageais doucement vers lui. La haine. La peur. Et d’autres sentiments indéfinissables se confondaient dans mon esprit. Stupide Bonnie. Il ne veut pas de toi. Il ne veut même pas de lui-même. « Carrière. Tu ne vois donc pas plus loin ? Carrière n’est qu’un mot. Il ne définit pas ce que nous sommes. Comme être un vainqueur ne dois pas te définir. » Mes yeux ne quittaient plus les siens. Mais plus aucune malice ne se révélait dans ma voix. Elle était monocorde. « Tu es lâche. Tu as arrêté de vivre lorsque tu as gagné. Tu n’es qu’une ombre. Une chose sans nom, sans but. Et tu dis que je suis inerte, morte. Mais ce n’est que toi, toi et toi seul qui est mort. » Mes mains accrochèrent ses épaules et je l’attirais vers moi. Mes ongles entrant certainement dans sa peau. Bonnie tu es folle. Mais ce n’est plus une nouveauté. Certainement pas pour lui. « Ne me teste pas. Tu ne sais rien Mercutio Heatherton. Tu ne sais rien. » Et dans un dernier soupire mes lèvres touchèrent les siennes. La chaleur monta. La pression sur ses lèvres aussi. Et dans un élan mes jambes rejoignirent les siennes. Combien de temps s’écoula. Deux minutes, dix minutes. Mes lèvres se décrochèrent. Mes yeux dans les siens. Et ma voix brisa le silence. « Tu ne sais rien. »



1148 mots.


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MessageSujet: Re: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Mar 17 Avr - 7:17
Il se rappella qu’il avait pensé plus tôt que Bonnie était une gamine ; maintenant qu’elle était debout sur la rive en sous-vêtements et qu’elle lui criait des insultes il avait plus que jamais la preuve que non, elle ne l’était pas. Elle resta immobile durant un moment à palper l’air de ses mains entrouvertes avant de les laisser retomber avec un plouf ! dans l’eau. Il savait qu’il aurait pu ressortir de l’eau à grande vitesse, tenter de redonner un aspect potable à ses vêtements et remettre son veston, retourner plus près des autres invités et rester accroché au bras de Mina Killerway pour le reste de la soirée, et plus si l’envie prenait la capitoline. Faire comme d’habitude. Comme cela avait toujours été et comme cela serait toujours. Ou encore il aurait pu se laisser doucement aller vers les profondeurs du lac, garder sa tête sous l’eau et ne jamais remonter. Que ressentait-on en se noyant ? Certains des tributs d’éditions récentes s’étaient noyés. Était-ce pire que de brûler vif ? Peut-être que oui. Peut-être que non. C’est l’impression qu’il eut lorsque les yeux de Bonnie croisèrent les siens, cependant : des flammes recouvraient son corps, ou encore l’eau du lac était devenue bouillante. Il savait que tout cela était dans sa tête, comme les appels à l’aide qui le réveillaient parfois la nuit ou les silhouettes qu’il croyait apercevoir dans les couloirs sombres lorsqu’il n’avait pas suffisamment dormit. Il s’était demandé quelque fois si cela arrivait également aux autres vainqueurs et avait conclu que oui… ou peut-être que non. Peut-être était-ce un genre d’accord tacite, comme un secret de polichinelle. Tu es en vie. Félicitations. Ta folie et tes cauchemars le sont également. Il espéra durant un moment que Bonnie s’en aille, se dit qu’il en serait heureux. Mais il le fut aussi lorsqu’elle nagea dans sa direction. Il avait l’impression que leurs positions étaient inversées : c’était lui, la sirène de malheur qui attirait les valeureux avec les chansons sinistres de ses peines. Il ne voulait pas ça. Ca n’avait jamais été le cas – mourir dans l’arène aurait peut-être été plus doux pour l’âme. Le Capitole aurait renvoyé son cadavre à sa famille dans une boîte en bois, avec un bouquet de fleurs peut-être. Et avec un peu de chance la douleur des siens aurait été éphémère, les autres familles du quartier leur seraient venues en aide. Sa douleur à lui ne disparaîtrait pas. Son cœur lui semblait une porte close qui ne s’ouvrait que pour laisser entrer la souffrance et les calamités. C’était ce qu’était Bonnie, d’une certaine manière. Souffrance incarnée. Succesion de calamités. Comme lui. Comme tout le monde. Comme personne.

Elle finit par s’arrêter à une distance qui dépaissait le périmètre conventionel de bienséance de quelques centimètres, mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire. Ils étaient presque nus au milieu d’un lac dans une arène où des dizaines de gens avaient été massacrés comme des chiens. On avait vu plus étrange, mais certainement pas moins propice à toute convention. Le seul accord qui existait entre eux, le seul point sur lequel ils étaient d’accord était que ça faisait mal. Peu importe ce que c’était, ça faisait mal. « Carrière. Tu ne vois donc pas plus loin ? Carrière n’est qu’un mot. Il ne définit pas ce que nous sommes. Comme être un vainqueur ne dois pas te définir. » Peut-être qu’elle se trompait. Peut-être qu’elle avait cruellement raison, aussi. N’avait-il pas été conditionné à détester les Carrières de la même façon qu’eux avaient été entraînés à le devenir ? Des Carrières, il en avait tués quatre à lui tout seul lors de ses Hunger Games. Ce qui pouvait être rasé aussi facilement n’était rien – eux n’étaient rien, sa mère n’était rien, ses six tributs non plus, et même pas Marcus. Tous les hommes devaient mourir, donc ils n’étaient rien. « Tu es lâche. Tu as arrêté de vivre lorsque tu as gagné. Tu n’es qu’une ombre. Une chose sans nom, sans but. Et tu dis que je suis inerte, morte. Mais ce n’est que toi, toi et toi seul qui est mort. » Il était mort parce qu’il n’était rien. Un automate capable de marcher et de parler mais dont l’âme et l’être n’étaient plus que tristesse. Il n’avait pas eu conscience de ce changement et maintenant sa mémoire travaillait activement pour fouiller sous les calamités, fouiller sous les cadavres du passé, tous ces gens qui n’étaient rien, pour retrouver la seule chose ayant jamais compté. Ce que lui avait été. Ce que lui aurait pu devenir. Un bûcheron sans avenir, peut-être, marié à une femme souriante et d’une tablée d’enfants. Avait-il jamais voulu cela ? Maintenant qu’il se le demandait, la réponse était non. En tant que vainqueur ses enfants ne seraient jamais en sécurité : le Capitole ne raterait pas une occasion de vendre ses Hunger Games en les envoyant dans l’arène dès qu’ils auraient l’âge, comme son nom à lui n’avait pas été pigé par hasard. Mais même son père n’était rien. Les vingt-trois gamins qui mouraient lors de la 76ième non plus. Il devait s’en convaincre s’il espérait ne pas devenir fou.

Des ongles – des griffes, les griffes des sirènes ! – se refermèrent sur la chair de ses épaules et Bonnie fit montre d’une force étonnante pour une personne de son gabarit en l’attirant à elle. Son instinct premier fut de se dégager, de mettre le plus de distance possible entre elle et lui quitte à creuser un tunnel dans le lac. Il ne le fit pas, sans savoir pourquoi. Elle aurait pu dégainer un poignard et le lui planter dans la gorge qu’il n’aurait eu aucune réaction. « Ne me teste pas. Tu ne sais rien Mercutio Heatherton. Tu ne sais rien. » Alors se produisit quelque chose d’étrange. Des jambes s’emmêlèrent aux siennes, des lèvres brûlèrent contre sa bouche et durant ce qui lui sembla une éternité les hommes cessèrent de n’être que des créatures destinées à mourir – il ressentit clairement à nouveau le deuil de tous ceux qu’il avait aimé, avec une violence décuplée par la chaleur du corps de Bonnie contre le sien. Mais, pour la première fois depuis la 68ième, la douleur ne sembla pas le submerger entièrement. Lorsque Bonnie rompit leur baiser, il eut l’impression de toujours ressentir leur étreinte. « Tu ne sais rien. » Il appuya son front contre le sien, sentit son souffle brûlant sur son visage. L’eau ne lui semblait plus bouillante, mais bien glacée comme la peur la plus pure. Il entoura sa taille de ses bras, tenta de retrouver la chaleur de leur baiser. « Tout le monde doit mourir. Tu le sais, ça ? Mais nous, nous allons vivre avant. » Quelque part dans les arbres des environs un geai moqueur se mit à claironner une mélodie rapide que ses comparses imitèrent aussitôt. Durant une fraction de seconde il se demanda ce que des créatures vivantes faisaient dans l’arène, alors que ces-dernières étaient peuplées spécialement pour les Jeux au moment de leur tenue par les juges. Mais ça n’avait pas d’importance, c’était sans doute pour la soirée. Des geais moqueurs inoffensifs. « Portes-toi volontaire. Gagnes ou meurs. Fais ce que tu veux. Sois heureuse tant que tu le peux. » Ses paroles n’étaient qu’un murmure rapide contre ses lèvres à elle. Peut-être qu’ils réussiraient à l’être, heureux, s’ils restaient ainsi pour toujours.



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MessageSujet: Re: ∞ EXPECT ANOTHER WORLD. PV   Mer 18 Avr - 1:19


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Mon cœur saignait plus que de raison lorsque je décrochais mes lèvres des siennes. Son souffle chaud, ses mains sur mes hanches, c’était trop beau pour être réel. Et la réalité vous rattrape bien trop vite. Mes yeux brûlaient. Et mes souvenirs remontaient à la surface. Bien trop vites, bien trop nombreux. Et puis des larmes coulèrent sur mes joues. Il était là, Samuel, je le sentais. Mon cœur s’accéléra. La chaleur augmentait considérablement. Bonnie, tu te perds. Souviens-toi des mots que t’a dit Reynolds avant que tu ne montes dans le train. ‘Ne crois personne là-bas’. Tu étais tombée dans le piège comme une débutante. Souriante et aimable. Raffinée et polie. Mais le regard de Mercutio, son souffle, ses mains. Tout devenait absurde. Tout devenait inutile. « Tout le monde doit mourir. Tu le sais, ça ? Mais nous, nous allons vivre avant. » Mourir, la chose me semblait si absurde, si loin. La mort était une fatalité. Une chose qui nous suit et qui un jour nous fait tomber et jamais nous ne pourrons nous relever. C’était une chose étrange, de le voir être d’accord avec moi. Et malgré cet accord entre nous, mes ongles ne quittaient pas sa chair. Ne croire personne Bonnie. Et surtout pas ceux qui prétendent te faire du bien. Quelques oiseaux chantaient. C’était sans importance à mes yeux. Rien ne pouvait me faire dévier le regard, rien ne pourrait délier nos jambes emmêlées. Car nous n’étions plus que deux. Deux face à un monde dont on n’était plus les bienvenues. Il posa son front contre le mien. Le contact était doux. Mes yeux se fermèrent. Et mon souffle s’apaisa doucement. J’aurais pu rester ainsi des heures, des jours ou même toute une vie. Mais sa voix résonna dans mon esprit. « Portes-toi volontaire. Gagnes ou meurs. Fais ce que tu veux. Sois heureuse tant que tu le peux. » Heureuse. Je n’étais heureuse que lorsque qu’Asher me prenait dans ses bras. Lorsqu’il se barrait contre moi petite. Lorsque Samuel daignait me passer ses petits canifs. C’était dans ces moments-là où je souriais, où je disais oui à la vie, oui à l’amour. Mais il y avait toujours autre chose de plus. Ce vide au fond de mon cœur, ce vide envahissant qui parfois me rendait aussi stoïque qu’une poupée de chiffon. Je ne disais rien. Laissant mes lèvres retrouver les siennes dans un élan que beaucoup qualifieraient de folie. Folle je l’étais assurément.

Mes yeux fermaient, j’étais en proie aux songes. Songes d’un rêve oublié. Et si Samuel était encore en vie. Et s’il avait gagné les jeux. Que serait ta vie Bonnie. Là-haut, dans le village des vainqueurs. Qui serais-tu ? Une jeune fille, souriante, aimable naturellement. Asher aurait lui aussi gagné ses jeux. Mais t’aurait-il vu comme autre chose que la sœur de Samuel ? Sans doute tu aurais rencontré quelqu’un d’autre. Car tu serais si joyeux, si aimante, si peu toi. Peut-être que tu serais une femme au foyer, attendant le retour de ton époux, s’occupant de ta bande d’enfants. Et jamais tu ne ferais preuve de violence. Tu ne serais que douceur. Et chaque dimanche Samuel viendrait t’embrasser. Jusqu’à la fin. La fin de tout. « Alors rend-moi heureuse Mercutio avant que je ne meurs dans cette arène. Avant qu’ils ne nous tuent. Rend-nous heureux. Ils nous tueront. Mais avant, soyons heureux je t’en supplie. » Soufflais-je mon front toujours collé contre le sien. Mes jambes se coincèrent sur ses hanches. Un sourire sur mon visage. Et mes mains retrouvèrent ses épaule, sa peau, son souffle. Et je lui souris encore. Sincèrement. Heureuse. Heureuse de n’être qu’une folle dans ses bras. J’ai mal. Mal dans ce vide qui ronge mon cœur, mon corps et mon esprit. C’était si doux, si innocent. Rien de pervers. Juste de la chaleur. Ma tête tomba sur son épaule. Enfouissant mes yeux dans sa peau, mon souffle dans son épaule. Je voulais rester ainsi. Pour toujours. Là dans ses bras. « Je..ne peux pas être heureuse. » Sanglotais-je comme une gamine. Mon visage toujours dans son épaule. Des images. Asher. Ses lèvres. Son corps sur le mien. Ses mains sur ma peau. Il ne méritait pas ça. Personne ne méritait cela. Bonnie, tu perds la tête si tu penses qu’Asher t’a attendu. Non, sans doute qu’il avait trouvé quelques Capitolines avant toi. Et toi, tu avais attendu. La sexualité n’étant rien pour toi, rien que des chuchotements dans les vestiaires des filles parfois. Tu le connaissais. Mais ce n’était rien pour toi. Rien de plus qu’un amusement pour les autres. Car tu es Bonnie Balsey. Tu ne t’amuses pas. Tu ne ris pas. Tu ne pleures pas. Cette fille qui est entrée dans ce lac, cette fille qui a joué avec lui, ce n’est pas toi, toi tu es de pierre bonnie. De pierre et non de feu. Et d’un un geste de folie pure je dégageais mes ongles de sa peau. Et je repartais vers la rive. Nageant aussi vite que je pouvais. Aussi vite que mes jambes pouvaient me porter.

Et en quelques minutes, je passais d’un état calme, passionné, à un état de panique total. Mes mains tremblaient. Et mes jambes avaient du mal à me sortir hors de l’eau. Et puis il y avait ce froid. Ce froid que le corps de Mercutio m’avait momentanément faut oublier. Je dégoulinais. Ma peau se parsema de frissons et ma mâchoire commença à trembler. Je traînais des pieds jusqu’à ma robe, et je la posais sur les épaules. Espérant qu’elle puisse calmer mes tremblements. « Je ne suis pas embrassé par le feu comme toi Mercutio. Tu n’y connais rien. Rien du tout. Je suis de pierre. Froide et dure. Et jamais aucune flamme ne brûlera en moi. » Ma voix se porta jusqu’à lui. Allait-il sortir de l’eau. Sans doute. J’essuyais mes yeux d’un revers de main. Et avec ses larmes, ma folie s’en alla. Imprévisible m’avait un jour dit Reynolds. Déséquilibrée disait les autres filles. J’étais tout cela et bien plus encore. Et c’était dans ses yeux clairs, dans son regard de feu que je le voyais plus que n’importe où. « Ne me regarde pas comme si tu me jugeais. Comme si tu étais dans ma tête. Tu ne l’es pas. Tu ne le seras jamais. Là-dedans tout est noir. » Respiration profonde. Mes jambes me laissèrent tomber sur le sol. « Je n’aurais pas dû. Te suivre, t’embrasser, nager. Je n’aurais pas dû. » Mes mains se resserrent sur le tissus de la robe qui entourait mes épaules. Et ma voix devint plus forte. « Tu avais raison. Inerte. Sans vie. Je suis une carrière. Et ma vie se terminera ici. Dans l’arène, lorsqu’une autre carrière me tranchera la gorge ou m’empoisonnera. » Un rire. Je riais doucement. La mort était surfaite. La mort n’était rien pour celle qui l’attend depuis toujours. « Qui sait, se sera peut-être tes tributs qui me tueront. Sans aucune pitié. » Et mes yeux dans les siens. Et ma voix plein d’assurance stupide. De prétention abusée. « Car moi, je n’en aurais aucune. »



1232 mots.


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