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 CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK

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MessageSujet: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Jeu 15 Mar - 10:50


One year ago ...

L'effervescence avait envahi la très grande place du marché, tandis que des flots continus d'habitants du district onze venaient pour supposément faire la fête. De grandes tables, recouvertes pour l'occasion de nappes longues et blanche comme neige - luxe rarissime et vaniteux - s'ornaient de plats généreux, mais faits avec modestie, résultat d'heures de travail performées sur des aliments de seconde qualité qu'on avait réservé, racheté ou discrètement subtilisé pour l'occasion : la très fameuse spring celebration avait lieu aujourd'hui dans le district onze, traditionnellement un peu en retard par rapport aux districts les plus nantis. Au centre de la place, on balayait le sol et disposait des petits repères pour marquer la délimitations d'une piste de danse disproportionnée. Qui donc irait dessus ?

Le moral n'était pas à la fête, comme la plupart du temps, et même si certains semblaient se réjouir de ce jour de congé par rapport à leur vie habituelle, la plupart faisaient grise mine et s'occupaient des préparatifs. À quoi bon cette mascarade ? était la question qui prévalait. Bientôt, leurs enfants seraient envoyés aux Jeux où ils n'auraient pratiquement aucune chance revenir vivant. L'amertume prévalait dans tous les cœurs, alors qu'il semblait aux habitants que les chances de vivre de leurs enfants étaient injustement bridées par la famine et la pauvreté et qu'ils voyaient ces festivités comme la célébration, non pas du printemps qui revient, mais de la Moisson qui allait arriver. Quelle ironie.

Kenneth Dash, pour sa part, n'avait initialement pas prévu de participer au brouhaha des gens faisant mine de s'amuser. Mais il était venu sur le marché, comme il devait y rencontrer quelque habitant du district un - une région très mal vue par les habitants du onze ... Que feraient-ils s'ils se rendaient compte de leur identité ? Les agresseraient-ils ? Cela inquiétait Ken. La raison pour laquelle il avait prévu cette rencontre était simple : comme l'an dernier, et toutes les années auparavant, la pression de l'arrivée des Jeux, de la menace de ne pas vivre vieux pesaient sur les épaules du jeune homme, qui ressentait le besoin de donner une autre dimension à sa vie et d'aller plus loin dans sa promesse faite à Nirvanna sur la viabilité de leur récent couple : il voulait acheter la bague qui servirait à les fiancer maintenant, afin qu'ils puissent 'engager l'un enver l'autre officiellement de suite et espérer se marier après la fin de leur éligibité aux Jeux.

Alors Kenneth était là, posté un peu en retrait de la piste de danse, droit comme un piquet, attendant anxieusement l'arrivée de son invité transportant jusqu'à lui la précieuse promesse de futur. Dans sa poche, il sentait peser comme du plomb la bourse pleine de quelques malheureux crédits qui, ici, dans le secteur agricole, faisaient office de fortune. Son pécule secret récupéré à force de disette répétée pour lui-même et de vente intensive de son lait de chèvre, là où il aurait pu le laisser à la consommation de sa famille. Allait-il mourir, allait-on l'agresser si on se rendait compte qu'il le détenait ? Une chose était sûre : si on le voyait passer l'argent aux joaillier, ce serait eux qu'on regarderait avec envie, comme l'argent brute a infiniment plus de valeur ici que les objets.

Le jeune homme commençait à piétiner d'impatience, balançant d'un pied sur l'autre, scrutant la foule à la recherche d'une personne outrageusement habillée, alors que lui, comme la plupart, avait à peine eu les moyens de sortir une chemise blanche, légèrement trop courte au niveau des manches, pour l'occasion. Il n'avait même pas su l'assortir d'un pantalon décent et portait son habituel jean. Néanmoins, il avait fait l'effort de se laver les cheveux et de se donner une toilette complète avec du savon parfumé. Il avait eu mal au ventre en l'utilisant, vraiment.



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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Ven 16 Mar - 20:32




Moving on a scene surreal.
C'était la première fois que je foulais la terre du district onze. Les jeux m'avaient habitués à y voir des enfants frêles, qui avaient la peau tannés par leur longues heures de labeur dans les champs. Cultiver les plantes, élever le bétail: c'était à peu près tout ce que je savais sur eux. J'étais gonflée de fierté quand je repensais à la chance que j'avais de venir dans ce district. Non que je m'intéresse à la pauvreté, ou aux mystères de la misère, mais je voyais dans cette escapade un moyen de me faire valoir auprès de mes parents. C'était la première fois depuis des mois qu'ils avaient daigné jeté un regard sur moi, autant dire que je prenais cette mission très à cœur. Je filai dans la couchette de notre wagon, jetant un dernier coup d’œil à ma tenue, je devais faire bonne impression. J'avais noué mes cheveux en une natte en épi de blé, pensant que ça plairait aux habitants de voir que je connaissais leur district. Mais je m'étais vite rendue compte que je confondais avec un autre district. Outre ce détail, j'avais glissé dans mes cheveux ors, des perles, tout comme autour de mon coup: je mettais en avant la finesse et le savoir faire de mes parents. Si la grâce, ou encore l'élégance devait porter un nom, cela aurait été le mien. Même dans une de mes robes les plus basiques j'irradiais de beauté.

Un sourire se dessina sur mon visage, alors que je m'apprêtais à rejoindre ce jeune homme: Kenneth. Une bague de fiançailles l'attendait sagement, dans mon sac à main. D'un pas vif et déterminé je me dirigeais vers la grande place, le marché. Sur mon passage les gens me scrutait avec intérêt, je ne leur prêtait pas grand intérêt étant habitué à faire cet effet...

Les habitants se bousculaient, un brouhaha incessant faisait bourdonner mes oreilles. Je tentai de me frayer un chemin parmi eux, voulant rejoindre Kenneth. Les hommes avaient le visage couvert de transpiration, les traits tirés, et les rides creusaient par le temps et la fatigue. Ces personnes étaient inquiétantes, on lisait tant de mots, tant de peine sur leur visage, que je me sentis de trop. Trop net, trop lisse, trop fraiche. Un homme du trentaine d'année m'attrapa par les hanches m'attirant vers lui, d'une étreinte bestiale. Son haleine était tellement chargé, que mon cœur fit un soubresaut. Je lui donna une tape sur la main pour qu'il me lâche, mais en vain. La colère commença à monter en moi, et je me débattis de toutes mes forces. Il me lâcha et m'injuria: "Espère de furie, ça m'rche pas comme ça par ici !".

Je commençai sérieusement à regretter d'être venue, mais je n'étais pas totalement déconfite, bien que cet homme manquait clairement de galanterie, je produisait toujours mon effet.

C'est enfin, que je le vis. Il n'était pas à ce quoi je m'attendais. Il n'avait pas le visage poudré de poussière, ni les marques de fatigue sur son visage. Ses cheveux blonds, sa mâchoire carré, et ses épaules fortes, faisaient de lui un homme ravissant. Un sourire en coin éclaira mon visage alors que je m'approchais de ce jeune homme:

"Enchanté Kenneth, c'est moi qui m'occupe de la commission." Lui annonçais-je un rire cristallin s'élevant dans les airs.

"Ta futur femme a bien de la chance de t'avoir attrapée. Un bel homme comme toi ne devrait pas se marier si jeune, si tu veux mon avis..."

Je pensais réellement mes paroles, et je n'avais pas la moindre once de gène à m'immiscer dans sa vie.



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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Sam 17 Mar - 12:28


Posséder de l'argent était déjà inconfortable en soi pour un jeune homme habitué à gagner et dépenser de quoi survivre au jour le jour, mais attendre avec cet argent en poche, au milieu d'une foule de personnes pauvres était encore plus angoissant. Il y avait quelque chose comme un sentiment de fourberie qui bouillonnait dans le ventre du jeune homme. Il avait l'impression de trahir ses pairs en achetant une bague, un bijou sans utilité avec cet argent si durement économisé, plutôt que d'en faire profiter des enfants creusés par la faim. Etait-il si monstrueux ? La culpabilité rongeait Kenneth et il était tenté de partir maintenant, utilisé cet argent à de meilleurs desseins, quand il la vit.

Une petite poupée, très déplacée dans ce monde de pauvreté. Elle était apprêtée, aux yeux du jeune Dash, comme pour se rendre à un bal. Elle portait une robe d'excellente facture, meilleure qu'il en avait probablement jamais vue en vrai, mais toutefois plus sobre que ce qu'on pouvait voir à la télé sur les capitolines coquettes et frivoles, et était parées de ce qui semblait être à Ken un millier de perles : dans ses cheveux, autour de son cou pâle ... Cette blancheur surréelle, d'ailleurs, aurait achevé de convaincre quiconque d'assez stupide pour en douter qu'elle ne venait pas d'ici. Les gens du onze étaient réputés pour leur peau au minimum halée, au mieux caramel et parfois même brun profond. En tant qu'agriculteurs, ils travaillaient à l'extérieur toute leur vie, même enfants où ils quittaient l'école pour aider à la moisson. Cela laissait forcément des traces indélébiles sur la couleur de leur peau. Et sa manière de marcher ... seigneur, si lentement, parce qu'elle avait le temps, prenant le soin de se donner une démarche gracieuse et légère. On aurait dit qu'elle marchait sur des nuages. Mais quelle utilité est-ce que ça avait ? Cela ne réduisait-il pas son rendement, par ailleurs ? Ou était-elle si riche qu'elle s'en fichait ? En tous les cas, ça ne faisait aucun doute : ce pseudo-ange était là pour lui, afin de délivrer les bagues. C'était la seule explication possible.

À une dizaine de mètres, tandis qu'elle se dirigeait vers lui, un homme d'âge mur agrippa la jeune femme à lui, tentant de la faire danser. Kenneth aurait pu sauter pour aller la sauver, s'il avait pensé que c'était nécessaire. Mais le fait était que ça ne l'était pas : si la fille voulait qu'on lui fiche la paix, elle aurait dû venir habillée sobrement et pas ... comme ça. Forcément, avec son air de poupée poudrée, tout le monde voulait la toucher, maintenant et, jalousement, tout le monde voudrait l'embêter. Pour autant, peu de personnes dans le onze avait réellement un mauvais fond, la misère ayant davantage amené la cohésion des habitants et l'entraide que la violence. Au pire était-elle en train de se faire charrier par un homme répugné de voir cet étalage de richesse ouvertement offerts des yeux de centaines de crève-la-faim, mais il la laisserait facilement partir.

Comme Kenneth l'avait pressenti, l'homme - tout de même sûrement habitué à manier la bèche dans la terre dure ou autre travail épuisant - la laissa partir après une simple tape - toujours très gracieuse - de la jeune femme. Le jeune Dash en rigola à gorge déployé et regarda la créature venue d'un autre monde avancer vers lui.

    CYRÈNE – « Enchanté Kenneth, c'est moi qui m'occupe de la commission. »

Tandis qu'elle disait cela, dans un rire proche du céleste, Kenneth ne put s'empêcher de laisser sa bouche très légèrement s'ouvrir sous l'effet du choc. Même son rire semblait tout droit venu d'un autre monde. Se rendait-elle compte à quel point elle était déplacée ici ? Oui, sûrement ... Mais avait-elle aussi conscience de combien sa vue pouvait être douloureuse pour ceux qui n'avait même pas de quoi s'offrir un ruban à mettre dans les cheveux ou, parfois, du savon ? Kenneth avait mal aux tripes en la regardant et sa culpabilité l'écrasait. La bague que cette jeune femme lui apportait était d'une même ordre d'idée - une frivolité complète, une insulte à la vie dure des champs. Comment avait-il osé entreprendre cet achat ? était-il trop tard pour la renvoyer chez elle sans faire l'achat ? Est-ce que le coût du train l'handicaperait dans sa vie future, si elle n'était pas payée pour la bague ? Kenneth avait l'impression que non, mais cela le gênait tout de même.

Il cherchait une manière polie de renvoyer la jeune fille quand il se rendit compte qu'il ne savait pas comment l'appeler.

    KENNETH – « Bizarrement, j'aurais imaginé la propriétaire de votre bijouterie si réputée plus âgée. Je suis heureux de vous rencontrer également, mademoiselle ... »

Il laissa sa phrase mourir doucement sur ses lèvres, attendant que la sirène venue d'ailleurs la finisse pour lui. Fugacement, Kenneth se demanda si elle avait en fait quarante ans, mais que la chirurgie l'avait faite rester belle et désirable. Était-ce possible ? Ça y ressemblait quand on voyait les capitolins ...

    CYRÈNE – « Ta futur femme a bien de la chance de t'avoir attrapé. Un bel homme comme toi ne devrait pas se marier si jeune, si tu veux mon avis ...»
    KENNETH – « Ah ? Me conseillerais-tu de décliner mon achat, dans ce cas ? Mais si ce n'est pas me marier, que je devrais faire, alors ? »

Répondit-il du tac au tac. La demoiselle lui présentait une occasion unique de se dérober. Il pourrait toujours faire sa demande simplement, sans bague pour appuyer ses propos. Tout ce qu'il avait à faire était d'envoyer la jeune fille remonter dans son train, direction le monde des rêves, où on ne manque de rien. Si seulement il pouvait la convaincre de partir, que sa place n'était pas ici. Son regard se perdit sur la piste de danse, où les gens sautaient dans tous les sens, tournoyaient, parfois se cognaient en rigolant, expulsant à travers cette activité saine la frustration accumulée, se déchaînant. Kenneth imagina avec un sourire la jeune femme prendre part à cet exercice. Son sourire s'élargit et il tourna la tête, peut-être un peu trop brusquement vers la jeune femme en lui tendant la main.

    KENNETH – « Peut-être devrais-je inviter une magnifique jeune femme pour une danse, afin de voir si mon choix est le bon. Qu'en dites-vous ? »



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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Sam 17 Mar - 17:59




Moving on a scene surreal.
"Bizarrement, j'aurais imaginé la propriétaire de votre bijouterie si réputée plus âgée. Je suis heureux de vous rencontrer également, mademoiselle... "

"Cyrène." Lui répondis je un sourire naissant sur mon visage.




"Ah ? Me conseillerais-tu de décliner mon achat, dans ce cas ? Mais si ce n'est pas me marier, que je devrais faire, quoi alors ?"
Me demanda-t-il.

Je ne pouvais me permettre de perdre ce client, même si ça tête d'ange me donnait envie de tout laisser tomber. Ses yeux bleus étincelait de malice, mais aussi d'interrogation. Dans mon esprit fourmillais des centaines de réponses. J'aurais voulu lui dire de profiter de sa jeunesse pour rencontrer des femmes, s'enchainer à quelqu'un si jeune était bien triste. Mais je ne pouvais pas lui exposer ma pensée, car bien que cette commission représente peu dans le budget de mes parents, je me faisais un point d'honneur de l'emmener au bout.

Étrangement, je pris conscience que son cas n'était pas isolé, dans les autres districts la pratique était courante. En y réfléchissant bien, sans bal, sans les mondanités incessantes ils ne pouvaient pas vraiment faire de rencontre. Je songeai à l'apparence de sa promise, une femme au teint halé qui travaillait dans les champs. Une belle plante, sans jeu de mots. Sa futur femme ne pouvait être une vulgaire demoiselle, Kenneth avait plus de galanterie que les autres hommes du district. Du moins que ceux que j'avais observé...
Mes pensées s'estompèrent rapidement lorsque le son de sa voix claironna:

"Peut-être devrais-je inviter une magnifique jeune femme pour une danse, afin de voir si mon choix est le bon. Qu'en dites-vous ?"

Sa main restait dressé devant moi, en guise d'invitation. Kenneth avait de très bonne manière, et son compliment me fit presque monter le rose au joue, si je n'avais pas tant l'habitude d'entendre les hommes me faire des compliments. Kenneth avait une certaine sorte de candeur, de douceur, sa voix était de miel, et je n'y décelai aucun intérêt caché... Peut être que la pauvreté faisait des hommes agissant sans arrière pensée. Je ne me fis pas prier plus longtemps et déposais ma main dans la sienne.

"Avec plaisir, mais si j'étais toi je ferai attention. Une danse avec moi peut changer beaucoup de chose."

Je lui décocha un sourire éblouissant, et joua d'un regard malicieux. Je le laissa me guider à travers les citoyens du district onze, pour aller vers un coin plus calme et spacieux. Je repensais à mes dernières paroles en voyant tous ces visages émaciés, qui m’étaient inconnu. En effet, j'aurais pu changer beaucoup de chose, avec une femme du district un, Kenneth n'aurai plus à travailler, il n'aurait plus à souffrir. Son visage splendide serait différent, sa beauté serait sans une once d'inquiétude, le visage lisse de toute ride de stress, dans une sorte de liberté. Je me repris en main, quand je me rendis compte que je divaguai complétement. Le district onze avait un effet néfaste sur moi, j'avais de la peine pour ses gens, alors qu'il fallait que je pense à moi. Car après tout si je ne le faisais pas, je savais pertinemment que personne d'autre ne le ferait...

Kenneth s’arrêta au bout d'un moment, et me fit tournoyer doucement. J'avais fait tant de bal, tant de soirée rempli de champagne, de roses, et de douceurs, que j'étais devenue une danseuse plutôt confirmé. Une fois de plus, la malice m'habita, je me mordis la lèvre comme si j'allais faire quelque chose de mal.

"Je dois t'avouer que je ne saurais danser comme vous... Je suis un peu trop habitué aux valses, et slows. Je te laisse me guider." Lui confessais je, en lui parlant à son oreille, me rapprochant un peu plus de lui pour qu'il m'entende à travers tout ce chahut.
J'en profita pour me blottir contre son corps, sentant la chaleur de son torse contre ma fine robe. Le bel homme pourrait se mordre les doigts de m'avoir invité à danser, il ne savait pas encore qu'il jouait avec le feu...





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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Dim 18 Mar - 11:49


    CYRÈNE – « Avec plaisir, mais si j'étais toi je ferais attention. Une danse avec moi peut changer beaucoup de chose. »

Lui répondit la jeune femme en lui adressant un sourire à tomber par terre. Le genre de sourire qui remontait des tripes, qu’on pouvait offrir sans mal à un inconnu quand son cœur était en paix. C’était exactement ce genre de bonheur que Kenneth désirait offrir à Nirvana. Tandis qu’il réalisait cela, il arriva à son esprit que peut-être le luxe rendait le cœur plus calme, donnant l’illusion d’une vie facile, d’un privilège. Et si l’on se faisait offrir du luxe, certainement qu’on devait se sentir important. Avec ce simple sourire, au moment où la main pâle et délicate de la jeune fille se déposa dans sa main, il su qu’il allait tout de même acheter la bague. Pas parce que c’était tape-à-l’œil, mais parce que cela rendrait sincèrement Nirvana heureuse, à n’en point douter, et que l’idée de la combler méritait ces dures économies qu’il mettait dans ce cadeau.

Un cadeau pour dire combien l’autre compte. Oui, ça en valait définitivement la peine.

Kenneth répondit à cette taquinerie par un rire sincère, bruyant. Il n’avait aucun doute que dans le monde d’où venait Cyrène, ce qu’elle disait était d’une rare véracité. Cependant, ici, une danse faisait rarement d’une femme un objet de désir, une convoitise. Aucun homme du coin ne penserait à prendre femme pour ses qualités de danseuse. Cela était, malheureusement, inutile dans le onze.

Le cœur néanmoins plus léger, Kenneth emmena Cyrène dans un endroit plus calme de la piste de danse, où elle ne risquerait pas de se faire bousculer trop souvent. Il était évident pour Kenneth que ce genre de danse ne serait pas familier pour la jeune femme, néanmoins celle-ci le lui confirma dans une moue adorable. C’était impressionnant comme Cyrène parvenait à déconcerter le jeune Dash : cette candeur, cette ignorance de la vie apportée à elle par un voile de richesse … Avait-elle conscience que cela lui donnait un air presque enfantin ? Sa richesse lui donnait du pouvoir, mais son ignorance des choses du monde lui conférait autre chose, de plus subtile. Une vulnérabilité qui faisait que Kenneth n’était pas vraiment capable de la regarder comme une femme à part entière, mais plutôt comme une petite poupée en porcelaine, dont il n’avait jamais qu’entendu parler. Un petit coup au mauvais endroit et elle se briserait dans ses mains.

Les deux jeunes gens s’immobilisèrent sur la piste de danse. Kenneth ne savait pas trop comment faire, comment s’y prendre avec cette jeune femme. Il la regardait, réfléchissant à la suite des opérations, quand elle vint se coller à lui. Le côté timide de Kenneth repris instantanément le dessus. Bien qu’elle fût plus jeune que lui, il en était persuadé, il sentit la poitrine de la jeune femme se presser contre son torse. Cette proximité était troublante, gênante. Bien qu’il n’avait pas d’attirance réelle envers Cyrène, Kenneth ne pouvait nier sa beauté objective, et ce rapprochement lui donnait la sensation de faire des infidélités à Nirvana. Pourquoi ne repoussa-t-il pas la jeune fille ? Tout simplement parce qu’il avait la sensation, coupable, d’avoir demandé cela en l’invitant à danser. Pourtant, ce n’est pas du tout ce qu’il avait eu à l’esprit initialement.

Ni cette étreinte, où il sentait les doux bras de la demoiselle refermés dans son dos, sur ses reins, ni le souffle chaud qu’expira la jeune demoiselle en murmurant à son oreille. Le faisait-elle exprès ?

    CYRÈNE – « Je dois t'avouer que je ne saurais danser comme vous ... Je suis un peu trop habitué aux valses, et slows. Je te laisse me guider. »

Un autre rira, léger et nerveux échappa à Kenneth. Elle était adorable, absolument mignonne. Mais également étrangement tactile et un rien séductrice. Etait-ce seulement possible à un si jeune âge ? Elle devait avoir seize ans. Etait-ce une des conséquences de al vie de nanti ?

Kenneth essaya de répondre le plus loin possible de l’oreille de la demoiselle, mais étant donné leur proximité étrange, cela était difficile. Il enserra donc en retour la petite blonde dans ses bras, nouant ses mains dans le dos de la demoiselle et se trouva plus à l’aise. Comme s’il étreignait Minnie, sa sœur jumelle, peut-être. Vu d’en haut, elle avait la même couleur de cheveux que Minnie, voulait les mêmes choses qu’elle. Ce ne fut pas difficile pour Kenneth de substituer Minnie à Cyrène dans son esprit et se sentir enfin moins acculé, moins menacé d’une certaine manière.

    KENNETH – « Ne le prenez pas mal, Cyrène, mais je ne pourrais pas vous guidez, même si je le voulais. Cette danse n’a pas de pas, sauf ceux que votre humeur désire. C’est à vous de décider. Relâchez ce qui vit en vous et bougez, simplement. »

En disant cela, le jeune homme se laisse pénétrer par la musique champêtre, rythmée. Etait-il simplement possible de lui résister. Mais ce fut comme si une quelconque divinité cruelle était contre lui, car dès qu’il eut finit sa phrase, la chanson s’arrêta et le rythme soutenu fit place à des notes douces, légères, amoureuses. Sur la piste de danse, les couples s’enserraient, les pères prenaient dans leurs bras leurs filles, qu’ils faisaient monter sur leurs chaussures, les frères et sœurs s’empoignaient plus qu’ils ne s’enlaçaient. Du coin de l’œil, Kenneth vit le chef de leur petit orchestre rudimentaire, composés de musiciens du dimanche armés d’instruments sur leur fin de vie, lui adresser un clin d’œil.

C’était sa faute ! Cyrène par sa posture ambigüe avait influencé l’orchestre. Qu’est-ce que les gens allaient dire ? Allaient-ils penser qu’il faisait des infidélités à Nirvana ? Non, le meilleur moyen pour qu’ils pensent cela serait d’être gêné. La meilleure défense serait donc l’attaque. Il sourit à Cyrène. Perfide petite poupée de porcelaine, adorable sirène.

    KENNETH – « Voyez cela comme un cadeau du district onze. Je vous offre un slow basique. Ensuite, nous ferons quelque chose de plus typiquement local et enfin nous ferons affaire. Avons-nous un accord ? »

En disant cela, il resserra son emprise, attendant confusément qu’elle se mette en mouvement. Pour lui, danser un slow, c’était bêtement serrer quelqu’un dans ses bras et bouger de ci, de là, avec des petits pas, en soupirant d’amour toutes les cinq secondes. Et si pour Cyrène, c’était autre chose ? Elle devrait conduire …


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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Lun 19 Mar - 19:05




Moving on a scene surreal.


" Ne le prenez pas mal, Cyrène, mais je ne pourrais pas vous guidez, même si je le voulais. Cette danse n’a pas de pas, sauf ceux que votre humeur désire. C’est à vous de décider. Relâchez ce qui vit en vous et bougez, simplement. "


Kenneth accompagna ses paroles en refermant les bras autour de mon corps. Se laisser guider par la danse, et par la musique état un exercice particulièrement difficile, cela relever plus de la haute voltige que du ressenti. Pour les habitants du district un se laisser aller dans le vide et dans l'inconnu était une tâche ardue. J'avais du mal à ressentir les vibrations dans mon corps, je me concentrait sur le bel homme qui avait clos ses yeux. Je savais me laisser aller, mais lorsque j'étais complétement sobre c'était une toute autre histoire. Tous les hommes, femmes et enfants savaient quoi faire, comment ressentir l'instant présent, je me sentais étrangement de trop dans ce tableau qui n'était pas le mien.

A peine eu je le temps de me laisser entrainer par les notes que la dernière sonna. Le morceau s'achevait, je m'attendais à un départ en force quand une mélodie plus familière envahit la place. Des notes douces, délicate et un brin mélancolique s'allongeaient; tandis que les couples se formaient. Je relevai mes yeux lentement vers Kenneth, plongeant mon regard dans l'océan bleu de ses yeux. Il me répondit en m'offrant un magnifique sourire, un de ceux qui suintait la sincérité.

" Voyez cela comme un cadeau du district onze. Je vous offre un slow basique. Ensuite, nous ferons quelque chose de plus typiquement local et enfin nous ferons affaire. Avons-nous un accord ? "


Il plaqua ses mains au creux de mes reins, tandis que je posais mes mains sur ses fortes épaules. J'avais une chance incroyable, on m'offrait une danse que je maitrisais sur un plateau d'argent. J'aurais pu mettre ma main à couper, l'orchestre avait du sentir cette tension entre nous, rien de bien sauvage, mais un tantinet séducteur. Peut-être que Kenneth ne s'en rendait pas compte, mais je prendrais les rennes pour deux. Je voulais lui offrir un de ses derniers moments en homme libre, détaché de sa promise. Un instant léger, agréable qui lui mettrait du baume au cœur dans les années à venir.

J'aurais aimé poussé le moment plus loin, envisageait un rapprochement beaucoup plus physique, mais Kenneth m'avait remis les idées en place. Nous devions faire affaire; mes parents avaient eu foi en moi...

"Décidément vous êtes charmant dans votre district. Je suis d'accord pour la suite du programme, tant que je partage cette danse avec vous..." Je laissai mourir la phrase en suspens, mon souffle chaud lui chatouillant la joue alors que je lui déposais un petit baiser sur la joue.

Kenneth n'était pas en terrain connu dans ce style de danse, il nous faisait aller d'un pied sur à l'autre. Je décida de prendre les choses en main, comme il l'avait fait quelques instants plus tôt en m'expliquant leur danse.

"Contentez vous de suivre mes pas, je recule vous avancez, et inversement. Nous ne sommes plus qu'une seule personne, une âme au service de la danse."

Je lui jeta un clin d’œil, alors que je m'avançais vers lui, enserrant nos corps comme s'il n'était plus qu'une partie d'un tout. L'espace manquait, mais nous nous mouvions avec plus ou moins d'aisance dans l'espace impartis. Kenneth était plutôt un bon danseur, la finesse faisait de lui un excellent cavalier, au moins il n'écrasait pas mes pieds. Je lui attrapa sa main pour qu'il me fasse tournoyer dans les airs, après deux pirouettes, je fis un cambré dans ses bras, quand je me rendis compte que les autres personnes présentes nous regardaient avec insistance. Le regard des autres ne me gênaient absolument pas en temps normal, j'en étais même friande, mais ici je me sentais comme mise à nu e une étrangère. Je me glissa entre ses bras, cherchant un endroit où me cacher, je n'avais pas du tout envie d'être la bête curieuse que l'on observait avec insistance. Telle une enfant, je murmura:

"Je suis sincèrement désolée, je ne pensais pas... je ne voulais pas vous mettre dans l’embarra." Le silence se fit alors que j'achevai ma phrase, et que la musique s'échappait dans l'air pour mourir.




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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Jeu 29 Mar - 13:25


    CYRÈNE – « Décidément vous êtes charmant dans votre district. Je suis d'accord pour la suite du programme, tant que je partage cette danse avec vous... »

Kenneth sourit paisiblement à ces mots. Ils feraient bientôt affaire. Voilà qui était excellent. Cette perspective arrivait presque à lui faire oublier le souffle de la jeune fille qui venait chatouiller sa jouer. Sûrement un geste innocent dont il ne devait pas se préoccuper outre mesure. Aucune raison de s’affoler. Exactement.

Dans cette danse molle, où Kenneth les faisait bouger tous les deux d’un pied à l’autre avec une grâce tout à fait subjective et une aisance inexistante, le jeune homme se sentait maladroit et gauche. Néanmoins, à un moment de ses gestes empreints d’ignorance, il sentit la situation se renverser. Ce n’était rien de très fort, simplement la main, précédemment posée avec délicatesse de Cyrène sur son épaule s’était faire plu présente. Il y avait dans cette main quelque chose d’autoritaire, pensa Dash. Conduire, maîtriser les gens autour d’elle devait être quelque chose de familier à la petite joaillière. Le rôle du connaisseur dans le danse était renversé et la jeune femme en avait pris conscience, prête à assumer son nouveau rôle de leader, comme le confirmèrent ses prochaines paroles :

    CYRÈNE – « Contentez vous de suivre mes pas, je recule vous avancez, et inversement. Nous ne sommes plus qu'une seule personne, une âme au service de la danse. »

Kenneth sourit d’abord, transporté par la beauté de telles paroles. Mais cela ne dura pas longtemps. Ces mots, suintant l’assurance, s’accompagnèrent d’un clin d’œil coquin. Ce clin d’œil réveilla le malaise du jeune homme. Elle le faisait exprès ! Il fronça les sourcils, agacé, quand il réalisa à quel point la pression du corps juvénile de la demoiselle contre son propre corps augmentait d’instant en instant. On aurait dit qu’elle cherchait à se fondre en lui, se faisant aspirer par le corps masculin. Tout le monde les regardait, les musiciens avaient mis en route ce stupide slow, pensaient-ils, pour faire plaisir à un jeune couple et la demoiselle en rajoutait ! Ne savait-elle pas qu’il allait prochainement se fiancer ? Si, bien sûr que si elle le savait, puisqu’elle était chargée de lui vendre la bague qui lui servirait à faire la demande de ses rêves à Nirvana. Mais, apparemment, elle s’en fichait. Sûrement pensait-elle qu’il était stupide de vouloir se marier ou peut-être voulait-elle prouver qu’elle pouvait séduire n’importe quel homme, même un ayant pris la décision de se marier. Donc elle lui mettait des bâtons dans les roues, les exposant comme un couple tactile et taquin aux yeux de tout à chacun. Il soupira ostensiblement avec agacement.

Tous épiaient leurs pas, rendus légers par la dirigeance de la blonde, sur la piste de danse. Et cela ne fit qu’augmenter quand la demoiselle leur fit faire une pirouette stylisée, que Kenneth aurait bien été incapable d’initier ou de diriger, d’ailleurs. Avec quelle discrétion, subtilité et grâce s’arrangea-t-elle pour donner l’illusion que le mouvement venait – comme cela aurait dû être le cas – de Kenneth plutôt que d’elle ? Le jeune homme n’en avait aucune idée et, tout autant que cela l’agaçait profondément, il ne pouvait s’empêcher d’être admiratif des compétences de la demoiselle pour évoluer dans un monde de paraître. En tournoyant, quelques cheveux blonds comme les blés s’échappèrent de sa coiffure stylisée et vinrent virevolter autour de son visage, transporté par la danse pour laquelle son âme semblait s’être abandonnée, comme elle l’avait si bien dit. Sa robe, du reste, tournoyait autour d’elle et donnait l’impression de l’entourer de gros pétales. Elle ressemblait à une fleur. Pas de celles qu’on cueille dans les champs sur le chemin pour rencontrer sa bien-aimée. Mais davantage de ces fleurs dispendieuses qu’on achète dans un endroit spécialisé et qu’on exhibe ensuite fièrement sur un comptoir à l’entrée de sa maison – Kenneth avait entendu dire que certains habitants de districts riches faisaient cela.

Après deux tours de cette magie fugace, qui éloignèrent Cyrène irrémédiablement de Kenneth pour toujours, celle-ci appartenant désormais dans son esprit à un monde définitivement inaccessible, la jeune femme se laissa doucement tomber en arrière et Kenneth, transporté par les gestes de la demoiselle, vint mettre son bras en travers de son dos, la main posée délicatement à plat dans le creux de ses reins, pour la réceptionner. Elle resta deux secondes infinies en position cambrée. Ce fut assez longtemps pour que Kenneth puisse voir tous les paysans les dévisager, mi-figues, mi-raisains, partagés entre l’admiration et la jalousie, se taisant en les observant. La colère latente d’un peuple oppressé atteignait ici son apogée. Les prochaines secondes seraient cruciales pour savoir s’ils botteraient les fesses à l’étrangère prétentieuse et enviable qu’était Cyrène, ou s’ils la laisseraient partir en ne faisant que grommeler.

Enfin, la blonde se redressa. En un instant, elle embrassa la scène du regard et vint se blottir contre lui. Plus que jamais, Kenneth avait conscience de la jeunesse de Cyrène, de sa fragilité. Il referma les bras autour d’elle et l’entendit murmurer près de lui, sans ce souffle provoquant qu’elle utilisait d’ordinaire en lui parlant de près :

    CYRÈNE – « Je suis sincèrement désolée, je ne pensais pas... je ne voulais pas vous mettre dans l’embarras. »
    KENNETH – « Ce n’est pas grave. Souris, simplement. »

Lui chuchota-t-il en retour, avant d’attraper la main de Cyrène, tandis que les dernières notes de la musiques s’évaporaient dans l’air, comme les dernières gouttes d’eau dans le désert, qui jusque là avaient su garder la foule calme. Il fit tourner une nouvelle fois Cyrène devant lui, sans aucune musique et, quand elle eut finit sa pirouette, certes moins gracieuse que les précédentes, et fut revenue à côté de lui, il exerça une pression légèrement plus forte sur la main de la demoiselle, pour l’enjoindre à le suivre. Il s’abaissa, pliant son corps en deux, saluant la foule en portant un sourire épanoui sur les lèvres. Il se permit même quelques gestes zélés de la main à leur auditoire.

Dans la masse des gens attroupés qui les regardaient, certains se mirent à applaudir timidement et Kenneth en profita pour lâcher la main de la jeune fille, faire un pas en arrière et l’applaudir lui aussi. Mettre en avant ce qu’elle avait de beau et de festif était une plus sage idée que de l’exposer à l’envie dévorante d’un public en colère.

    KENNETH – « J’offre une bière à celui qui nous battra ! »

Annonça avec une voix forte et assurée, dans un rire convivial, Kenneth en reprenant la main de la jeune femme et en les attirant en dehors de la piste, tout en continuant à servir de grands sourires à la foule qui applaudissait. Au fur et à mesure qu’ils s’écartèrent, les applaudissements se tarirent, les gens recommencèrent à parler, à rire. Certains parlaient encore d’eux, mais la colère générale avait été apaisée. Ils retournaient à leur fête et la musique, d’abord timide, puis de nouveau enjouée et rythmée comme les habitants du onze l’aimait, repris.

Kenneth continua à marcher deux minutes, les écartant davantage et se dirigeant vers une des tables qui proposaient un buffet qui, pour l’endroit semblait opulent, mais qui devait sembler dérisoire à Cyrène. Il s’arrêta devant les boissons et lâcha enfin la main de la jeune fille. L’avoir tenue si longtemps avait rendu la paume du jeune Dash moite. Il l’essuya sur son pantalon, sans aucune gêne et sans tenter de s’en cacher, avant d’attraper deux pintes vides qu’il disposa devant lui. Il jeta un sourire franc à la bijoutière. Il ressentait l’amusement d’un petit garçon près à voir un spectacle. Son bras se tendit vers le bout de la table et il dut se mettre sur la pointe des pieds pour attraper une énorme cruche de bière d’orge locale. Le réservoir était si lourd qu’il dût le porter à deux mains afin de remplir, à ras bord, les deux pintes. Il remis ensuite le pichet en place et attrapa les deux énormes gobelets de bois par leur anse et en tendit un à Cyrène, son sourire étant si grand qu’il lui en faisait presque mal.

    KENNETH – « Comme prévu, voici maintenant venu mon tour de t’initier à quelque chose de local. Cul-sec ! »

Dit-il fièrement avant de soulever sa pinte, signifiant implicitement « à ta santé ! » et de se mettre à boire goulument le breuvage rafraîchissant. Le but était de tout boire – facilement un demi-litre, voire davantage – d’une seule traite, sans s’arrêter.

Le jeune home prenait de longues et profondes gorgées, sentant le liquide passer presque malgré lui dans sa gorge dès qu’il avait réussi à déglutir une première fois. Cela donnait vaguement l’impression, sans toutefois l’avoir vécu et n’étant donc pas vraiment habilité à comparer, d’une noyade douce. Il buvait si vite que chaque gorgée faisait doucement monter la sensation d’ivresse en lui, plongeant ses sens dans du coton, où, engourdis, ils semblaient lui répondre plus lentement, paresseusement. La bière était un luxe auquel le jeune homme n’était pas habitué et il tenait plutôt mal l’alcool. Mais ça collait à l’image de paysan du coin, alors il avait trouvé cela drôle.

Finissant sa pinte, il la déposa en claquant sur la table nappée, inspirant une profonde goulée d’air et réalisant vaguement qu’une partie du breuvage avait coulé des deux côtés de sa bouche, dans son cou, sous son vêtement. Il regardait Cyrène. Avait-elle tenu leur pari ?


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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Lun 9 Avr - 15:22




Moving on a scene surreal.

Sujette des regards haineux des passants, je commençai sérieusement à me demander comment j’allais me tirer de cette impasse… Kenneth pris les choses en main, et me recommanda de sourire. Je m’appliquai donc, voyant que le jeune homme ne m’en voulait pas de ma bévue. Je lui renvoyai un sourire chaleureux, et fit une révérence gracieuse. Les villageois applaudissaient doucement, certains enfants frappaient dans leur main timidement, comme s’ils avaient peur des représailles. Kenneth se recula et m’acclama à son tour, le sang me monta aux joues alors que je constatai que les personnes autour de moi semblaient avoir changé d’humeur. Je ne pouvais pas le nier, je faisais toujours mon petit effet, même hors de mon district. A croire que ma confiance, ou mon aura se dégageait avec lumière de ma personne.

« J’offre une bière à celui qui nous battra ! »

Je tournai derechef mon regard vers celui de Kenneth, et fut toucher de la tournure que prenais cette danse. Le jeune homme ne devait guère être aisé, et s’il proposait d’offrir quelque chose, cela voulait bien dire qu’il avait foi en mes talents de danseuse. Je ne pus m’empêcher de me sentir flatter, rare était les personnes qui avait un semblant de confiance en moi. Kenneth me pris par la main, m’éloignant du petit attroupement de personne que nous avions causé. Après quelques minutes de marche, nous nous trouvions isolé un peu plus au calme, à l’abri des coups de bras ou de pieds de mauvais danseur. Il me lâcha la main, m’invitant par la sorte à m’assoir sur les banquettes, devant un assortiment de mets, un buffet de leur district. La comparaison était houleuse dans mon esprit, leur table ressemblait plus à un assortiment pour un pique nique qu’à un véritable buffet. Dans le district un, les tables étaient toujours décorés avec soin, les fleurs et le lierre dégoulinant de beauté sur des supports en verre. Rien n’était pareil, il n’y avait pas de crevette et autre calamar, ils n’avaient que les récoltes de leur district. Je pensais avec un pincement au cœur ce que c’était de n’avoir jamais gouté à ses mets. Mais Kenneth me rattrapa d’envol, en plaçant une pinte de bière en face de moi. Il me sourit avec malice en m’annonçant fièrement :

« Comme prévu, voici maintenant venu mon tour de t’initier à quelque chose de local. Cul-sec ! »


Kenneth lia derechef son geste à sa parole. Je restai hébété quelques instants en le regardant faire, mais me repris vite en main lorsque je me rendis compte que je pourrais perdre le défi. Or tout le monde le savait très bien, pour moi perdre était un concept que j’avais du mal à envisager. Je pris donc la pinte de mes deux mains et la leva à mes lèvres. Le liquide se déversait dans mes gorges, et les premières notes colorés de ce breuvage me donnèrent envie de tout recracher. Non que le produit soit mauvais ou imbuvable, il avait plutôt de la présence, du coffre, ça n’était pas un alcool fait avec raffinement, on sentait clairement l’orge, céréale qu’ils cultivaient abondamment dans ce district. Je fermai les yeux, et continua de boire le breuvage, d’abord doucement ayant peur de m’étouffer, mais plus le liquide passait dans ma gorge, plus je sentais celle-ci parcheminé s’enflammait. Je finis les dernières gouttes, et déposa fièrement la chope en face à moi. Kenneth avait visiblement terminé la sienne depuis quelques minutes déjà, il avait dû aller assez rapidement, constatais je en voyant sa chemise mouillée par la boisson. Je ne pus m’empêcher de sourire en voyant que le tissu collait à sa peau, dévoilant un torse musclé. Kenneth était un bel homme…

« J’ai tout bu ! »

J’accompagnais mes paroles en lui montrant le fond de la pinte vide. Mes yeux papillonnèrent sur le buffet, je cherchais désespéramment un moyen d’apaiser ce feu qui me consumait intérieurement. Il y avait sur la table une grappe de raisin, je me levai pour l’attraper, et mis plusieurs grains dans ma bouche, espérant que le liquide frais apaiserait la chaleur.

« Vous ne faites pas les choses à moitié par ici ! » Concédais-je, en riant.

Je cherchai dans mon sac, le petit coffret, pour lui montrer l’envergure de la bague. Effectivement, si Kenneth allait se marier, il voulait faire les choses bien. La bague n’était pas la plus belle de la joaillerie, mais elle était tout de même très belle, simple, et unique. Je déposais le petit coffret en velours qui la renfermée, sur la table, et m’approchais de lui pour qu’il m’entende

« Je crois que c’est l’heure de te la dévoiler… A moins que tu décides de ne plus te marier. » Déclarais je, les yeux autant rieur que charmeur.





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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Sam 21 Avr - 1:40


La demoiselle avait bel et bien tenu sa part du marché, ce qui amena un franc sourire sur les lèvres de Kenneth. Bon, elle était un peu comique dans sa manière de faire – tenir sa pinte à deux mains, boire lentement au lieu de faire ça sur un rythme qui tenait presque du concours de rapidité … toute cette délicatesse dans ce geste festif – mais elle réussit tout de même à aller au bout de sa pinte, les yeux fermés sur la tâche à accomplir. Quand elle eut fini, un regard déviant de Cyrène sur sa poitrine fit baisser les yeux de Kenneth sur sa chemise. Il constata alors, avec un certain embarras, les tâches de bières qui la couvraient légèrement. Il releva le regard presque instantanément, le début d’un rosissement montant à ses joues, pour vérifier qu’il n’était pas le seul à s’être Sali de la sorte durant cette épreuve. Mais, à sa déconfiture : si, il avait été le seul à boire comme un paysan. La jeune Diamond, de son côté, avait fait ça comme elle avait pratiquement tout fait depuis son arrivée ici : avec classe et élégance, sans renverser une seule goutte à côté. Les oreilles de Kenneth chauffèrent de honte.

    CYRÈNE – « J’ai tout bu ! »

Elle joignit tout de suite le geste à la parole, lui tendant sa pinte pour que Kenneth puisse en contempler le fond humide, mais vide. Ce geste lui rappela fortement les mimiques enfantines de ses petites sœurs qui lui montraient tout ce qu’elles faisaient, comme si les mots n’étaient pas assez réels pour rendre compte de leurs exploits variés et divers et qu’elles avaient besoin de preuves tangibles pour que Kenneth croie à leurs histoires. Cet élan de candeur eut donc un effet apaisant sur le jeune homme qui, soudainement, n’eut plus honte de ses taches de bière sur sa chemise, de ses fiançailles précoces ou de la danse qui venait d’avoir lieu. Après tout, Cyrène était une très jeune fille, presque de l’âge d’Aud et non une femme apte à rentrer en compétition avec Hermione. Aucun villageois qui les avait vus ensemble ne penserait le contraire. Il en était sûr. Il regarda, avec un sourire niais la jeune fille faire entrer quelques raisins frais dans sa bouche avant de s’exprimer.

    KENNETH – « C’est super ça. » dit-il dans un sourire, presque tendre. « Je suppose qu’on peut faire affaire maintenant, donc. »
    CYRÈNE – « Vous ne faites pas les choses à moitié par ici ! »

Dit-elle gentiment avant de sortir la bague de son sac. A cette vue, le souffle de Kenneth se stoppa net dans sa gorge. Pour l’instant, il ne voyait que l’écrin en velours noir, mais cela suffisait à emballer le cœur du jeune homme. Avait-il déjà vu quelque chose d’aussi somptueux, luxueux … inutile ? Il avait suffit d’une petite heure avec Cyrène pour penser différemment et ne plus être convaincu de la vanité de cet achat. Après tout, si le sacrifice mis dans l’acquisition de cet objet pouvait donner quelque bonheur à la femme qu’il s’apprêtait à demander en mariage, quel mal y avait-il à cela. Tous les objets n’avaient pas une fonction pratique, tangible dans le monde matériel. Certains objets, au contraire – et bien que matériels par essence – touchaient au bonheur et le façonnaient par leur présence, le don qu’on faisait d’eux aux êtres qui nous sont chers. Et c’est cette promesse, ce cadeau immuable que Kenneth brûlait d’offrir à Hermione : le bonheur d’un avenir à deux.

    CYRÈNE – « Je crois que c’est l’heure de te la dévoiler… A moins que tu décides de ne plus te marier. »
    KENNETH – « Non, non. Montres-la moi s’il te plait. Tu auras beau faire, je ne céderai pas à tes charmes de sirène »


Répondit-il dans un rire excité, accompagnant ses paroles d’un clin d’œil bien trop exagéré. L’émotion, l’impatience, l’envie déferlaient dans le corps de Kenneth par vagues dévastatrices, à l’image d’une puissante pulsion charnelle. Il mourrait d’envie de voir ce qu’il allait acheter et offrir à celle qu’il aimait pour assurer leur bonheur commun et futur. Pourquoi Kenneth ne pensait-il pas en ce moment au futur présent qui devait être le leur dans le couple parfait qu’ils formaient ? Même lui ne le savais pas, car il ne se posait même pas la question de savoir pourquoi il pensait ainsi, se projetant dans le futur, ne pensant pas réellement au présent.

Alors lorsque les mains délicates et pâles de Cyrène soulevèrent la barrière qui s’était tenue entre le bijou et le regard exalté de Kenneth, celui-ci manqua quelques battements de cœur. Pendant d’infimes, mais de puissantes secondes il eut la sensation que le paliptant dans sa cage thoracique chutait vers une mort certaine dans sa poitrine. Bien qu’il ne connaisse pas ce sentiment, ce soulèvement à la fois maladif et délicieux du cœur était proche du rush d’adrénaline que ses ancêtres ont pu ressentir jadis dans quelques montagnes russes. En ressentant cela, Kenneth se dit que c’était précisément cela d’être amoureux. Et, confusément, une part de son esprit se demanda alors pourquoi il ne ressentait pas ce genre de passion désordonnée lorsqu’il regardait Hermione ? C’était doux, agréable d’être à ses côtés, exactement à l’image de ce fin anneau d’or serti d’une minuscule pierre précieuse. Mais cela n’avait pas l’éclat magique du stresse, de l’inconnu, de la conquête. Au loin, Kenneth entrevit une chevelure blonde et son esprit dévia. Il vit passer devant ses yeux ouverts sur le vide le visage de Minnie, sa sœur jumelle, attirée par le luxe qu’il était précisément en train d’acheter et qui s’éloignait de plus en plus de lui. Et il y avait Emma, qui à l’inverse, gagnait en place dans sa vie. Et Hermione, la femme à qui il allait offrir son avenir.

Une ombre passa devant ses yeux, mais un reflet du soleil sur l’or capta son regard et il sourit à Cyrène de toutes ses dents. Enfin sa vie d’adulte commencerait. Avec encore plus de responsabilités.

    KENNETH – « Elle est de toute beauté. Je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi … splendide. Elle rivaliserait presque avec sa beauté. »


D’un geste souple et discret, Kenneth attrapa l’écrin ouvert sur la table et le mit dans sa poche prestement, jetant des regards alentours pour vérifier que personne ne les épiait. Kenneth avait une crainte sourde au fond de lui que quelqu’un ne l’agresse pour lui voler cet objet de valeur. Dans la foulée, il déposa sa petite bourse pleine de l’argent exact de la transaction dans la paume de la main de Cyrène, se penchant dans la foulée pour murmurer à son oreille.

    KENNETH – « Voici pour votre excellent travail. Mais, je vous en prie, laissez-moi vous raccompagner à la gare. Se balader avec une somme pareille n’est pas très sûr … »


Il s’écarta de la jeune blonde et lui offrit un sourire, heureux d’avoir fait affaire avec elle. Sans détacher ses doigts de ceux de la jeune femme, gardant ainsi leurs mains liées de manière protectrice autour de la bourde, Kenneth commença à la diriger vers la gare. Sur le chemin, ils tituberaient sans doute un peu, se fondant dans la masse, sous l’effet de leur petit pari ridicule. Et en arrivant à la gare, Kenneth serait obligé de lui dire combien cela avait été un plaisir de la rencontrer. Il le devait, car faire affaire n’avait jamais été aussi plaisant et qu’il serait incapable de la regarder partir sans éprouver un pincement au cœur, tandis que tout le luxe que Kenneth n’avait jamais pu voir de ses propres yeux et toucher dans sa vie partirait avec Cyrène à bord du train. Rien qu’en chemin, il avait déjà l’impression d’abandonner quelque chose qu’il avait volé à la jeune femme : un peu de ce plaisir indolent qu’on a à faire les choses sans se préoccuper outre mesure de ses devoirs multiples.

Alors qu’il faisait signe à la demoiselle sur le quai, tandis que le train partait, Kenneth se demanda s’il la reverrait jamais un jour. Tandis que le train disparaissait, il sourit : bien sûr, qu’il la reverrait. Quand il achèterait les alliances.



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MessageSujet: Re: CYRÈNE ζ Rencontre en temps de fête - FLASHBACK   Sam 21 Avr - 1:42


Sujet terminé

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