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 IF YOU PLAY, I WIN ♠ Ohtar, Prudence. [SAISON 1]

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CITOYEN DE PANEM
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MessageSujet: IF YOU PLAY, I WIN ♠ Ohtar, Prudence. [SAISON 1]   Mar 24 Avr - 21:26



GRAHAM, OHTAR, PRUE.



Mes doigts frôlèrent ces tiges dorées, aux cous tendus vers la lumière. Captifs de la terre, au destin tourmenté. Condamné à n’être libéré que par le néant. Mon index et mon pouce se serrèrent à la base de l’épi, que je dégoupillai en une seule pression, avant de le faire rouler entre mes doigts. Les prunelles songeuses, l’esprit vagabond. J’en émiettai les graines, comme les sables du temps émiettent la vie, et en un symbole lancinant, ils retournèrent à la terre. Mon regard vrilla l’horizon, dont les teintes évoquèrent le safran, bien qu’en l’instant, j’imaginai ces champs comme la crinière blonde d’une chimère dont le corps délectable n’existait que dans l’esprit des plus imaginatifs. Je plaçai consciencieusement le brin entre mes canines, mes crocs. Dans ces aspects les plus originels, ce chaume n’était que l’illustration imperfectible des habitants de sa contrée. Pauvres et séquestrés, avec pour seul joaillier, la fatalité et pour seule liberté, la débâcle. A défaut de les défaire de leurs étreintes physiques, j’élèverai leurs esprits. Mes genoux se tendirent, mon buste se brandit. A nouveau dressé au milieu de nulle part, alors que le soleil s’imposait comme le reflet citron de la paille qui m’ouvrait ses bras. D’un geste machinal, je vins cherche mon pinceau, coincé par coutume derrière mon oreille. Ma toile était vierge, le pupitre immobile. Pas une seule brise ou autre alizée. Un temps resplendissant. L’heure n’était plus à la peinture, davantage à la sculpture. La scène à laquelle j’allais offrir souffle m’arracha un rictus carnassier. Je dévorai son âme, en mordant les courbes de sa dulcinée.

Je fermai la porte derrière moi, m’invitant à la présence de quelqu’un, déguisant mon ambition journalière derrière un sourire le plus franc qui soit. Mais ce fut un mutisme plombant qui me fit interlocution. Elle n’était pas là. Je déguisai ma déception derrière une relativité. Nul d’entrave dans mon machiavélisme aujourd’hui. Nul d’entrave plus large que son sourire, surtout. Je chassai ses songes nauséeux d’un imperceptible mouvement de tête, filant droit récupérer ce qui s’avérait comme mon arme la plus efficace. Mes pieds se stoppèrent pour savourer les voutes parfumées qui s’échappaient de la pièce, la proximité avec sa chambre m’enivrait. Il me prenait l’envie de m’y glisser, vil serpent, afin de la posséder totalement en une étreinte ultime, en un baiser venimeux. L’étouffer de mes doigts. Mes jambes m’y portèrent bien des nuits. Ma paume épousa sa poignée. Jamais je n’eu à l’actionner, tant la certitude que ma volonté, pourtant pugnace, se briserait si elle venait à poser le regard sur moi était flagrante. Je quittai cette maisonnette, chaleureuse mais qui me condamnait au supplice. Je fis un pas résolu vers ce qui constituerait ma seule œuvre de la journée. Prudence.

J’avais conservé ce Capitolin aux caprices aussi méprisable que sa surcharge pondérale dans ma manche, chantant ses louanges à chaque fois que sa majesté me conviait à ses banquets long comme l’éternité. Ma lutte intestine m’empêchant de lui loger une fourchette dans l’arête nasale. C’est naturellement qu’il crut me faire plaisir, en me désignant comme son émissaire. Son peintre attitré. Un ‘privilège’ comme ses propos me le confiaient. Une fresque du pays, contre un titre de transport provisoire. Validant mes espérances, davantage, mon conférant ce qu’il me manquait pour évincer ce nuisible de mon sentier. Pacificateur incrédule, autant aliéné. Il était l’insecte prit dans la peinture fraiche de la toile. Aussi frustrant qu’insignifiant, il était à lui seul un tâche. Une tare. L’occire ? Une potentialité qu’il fallait chasser. Il était nécessaire de garder le D1 aveugle, une tâche relative, primordiale autant qu’ardue. Les disparitions de carrières commençaient à alarmer les bourgeois, dans une insécurité fulgurante. D’où le problème, d’où la présence de ce foutu pacificateur. Malgré le mépris viscéral qu’il m’inspirait, son assassinat n’était pas envisageable. Davantage, pourquoi tuer lorsqu’il est aisé de faire de sa vie une lente agonie ? Quelques questions anodines, derrière le masque du peintre naïf, quelques confidences chargées de charisme. Et on m’offrit sur un plateau la bague avec laquelle je poignarderai son cœur. Je ferais de sa dubitation une furie aveuglante. Je le pousserai à l’erreur. Son scepticisme à mon égard est fondé, je lui en ferai la leçon. Rien de plus simple de constater son absence, de déduire quelle était sa destination. J’étais arrivé au 11 pour lui prendre ce à quoi il tenait le plus, pour qu’il soit là, pour qu’il l’a voit se consumer aux brasiers de mes reins.

Mon yeux azuréens jetèrent un bref coup d’œil au papier que j’étais parti récupérer. Une indication, un lieu. Une arme. J’avais forcé le hasard, mettant en scène une rencontre hasardeuse avec elle. Je n’avais qu’une description, obtenue grâce aux confessions innocentes d’Emma. J’avais donc percuté deux ‘brunettes aux sourires exaltants’, avant de rentrer, littéralement, dans Prudence. Plaçant ainsi les prémices d’un ourdi bilieux. La plume s’agitait aujourd’hui afin d’en coucher le second chapitre.
Il ne me fallut quelques minutes avant de l’apercevoir, d’abord comme une silhouette lointaine, filiforme et floutée par l’accablement du soleil. L’éblouissement s’exténuant au rythme de mes mouvements en sa direction. Mes sourcils s’arquèrent en une ride malsaine, alors que mes yeux détaillèrent de haut en bas les courbes élancées de la jeune fille. Mes yeux se fermèrent un instant, laissant un flot d’image me submerger. D’un soupir connaisseur, je refoulai mes songes, appréciateurs du moment où je pourrai disposer à gré de son corps alléchant. Chassant non sans lutte la lueur assassine qui brillait dans mes iris, il me ne fallut que le temps de passer la main dans mes cheveux avant de l’approcher.


‘Puis-je vous aimer ?’

Lâchai-je, plein d’innocence, en me penchant pour ramasser un fruit mur égaré à quelques centimètres de l’arbre. Un lapsus révélateur, volontaire. M’humanisant inévitablement. Lorsqu’elle se retourna, confirmant l’effet de surprise que ma discrétion avait engendré, je me corrigeai, d’une maladresse tout aussi intentionnelle que mon quiproquo.

‘Aider, puis-je vous aider ?’ Puis j’écarquillai les yeux, sous l’impulsion d’un jeu d’acteur  qui me caractérisait. ‘Prudence ? Ca alors !’. Je lui fis le plus sincère de mes sourires, empêchant mes yeux dans leur folle envie de s’égarer un peu plus au sud.  Accordant une intention toute particulière à ses expressions corporelles, je fis rouler le fruit dans ma paume, avant de le croquer à pleine dent. Briser Ohtar avait du gout, le briser s’avèrerait agréable.


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CITOYEN DE PANEM
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MessageSujet: Re: IF YOU PLAY, I WIN ♠ Ohtar, Prudence. [SAISON 1]   Mer 25 Avr - 4:39


Il y aura toujours quelque chose pour détruire nos vies. On est toujours au bord du gouffre.


pourris ma vie
Les premiers rayons du soleil réveillent doucement la famille Dash. Sauf le père de famille, qui ne peut désormais plus rien voir. Il ne peut que sentir les rayons lui brûler doucement la peau. Encore une journée dont on ne verra pas la fin. Prudence Dash ne tarde pas, elle enfile la tenue qu'elle passe pour les jours de travail, embrasse ses soeurs, attrape un morceau de fruit pas trop vieux et sort de la maison. La brise matinale est fraîche, elle pourrait presque avoir froid, dans son tissu léger de mauvaise qualité. Elle n'est pas pressée. A quoi bon ? Elle va encore passer sa journée à trier des fruits. Qui pourrait être excité à la vue d'une telle journée ? Personne. Elle rejoint la lisière des champs, ramasse son panier, signale sa présence au moment de l'appel matinal et s'enfonce dans les champs. En ce moment, elle s'occupe également de la cueillette. Deux fois plus de travail, pas un sou supplémentaire. C'est à se demander si ça leur casserait le cul de donner un peu plus d'argent aux pauvres qui se tuent à la tâche.

(...)

La journée tire finalement sur sa fin. Bientôt, la lumière cédera sa place à la pénombre et il sera enfin temps de tirer un trait sur cette journée. Elle marche le long des buissons, fourrant les fruits dans son panier. C'est si redondant qu'elle pourrait le faire les yeux fermés. Elle a toujours préféré travailler quand elle était enfant, car à cet âge là, on était grimpeur. Et c'est tellement plus amusant d'être là-haut qu'ici. Là-haut elle s'est toujours sentie mieux, de toute façon. En bas c'est clairement chiant. Travailler pour ne jamais sortir de ce trou, travailler pour presque pas un rond. Si elle n'avait pas de famille, Prudence aurait certainement tenté de se casser. N'importe où. Ailleurs. C'était forcément mieux qu'ici. Il devait bien y avoir un district plus clément où l'on pouvait malgré tout être heureux. Peu de gens savent au district onze ce qu'est vraiment le bonheur. Eux, ne connaissent que des moments heureux. Pas un quotidien. Pour Prudence, être heureuse c'est aller au sommet d'un arbre et s'endormir lorsque la nuit tombe. Ou pique-niquer avec ses soeurs et son frère. Rien que ça. Des choses simples qu'elle a pourtant rarement l'occasion de faire. Les pacificateurs et les capitolins sont rares à comprendre qu'un simple sourire sincère puisse égayer la journée d'un habitant d'un district pauvre. Ils aiment des choses simples, sans artifices. Et le Capitole leur "offre" des choses dures, qui les anéantissent chaque jour un peu plus. Les jeux de la faim. Ils sont la raison de tellement de cris, de douleurs, de cauchemars la nuit. Prudence fut chanceuse. Jamais elle n'a été appelée. Jamais elle n'aura connu une quelconque mort affreuse dans l'arène. Il n'y a donc plus qu'à prier pour que ça soit ainsi pour sa famille.
Désormais, elle est si loin dans ses pensées qu'elle ne sent pas le fruit lui échapper des mains pour tomber par terre. Lorsqu'une voix innocente la sortit subitement de ses pensées. « Puis-je vous aimer ? » Prudence sursaute, faisant tomber une baie au sol. Puis elle fronce les sourcils. A-t'elle bien comprit ? Cette voix. Elle la connait. Alors la jeune femme se retourne faisant face à Graham Glimmer. Prudence ne le connaissait que peu mais avait déjà beaucoup entendu parler du garçon. Célèbre au Capitole grâce à ses dons de peintre il faisait beaucoup parler de lui. Absolument tout ce qu'elle entendait à son propos était positif. Les gens le décrivaient comme un jeune homme charmant et débordant de talent. « Aider, puis-je vous aider ? » se reprit-il, écarquillant ses yeux clairs. Prudence lui sourit. C'était sincère. « Prudence ? Ca alors ! » ajouta le jeune homme en lui souriant à son tour puis en croquant le fruit. S'il y avait une chose qu'elle ne pouvait nier, c'était bien le charme que dégageait cet homme. Mais pourquoi croit-on toujours que derrière un beau visage se cache forcément une belle âme ?
« Graham. » commence-t'elle, souriant toujours à son interlocuteur. « Euh.. Oui. Enfin je ne sais pas trop, il n'y a plus grand chose à faire. » bredouille t-elle en réponse à Graham. Elle se penche, attrape la baie et la fixe quelque temps. Prudence a de mauvais souvenirs avec les baies... Quoi que, ça aurait pût être pire. Elle lâche la baie dans le panier et ses yeux retrouvent la silhouette de Graham. « Qu'est-ce-que tu viens faire dans le onze ? » lance Prue sur un ton chaleureux. Et elle continue de cueillir quelques fruits. Au bout de quelques minutes, elle relève une échelle et la plaque contre le tronc d'un arbre pour pouvoir y grimper afin d'attraper quelques fruits. Sauf que le fruit qu'elle tente d'atteindre est bien trop haut et les branches sont inaccessibles. Donc, à moins qu'elle se mette sur la pointe des pieds - et encore - c'est mission impossible. Cependant Prudence a toujours été têtue, et puis au pire qu'est-ce-qui peut lui arriver ? Bah, au pire, elle tombe. Et donc la voilà, les bras haut dessus de la tête, affichant des rides de concentrations.. Quand finalement elle atteint le fruit tant désiré elle se met à perdre son équilibre. Et en moins de quelques secondes, la voilà par terre. Si seulement ça n'était que ça.. En effet, dans sa chute, Prudence est malencontreusement tombée sur l'innocent peintre qui a amorti la chute de la brune. Elle relève la tête. Il se trouve juste au-dessous d'elle. Prudence espère ne pas l'avoir assommé, parce que déjà ça ne ferait pas très distingué, mais en plus elle n'aurait sûrement pas la force nécessaire pour le soulever seule. Elle se mord la lèvre inférieure et s'approche du visage de Graham. « Ouch, désolée. Ça va, rien de cassé ? » s'excuse doucement la jeune femme, les sourcils froncés.
Et ça, c'est ce qu'on appelle communément tomber nez à nez avec les problèmes, Prudence.

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