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 Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]

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CITOYEN DE PANEM
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MessageSujet: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Mer 18 Avr - 23:02

Elle balance son sac sur son épaule d’un geste vif et envoie un coussin sur la gueule de Simon qui la fixe avec ses gros yeux de hiboux dans le noir. Elle fait le signe d’une fermeture qui clorait sa bouche d’une main effilée, claque des doigts en pointant le petit lit, et siffle d’un ton fébrile.

« Tu la fermes et tu dors, sale petite fouine. »

Simon glousse dans sa main et lui tourne brusquement le dos en se roulant sous sa couette, ses électriques boucles blondes gonflées comme un halo autour de son visage caché. Elle fait clapper sa langue contre son palais, désapprobatrice comme peut l’être celle qui désobéit expressément au règlement de papa-maman, et vérifie que les deux autres pioncent tranquillement sur leurs matelas cabossés. Si Jaya passe, les doudous des mômes forment une silhouette endormie sous le drap. Il n’y a que Simon qui espionne. Elle hausse les épaules, retourne vers le rebord de fenêtre, le chope dans sa main au cœur de son élan et saute par dessus, la tête en première. Evidemment, elle s’écrase pitoyablement sur l’herbe maigrichonne de leur carré de jardin, roule sur son sac à dos en geignant, s’écrase la joue dans la terre meuble et reste prostrée un moment, les bras en croix, les jambes pliées, les yeux sur la maisonnette restée silencieuse et sombre.

« Aaaah », elle geint à mi-voix, et cherche la douleur, la chair à l’affût, pour se faire plaindre lorsqu’elle le rejoindra. Elle a plutôt mal au dos et aux coudes, elle a sans doute coincé un truc dans sa nuque. Elle aura plein de bisous. Elle ferme les yeux, les cheveux dans la terre, et respire un coup avant de bondir sur ses pieds. Elle s’époussette un peu, pour faire bonne figure, tiraille sur son t-shirt à peine opaque et accélère le pas vers la clôture et la rue déserte. Après minuit, les gens dorment à poings fermés dans l’impasse ; ils n’ont sans doute pas les moyens de se lever aux alentours de midi comme ces petits connards de fils de marchands qui passent leur week-end a glander sous leurs porches – elle le sait, ils s’en vantent à l’école. Peut-être qu’ils exagèrent ; elle s’en fout ; elle les castrerait s’ils étaient pas aussi harmonieusement musclés ; elle sort un biscuit au gingembre et le grignote du bout des incisives en faisant un petit bruit de rongeur épileptique. Elle le range dans la poche de son short au bout d’un moment, et bifurque vers la plage d’un pas vif.

Elle court presque quand elle arrive à la jetée, et son sac brinquebale sur son épaule encore un peu endolorie. Le vent salé se mêle à ses bouclettes bouffantes et les transforme en pelucheuses méchettes de blondeur enfantine pendant qu’elle enlève ses sandales et enfonce ses petons blanchâtres dans le sable fin de la plage. Elle remue un peu les orteils, elle aime quand il est froid et souple, épargné par la marée. Elle localise la silhouette chétive très loin sur la droite, plus près du quartier des marchands, parce qu’il a fait un feu si petit qu’il a l’air d’une étincelle de bougie. Elle souffle fort et régulièrement, alourdie par le sac mouvant, mais le rejoint de son pas rapide et rythmique en souriant bêtement. Il lui tourne le dos alors qu’il doit l’entendre depuis trois kilomètres.

« Waaash. »

Elle s’affale presque sur lui, tombe sur le sable la hanche contre sa hanche, invasive, lui balance son sac sur les genoux et se met à fouiller dedans comme si sa vie en dépendait. Ses pieds nus gigotent encore entre les grains secs qu’elle idolâtre. Elle sort en vrac une grosse serviette brodée à son nom – sa mère s’emmerde grave quand ils sont à l’école -, une grosse gourde pleine d’eau douce, une boîte en métal qui résonne quand elle la secoue et qui abrite les fameux biscuits de Phyllis, un paquet de cigarettes fines et dégueulasses, mais bon c’est les moins chères, son coussin un peu aplati et un peu défraichi qu’elle a embarqué de son lit, un plaid à carreaux rouges et bleus, des petits flasques de vodka que son père garde dans le petit buffet de la pièce à vivre et même des hameçons au cas où dans l’ivresse elle aurait un besoin urgent de prendre la barque et d’aller pêcher. Elle a pas rempli le sac de façon logique de toute façon. Elle balance le sac hors des genoux de Wash, d’autorité, et il atterri un peu plus loin sans qu’elle ne s’en soucie ; elle prend la maigre gorgette entre ses bras meurtriers et oblige un baiser au bord de la bouche offerte avant de lâcher avec classe :

« T’as vu comment j’ai trop trouvé de la vodka putain. »

Vas-y lâche tes compliments mec.


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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Jeu 19 Avr - 0:14


Il ne pensait pas que s'occuper du feu lui prendrait tant de temps. Le garçon observe de ses yeux sombres les flammes, il les fixe comme un enfant fasciné, comme pour la première fois. Il ramène lentement ses mains maigres, aux courbes accidentées, le long de son torse, de ses bras pour les réchauffer.
Le feu est minuscule, à peine prit, il bataille avec le vent pour résister, pour exister, et Wash se perd dans sa contemplation, sans trop penser à rien il reste obnubilé par les reflets blonds et roux de la chevelure dansante. Les maisons sont encore proches, et pourtant il n'entend rien. La nuit est le moment préféré, le moment favori, où il se sent privilégié, de ne pas fermer les yeux. Il ne raterait pour rien au monde le spectacle des étoiles, du silence, surtout, du silence. Il a l'impression que pendant la nuit, tout est possible, qu'il retrouve, qu'il découvre, le monde qu'il lit dans les livres qu'il trouve. C'est pour ça qu'il aime la nuit. Il ne connaît pas la nuit effrayante, la nuit glacée qui mord et qui crie, il ne connaît que la nuit romantique, adorable, câline et protectrice, celle où il se sent presque libre, à se balader posément dans les rues mortes et désertes de la ville normalement criarde.

Il y a toujours une odeur de poisson. Lentement, par réflexe, par espoir peut-être, l'adolescent porte lentement et vaguement – comme s'il avait peur qu'on l'observe – ses mains près de son visage. Il se demande si elles sentent vraiment le poisson ou s'il est parano. Sûrement que c'est un mélange des deux, que personne ici ne saurait clairement dire ce qu'est l'odeur de l'air, l'odeur du rien, du propre, même le savon semble infesté de cette puanteur ambiante, de la mer. Le vent glacé de celle-ci frappe le corps maigre de l'adolescent et bataille avec le feu. Il tremblote un peu, pour autant il ne bouge pas, il a enfoncé ses pieds dans le sable glacé, comme par espoir que celui-ci le réchaufferait, alors qu'il n'y a rien de plus froid que le sable nocturne, qui s'infiltre.

Wash garde son sac tout près de lui comme s'il avait peur que dans le désert de la nuit du District quelqu'un viendrait le voler. Il réfléchit vaguement qu'il est la cible parfaite, loin de tout, près de la mer. On pourrait essayer de le noyer et voler ses affaires, ses habits, ses chaussettes même pas reprisées, même pas trouées. C'est rare les chaussettes en bon état, même pour lui. Il a mis ses belles chaussettes pour Darcy.
Dans son sac, il y a un large couteau un peu éraillé qui lui sert à couper le pain, et une miche généreuse et dorée sur le dessus. Il sait très bien qu'il se fera engueuler demain, parce que c'était ce qui restait pour le petit dèj, mais peu importe, il n'a pas pu résister, il a aussi pris un petit bout de fromage, au hasard, et deux livres. Darcy ne lit jamais mais Wash a toujours l'espoir un peu enfantin et surtout imbécile qu'un jour elle le suppliera de lui réciter Racine et de lire Flaubert. L'idée seule le fait sourire, tout seul dans le noir, il sourit à l'idée que son amie pourrait le supplier de lire quoi que ce soit.
Elle le taperait très fort si elle pouvait lire dans ses pensées. Même si Wash, souvent, rêve de ne faire qu'un avec la blonde rongeuse, il se dit qu'il est mieux comme ça, tout seul avec lui-même, parce que probablement que Darcy n'aurait jamais assez de patience pour l'écouter déprimer la moitié de la journée, et surtout elle s'énerverait trop à l'entendre tergiverser sur la rébellion, et le reste du temps il l'insulte, alors. Wash en arrive à la conclusion qu'il est bien heureux de savoir mentir, et que plus qu'un don, c'est avant tout une capacité qu'il a dû développer pour sa survie.

Il l'entend arriver à trois kilomètres mais il ne bouge pas, pour le jeu, pour l'adrénaline et le bonheur de la savoir qui l'observe, il sent son regard chaud sur sa colonne maigre, il se détend un peu alors que le bruit de ses pas se précise, qu'il reconnaît sa démarche sans hésiter, sans l'ombre d'un doute, c'est elle. Le brun respire à peine à mesure qu'elle se rapproche. Il aime bien l'idée de mourir un peu plus à chacun de ses pas.
Peut-être que si elle le touche il explosera.

Il voit d'abord son sourire, avant d'entendre sa voix criarde, il sourit comme un gosse boudeur à qui on caresse les joues, il se laisse pousser par la force de la blonde, par son énergie toujours opposée à la sienne, comme deux aimants stupides, deux caricatures imbéciles, d'amour adolescent qui n'en est pas un. Il se rattrape contre le sable, remonte lentement, son corps désarçonné par la présence soudaine de l'autre chaleur contre lui, contre sa peau, à travers ses vêtements il la sent, ou alors il est complètement fou, complètement obsédé par son odeur, par sa présence, il la déteste d'être autant là, de l'éclipser comme ça, dès qu'elle apparaît, il la regarde sortir, faire un inventaire silencieux de son sac, de ses affaires, des gâteaux de Phyllis et des hameçons. Il ne cherche pas à comprendre. Ça ne l'amènerait à rien.
C'est dégueulasse qu'il l'aime, il la laisse le prendre contre elle, il abandonne son corps maigre et mou entre ses mains et il se fait penser à un gros chat au soleil, câliné par une gamine chiante qui veut absolument caresser le bout de ses pattes, les coussinets, alors que lui ça le fait chier, grandement. Il a dû être un chat avant.

« T’as vu comment j’ai trop trouvé de la vodka putain. »


Il sourit, il hoche d'abord la tête silencieusement et il la prend contre lui, une fois qu'elle s'est un peu calmée, que par ses gestes et ses cris, elle a affirmé sa présence, elle lui a gueulé qu'elle était là, maintenant il peut agir, il peut exister à son tour. Alors lentement, il prend la couverture et il s'emmitoufle dedans, en la prenant contre lui il l’emmitoufle elle aussi, la couverture gratte un peu, mais peu importe, il a plus chaud, et l'adolescent lâche la taille maigre de son amie qu'il avait pris le temps de quelques secondes, pour fouiller les trésors éparpillés sur le sable. Il tâtonne les clopes, il trouve l'une des flasques et l'ouvre en venant embrasser sa joue, il se réchauffe et se réveille, lentement, comme le gros chat.

« Ouais, t'as assuré grave, Darcy »,
il roucoule avec une grosse voix, comme si c'était un vrai mec, alors que c'est elle qui approvisionne le couple.
Il prend une large gorgée, sans tousser, sans grimacer du visage, rien, comme Jaya le ferait.

« Tu les as trouvés où ? »
il reprend une gorgée, grimace un peu cette fois quand ça lui brûle vraiment trop la gorge, et lui tend la flasque.

Il fouille sa poche et sort un paquet de clope, il en sort une et l'allume avant de préciser que celles-ci sont meilleures (sans pour autant préciser que c'est normal, lui il a l'argent de les payer). Il lui tend celle qu'il vient d'allumer, la bouffe des yeux.
Si c'était pas Darcy en face, la scène serait presque romantique.

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Jeu 19 Avr - 10:08
Down by the water,
Somebody calls you, somebody says
Swim with the current and float away
Go to the water, so very near,
The sea will be your eyes and ears.


Pour Jaya, Wash est toujours « la tapette », « la fillette », « la tafiole », « la gamine », « l’abruti » dans les moments les plus tendus. Jaya ne dit jamais le prénom. Peut-être même qu’il ne le connaît pas. Il le regarde dans la cuisine, planté sur les tuiles bon marché, il lui jette un seul et unique regard terrible, serre ses mâchoires pour les faire ressortir sous la chair de ses joues viriles, et parfois lui pique le gâteau qu’il mange d’un geste brusque et sans appel. Il dit que cette gamine est inutile, elle ne sait pas pécher, elle ne sait pas poncer, sans doute sait-elle à peine nager, elle ne sait ni vider la marchandise ni dépecer le gibier braconné, elle ne sait surtout pas se débrouiller toute seule. Pour lui, la petite tapette a toujours profité de la force de sa sœur et de l’amour de sa mère, en creusant dans leur nid un trou de parasite, comme le coucou, l’oiseau saccageur qui vient s’insérer dans une famille pour mieux la briser. Pour Jaya, l’abruti est un mauvais présage, une bombe à retardement, un compte à rebours jusqu’à ce qu’il leur apporte des problèmes – quels qu’ils soient. L’attention des pacificateurs, la concurrence accrue de la boutique de son père, le volontariat de sa cadette à la moisson, les pleurnicheries de Phyllis. Que la tafiole amène de la truite gratos tous les hivers lui passe large au-dessus de la tête ; s’il suffisait de ça pour détruire son influence sur les faibles femelles de sa famille, il irait ramasser le bigorneau toutes les nuits de décembre, les nourrirait sans merci pour effacer le souvenir des poissons volés à un imbécile.

Mais Jaya ne peut rien faire parce que Phyllis lui donne des coups de tricot sur la tête et que Darcy fait la gueule quand le sujet arrive à table, Graham garde son air bonhomme sans même prendre parti, alors il est coincé tout seul dans sa détestation irrationnelle de petit persécuteur, et il reste immobile sur les tuiles bon marché à maudire la maigrichonne du regard. Quand il le croise dans la ruelle il donne un coup de menton dans l’air poisseux, provocateur, il plante ses yeux pâles dans ceux du brun, il fait claquer sa langue et parfois il dit : « Qu’est-ce t’as ? ». Parfois il rêve qu’il est dans l’arène avec Pembroke, parfois il rêve qu’ils y sont envoyés tous les deux et qu’il pourra le faire mourir de peur juste comme ça, avec ses poings et ses insultes, la petite nature, le cœur fragile, puis il se souvient que c’est pas vraiment une fille, qu’il en a juste l’air, alors que c’est impossible. Il l’a dit une fois à Darcy et elle s’est mise à faire tanguer la barque férocement, de plus en plus fort, de plus en plus vite pour le faire tomber dans l’eau et crever dans les vagues – enfin pas vraiment.

Elle jette des coups d’œil transversaux vers le profil ombragé de Wash et observe comme le feu fait ressortir les milles aspérités de son profil bébé, la cavité de ses yeux qui est béante et ténébreuse, la cime pointue de sa pommette élancée, la courbe mince de sa joue encore et encore féminine. Sa bouche de profil fait deux petites dunes dodues qui plongent dans le noir vers le menton. Jaya a les traits affûtés de l’âge adulte et dans le feu aurait l’air d’être sculpté au ciseau à bois. Il a les lèvres cassées, coupées, percées par les hameçons qu’il coince dans sa bouche pour y accrocher le fil de la canne à pêche. Celles de Wash ont l’air d’un bébé et si elle n’était pas elle peut-être qu’elle aussi le détesterait d’être aussi soyeux dans leur monde piquant de sel.

« Dans le buffet fermé à clef. On a réussi à le forcer avec les barrettes de Gypsy. Jaya a pris le whisky pour ses copains débiles. »

Elle tourne ses genoux pour qu’ils touchent le sable sur la rondeur, et le regarde avec un ricanement au bord des lèvres pendant qu’il boit comme un macho, en peinant pour ne pas geindre et tousser, avec les paupières qui tressautent dans l’effort. Elle lui arrache la flasque en claquant sa langue, désapprobatrice et moqueuse, et avale une rasade comme un mec, un vrai mec, musclé et tout, l’œil bravache et la langue anesthésiée. L’alcool brûle sa gorge et se loge dans son estomac, palpitant de sa chaleur encore vivace, et elle fait comme si elle buvait de la grenadine, se lèche la bouche en faisant « mmmh ! », inconsciemment pour montrer comme elle le bat toujours. Depuis qu’il a grandit comme une mauvaise herbe, depuis que ses mains ont pris de l’ampleur et qu’il la dépasse de plusieurs têtes, il la dégage au corps à corps. Il la bat pas vraiment, certainement parce qu’il se prend pour un lancelot d’eau douce, juste il la repousse comme une mouche embêtante, tranquille, efflanqué, maigre comme une jouvencelle et néanmoins insoucieux du caniche agacé. Elle flanque une de ses jambes sur les siennes qui sont pliées en tailleur, frotte sa peau nue contre le tissu rêche de son pantalon, enfonce ses pieds blancs dans les replis du plaid rugueux.

« Tu sais qu’on va se baigner pas vrai ? J’espère que tu vas pas faire une crise d’hypothermie. »

C’était pas forcément prévu mais elle a DÉCIDÉ. Elle fait passer la flasque et tire sur la cigarette qu’il a allumée entre temps. Les cigarettes c’est le grand truc de Graham, mais il s’en achète rarement parce qu’il préfère aller acheter du gingembre pour les biscuits de Phyllis. S’il savait qu’ils en fument sans arrêt en piquant sur la monnaie des clients privés, il ferait sans doute une syncope. La dernière fois qu’il a vu Jaya avec une clope au bec, il lui a piqué le paquet a tout fumé dans sa piaule, comme un adolescent de mauvais poil.

« Dis. Tu sais que Ariel dit partout que t’es son fiancé ? »

Va falloir y remédier. Genre, en lui coupant la gorge avec un couteau à poiscaille. En plus elle est juste super moche.


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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Jeu 19 Avr - 11:04
Someday this pain will be useful to you.


Même quand il lui tend quelque chose elle doit le prendre, elle doit lui arracher. Sûrement qu'elle a besoin d'avoir le contrôle, tout du moins d'en avoir l'impression. Wash se complaît dans sa position de fillette, mais il le fait aussi parce qu'autrement, Darcy partirait. Sûrement qu'elle aime avoir l'ilusion du pouvoir, l'illusion qu'il lui appartient tout entier et qu'elle sait tout de lui, alors qu'elle ignore son plus grand secret, celui-là que tout le monde sait, que tout le monde murmure et qu'elle fait semblant de ne pas entendre. Sûrement que s'il parlait, que s'il existait Darcy partirait, et Wash ne peut même pas l'imaginer, pas encore. L'abandon lui fait peur. De lui, il l'accepte, il accepte l'idée de partir, il caresse l'idée, parfois, de ce que ça serait, ce que ça ferait, de disparaître un peu, fantasme adolescent de la fuite, de la fugue. Partir sans se retourner et sans prévenir personne, juste, disparaître et apprendre à se connaître, soi tout seul, face à une immensité de rien. Il se demande s'il survivrait. Pas dans le sens physique du terme, non, Wash est une fillette débrouillarde, personne ne lui demande de montrer ce qu'il sait faire, alors il s'en fiche, il se laisse porter et il ne montre rien, mais il connaît les baies, il connaît la mer, il est déjà parti, comme ça, un jour ou deux, dans l'étendue glacée de leur mer inhospitalière. Il se demande s'il survivrait dans sa tête, à devoir se supporter lui, tout le temps et tous les jours.
Parfois du haut de ses dix-sept ans il veut se marier et avoir des enfants, et il se dit que peut-être que ça aurait été possible, dans un autre monde, sans la moisson. Dans un monde où il se serait mis à genoux devant Darcy, en étant un peu plus haut que trois pommes.

Il se demande soudainement si elle a gardé la bague de réglisse qu'il lui avait offert.
Si ce n'est pas elle qui l'a mangé, ça sera Jaya.

Il ne sait pas combien de temps il reste ainsi. D'un côté ça lui arrive tout le temps. Il sait qu'elle l'observe. Il est contre elle et il la laisse jouer avec son corps, tranquillement. Il l'écoute sans la regarder, fasciné par le feu, toujours comme un gosse. Il se dit qu'il a toujours été fasciné par le feu, sous toutes ces formes, et Darcy en est une. Elle brûle, cette salope.
C'est drôle comme il est souvent pris d'accès de rage pour l'injustice de sa situation, pour la lassitude des sentiments qu'il éprouve et qu'il aimerait faire dégager avec force. Il maudit le jour où il s'est rendu compte, comme d'une évidence, de l'amour qu'il lui porte, et pour autant, ce jour n'existe pas. C'est comme s'il avait toujours su, contrairement à elle, il a su pour tous les deux, et il la déteste, il l'exècre de lui laisser porter le fardeau tout seul.
Pauvre chéri.

« Moi aussi je voulais du whisky »
, il fait comme un gosse boudeur, lunatique vu de l'extérieur, et après avoir bu il la fixe quand elle porte la bouteille à ses lèvres, il la menace un peu, la défie, mais elle s'en fout, elle se lèche la bouche, les lèvres, sans que ça ne soit en rien sensuel, petite pute. Ça lui arrache un sourire amusé, qu'elle veuille être plus forte, alors qu'il la battrait sûrement, s'il était un peu sérieux, alors qu'il peut l'écraser de son bras, et qu'il a déjà foutu des bleus sur ses cuisses, par inadvertance, dans la violence du moment.
Mais il trouve ça adorable, qu'elle veuille toujours être la plus forte. C'est sa volonté qui la mène, qui la guide et la renforce, alors que pour Wash, c'est sa volonté qui le perd.

Il reste un moment tendu à l'écoute de la jambe qui se glisse entre les siennes, mais elle s'écarte cruelle de l'entrejambe. Pendant un moment il avait vaguement cru, comme un ado assoiffé, mais, non.

Elle lui annonce le programme comme un ordre et il rit un peu.

« t'as décidé, c'est ça ? Moi j'ai grave froid. Je vais mourir. Tu devras me réchauffer »
, il pose sa tête contre son épaule, une fois qu'elle a pris la clope, et il rajoute : « et encore nos deux corps nus sur la plage, le mien luisant et tremblant, c'est la version glamour. Sinon tu devras me ramener chez Phyllis, et c'est ELLE qui me réchauffera », il roucoule, en la regardant d'en bas, en battant des cils.

Il a quand même bien envie de la voir nue, donc...
Ça peut se négocier.

Il se redresse et lui prend la clope des lèvres, comme un ordre, pour une prendre une large bouffée, ça lui fait un peu tourner la tête, toujours, il aime bien. Il sourit à l'accusation.

« C'est normal, mon amour.
(ah, il déteste quand il l'appelle comme ça un peu par réflexe) Je l'ai demandé en mariage y'a quelques jours. On va se marier, et avoir tout un tas de gosse. En plus quand elle sera enceinte, elle aura des seins encore plus gros. Ça sera jouissif. »

Il se retient de mimer le geste pour décrire les seins. Son annonce va assez l'énerver comme ça. D'ailleurs, pour rattraper le coup avant la tempête, il embrasse précipitamment sa joue, un sourire moqueur aux lèvres.
Comme si elle n'était pas assez jalouse sans preuve.

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Jeu 19 Avr - 13:00
When by the water we drink to the dregs,
Look at the stones on the water bed,
And oh my God I see how everything is torn in the deep.


Elle accueille le poids de sa tête en se redressant légèrement, pour faire un creux entre son cou et son épaule, et enlace sa nuque de son bras libre. Elle fait glisser ses doigts lents sur sa nuque tiède, en commençant à la racine des cheveux trop longs, redescend tranquillement sur chaque épine de chaque vertèbre du bout de l’index, en accusant les cavités et les collines comme si son doigt était un bonhomme envoyé esseulé sur le terrain vallonné d’un paysage montagneux. Elle crache la fumée vers le feu, le regard sur la flamme vacillante, se dit un instant que c’est vraiment un tout petit brasier, un brasier un peu pitoyable. Elle est presque sûre de savoir faire mieux avec juste un silex, mais sans doute que Wash a pris du bois flotté plutôt que des brindilles sèches. Ca ne réchauffe rien.

Elle visualise la scène. Elle c’est pas une pauvre cruche, une petite nature avec des anglaises blondes et du eye-liner plein la paupière, elle aime ça, l’eau glacée, le sel qui reste sur la peau et laisse des traces blanches en séchant, le sable fin qui se colle irrémédiablement aux jambes, aux mains, au visage et au ventre quand il vole dans la brise et s’agrippe à l’humidité mourante de la baignade, elle aime bien dormir toute la nuit dans le froid et même baiser sur la plage – elle a entendu les Demetra, Rosalie et autres potiches se plaindre de ça en cours d’histoire, et oh, mon dieu, ça pique, ça s’insère partout, j’en avais plein le maillot de bain, le sable c’est dégueulasse, la plage ça pue les algues, les criques c’est dépassé, on est plus des hommes préhistoriques. Darcy s’en fout, elle veut bien faire un massage cardiaque à Wash sur le sable, trempés, et le regarder agoniser dans la lumière vacillante des flammes atrophiées. Pas trop, agoniser. Elle l’emmailloterait comme un bébé dans le plaid en embrassant ses phalanges bleues et se moquerait de lui jusqu’à ce qu’il ait retrouvé l’usage de sa bouche spasmodique. Mais il a raison ; en vrai, elle le ramènerait ; Phyllis la tuerait s’il attrapait un rhume, une grippe, une pneumonie, la tuberculose, ce genre de trucs ; elle lui frotterait le dos dans une couverture pelucheuse toute la nuit en lui servant thé sur thé et sècherait ses cheveux dans une serviette rose et moelleuse en maudissant sa marmaille immature. Ca gâcherait la soirée. Le pauvre, pauvre petit fragile, elle se demande même parfois comment il peut marcher comme ça, dans l’eau, nager et froisser les vagues alors qu’il est si fin et si silencieux qu’elle le verrait sans surprise emporté facilement par la marée, comme une méduse endormie, une belle méduse blanche et bleutée.

Elle reprend de la vodka et comme elle ne réfléchit pas elle grimace et tousse, prise par surprise par son propre réflexe. Elle dépose un baiser encore brûlant d’alcool sur l’oreille rouge qui perce curieusement entre les cheveux sombres, et décrète :

« Moi j’irais me baigner. »

Elle se fige droit sur le pavillon de l’oreille glacée quand il commence à parler. Elle hésite sur « mon amour ». Dans sa bouche ça passe parce que c’est souvent méchant, dans la sienne ça ressemble à une pique et à un baiser tout à la fois, elle trouve que ça fait marié, que ça fait amoureux, et ça lui ouvre un gouffre éphémère sous l’estomac, comme si l’organe se décrochait une seconde et perdait son équilibre tranquille. Elle a pas décidé si elle aimait bien le gouffre ou pas, mais elle n’a pas le temps de vraiment s’y arrêter, parce qu’Ariel devient le centre de son univers de haine et de violence et de férocité et de gifles dans sa face de connasse. Ariel c’est le type même de la brune plantureuse, une taille à tomber et des seins de vache laitière, les yeux pâles perchés au dessus de sa grosse bouche ventousaire, elle a l’air d’un vrai mérou avec son regard mort et ses lèvres démesurées, ELLE L’A TOUJOURS DÉTESTÉE. Elle pousse la tête câline d’un coup d’épaule et de mains brusques, et le fixe à travers la lumière tremblante du feu qui a pris un peu d’ampleur, finalement.

« J’te demande pardon ? T’as demandé en mariage cette grosse pouf ? », elle marche à fond la caisse.

MAIS IL A DIX-SEPT ANS. Elle ne comprend même pas pourquoi un gamin comme Wash, qui a encore besoin de quelqu’un pour lui faire prendre son bain quand il est malade parce qu’il est trop amorphe pour lever ses deux pattes de sauterelle, parle parfois comme ça de gosse et de procréation et de fécondation et de femme et de mariage et d’alliance. Déjà à quatre ans il parlait de cérémonie maritale comme on parle de gâteaux au chocolat, avec gourmandise, en lui donnant des bagues au réglisse qu’elle bouffait en douce le soir sous la charpente de la piaule à trois lits. Et puis il sait très bien que jamais, jamais, JAMAIS elle le partagera avec une épouse abusive qui osera demander son attention et ses spermatozoïdes ou qu’est-ce qu’elle en sait alors qu’elle sera elle-même dans les parages et qu’il doit être en orbite autour d’elle autant qu’elle l’est autour de lui alors elle n’autorise certainement pas une distraction aussi importante qu’une fiancée exhibitionniste ! Une pute cette Ariel ! Et elle a pas tant de seins que ça, elle les met juste tout le temps en valeur avec des chemises taille trois ans qui manquent de péter chaque fois qu’elle respire ; et elle est pas si jolie que ça et certainement pas fertile donc elle n’irait pas du tout avec Wash ; et puis d’abord, avec des hanches pareilles, et cette graisse qui flotte un peu sur ses flancs, ses poignées d’amour – ses poignées d’horreur oui ! -, elle va l’écraser son Wash, elle va lui démettre les ilions et briser ses côtes, ses jolies côtes saillantes et délicates comme du cristal ; et quand un de ses côtes cassées aura perforé son poumon et qu’il mourra sous le poids de sa baleine épousée, il REGRETTERA BIEN D’AVOIR FAIT CA.

Elle lui balance une claque dans l’épaule, très fort, et enchaîne avec un coup de pied qui part tout seul et l’atteint droit dans la cuisse ; elle piaille, les joues rougies par la fureur.

« MAIS T’ES COMPLÈTEMENT CON. ELLE EST DÉBILE. ET ELLE A DES SEINS MOCHES. MOCHES. ET ELLE TE FERA DES ENFANTS QUI IRONT TOUS DANS L’ARÈNE, POURQUOI TU VEUX DES ENFANTS PAUVRE DÉBILE ? JE LA DÉTESTE. T’ES VRAIMENT CON », elle patauge dans ses insultes stupides, « T’ES CON. T’ES CON T’ES CON T’ES CON ! », elle conclut avec brio, et tire tout le plaid à elle pour qu’il crève d’hypothermie tout seul dans sa carapace d’os laids.


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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Ven 20 Avr - 12:30
There is no life without you.


Sûrement qu'il la provoque juste pour le plaisir de la voir perdre contrôle. De la voir se lâcher, se perdre dans la colère ridicule et adorable. Il se délecte de ses traits qui se tendent, de sa petite face de rat, qui grogne et se plisse dans une animosité enfantine et immature, sublime. Il adore quand elle perd contrôle, parce que c'est lui qui le récupère. Le contrôle sur elle, précisons. Wash est responsable de tout, et il est plus que responsable de Darcy, de ses conneries, de ses humeurs, de ses pleurs et de ses rires, mais il n'en a pas le contrôle. Elle fait ce qu'elle veut quand elle veut. Elle baise qui elle veut quand elle veut, malheureusement. Elle l'aime quand elle veut, si elle le veut, comme elle le veut – sporadiquement et plutôt d'une manière désintéressée. Par moment il aimerait lui montrer qu'il ne lui est pas acquis, qu'il pourrait partir, d'un jour à l'autre. Mais rien que l'idée est ridicule.
Il peut dire ce qu'il veut. Il peut se plaindre éternellement de sa situation probablement qu'il ne voudrait pas qu'elle change et que le changement lui fait peur. Enfin, disons qu'il a tellement peur que ça change en mal, qu'il préfère rester comme ça. Quand ils auront vingt-cinq ans et qu'ils continueront de jouer ensemble comme des gosses à se battre avec le bout de leur main en faisant semblant de ne pas être amoureux, peut-être qu'il sera vraiment lassé.

Il la provoque pour le plaisir de pouvoir la consoler. De pouvoir la prendre dans ses bras, lui roucoule qu'il l'aime, qu'elle est la préférée d'entre tous, s'il était courageux, s'il la savait prête, Wash murmurerait à Darcy qu'elle est la seule qu'il voudrait épouser, dans le monde entier. Qu'il veut la mettre enceinte et jouir en elle, l'embrasser à en perdre haleine, la parcourir de ses mains comme pour la pétrir et la faire renaître sous ses doigts, la faire trembler par son souffle, par ses baisers, par ses caresses et ses murmures, qu'il veut toucher son corps, son sexe, qu'il pourrait vivre sa vie à la combler, juste ça, qu'il pourrait vivre sa vie à l'aimer.
C'est la seule chose qu'il sait faire, qu'il sait faire bien. Il le fait égoïstement et comme un gosse, mais il ne fait que ça.

Elle réagit tellement vite. En deux secondes à peine, la voilà qui rebondit, qui l'agresse, il sourit un peu en se redressant, en se décalant un peu, il la connaît, il imagine, il visualise parfaitement les pensées qui s’échafaudent rapidement dans l'esprit de son amie, du caniche blond qui se prépare à sortir les griffes, à le mordre de ses canines. Elle doit réfléchir à Ariel, se souvenir précisément de son visage et se persuader à QUEL POINT CETTE SALOPE EST MOCHE. Il adore sa jalousie, c'est la seule preuve tangible de son amour, dans la tête de l'adolescent. C'est la seule preuve qu'au fond il est sûrement pus qu'un ami dans la tête de Darcy, même si elle refuse de la voir, si elle se complaît dans leurs relations de gamins immatures.
Ariel est plutôt jolie en vrai, et ses seins sont vraiment beaux. Il n'a baisé avec elle que deux fois, s'il se souvient bien. Mais vraiment, elle est a de très beaux seins. Au pire il l'épousera et comme ça toutes ses filles seront canons : elles auront son teint diaphane, ses cheveux de jais, sa bouche charnue de fille, ses mains délicates, sa taille de guêpe, et la putain de poitrine d'Ariel.

« Aïe.. » il fait après la claque et il en crie un autre, « Aïe !! » plus véhément après le coup de pied qui le fait se recroqueviller un peu sur lui, il sent doucement la douleur qui se répand dans sa cuisse alors qu'il amène ses mains larges contre l'endroit douloureux. Il l'écoute assez attentivement, quand elle déblatère ses insultes, ça le fait sourire, c'est assez jouissif, qu'elle soit toujours aussi jalousement bête, elle le traite de con avec rage, elle tire contre elle la couverture dans un geste de gamine vexée, il rit vraiment, parce que cette stupide blondasse, comment peut-elle croire qu'il demanderait quelqu'un en mariage, vraiment, c'est ridicule, elle est la seule, la seule avec qui il peut imaginer une vie future, comment elle peut penser qu'il demanderait. ARIEL. En mariage.
Sans aucune méchanceté envers Ariel, hum...

Il se penche lentement vers elle, après une bonne vingtaine de secondes, qu'elle puisse respirer, il se rapproche doucement et il ne la touche pas, de peur qu'elle le morde, au sens propre du terme, il se pose proche quand même, sa main appuyée dans le sable qui mouve sous son poids, il roucoule.
« Darcy. »
Répète comme un gosse.
« Daaarcyyy. »

Il sourit et de son index, il pointe sa joue, il la touche et ça rebondit un peu sur la joue encore bombée d'enfance de son amie stupide. Il ne le laisse pas. ELLE POURRAIT MORDRE.

« J'ai pas demandé Ariel en mariage, t'es stupide ou quoi ? J'me souviens même pas si j'l'ai baisé »
, il ment tranquillement, en susurrant, moqueur, moqueur de sa naïveté et de sa jalousie « J'ai dix-sept ans, j'pense pas au mariage », il continue, sachant parfaitement qu'elle est consciente qu'il ment plus ou moins. Il pense au mariage. Mais uniquement avec Darcy.
Il la regarde longuement, et embrasse brièvement sa joue – il ne sait pas ce qu'elle pense.

« T'es la seule que j'pourrais épouser, stupide. »


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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Sam 21 Avr - 2:59
My lover is childlike.


Un moment, à travers les brumes de sa colère, une petite étincelle de joie typiquement sadique s’allume et s’embrasse au creux de son plexus solaire, et danse un moment avant d’être soufflée de nouveau par l’agacement : le visage de Wash se tord et se froisse, sa bouche perd la courbe pleine du sourire, et il geint comme un gamin en se tenant l’épaule, la cuisse, en pleurnichant un peu, gosse qu’il est encore, gamine comme Jaya le sait bien, fillette sensible à chaque violence, chaque pincement, chaque morsure. Mais il récupère trop vite, rebondit sur sa rage et sur Ariel avec aisance, et ce n’est pas assez, pas assez de douleur ou de piaillement ou de suppliques pour éteindre l’énervement du rat échevelé. Elle crève une seconde de le mordre, jusqu’au sang, pour qu’il pleure.
Quelque chose avec le sang de Wash la fascine parce qu’avec sa pâleur d’enfant, sa chair fine et fragile de malade éternelle, sa finesse délicate comme celles des princes de jadis, elle l’imagine toujours bleu et éthéré, le sang, bleu sur de la porcelaine, comme les belles veines entrecroisées qui palpitent à son poignet quand elle l’a dans sa paume.

Elle est restée en arrière, emmitouflée dans le plaid rouge et bleu, engoncée jusqu’au menton dans la laine piquante que Phyllis manie à la perfection, les pieds dans les plis, les jambes tordues mille fois pour n’être qu’un petit tas tremblant de fureur et de bouclettes, un petit tas stupide, elle est assise sur les reins presque, branlante, quand il se penche vers elle, quand il va vers l’adversaire sans peur – c’est presque étonnant, elle fait le dragon et Wash, Wash princesse se veut courageux et tranquille, elle en est toujours surprise même si c’est fréquent, toujours surprise parce qu’accrochée au souvenir enfantin des terreurs incessantes du petit garçon qui pleure pour des cauchemars et hurle pour des insectes. Elle le fixe au dessus des carreaux de la couverture, les yeux vifs, un peu plissés, les cils baissés sur ses prunelles haineuses, alors qu’il fait mine de l’amadouer de sa voix d’étoffe, riche et nébuleuse dans le feu un peu croissant du brasier raté. Les deux gorgées de vodka ont laissé une fournaise dans son ventre et un brouillard dans son crâne.

« Darcy. »
AH MAIS PUTAIN, ARIEL ?!
Cette fille a assez d’argent pour se payer un mari si elle veut. Son père vend des bateaux, c’est du foutage de gueule. Sans doute que même ses sous-vêtements sont moins chers que la seule et unique robe de Darcy. La robe lui serre les seins maintenant, la colle à la taille, et tombe trop court. Elle doit gigoter longtemps pour y entrer ses épaules confortablement ; mais c’est pas grave parce qu’elle la déteste. Peu importe, là n’est pas la question, c’est quand même du foutage de gueule point barre.
« Daaarcyyy. »
Elle coince sa langue entre ses incisives du haut et du bas et lance sa tête comme une vipère en avant, émet un sifflement mauvais en menaçant de le piquer de ses canines, de ses ongles, de ses coudes pointus de gamine émaciée. Elle a envie de dire « quoi », de mendier la consolation parce qu’elle sait que Wash ne se fera pas prier, va la combler de compliments pour adoucir son humeur, câliner sa peau et embrasser son visage, il joue comme ça entre le chaud et le froid et toujours elle s’en trouve toute penaude et épuisée et étonnée, la tête tournicotante de s’être échauffée et calmée en quelques secondes ; mais la suite vient toute seule et l’honneur est sauf, elle n’a pas eut à geindre pour des cajoleries, Wash dorlote.

Elle le laisse toucher la pulpe de sa joue, elle sent l’os de son doigt s’enfoncer un peu dans sa joue, si elle n’avait pas peur de se perforer la chair elle le prendrait entre ses dents comme un pitbull stupide et destructeur. Elle reprend la flasque pour en boire une gorgée, attend, tranquille. Elle lâche un méchant ricanement méprisant quand il ment avec aplomb ; d’abord Ariel parce qu’elle est sûre qu’il se souvient très bien, ce gros bébé avide de mamelles, ce gosse accroché aux jupons et aux menottes, elle voit bien comme il aime les câlins confortables de Phyllis, ses câlins un peu dodus, un peu molletonnés de maman amoureuse. Dans leur impasse, c’est plutôt un privilège d’être grasse et bien pourvue ; dans l’avenue d’Ariel, c’est une coquetterie qu’elle vomirait si elle osait s’aventurer sur leurs pavés découpés en poissons brouillons. Elle le visualise dans les bras d’Ariel, tout plein de ses remarques secrètes et perverses, celles qui ne dépassent ses lèvres que lorsqu’il est excité, enfin plein de ces remarques orbitées autour de la poitrine généreuse. Elle comprend pas pourquoi les garçons sont si fascinés, c’est que de la graisse, deux bouts de chair ballants, pendants au torse, c’est mieux sans. Son rictus s’enfle quand il dénie, repousse l’idée du mariage, fait comme si, d’un air snobinard, si pathétiquement menteur qu’elle a un réflexe de tendresse violente dans le ventre et qu’elle aimerait s’émouvoir de son aplomb avec force baisers. Il coupe court l’élan.

« T'es la seule que j'pourrais épouser, stupide. »

Ses sourcils hautement soulevés dans le scepticisme méchant qu’elle cultivait une seconde auparavant s’abaissent lentement et elle continue à téter la vodka comme du petit lait sucré. Elle fait comme si elle était de marbre, très bien, tellement bien que c’est ridicule parce que jamais le visage de Darcy n’est aussi mort qu’à ce moment ; la bouche est plate, l’œil est morne, le sourcil est raide et le nez est lisse. Ses mille grimaces et ses mille sourires restent coincées en petit tas hésitant derrière le gros embouteillage de sa pensée engluée parce qu’elle ne sait pas trop quoi faire. Elle ne veut épouser personne et surtout pas Wash, parce qu’il s’ennuierait d’elle à l’avoir ainsi tout son soûl, et si elle n’a plus Wash elle n’a plus personne. Entre autres.

Elle a quand même le pouls qui lui bat très fort dans la tête, nerveux et spasmodique le sang qui rugit à son tympan.
Comme s’il était déjà à genoux avec une bague taillée dans la nacre dans sa main trop large et trop douce. Néanmoins bientôt elle rebouche platement la flasque, rit de bon cœur à la blague – c’est une blague -, lui lance sur les genoux – la flasque -, et raille en ébouriffant sa tignasse rêche et frisée :

« Mais tais-toi, tu vas faire jouir Phyllis même d’ici. »

Elle bascule vers l’avant en se délivrant enfin de la protection réchauffante du plaid à carreaux, laisse les pans rugueux vers Wash, le pauvre amour frêle qui doit mourir dans la fraicheur venteuse, et à quatre pattes avale l’étroit espace qu’elle avait obligé entre eux. Elle vient s’asseoir sur lui, pèse de tout son poids, les pieds et les mollets nus dans le sable nocturne, ses bras bien calés au creux des épaules étroites de garçon adolescent, les mains bien noués sur la nuque osseuse, elle serre entre ses genoux les hanches étranglées, entre ses cuisses pâles ses cuisses maigres, et casse un peu son cou pour pencher sa tête et venir attraper, - exiger -, un baiser vulgaire, goinfre, ouvert, vorace.

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Sam 21 Avr - 11:28
Son corps comme un festin, comme un amuse-bouche entre les reins.


Il observe ses traits avec une sorte de passion et de fascination étrange, qui lui ressemble trop. Il connait par cœur son visage et sa bouche, ses sourcils, la courbe de son nez, la ligne de son menton, son air farouche et mutin à la fois, comme un petit animal sauvage. Wash a toujours l'impression de devoir apprivoiser Darcy. Il doit toujours réfléchir, être sur ses gardes, vérifier qu'elle ne va pas le mordre. Il ne connait que trop sa fascination malsaine pour son sang, étrange et qu'il ne comprend pas, qu'il ne cherche pas à comprendre. Ça le surprend juste toujours assez, quand dans l'acte, l'adolescente d'un coup, ne peut s'empêcher de mordiller son épaule. Enfin, mordiller c'est quand il a de la chance. Mais dans ce genre de moments, de toute façon, il ne se déconcentre pas. C'est l'un des rares moments d'ailleurs, où Wash ne semble pas pouvoir se déconcentré. De l'extérieur, Wash est très sérieux et focalisé sur un sujet, il est silencieux et calme, il parle lentement et chaque mot semble réfléchi. En réalité, s'il est silencieux et calme, c'est parce qu'il reste en veille, un peu comme s'il entendait sans entendre, il reste à fixer un point, comme en cours, quand ça l'ennuie, les professeurs le prennent pour un élève si sérieux, alors qu'il reste bloqué sur le tableau, sans rien dire et sans un mot, il pense à tout et à rien à la fois, il n'est pas concentré parce qu'il pense trop, sûrement, il veut penser à tout, analyser tout, ne jamais rien oublier, angoissé comme il est, alors il ne va pas en profondeur, et il finit toujours, toujours, pas penser à Darcy. Par réfléchir à Darcy. Par aimer Darcy.
Il aimerait tellement partir et exister, exister en dehors d'elle.

Mais là il n'y pense pas. Il s'est nonchalamment appuyé contre le sable, les deux mains sur le sol, qui maintiennent son buste incliné vers elle, mais il ne la regarde pas, il a un vague sourire et il regarde les étoiles, il savoure les mots qui se sont échappés de sa bouche, et il imagine la panique dans le ventre de sa belle imbécile. La pauvre enfant. Après une petite dizaine de secondes d'un silence reposant, tendu pour elle sûrement, l'éphèbe tourne sa douce tête de fille vers la blonde, et il lui sourit doucement en se redressant. Il a envie de rire, alors qu'à la lumière vacillante du feu, il peut voir ses lèvres un peu pincées, morte, ses sourcils relevés dans une peur et une incompréhension flagrante, un scepticisme qu'il ne lui connaît que lorsqu'elle cherche à essayer de le comprendre, justement. Il est plein de tendresse pour l'animal sauvage à cet instant, qui se retrouve confronté, malgré lui, à la civilisation. Pauvre enfant.

Ça ne dure pas très longtemps, cet adorable moment, où Darcy est vulnérable à en crever, où il pourrait l'allonger et la baiser avec tout son amour qu'elle ne dirait mot, encore choquée par une révélation qu'elle prendrait trop au sérieux. Wash dit ça par provocation, sans y croire jamais, bien moins motivé que lorsqu'il était enfant, qu'il pensait réellement qu'à quinze ans, ils se marieraient.
Il a envie de l'embrasser et de lui dire qu'il rigole, t'inquiète, imbécile, et de baiser sur la plage. Vraiment, baiser devient une priorité dans sa tête. Il se demande comment il aurait fait sans Darcy avec ses hormones d'adolescent.
Parfois il lui est presque reconnaissant de l'avoir monté sans son avis, comme un ordre, en l'allongeant sur le lit, hop, go, et tais toi.

Elle lui balance la flasque sur les genoux, alors qu'il s'est bien assis en tailleurs, attendant qu'elle se réveille, il retourne sa tête vers elle, l’interroge du regard, se demande si tout ça a duré plus de dix secondes, elle raille, elle fait sa belle, elle ravage ses cheveux blonds d'une main, ils ont l'air complètement roux à la lumière du feu, comme ça, dans la nuit froide. D'ailleurs il a froid sans la couverture, et Wash tremblote un peu sans même s'en rendre compte, la douleur dans la cuisse s'estompe doucement.

« Mais tais-toi, tu vas faire jouir Phyllis même d’ici. »


Il ricane, amusé, peut-être un peu soulagé qu'elle n'en fasse pas un drame, qu'elle ne crie pas, qu'elle ne le prenne pas au sérieux. Il ne saurait comment réagir, si elle le prenait au sérieux d'un coup, si elle se mettait à pleurer en demandant si c'est vrai, s'il veut vraiment ; si elle le mettait face aux murs de ses désirs, il ne saurait quoi répondre, il resterait pantois, sans savoir expliquer, sans pouvoir avouer, son amour lui paraît trop irréel parfois, il ne comprend pas lui-même, il est trop jeune, la situation, l'attente lui va bien plus qu'il ne l'avouerait jamais. Si Darcy lui disait qu'elle l'aimait aussi, qu'elle voulait se marier, il n'y croirait pas, il éclaterait de rire, un peu à sa manière quand il essaye d'être tendre et gentil, il éclaterait de rire et lui dirait d'arrêter ses conneries, parce qu'il serait trop paniqué, parce qu'il n'y croirait pas, parce qu'au final l'idée d'être avec Darcy lui paraît inconcevable, et il ne comprend pas vraiment ce qu'ils feraient tous les deux, s'ils étaient un couple qu'est-ce que ça changerait ? Et puis il ne veut pas la perdre, il ne veut pas, c'est son amie. C'est son amie avant tout. Par moment il se dit qu'ils devraient rester comme ça pour l'éternité.
Et puis ensuite il redevient adulte, et il déteste ça.

Il la laisse se glisser contre lui, l'escalader comme sa montagne à elle, elle se glisse dans les trous, s'insinue contre lui, se colle, et il finit par l'enlacer vaguement et il souffle comme réponse stupide.
« C'est mon but, de faire jouir Phyllis, Darcy. » avant de répondre à son baiser, il la laisse venir, il laisse ses lèvres attrapées, il agrippe sa taille et son petit corps pour le plaquer contre le sien et il arrive vaguement à attraper son cul en s'échappant des lèvres de la blonde pour venir embrasser son cou à plusieurs reprises, il vient lécher un peu le lobe de son oreille et sourit.

« Alors, on baise ou on nage ? »


Trop simple.

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Dim 22 Avr - 2:23
You look well on me.

Souvent Wash est un adulte dans les yeux de Darcy, malgré sa frêle ossature et son air un peu peureux et vulnérable. Même si elle peut entourer entre son pouce et son majeur la finesse de son poignet enfantin, si sa bouche à l’ourlé pulpeux et caressant des baisers de bébé, même si jamais, jamais son front lisse ne pourra arborer la moindre ligne blasphématoire, la moindre fissure éternelle, sous la chair glabre Wash est un grand pour Darcy. Parce qu’il réfléchit avant de parler ou parce qu’il a dans le fond des yeux une gravité évidente, pensive, une nébuleuse incomprise qui le torture et l’enchaîne et qu’elle ne saurait deviner. Elle ne comprend pas quand il est silencieux, les yeux sur le vague, la bouche un peu tendue dans l’effort intellectuel, et c’est là que soudain sous la carcasse osseuse Wash est homme, la laisse en arrière, l’écrase de sa maturité, qu’il est son aîné et son père et son aïeul.

Mais lorsqu’il embrasse et caresse, il retombe terriblement, funestement à son faible niveau, à elle, il prend de la vitesse, chute, chute, chute contre elle, il est tant adolescent qu’encore et encore il lui fait écho, il n’a plus rien que du vide dans le crâne et se laisse guider à l’aveuglette par ses hormones de môme pubère, il est, comme elle, stupide par inadvertance, nu par hasard. Il bécote et agrippe avec elle, malaxe avec elle, joute avec elle, glousse avec elle, il est autant Darcy qu’elle est Wash et pour Darcy, qui bien sûr n’a rien compris, le moment ultime de fusion cosmique ou elle sait pas trop quoi, c’est quand il la pénètre et reste là longtemps, la cervelle réduite à néant. Elle parie sur son irréflexion, comprend le silence comme ça, comme les ténèbres d’une pure vacuité cérébrale, et elle aime bien parce qu’elle n’a plus l’impression diffuse qu’elle court derrière lui, toujours en vain.

Normalement les garçons sont tellement bêtes. Mais bien sûr elle était obligée d’être amie avec la fillette dans l’âme, le sage spirituel, finalement quand elle y pense – rarement -, elle se dit que Wash est un hybride étrange, une parfaite petite chimère d’archaïsme et d’onirisme, de vieux pervers et de jeune premier, d’affreux squelette et de graisse enfantine. Ca ne la perturbe pas plus que ça quand même.
Ce qui la perturbait souvent c’était de redécouvrir chaque fois qu’il est bien mieux au pieu que les autres jolis cœurs du quartier. Pourtant elle a bien passé quelques nuits avec Titus, Clark, Dorian, Marin, un autre blond de la criée, des têtes un peu floues dans son esprit d’étourdie, surtout elle a apprécié la largeur d’épaules, la lourdeur des mains, la robustesse du bassin, ils l’ont faite crier sans mal, mais voilà, le souvenir impérissable reste celui engendré par la fillette. Ce n’était pas pour être méchante, seulement voilà, on n’aurait pas dit ; ou alors c’était les ricanements de Jaya qui influent sur ses réflexions. Maintenant elle ne se pose plus la question, elle sait bien que les mains et la peau et le corps de Wash ont un truc cool – une palpitation incandescente - et puis basta.

Elle plisse un peu la bouche et reste immobile quelques secondes, perchée sur lui, pour peser le pour et le contre ; elle envisage les deux options en gardant ses doigts froids enfoncés dans les cheveux soyeux qui ondulent un peu dans le vent. Le feu fait des yeux sombres et des traits orangés à Wash. Elle a le crâne brumeux et la gorge douloureuse, et soudain, sans réels arguments, sans profonde réflexion, elle se redresse d’un bond vacillant, en envoyant l’adorable un peu en arrière pour baser son propre élan et se propulser en arrière, et elle glousse un peu. Le nom de Phyllis et l’idée du sexe se mélange une seconde dans sa tête et elle se demande si, si elle n’était pas là, Wash aurait épousé Phyllis. Il pourrait la pétrir. Mais c’est dégueulasse et surtout Phyllis est asexuée, ça fait aucun doute.

« ON NAGE », elle réclame en serrant les poings, et lance ensuite sa main délassée vers lui pour le relever d’un geste à bascule ; elle fait quelques pas en arrière pour reprendre son équilibre précaire et brûlant d’alcool blanc. Elle lui sourit d’un air entendu – en posant la question il savait très bien l’importance qu’il donnait à son horrible esprit de contradiction ; aurait-il continué qu’elle aurait suivi le mouvement sans même y penser, oublieuse de ses premiers ordres et de ses premiers désirs - ; aussi elle crève soudain de le voir bleu et blanc dans l’eau, les lèvres foncées, comme barbouillées de fruits, spasmodiques, ses maigres bras un peu serrés autour de lui, pitoyable, faible et adorable dans le flot régulier de la mer délicieuse ; et aussitôt elle est partie, elle court devant.

Elle bataille avec son short à mi-chemin – il était facile d’en défaire le bouton en détalant, bien moins de s’en extirper -, elle tient une seconde sur un jambe comme un grand flamand rose échevelé, puis tombe à la renverse et s’écrase dans une ténue gerbe de sable, puis mouline des mollets pour s’extraire du tissu souple, le fait tourner à l’une de ses chevilles pour l’envoyer au loin, et se redresse sur son coude pour repartir d’un pas moins vif, plus tournicouteur, rendu étourdie par les cabrioles et l’alcool. Elle fait à retardement :

« Oups. »

Les pieds léchés par la mer, assez loin encore derrière Wash qui se fait attendre, elle retire son grand t-shirt à rayures et le jette pour le protéger des câlineries aquatiques. Elle entre sans une grimace, sans un piaillement, (fière, quelque part, inconsciemment, de ne pas s’abandonner au comportement absolument stupide des femelles futiles qui trempent un orteil, pépient, grognent et repartent, crient fort pour montrer l’effort, les femelles ARIEL). Sa peau s’hérisse lentement, et les petits frisettes cachées à sa nuque. Elle avance bien droite, les bras contre son corps, elle goûte à la morsure oppressante de l’océan. Lorsque les vagues montent à ses cuisses, elle plonge dans le remous salé et disparaît sous la surface.

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Dim 22 Avr - 11:06
So you think you can love me and leave me to die.


Il devrait s'en douter, puisque Wash est sensée connaître par cœur la blonde. Mais le sexe le rend un peu oublieux, lui donne cet appétit de gosse affamé, de gosse hormonal. Il voulait appuyer son pouvoir, comme s'il ne se souvenait pas, doux imbécile aux yeux de fille, qu'elle disait le contraire de tout ce qu'il disait, juste pour le plaisir, Elle fait le contraire de ce qu'il veut juste pour le faire chier. Sûrement que s'il ne l'aimait pas, elle lui gueulerait son amour tous les matins, et que lui la regarderait méchamment, avec un peu de mépris sûrement, comme si elle était quelqu'un d'autre. Wash se demande quel serait le monde s'il n'aimait pas Darcy. Sûrement qu'il baiserait plus et plus sporadiquement, avec plus de monde et avec moins de plaisir. Sûrement que si c'était elle l'amoureuse, et que c'était aussi évident que son amour à lui, il l'abandonnerait. Comme maintenant avec Ariel. Il ira la voir, il lui demandera si elle répète qu'il est son mec, la brune se défendra probablement, puis rigolera, dira que c'est juste pour déconner, qu'on s'en fout, que viens on va baiser. Il lui dira non. Froidement, et d'un coup, le visage de Wash prendra un air glacé, de celui-là qu'on ne lui voit jamais. Il ne sait pas si Darcy est consciente de ce qu'il est et de ce qui existe au fond de lui. Parfois le brun a juste l'impression qu'elle ne le voit pas. Qu'il est à ses yeux toujours le gosse qu'il était à cinq ans. Il a envie d'être violent et froid juste pour lui faire peur, pour lui montrer qu'il ne lui appartient pas et qu'il est grand, adulte, que si elle ne le garde pas contre lui, il va partir.
Vraiment, partir est son fantasme le plus prenant, le plus vivace ces derniers temps.
S'il ne l'aimait pas, il partirait et tout serait tellement simple alors. Il mourrait sur sa barque, assoiffé et délirant. Peut-être que plus tard on retrouverait ses écrits, ses carnets recouverts de notes et de petits dessins. Il se dit parfois qu'il devrait les donner à Darcy et la laisser seule avec, mais probablement que le choc serait trop fort pour la gosse et qu'elle aurait encore le culot de dire que c'est une blague et de rire à la gueule de son amour.

Il caresse ses fesses avec application, en les prenant vraiment dans ses paumes. Il sent contre lui la pointe de ses petits seins à travers le tissus. Wash préfère les formes, les vraies femmes, les formes qui l’emmitouflent, les seins qui l'étouffent et qu'il peut prendre contre lui, il aime la taille échancrée et les hanches courbes, les formes rassurantes d'une figure mamelle et maternelle. Darcy n'a rien de tout ça. Elle est pointue comme un petit garçon, même son nez est géométrique, ses seins sont comme des jolis triangles, ses os ressortent sur son torse, sur ses hanches. N'empêche, Wash adule son corps tout de même, quand il la sent contre lui, quand il la serre, quand il s'agrippe à son cul, quand il sent sa taille, quand ses cuisses se frottent aux siennes et effleurent son entrejambe, effleurent le centre, quand elle est contre lui il n'entend que son désir, profond, puissant, qui prend part au cœur de son amour débordant, ridicule et mièvre, qui débute dans le bas de son ventre, qui prend son cœur, il entend le sang qui bat dans sa tête, dans son torse, dans son sexe. Il pourrait la bouffer toute entière, et quand il susurre sa connerie, il a trois secondes de paradis avant de se souvenir du caractère de Darcy, de son esprit de contradiction, de son désir inné de faire chier son monde, lui compris. Il n'aurait rien dit, ils auraient baisé tranquillement, mais il a voulu faire son malin, hein, l'imbécile, et il rapproche ses lèvres et l'imbécile est déjà debout, elle le tire et il pousse un long geignement, oh non, pitié, non, non, il se maudit d'avoir ouvert sa grosse bouche imbécile, connard, stupide, IL VEUT JUSTE BAISER.
C'est pas si dur, non ? Darcy ouvre les cuisses sans même s'en rendre compte. Elle pourrait au moins le sucer avant de partir. D'un coup et l'alcool aidant, il lui en veut beaucoup, et s'en veut à lui-même aussi. Il geint dans sa tête, il trébuche sur le sable, il la regarde qui court, elle est tellement motivée que ça le fatigue juste à la regarder. Il voit que son cul qui remue.

Darcy n'est pas une fille. Elle court plus vite que lui, enfin, il ne court pas, là, mais Darcy court plus vite que Wash au départ. Elle a intérêt à se foutre nue, aussi. Il l'observe qui court, qui s'arrête, qui chancelle un peu, qui arrive dans la mer, il marche lui, il hésite, il ne sait pas s'il va venir. Il observe son short quand il passe, puis son haut rayé, qu'il voit à peine dans la nuit, éloigné du feu. Ils pourraient baiser dans la mer, mais il fait trop froid.
Vraiment trop froid.
Il s'arrête devant la mer, il retire lentement ses chaussettes, Darcy au loin, à la lumière de la lune, seins nus, la courbe de ses fesses qui ressort à la lumière de la lune, elle ressemble à une sirène. Il lance les chaussettes un peu plus loin derrière, son pantalon est un peu retroussé et il reste là, l'eau glacé lui attaque la peau précieuse de ses pieds, de la naissance de sa cheville. Il a l'impression d'avoir trois ans encore, quand Darcy est loin devant, et qu'il reste loin derrière, trop apeuré pour bouger.

Là c'est différent il n'a pas envie, il a trop froid, il n'a peut-être pas assez bu, il l'observe, il sait bien qu'elle va venir le tirer, le noyer pour son bon plaisir, alors il s'assoit en tailleurs, les vaguelettes calmes ne le touchent pas, ne font qu'effleurer ses pieds et il l'observe juste.
Elle va arriver dans trois secondes pour l'agresser, la délicieuse enfant, mais de loin, comme ça, elle est vraiment jolie.

« Darcy ! Je meurs si je viens ! » il crie pour la forme.

Elle le baisera même s'il nage pas, hum ?

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Lun 23 Avr - 3:08
Tu me tues. Tu me fais du bien. J'ai le temps. Je t'en prie. Dévore-moi.


Elle barbote un moment comme un gros crapaud, les jambes pliées dans la marée roulante, les yeux à la surface et la bouche sous l’eau, en faisant des grosses bulles avec son souffle étouffé. Elle bouge lentement ses bras, les écarte et les ramène à elle pour maintenir l’équilibre aérien de sa délicieuse position.
Surtout, elle observe, fixe après être remontée, elle le voit suivre loin derrière, de son pas traînant, paresseux et martyr, elle le voit quand il se fige au bord, en laissant nonchalamment la mer lui caresser les orteils et embrasser sa peau. Il a enlevé ses chaussettes et il reste là, avec son pantalon un peu retroussé en corsaire, comme un petit bourgeois peureux, un vrai capitolin, tout effrayé de la froideur alors qu’elle y trouve presque un ultime confort. Elle pense qu’il va finir par la rejoindre, poussé peut-être par un sursaut de bravoure, par l’élan qu’elle a tenté de lui insuffler, ou simplement par l’attrait de la récompense qu’il sait très bien qu’il aura s’il suit bien gentiment le chemin qu’elle lui trace – toujours. A travers l’herbe haute, à travers les champs en plein été, à travers les branches coupantes de la forêt et dans les tranchées de sable creusées dans leur enfance.

Quand elle voit qu’il est irrémédiablement paralysé, quand il crie qu’il meurt, la tapette, la victime, la petite nature, pétrifiée dans la fraicheur divine du sel qui laissera d’exquises traces blanches sur sa peau bleuie et qu’elle mourra de laper comme un chien, elle enfonce dans l’eau ses mirettes attentives en fermant les paupières, et reste là un moment pour décider si elle nage vers le large, menace de se noyer, provoque enfin l’affection de l’adoré, ou va consoler la douce créature.

Dans le noir de ses paupières, les cheveux soyeux, volants autour de son visage, ondulant doucement dans le courant énergique, elle descend lentement, jusqu’à toucher de ses fesses pointues le sable meuble du fond ; à peine une seconde avant que son corps ne remonte dans le même élan, léger comme un baiser. Elle aime bien la clameur assourdie de l’univers aquatique, ce bourdonnement étouffé de l’eau furieuse à son oreille, et néanmoins discrète comme le silence. Les vagues qui s’écrasaient contre la plage avec tumulte forment maintenant un murmure deviné, effacé par la nouvelle surdité de l’immersion. Elle détend sa jambe lorsqu’elle manque d’air et que les bulles se forment à ses lèvres, et d’un bref et tendre coup de pied remonte immédiatement à la surface. Sur la rive, Wash n’a pas bougé, et Darcy, souvent plongée, le rejoint finalement.

Elle a peut-être les lèvres bleues, mais sa peau épineuse a absorbé le froid et ne le rejette plus. La chair de poule couvre ses membres sans atteindre sa lente cervelle, et ses quelques brasses ont fait fuir la stupeur première du plongeon glacé ; lorsque son buste s’arrache aux vagues, le vent la heurte, lui paraît sibérien ; dieu merci, l’idiote a amené une serviette. Elle arrive face à Wash d’un pas vif, par esprit de contradiction, elle traverse les bourrasques avec colère, décidée à lui montrer qu’elle se fiche bien d’être frigorifiée, toute seule combattante dans son duel stupide avec l’élément ; elle croise ses bras sur sa poitrine tout de même, ressert ses mains sur ses bras. Sous la lune, elle est blafarde, et ses cheveux blonds retombent plus bas dans son dos, sans les boucles, raides et collants contre son crâne.

« Viens dans l’eaaau », elle mendie d’une voix encore un peu hésitante, mais le choc thermique et ses mouvements ont éclairci ses idées, apaisé sa gorge. Plantée face à lui, les pieds dans l’eau, à quelques centimètres, elle donne un petit coup de menton dans le vide comme un labrador qui amadoue son maître. Elle se lèche les lèvres pour avaler le sel. Elle aime bien le faire avec ses doigts aussi, même si ça les gerce, et la bouche aussi, qui craquèle. Peu importe. Elle voit qu’il hésite, refuse déjà en secouant un peu la tête, pense sans doute à son beau pantalon et son joli t-shirt qui risqueront après le séchage en règle d’être souillés par l’amalgame du sel, et puis c’est pas confortable de dormir humide, plein de sable, collant, dégueulasse, et puis il fait froid, froid froid, et il est si sensible aux virus, il pourrait attraper la mort, sa pauvre ossature, sa pauvre carcasse, sa pauvre frimousse d’enfant faiblard – mon dieu qu’elle se gèle vraiment les fesses. Comme elle sait, soudain, qu’elle n’aura pas le courage d’argumenter, d’exiger, de gueuler, d’amadouer, de supplier, de tirailler sur la main grande et de faire un gros caprice, parce qu’elle est fatiguée et qu’elle meurt d’envie de retrouver le plaid même s’il pique, même si elle crierait à qui veut l’entendre que NON, ELLE N’A PAS FROID – malgré les dents qui claquent et les doigts qui tremblent -, elle opte soudain pour un autre plan d’emmerdeuse et un rictus sadique éclot sur sa bouche mauve.

En une seconde, elle est sur lui.
Elle pousse un cri de guerre à réveiller les Maori et lui bondit dessus comme une gigantesque araignée, trempée et sangsue, elle referme ses bras autour de ses épaules et ses jambes autour de ses hanches, frotte sa tête, sa joue, ses cheveux contre sa gueule effarée, son cou, son col repassé, elle se frotte et se sèche à ses fringues jolies, le mouille autant qu’elle peut en décrétant :

« AAAAH TU CRÈVES ! Bien fait ! Bien fait ! GAMINE. »

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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Mar 24 Avr - 0:07
Let's go to the candy mountain.

Il l'observe nager avec ses cheveux sables, aux reflets de mer et de sel. Il lui trouve vraiment un air d'irréel. Elle a l'air belle, de loin, découpée à la lumière froide de la lune, le reflet sur l'eau lui donne un air femme qui ne lui correspond pas, qu'il ne voit pas. Même quand ils baisent, elle n'est pas femme, elle reste enfant, une enfant étrange, qui voit tout, qui assume tous, les désirs les plus fous, mais même dans les situations de mère et de sœur, de fiancée, elle n'a rien d'une femme. Elle est plus proche d'un homme, d'un chien fou, d'un garçonnet trop enthousiaste, et ses formes maigrelettes sont souvent cachées par les formes trop large d'un pull décrépi.
Darcy n'a rien d'une femme, elle a tout d'une fille, d'une gosse, d'un sale môme.

Les pieds dans l'eau, le cul dans le sable, il l'observe de loin, il fixe son corps et sa silhouette franche, noire et blanche. Elle ressemble à une femme avec ses cheveux et ses courbes de sirènes. Une adolescente, une nymphette par instant. Elle remonte jusqu'à lui, lentement, c'est lent dans sa tête et à la fois il a la désagréable impression, le désagréable sentiment qu'elle va vite, que ses jambes heurtent la mer et éclatent les vagues avec force, il l'observe longuement alors qu'elle marche vers lui d'un pas décidé, agacé, véhément, tout ce dont il a peur. Trop de volonté le terrorise, l'inquiète et le prend à la gorge : trop de volonté, c'est trop de pensée, c'est trop d'envie surtout et c'est trop d'agir, ça mène aux extrêmes et les extrêmes mènent à la violence, et en tout lieu et en toute heure, Wash veut éviter la violence. Il veut éviter les éclats de voix, les coups de sangs et les frayeurs inutiles – il veut éviter Jaya.

« Viens dans l’eaaau »
, elle geint, adorable, les cheveux blonds, froids et collants, salés, lui collent à la peau, lui donnent un air effrayant, apeuré et frigorifié, Wash est persuadé qu'il pourrait voir ses tétons glacés qui pointent de dessous la serviette dont elle a entouré son maigre corps, qui ne ressemble plus en rien à une sirène. Il aurait pu rester là, à l'observer, à admirer son être. Il pourrait l'observer, il pourrait l'admirer une petite éternité, sans rien faire et sans rien, à en oublier de boire et de manger jusqu'à ce que d'un coup la gosse se lasse, s'énerve et crie, qu'elle rompe le charme, l'imbécile, de sa beauté soudaine et silencieuse.
Elle le fixe de ses yeux décidés, mais ses lèvres, traîtresses, se sont teintes d'une jolie teinte bleutée, et grimacent un peu, il entend très perceptiblement la musique de ses dents qui tremblent dans un effort inutile de la réchauffer, il peut voir les poils hérissés sur ses bras, et il sourit, il commence déjà à secouer la tête, il fait trop froid, vraiment trop froid, le vent souffle fort. Il s'est redressé quand elle est arrivée pour lui faire face, en l'observant braver les vagues, et déjà le vent s'est rendu plus cruel, a attaquer son corps avec ferveur, près à faire plier le barrage opposé à lui, le prétentieux.

Le brun va répondre quand elle pousse un cri qui le fait sursauter, un cri à faire flipper tout ceux qui sont aux alentours, putain mais elle va vraiment mal ! C'est ça qu'il murmure vaguement en la regardant avec des grands yeux, elle ne se calme jamais, elle est malade cette fille et- il est coupé dans ses pensées par le corps qui se jette sur lui, qui s'accapare son équilibre, il tombe à terre dans un bruit pathétique, aidé par l'alcool qui le brûle, elle se frotte contre lui, elle sèche ses cheveux, elle ronronne presque en salissant ses beaux habits de saline, il a un peu mal au cul et il rigole autant qu'il geint alors qu'elle se venge tranquillement, qu'il sent l'eau s'infiltrer sournoisement.
Il va devoir dormir humide et plein de sable, il déteste ça, ça lui gerce ses jolies lèvres, et ça le fait tomber malade, ça fait pleurer ses yeux, tant de sel qui pique. Il déteste ça.

« ahhhh putain Darcy ! »
il fait comme un gosse qui finit par être agacé, très bien. Il va jouer le jeu, c'est elle qui demande, c'est elle qui cherche, et d'un geste, l'adolescent l'a renversé, il a roulé sur elle. Il a arrêté ses petits mouvements de rat affamé en attrapant ses poignets dans une de ses mains fine et large, ses doigts menottent ses frêles articulations de fille et il l'observe en se penchant, un peu félin, il l'observe avec un sourire un peu supérieur, et puis il se rapproche vraiment lentement, il bat des cils et il sent son désir.
Wash embrasse la joue rose, près des lèvres violettes, il la garde dans sa main, et d'un coup l'adolescent est debout, et il court du plus vite, du plus vite qu'il peut dans les vagues, il se sent comme un gosse imbécile, il est ridicule, il court très vite et il sent bien que les vagues sont plus fortes, alors il s'arrête aux genoux, après avoir plus ou moins traîné la blonde débattante, sans lui demander son avis, comme un grand frère insupportable, en quelques secondes depuis le bord, il attrape violemment ses épaules et la plonge sous l'eau.

Pendant bien une trentaine de secondes, Wash laisse à peine le temps à Darcy de paniquer et d'avaler un peu d'air qu'il renfonce sa tête, en appuyant sur son crâne.
Quand il arrête enfin conscient d'avoir lancé une guerre qui lui échappe (et d'échapper définitivement à la baise), il la tient par l'épaule, il est grand parce qu'il n'est qu'à mi-jambe et il souffle.

« C'est qui la gamine ? »


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MessageSujet: Re: Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]   Mar 24 Avr - 12:55
Les yeux fermés elle touchait cette douceur, elle touchait la couleur dorée, la voix, le coeur qui avait peur, tout le corps retenu au-dessous du sien.

Elle ne comprend pas ce qui se passe. Tout va très vite et soudain elle est sous l’eau, en train de battre des bras en provoquant des gerbes d’eau salée, la main dominatrice de Wash sur son crâne, elle glousse hystériquement dans les vaguelettes et boit la tasse, respire de l’eau par le nez, s’étrangle, fait des bulles, attrape une bouffée d’air avant de replonger en piaillant.
Elle ne comprend pas, voyons, elle gagnait largement, elle était sensée avoir assené le coup de grâce au délicat, elle est toujours abasourdie et sans défense quand il s’avère qu’il sait réagir. Elle lève les yeux sur lui quand il la délivre enfin, elle halète et crache la flotte en toussant, pour apaiser sa gorge saline. Elle rigole encore, alors elle a l’air complètement folle, secouée de hoquets, de pépiements étouffés, accusant les hauts le cœur de sa respiration saccadée, elle repousse d’une main légère le paquet de cheveux clairs qui lui retombent ridiculement sur la gueule en tignasse filasse.

« T’es m-MALADE », elle finit par expulser, et le regarde avec son t-shirt à col trempé par ses éclaboussures, qui lui colle à la peau et se tend comme sa chair sur ses clavicules monstrueuses, squelettiques, sublimes. Avec ses cheveux fins et collés, on dirait une petite fille malade, on ne voit que ses yeux, ces énormes cavités bleues et blanches comme des piscines, ourlées d’une forêt étrange d’algues noires. On dirait un homme poisson, un peu anémone un peu garçon. Elle échappe un petit roucoulement avant-coureur, de tendresse contenue, amoureuse de sa petite délicatesse frigorifiée, trempée jusqu’aux os, elle est toute stupide et sensible de s’être fait assujettir par le pauvre enfant peureux, du coup elle fait serpenter sa tête jusqu’à lui, la penche sans bouger, le cou tendu, et pose ses lèvres bleues sous sa mâchoire, sur l’angle entre le pouls et l’os.

Elle pense qu’elle a même plus de serviette sèche maintenant mais tant pis, elle se sèchera dans le plaid et Wash mourra de froid sans couverture digne de ce nom, le pauvre amour. Elle le réchauffera avec ses cheveux, c’est comme de la paille, ça fait un nid pour les petits poussins dans son genre. Enfin vu la surface de son corps c’est pas trop possible mais Darcy est très inventive, y’aura une solution. Elle aimerait vraiment bien se faire sauter, revenir près de leurs affaires et s’affaler sur le sable, l’embrasser au sel et le caresser à l’eau, mais il faut le punir pour son affront alors elle pense que non. Peut-être une pipe s’il supplie beaucoup et qu’il prend son air de princesse, les cils papillonnants et les joues roses de fraicheur. Elle adore ça, elle pourrait enfiler des armures et faire des joutes pour ses rubans, quand il est damoiselle en détresse.

Elle plante son pied derrière sa jambe et fauche sa cheville pour qu’il s’écrase dans l’eau, (contre le sable parce qu’ils ne sont même pas dans la partie creuse, fossé, du bord, et qu’ils ont largement pieds). Elle ricane en le voyant chuter, un bref air de surprise peint sur la figure, et elle se laisse tomber à son tour pour se percher sur lui et l’empêcher de s’échapper. Dans l’eau, sans poids, il a l’air encore plus aérien entre ses cuisses.

« AHA ! »

Comme si elle allait lui faire juste un bécot sans réagir – d’ailleurs il devait le savoir. Elle attrape ses cheveux sur le sommet de son crâne, sans tirer, parce qu’il est sensible comme tous les garçons quand il s’agit de leurs jolies perruques, et lui enfonce la tête dans l’eau en arrière en regardant chaque trait se mouvoir, alors qu’il prend son souffle, qu’il ferme les paupières, dans la fraction de seconde qui précède son immersion. Elle lâche les méchettes et appuie férocement ses mains à plat contre ses épaules quand il a reprit son souffle. Le garde. Le laisse ressortir. Le coule. Le pousse. Le laisse ressortir. Rigole toute seule en voyant les bulles. C’est fulgurant et féroce, mais elle le ressent assez lentement, peut-être parce qu’elle prend des précautions pour ne pas lui faire trop mal. Elle ferme les yeux quand il éclabousse mais reste immobile sur lui ; quand il bouge elle fait le rodéo avec brio. Elle finit par retomber sur le côté, sur le dos, les bras en croix, et fait la planche en se marrant, les yeux fermés. L’alcool a reflué vraiment, avec l’eau, et soudain elle est épuisée. Elle ordonne :

« J’ai gagné. »

Puis concède.

« Je suis fatiguée. »

Puis ordonne.

« On va dormir, porte moi là-bas. »

Puis concède.

« Waaash. »

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Come away little lamb, come away to the water -WASH [SAISON 1]

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