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 MIRCELLA&WILLYWAW - dying in fear of pain, all sense of freedom gone.

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CITOYEN DE PANEM
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MessageSujet: MIRCELLA&WILLYWAW - dying in fear of pain, all sense of freedom gone.   Jeu 8 Mar - 23:07

dying in fear of pain, all sense of freedom gone.

black sun in a white world.

Elle n’avait pas réussi à nettoyer complètement la boue qui maculait ses chaussures et sa mère se mettrait très certainement en colère. Depuis l’Expiation, les crises qu’elle piquait étaient mémorables et avaient lentement poussé son père à évoluer vers un habitat plus sécuritaire : il passait ses journées dans son usine, y prenait ses repas du matin et du soir et parfois même y dormait. Ce relâchement parental avait été progressif, mais il n’était guère difficile d’en identifier la source : depuis que son oncle Marcus avait été tué, un vide s’était installé dans leur petite routine. Plus personne ne venait dîner à la maison les dimanches soirs, et elle ne voyait plus le Village des Vainqueurs comme un endroit où se réfugier lorsqu’elle se sentait mal. C’est ce qui l’avait poussée à aller s’y promener, d’ailleurs. Une rangée de maisons identiques, construites selon les contraintes esthétiques du Capitole et de ce fait absolument exécrables à la majorité des habitants du Sept. Avant l’Expiation, le quartier habitait trois personnes : Marcus, le tribut féminin du Sept qui était mort dans les 75ième à ses côtés, et le vieux Katerpiler. Maintenant l’endroit lui était hostile. L’ancienne maison de son oncle était toujours là, mais personne n’y avait mis les pieds depuis presque un an. Son père avait parlé à un moment donné d’aller y récupérer ses affaires mais ne l’avait jamais fait, et les crises d’hystérie de sa mère qui prétendait que le fantôme de Marcus hantait son ancienne demeure avaient rapidement découragés tous ceux qui s’étaient portés volontaires pour donner un coup de main. Sauf Mircella. Pour la première fois depuis qu’elle avait dix-huit ans, elle ne s’était pas présentée à son boulot. Elle savait que personne ne s’en formaliserait, après tout c’était la scierie familiale. Elle savait aussi que la plupart des gens comprendrait bien vite où elle était passée, mais elle s’en moquait.

La porte n’était pas verrouillée, mais personne n’avait osé venir voler quoi que ce soit. Le tapis qui recouvrait le vestibule étouffait le bruit de ses pas hésitants. Dans la bibliothèque, une couche massive de poussière avait engloutis les ouvrages de son oncle, la nourriture dans la cuisine avait atteint un stade de décomposition presque hygiénique, et la vermine s’était installée dans la cave. Elle n’y resta pas longtemps, juste le temps de faire remonter à la surface des souvenirs qui ne manqueraient invariablement pas de la faire pleurer. Alors elle était repartie aussi rapidement qu’elle était venue, avec cette espèce de curiosité morbide rassasiée. Personne ne dormirait plus jamais dans les chambres, là-haut. Quel futur Vainqueur serait suffisamment dérangé pour choisir cette maison-là ? Ou peut-être qu’on ne lui laisserait pas le choix. Peut-être que ce serait pour le Capitole un moyen de montrer à tout le monde qu’en réalité ils n’étaient rien et pouvaient aisément se succéder les uns aux autres dans un ballet macabre. Elle faisait partie de ceux qui voyaient l’Expiation comme le moyen parfait d’éradiquer les quelques idées de rébellion qui perlaient alors dans les esprits de Panem. Son oncle non plus ne s’était jamais fait d’idée là-dessus. Ni durant son interview, ni lorsque la flèche s’était logée dans son cœur. C’est le souvenir de cette image atroce qui lui donna la force de prendre ses jambes à son coup. Elle claqua la porte de la maison derrière elle, traversa la pelouse de Samuel Katerpiler en laissant des traces boueuses partout. Elle manqua s’étaler de tout son long dans l'eau sale en tournant vers son quartier, et lorsqu’elle s’arrêta finalement sur la place publique elle réalisa de quoi elle avait l’air : ses chaussures étaient probablement irrécupérables, ses jeans aussi, et ses cheveux partaient en tout sens dans le vent. Elle se laissa tomber sur un des quatre bancs de pierre devant l’Hôtel de Justice. C’est ce moment-la que choisi une escouade de Pacificateurs pour passer dans le coin. Le plus repoussant d’entre eux eut la mauvaise grâce de s’adresser à elle :

    TREADE – T’vas bien, g’mine ? T’rives d’où, comme ça ? T’as p’tète vu un fantôme ? C’lui de t’oncle, p’tète ?

Il avait une sale dentition, mais heureusement une nouvelle tête se présenta qui lui permit de ne plus avoir à déchiffrer d’avantage de son dialecte incompréhensible. C’était une autre de leur victime favorite, d’après ce que Mircella avait pu comprendre. Néanmoins, ils s’adressaient à elle avec beaucoup moins de considération, si on pouvait appeler cela comme ça. Et Mircella n’ignorait pas les quelques ‘’ petits services ‘’ que Treade et les siens pouvaient demander aux femmes du Sept lorsque l’envie leur en prenait.
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MessageSujet: Re: MIRCELLA&WILLYWAW - dying in fear of pain, all sense of freedom gone.   Dim 11 Mar - 17:40

let me out of this hell when you're around

△△△

Son épaule la faisait souffrir, et elle ne pouvait s'empêcher de se maudire en grommelant de vagues injures. Elle avait pris davantage de risques que d'habitude, grimpant dans des arbres pour dénicher d'hypothétiques écureuils à grignoter le soir même, détournant plus de bois que de coutume, qu'elle fourra dans le sac de toile qu'elle avait elle-même confectionné plusieurs mois auparavant, et puis, finalement, se laissant attirer par l'odeur alléchante qui s'échappait de la boulangerie. Elle s'était alors glissée par la porte entrouverte et, aussi discrètement que possible, s'était emparée de quelques viennoiseries légèrement rassies dont l'aspect rappelait vaguement une sorte de croissant. Elle ne volait pas souvent. Mais le matin-même, Foehn s'était plaint, dans le langage des signes sommaire mis en place au sein de la famille, qu'il devenait lassant d'ingurgiter chaque jour la même chose. Il voulait du changement. Elle allait donc lui donner du changement.
Sa discrétion, néanmoins, s'avéra bien insuffisante, car à peine avait-elle franchi la porte pour s'en aller qu'elle entendait déjà les cris de protestation du propriétaire, qui se lança à sa poursuite. Et tandis qu'elle courait, elle se dit que tout cela était une terrible erreur. Elle avait profité d'une visite de son employeur chez un potentiel client pour s'éclipser à son tour et faire quelques réserves. Mais ses membres étaient fatigués d'avoir grimpé trop d'arbres, son sac lui meurtrissait le dos et la ralentissait tandis qu'elle courait dans l'espoir de s'échapper. Et, aussi surprenant que cela puisse paraitre, après plusieurs instants passés à zigzaguer entre les différentes maisons du quartier, elle finit par semer le boulanger. Ce qui l'étonna, d'ailleurs, car il était assez jeune et suffisamment sportif pour galoper après les gamins qui lui dérobaient de la nourriture, habituellement.
Elle était encore en train de trottiner, au cas où, se réjouissant d'avoir échappé à une petite correction, lorsque son pied se prit dans l'une de ces maudites racines qui envahissaient certaines zones du district. Elle s'étala lamentablement de tout son long sur le sol humide, son épaule heurtant au passage une autre racine. L'impact, qui s'avéra modérément douloureux, la ramena sur terre, et elle réalisa que si elle restait allongée ainsi sans bouger, avec le contenu de son sac répandu tout autour d'elle, elle allait attirer l'attention d'une éventuelle patrouille.

Williwaw se releva alors avec difficulté, ramassa le bois et la nourriture qu'elle avait récoltés, puis se remit en route dans l'espoir de passer inaperçu. Son épaule la faisait souffrir, et elle ne pouvait s'empêcher de se maudire en grommelant de vagues injures.
Elle avait été stupide, et elle en payait désormais les conséquences. Elle continua d'avancer, fourrant avec rage tout ce qui pouvait rentrer dans son sac, et finit par relever la tête pour regarder où elle allait. Elle s'arrêta alors brusquement. Elle était arrivée au niveau de l'Hôtel de Justice. Mais ce qui l'avait stoppée, c'était la silhouette mince qui était assise sur l'un des bancs. Elle reconnut instantanément Mircella Earnshaw, l'une de ces personnes qui, en plus d'avoir de meilleures conditions de vie qu'elle, témoignaient leur pitié envers elle sans la moindre retenue. Willy n'aimait pas cette fille. Sa manière de se tenir, de parler, de feindre un quelconque intérêt vis à vis de la situation des Elderberry, tout l'insupportait. Mais plus encore, elle détestait Mircella parce que, derrière ses petits airs malheureux, elle pouvait quand même se réjouir d'avoir très peu de chances de finir aux Hunger Games. Oh, bien sûr, Willy savait qu'elle avait perdu son oncle durant l'Expiation. Elle avait elle-même assisté à la scène, se retenant avec difficulté d'aller vomir. Mais cela ne justifiait en rien ce comportement condescendant que Mircella adoptait dès lors qu'elles se croisaient.
Sans vraiment savoir pourquoi - peut-être avait-elle envie de cracher son venin un bon coup - elle s'approcha davantage. Même de là où elle se trouvait, elle pouvait voir son allure négligée. Elle eut, pendant l'espace d'un instant, l'impression de se retrouver en face de quelqu'un qui pouvait la comprendre, avec ses chaussures couvertes de boue et sa mine affligée. Et puis, elle remarqua quelqu'un dont la présence la dérangeait bien plus encore que Mircella. Treade. Il n'était pas seul. Tout un petit groupe de pacificateurs l'accompagnait. Et soudain, tout se fit jour. Le boulanger était allé se plaindre auprès de Treade qu'on lui avait volé trois misérable bricoles dégueulasses. Elle allait se faire arrêter, peut-être même fouetter. Elle sentit son visage se décomposer tandis qu'elle s'empressait d'un geste maladroit de dissimuler son sac du mieux qu'elle pouvait. Elle recula de quelques pas, mais il était trop tard. Le gros bonhomme avait posé son regard sur elle. Elle sentit un frisson désagréable lui parcourir l'échine, mais cela n'avait rien à voir avec la peur soudaine qu'elle ressentait. C'était dû au dégout qu'elle éprouvait dès qu'elle croisait son regard.

    « Qu'est-c'que tu fous là, toi ? Encore à manigancer tes conneries habituelles pour sauver ton gamin crasseux ? »


La jeune femme sentit une vague de soulagement l'envahir. Elle avait été paranoïaque. Treade et les autres guignols du Capitole n'étaient pas là pour elle. Elle avait néanmoins conscience du mélange de boue et poussière qui maculait ses vêtements, de sa respiration haletante, ainsi que du fait qu'elle était censée être coincée à l'atelier à cet instant précis. Sa seule issue, et elle eut du mal à l'admettre, était Mircella. Ignorant du mieux qu'elle pouvait les paroles cinglantes du pacificateur, elle s'approcha de son ultime espoir, adoptant une démarche qui se voulait assurée. Elle se rendit compte que les yeux de Treade étaient rivés sur le sac pesant qu'elle trainait plus ou moins avec elle. Alors, tout en ponctuant ses paroles d'un regard agacé, elle se décida enfin à se sortir de cette situation incertaine.

    « La famille Earnshaw a besoin de meubles. Je suis là pour en parler avec Mircella. C'est encore légal ça, non ? »


Williwaw espérait vraiment en cet instant que son mensonge allait passer comme une lettre à la poste, qu'il n'allait pas poser de questions, ni aborder un sujet délicat juste pour la mettre mal à l'aise devant quelqu'un qui avait déjà pitié d'elle. Mais surtout, elle implorait Mircella du regard, la suppliait silencieusement de ne pas choisir cet instant précis pour décider de se venger de toutes les paroles offensantes qu'elle avait pu lui jeter à la figure.

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MessageSujet: Re: MIRCELLA&WILLYWAW - dying in fear of pain, all sense of freedom gone.   Mer 21 Mar - 22:20
L’explication fournie par Willy-Dew mit quelques seconds à être acheminée au cerveau des Pacificateurs, qui semblaient partager le même ; néanmoins ce fut plus qu’il n’en fallait à Mircella pour conclure que la jeune femme avait besoin de son aide. Leurs relations n’avaient pas toujours été exactement cordiales, l’autre voyant en tout ce qui était plus riche qu’elle une injustice, une abomination à abattre. Les quelques tentatives de socialisation portées par Mircella s’étaient toutes soldées par des échecs qui lui laissaient un goût amer dans la bouche. C’était comme être rejetée, lorsqu’on est enfant, par ceux dont on souhaite devenir les amis. Elle ne savait pas si tel était son but, devenir l’amie de Willy. Peut-être. Des amis, ce n’était pas ce qu’il lui manquait : les enfants des quartiers plus fortunés du District Sept étaient encouragés à se tenir ensemble, parfaites petites bandes de filles et de garçons dont elle était généralement la chef. Mais avec Willy, c’était différent. C’était la première fois de ses souvenirs que quelqu’un la rejetait pour les mêmes raisons qui lui attiraient les amitiés de tous les autres, et elle ne comprenait pas très bien. S’était-elle montrée déplaisante ? Avait-elle fait preuve de mépris, de prétention, de stupidité ? Elle se savait d’une nature parfois difficile, surtout depuis l’Expiation ; elle n’aimait guère parler, et elle était craintive, aussi. Willy lui donnait l’impression d’une jeune femme aimant défier l’autorité. Tout dans sa posture actuelle le démontrait, de la boue sur ses vêtements à la fureur dans ses yeux, fureur dont le destinataire n’était pas clairement défini. Treade ne se rendit compte de rien, cependant, et c’est d’une voix encore plus mesquine qu’à l’accoutumée que fusa sa réplique :
    TREADE - « C’quoi ? Les meubles de t’n’oncle vous suffisent pas ? J’les prendrais bien, moi. »
Elle se fit violence pour ne rien répondre. Il ne fallait pas l’énerver, surtout lorsqu’il était en situation de puissance vis-à-vis ses potentielles victimes. Avec ses autres idiots d’amis, il était tout à fait capable de faire preuve de la pire des cruautés. Mircella savait que les Pacificateurs du District Onze étaient réputés pour être tout sauf tendres, mais dans le Sept aussi, on ne vous épargnait pas. Nombreux étaient les autres jeunes de son école qui affichaient marques de coups et, pour les cas les plus troublants, cicatrices de flagellation. La sœur de Mordicus en avait fait les frais, d’autres ‘’ rebelles ‘’ également. Pas elle, jamais. Elle avait bien trop peur que par vengeance ont ‘’ facilite ‘’ sa nomination pour les Hunger Games. Elle les en savait capables, tous autant qu’ils étaient. C’est donc à mots mesurés qu’elle donna sa réponse, incertaine de l’effet qu’elle donnait :
    MIRCELLA - « Tous les individus dotés d’un niveau d’intelligence générale moyen savent parfaitement que les maisons du Village des Vainqueurs et tout ce qu’elles peuvent bien contenir redeviennent la propriété du Capitole dès lors que leur habitant trépasse. »
    TREADE - « Et pour trépasser, c’bien ce qu’il a fait, ton oncle ! Ha ha ha ! Ha ha ha ! Ha ha ha ! »
    MIRCELLA - « Ferme-la, espèce de pauvre imbécile ! »
Ses paroles avaient fusées sans qu’elle ne s’en aperçoive, mais elle savait qu’il était trop tard pour les rattraper et que tous les membres du petit groupe avaient très bien entendu. C’était ça le problème, lorsque quelqu’un s’en prenait à sa famille. C’était son point sensible. Et à voir la façon dont les Pacificateurs s’adressaient à Willy chaque fois qu’ils la croisaient, c’était aussi le sien. Elle ne savait pas s’il s’agissait d’un point commun entre elles ou d’une nouvelle raison pour Willy de la détester. Après tout, bien qu’elle soit plus attachée aux siens qu’à tout Mircella n’avait jamais eu à risquer sa vie pour eux, elle n’avait jamais eu besoin de chasser dans les bois ni quoi que ce soit. Et puis à parler de nourriture voilà qu’elle avait faim. Elle savait que seule une infime poignée de familles auraient le ventre plein à la fin de la soirée, cependant, et que celle de Willy n’en ferait pas partie. Enfin, sauf si elle y remédiait d’une façon ou d’une autre, mais elle savait que jamais la jeune femme n’accepterait. C’était la base même de leur relation : des offres refusées. Elle savait pour en avoir entendu le récit que c’était aussi le cas de celle de Willy et Treade. Des offres qu’on vous forçait à accepter.

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