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 Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es

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CITOYEN DE PANEM
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ϟ 1ERE MOISSON : 11/04/2015
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MessageSujet: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Sam 18 Avr - 16:30
* Prend cette coupe Athèna !* La jeune blonde tendit une main gauche hésitante vers une coupe de vin posée sur un buffet contre les murs de la salle. Elle ne buvait quasiment pas d'alcool, tout simplement parce qu'une part d'elle-même redoutait toujours que le goût puissant de l'alcool cache quelque chose d'autre, ou qu'on profite d'un état d'ébriété pour lui faire du mal. Et aussi parce que lorsqu'elle était soûle, il lui arrivait souvent de se croire encore dans l'arène.
Ce n'était pas faute d'avoir essayé de noyer toute sa peine là dedans pourtant. Elle aurait aimé avoir un monde dans lequel se réfugier de temps en temps, fusse-t-il dangereux pour sa santé. Mais même ça, sa capacité à boire, le Capitole le lui avait pris pendant ses Jeux. Et maintenant, elle se retrouvait à cette soirée idiote, à devoir faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, et donc à boire et manger. Tout ce qu'elle n'aimait plus depuis les Jeux en somme.
Athèna n'avait pas succombé à la mode grotesque du Capitole, et ici on l'aimait surtout pour " son authenticité". Au détour d'une conversation on lui disait souvent que les gens se sentaient proches du District Neuf à travers elle, et la Vainqueur en avait généralement envie de vomir. Ces gens n'avaient rien en commun avec son District, et même si sa tenue restait sobre il n'y avait désormais que ses cheveux blonds pour évoquer son " chez-elle". Elle faisait ce qu'elle pouvait à travers ses vêtements pour éviter que l'on ne s'aperçoive de sa maigreur dangereuse. Depuis son retour d'arène elle craignait les plats empoisonnés. Elle craignait le moindre bruit, la moindre petite ombre dans n'importe quelle situation. Elle se mettait à trembler pour un rien. Sauf ce soir. Elle n'avait pas le droit.
Être soi-même était un plaisir inaccessible au Capitole. Il fallait glorifier les jeux, montrer une image calme mais joyeuse, celle de la jeune fille reconnaissante pour les bienfaits du Capitole. Ce même gouvernement qui lui avait pris sa vie, changé son caractère, perturbé son esprit, et volé son bras droit. Athèna porta doucement sa coupe de vin à ses lèvres, mais but à peine. Pour s'assurer que le goût était normal et qu'elle ne craignait rien. Une fois rassurée, elle continua à boire par gorgées ridiculement petites, adressant des sourires hypocrites aux autres invités.

- Excusez moi, vous êtes bien Athèna ? Celle qui a perdu l'usage de son bras droit dans ses Jeux? C'est ça ?


La jeune blonde tourna la tête pour découvrir l'aberration chirurgicale qui la regardait avec autant d'administration. * Sois gentille, sois gentille*.

- Oui, c'est moi.

- Je peux voir ?


Elle retint de justesse un soupir malpoli. Tous ces gens la prenaient pour une attraction depuis ses Jeux. Ils venaient lui demander comment elle avait trouvé telle ou telle idée, ce qu'elle pensait des Jeux du moment, et surtout ils voulaient tous voir son bras.
Elle leva doucement son bras droit. Trop doucement pour que ce soit normal, mais cela faisait maintenant plusieurs années que c'était ainsi. Les médecins avaient prévenu depuis longtemps qu'elle ne pouvait plus espérer d'amélioration.
Juste après avoir touché cette saleté de plante à l'origine de tout ça, elle avait eu une énorme cicatrice qui partait de sa main jusqu'à son épaule. Tous les bons soins du Capitole n'avaient pas réussi à la faire disparaître, mais il s'agissait désormais d'un trait fin tout le long de son bras, bien propre. C'était très différent de l'espèce d'énorme tâche informe dont elle gardait le souvenir.
Une fois son bras arrivé à la bonne hauteur, c'est à dire au bout d'au moins dix bonnes secondes, elle sentit le regard émerveillée de l'invité sur celui-ci. Athèna ne pouvait s'empêcher de regarder à droite et à gauche toutes les cinq secondes, mais ici on comprenait plus ça comme un signe d'ennui que comme un signe de peur. Elle se forçait à garder son sourire, sans se rendre compte qu'à part les naïfs du Capitole personne ne pouvait être dupe, et encaissa sans broncher les commentaire de la personne à la peau bleue qui la regardait comme une bête de foire.

- C'est encore plus impressionnant qu'à la télévision ! C'est génial, c'est un signe distinctif très personnel, c'était une super idée !


Elle avait l'habitude. Ces gens ne comprenaient généralement pas que si elle en gardait une trace ce n'était pas part plaisir ou goût esthétique personnel, et ils se sentaient alors obligés de la complimenter. Dans leurs yeux brillait uniquement le plaisir de voir les séquelles d'un Vainqueur. Heureusement, ce genre de personnages désagréables se lassaient rapidement, et Athèna se retrouva bientôt seule. Elle reposa son verre de vin encore à moitié plein sur le buffet. Sa main gauche caressa le manche du couteau à saucisson dont elle ne se séparait jamais, dans la poche de son pantalon noir. Son psy lui avait déconseillé de porter une arme mais sa paranoïa lui ayant déjà soufflé l'idée qu'il pourrait être payé pour l'affaiblir, elle avait choisi de ne pas vraiment l'écouter. Un bruit avait attiré son attention juste derrière elle.
Brusquement elle s'était retournée, avait entamé un mouvement trop lent avec son bras droit, et sa main gauche avait sorti puis rangé son " arme". Ce n'était rien qu'un autre Vainqueur. * Méfie toi, les Vainqueurs sont les plus dangereux*.

- Si toi aussi t'es venu voir la bête de foire je suis pas d'humeur.


Remarquable entrée de matière pour une jeune fille sensée jouer la carte de la joie de vivre.
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Sam 18 Avr - 20:20


Je ferme les yeux. En priant pour que cette sonnerie disparaisse. En croisant les doigts, surtout, pour que rien ni personne ne vienne me déranger. Comme ça, en y croyant, en espérant un peu… que pour une fois, on va me laisser tranquille. Mes doigts esquissent, dessinent, comme toujours. Ca me détend de dessiner, comme toujours. C’est mon petit jardin secret, c’est ma liberté emprisonnée sur des feuilles de papier dans des prisons de carbone. La sonnerie se poursuit. Un téléphone. Une voix insiste, je persiste à l’ignorer. « B#rdel, mais lâchez moi, pour une fois. » Mon grommellement franchit à peine mes lèvres, je me réinstalle sur le canapé, en tailleur, alors que mes mains réinstallent confortablement les feuilles griffonnées sur mes genoux. Soudain, le silence. Je lève la tête, presque surpris de les voir lâcher prise aussi facilement et surtout pour la première fois. Presque intrigué, me voilà à délier mes jambes pour me lever et glisser vers la porte que j’observe d’un air circonspect. Quelque part, j’attends presque qu’elle explose. Une seconde passe. Deux. Une minute. Cinq. J’arque un sourcil. Et bien… chouette alors. Ce soir, j’évite la soirée capitoline soigneusement planifiée sur mon agenda. Ce soir, je suis libre de rester réfugié dans mon appartement. Ce soir… « Maël ? Tu as dix minutes devant toi pour te présenter en tenue de soir en bas de l’immeuble » Je me fige. C’était trop beau pour être vrai, c’était trop vrai pour être crédible. La voix insidieuse de mon maître chanteur résonne dans l’appartement. Et si je refuse d’obéir, si je m’insubordonne du mieux que je peux, face à cet homme, j’obtempère. Mes doigts froissent les papiers, les jettent dans la première poubelle et les mains dans les poches, je dégringole les escaliers, la mort dans l’âme.

Je hais le Capitole. Je hais ces soirées. Je hais ces heures infinies pendant lesquelles je dois jouer le rôle d’un vainqueur arrogant, fier d’être fratricide, plus fier encore d’être un Carrière. Je hais ces soirées qui me forcent à côtoyer l’obscurité de la nuit, je hais, je hais tout cela et plus encore, je hais mon maître chanteur qui me force à y participer.

La salle est bondée. Dans ma chemise froissée et débraillée, dans mon jean déchiré au niveau des genoux, mes cheveux décoiffés, ma tête peut amène et mon attitude de gamin, je fais sensation lorsque j’entre dans la pièce. Bientôt résonnent les Maël, c’est Maël ! et les Celui qui a tué sa jumelle ?! Tu t’en souviens ? C’était il y a quatre ans je crois. Un frisson parcourt mes muscles, j’arrache un verre d’alcool quelconque pour éviter de vomir sur ces gens qui me débectent. Plus vite je serai bourré, plus vite on me pardonnera ma grossièreté. Et plus vite encore, je cesserai d’entendre leurs chuchotis indiscrets. Une main frôle mon dos, s’attarde sur mon côté, je la chasse d’un geste nerveux en crispant la mâchoire. Et même ça, même ça, ils parviennent à en rire et à trouver ça incroyablement attirant. P#tain que je les hais.

Je ferme les yeux, adossé au mur le plus proche. Sans aucune considération pour le standing demandé, je déboutonne le premier bouton de ma chemise, remonte les manches et entame mon cinquième verre. Je crois. Le nombre de coupe vidé commence déjà à devenir flou dans mon esprit. Ma main agrippe un plateau de petits fours que j’enfourne sans aucune élégance dans ma bouche, m’obligeant pour un temps à ne pas répondre aux questions horripilantes de ceux qui n’ont pas encore compris que je ne voulais pas leur parler. Et finalement, alors que je commence vraiment à me dire que cette soirée va être longue, je l’aperçois. Je déteste les Vainqueurs en règle générale. Plus encore ceux des Districts favorisés, parce que ce sont des Carrières, comme moi, et parce qu’ils ne font pas semblants, eux, de soutenir le Capitole. Elle, j’ai d’ailleurs totalement oublié son nom, ne vient pas de ces districts là. Ce qui la rend potentiellement abordable. Je fronce les sourcils. Ma main percute une épaule, je la désigne du doigt. « C’est qui déjà elle ? » Comme toujours, j’ai la voix d’un homme des cavernes malgré mes vingt trois ans. Bad boy. Voilà comment on me surnomme, à ce que j’ai entendu. Un truc dans le genre. On me répond rapidement qu’il s’agit d’une Vainqueur du Neuf, j’avais raison sur le District, et qu’elle s’appelle Athèna, vous savez, celle dont le bras droit n’est plus fonctionnel. Ah. J’hausse les épaules. Me fraye un chemin dans la foule, attrape deux nouvelles coupes.  - Si toi aussi t'es venu voir la bête de foire je suis pas d'humeur. Et bien, ça c’est de l’entrée en matière. Je lui tends la coupe avec un petit air signifiant tout et rien. Et davantage encore. « Ma foi, tu as l’air de goûter à merveille à la splendeur du Capitole. » Difficile d’oublier que j’ai un rôle à jouer.

Difficile, aussi, de savoir si je dois le jouer ou non. Je m’adosse à la colonne la plus proche, dans une attitude arrogante et nonchalante qui caractérise sans faute Maël Reh. « Tu ne t’amuses pas ? C’est étonnant ! Tout ça, toute cette attention et ce luxe, tu l’as mérité non ? » Ce que je suis en train de faire ? Je n’en sais rien. Je m’amuse, à défaut de me plaire ici. Je m’amuse, sur ce ton si ironique qu’il en semble sincère. Et l’alcool que j’ai déjà ingurgité me protège de tout propos un peu trop… osé, de toute manière. Une façon comme une autre de survivre dans ce nid de vipère.


_________________
Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.
« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Sam 18 Avr - 21:46
Ah. C'était donc ce vainqueur là . L'air débraillé, avec sa chemise mal mise, elle l'avait évidemment reconnu. Athèna ne connaissait pas son nom, ni son prénom, pas plus qu'elle ne se souvenait de l'édition à laquelle il avait survécu. Mais depuis qu'il était entré, elle avait déjà entendu au moins cinq rumeurs sur lui, ainsi que de nombreux " détails" de ses Jeux.  Mais si vous savez, il a tué sa soeur ! . Athèna ne jugeait pas là dessus: elle avait plus ou moins l'impression que sa soeur l'avait tuée elle aussi.  Elle avait été élevée dans le but de se porter volontaire au cas où une de ses nombreuses soeurs soit appelée, c'était un peu comme si ses parents avaient prémédité sa mort. Ils l'avaient forcée à se suicider. Et elle avait survécu.
Il lui tendait une coupe. La Vainqueur avait à peu près admis que personne ici n'aurait intérêt à empoisonner une coupe au hasard pour la tuer - et encore elle prenait soin de ne jamais terminer ses verres. Mais un inconnu qui lui offrait à boire, ce n'était pas la même chose. Sa coupe lui était personnellement destinée, comme un bon nominatif pour la mort, et vous comprendrez qu'une paranoïaque comme Athèna ne pouvait pas se permettre de boire dedans. Il ne manquait plus qu'une manière discrète ou élégante de refuser. Étant donné que son bras droit était déjà levé, après le mouvement qu'elle avait engagé en se retournant, elle saisit la coupe dans sa main droite. Ses doigts faibles tremblaient un peu sous l'effort qu'elle devait faire pour les garder fermés autour du froid récipient. Enfin froid... Athèna ne sentait plus rien sur cette partie de son anatomie, mais elle devinait qu'il devait être frais car l'alcool n'était pas bon chaud.

 « Ma foi, tu as l’air de goûter à merveille à la splendeur du Capitole. »


Ouais. Elle s'était un peu relâchée, effectivement. * Reprends toi Athèna, tu es une fille joyeuse, une fille joyeuse...* Elle se força à afficher à nouveau son grand sourire hypocrite sur son visage, comme si ce que le Vainqueur venait de lui dire venait d'illuminer sa soirée. Oui, le Capitole était splendide. Du moins il fallait qu'elle montre cet avis là.
L'homme lui, avait l'air bien plus à l'aise. Adossé à une grande colonne comme s'il était chez lui, il ressemblait presque au maître de maison. En fait, il se croyait sans doute chez lui, et Athèna n'arrivait pas à savoir si ça venait d'une possible quantité d'alcool ingurgité ou d'une arrogance naturelle.

« Tu ne t’amuses pas ? C’est étonnant ! Tout ça, toute cette attention et ce luxe, tu l’as  mérité  non ? »


L'incompréhension. C'était ce qui se lisait clairement sur le visage de la jeune blonde. Elle avait prévu de laisser tomber sa coupe pour éviter de boire dedans, mais elle n'eut pas à se forcer. Ses doigts nécessitaient une attention constante pour rester fermes, et cela ne pouvait pas pas durer plus de quelques minutes. Mais là, elle n'y pensait plus. La coupe s'écrasa à terre, vola en éclats en arrosant le sol, ce qui eut le mérite de cacher à tout le monde sa voix étranglée. Ou peut-être pas au survivant.

 - Mérité ?

Mais encore une fois elle ne pouvait pas se permettre de laisser tomber sa couverture si vite. Certes elle trouvait qu'elle n'avait rien mérité du tout en tuant des êtres vivants, mais ici elle devait montrer sa reconnaissance envers le Capitole.
Par réflexe elle avait voulu se baisser pour tenter de réparer les dégâts mais déjà un muet s'en chargeait. Elle ne se faisait décidément pas à ce genre de coutumes idiotes. Personnellement, elle n'avait aucune envie d'avoir chez elle quelqu'un pour faire son ménage et mettre son nez dans ses affaires.

 - Désolée, mauvais bras.


Elle se redressa brusquement comme pour dissimuler sa gêne. Évidemment elle avait fait exprès, depuis le temps elle avait bien intégré qu'elle ne pouvait pas compter sur la partie droite de son corps. Une nouvelle fois elle se força à afficher un sourire, mais il était trop beau, trop lisse, trop superficiel pour être vrai.

 - Le luxe est agréable, mais l'attention je m'en passerais bien. Mes soeurs par contre, elles adoreraient !  


Oeil pour oeil, dent pour dent. Lui avait choisi de lui parler de mérite, elle elle choisissait de lui parler de famille. C'était bien fait pour lui, il n'avait qu'à être plus gentil. Athèna se demanda si elle n'était pas allée un peu loin, s'il n'avait pas tout simplement dit ça pour se moquer des gens du Capitole qui pensaient trouver du mérite à tuer des gens dans l'arène. Mais c'était trop tard, et elle espérait qu'il serait aussi gêné qu'elle l'avait été en l'écoutant parler. Athèna espérait au moins que ce qu'elle avait entendu à son sujet était juste, histoire qu'elle n'ait pas trop l'air bête.

 - Et toi, tu t'amuses ici ? C'est quoi déjà ton petit nom ?
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Sam 18 Avr - 22:23


S’amuser. C’est un bien grand mot. Des soirées comme celles là ne sont que des tortures. Et dire que nous sommes supposés nous amuser, alors que tout autour de nous, des hommes et des femmes aux couleurs de cheveux et de peau si criardes qu’elles me déclencheraient des crises d’épilepsie nous considèrent comme des bêtes de foire et des attractions et se délectent autant de notre présence que des cadavres que nous traînons derrière nous. Ca m’écoeure. Et le pire de tout : c’est que je dois faire comme si effectivement je m’amusais. Et rien que pour ça : je m’écoeure. La présence d’Athèna en revanche me fait l’effet d’une brise fraiche et attise un instant mon attention, l’éloignant du ridicule capitolin. Je lui tends un verre et sans politesse aucune, me voilà à vider ma coupe d’un trait avant de la balancer sur la table la plus proche, sourd au bruit de verre brisé, aveugle à la frénésie méticuleuse des muets qui passent derrière. Déjà, j’ai oublié le verre pour le reconcentrer autant sur mon attitude nonchalante que sur la silhouette qui me fait face. S’amuser. C’est ce qu’ils exigent de nous. Et vu son ton sec, soit je ne participe pas à son amusement, soit… et bien soit elle s’embêtait autant que moi avant mon interruption. Allez, Athèna, amuse-toi ! N’est ce pas ce que tu as, comme ils nous le disent si bien, mérité du fait de ta victoire ? Son verre dégringole de sa main que je me rappelle être théoriquement inutilisable, le bruit de verre couvre un instant son hoquet de stupeur. - Mérité ? Elle n’aime pas le terme ? Fichtre alors, je vais me faire une joie de le répéter encore et encore. Juste pour la pousser à bout. Juste pour savoir de quel bois elle est faite. Juste pour dévoiler l’être qui se cacher derrière son sourire artificiel. Comme le mien. - Désolée, mauvais bras. Un sourire moqueur trouble mes lèvres, je lâche un petit ricanement pour l’occasion. Sincèrement, c’est ça son excuse ? « C’est vrai, j’avais oublié que c’était toi, l’infirme du D9. Pauvre petite poupée. » Pour une fois mes mots sont en accord avec mes pensées : je n’éprouve aucune compassion. Son bras, elle l’a perdu en tuant. En s’avilissant. En s’inclinant devant le bon vouloir et les ordres malsains du Capitole. Comme moi. Et elle fait donc partie des gens qui ne méritent que du dédain. Comme moi. Et son sourire, son sourire… encore une fois, son sourire est comme le mien : un artifice pour cacher ce qu’il y a derrière, même si j’ajoute au mien une haleine alcoolisée qui teinte mes paroles et mes actions d’indulgence. - Le luxe est agréable, mais l'attention je m'en passerais bien. Mes soeurs par contre, elles adoreraient !

Ouch. Ca fait mal. Pendant un instant, mon poing se crispe sur la coupe, mon ventre se ressort, ma voix s’étrangle dans ma gorge. Pourtant, je devrais en avoir l’habitude, au bout de… combien déjà ? Quatre ans. Je devrais commencer à m’y faire, à l’accepter ou du moins à me maîtriser lorsqu’en public on mentionne la mort de Myriam. Mais rien n’y fait. Et s’il ne me faut qu’une respiration pour stabiliser sur mon visage un sourire s’apparentant plus à un rictus qu’autre chose, cette respiration est encore de trop. « L’attention, l’attention, c’est le fruit de ta victoire, ma jolie. Tes sœurs n’ont rien fait pour cela, tout le mérite te revient. » Encore cette histoire de mérite. La meilleure défense reste l’attaque non ? Certainement, même si pour être tout à fait honnête avec moi-même, je privilégie davantage la fuite… Et la folie. « Regarde moi : ma sœur avait l’attention de tout le district à la base, mais au final, c’est moi qui l’ai. Et pourquoi ? Parce que je l’ai mérité. Et est ce que je m’en plains ? » Je m’écœure. Je me débecte. Je me hais. C’est un jeu auquel je joue, mais c’est un jeu auquel je me soumets depuis trop longtemps. A chaque fois que je prends la parole de la sorte, je piétine la mémoire de ma sœur. Je n’aurais jamais du survivre : c’était elle la plus forte de nous deux. Depuis le début. C’est elle qui m’a tout appris, c’est elle qui m’a toujours protégé, c’est elle qui m’a toujours défendu. C’est encore elle qui a trouvé l’idée de nous faire passer pour des frères et sœurs concurrents comme étant particulièrement maline. Et c’est elle, enfin, qui a abaissé son arme, incapable qu’elle était de me tuer.

Je déglutis péniblement, luttant pour rester souriant, pour rester nonchalant, pour rester arrogant. Tout ce que j’ai envie, là, c’est de prendre un crayon et de dessiner, dessiner encore, le visage de ma sœur, les paysages de notre district maritime. Je ne veux pas continuer ce jeu qui salit la mémoire de Myriam. Je n’en peux plus. - Et toi, tu t'amuses ici ? C'est quoi déjà ton petit nom ? Si je m’amuse ? Oh, mais tu n’as pas idée… J’hausse les épaules, mon regard couvrant l’intégralité de la salle dans laquelle nous nous trouvons. De ma bouche suinte le mensonge. Mes yeux, en revanche, je ne peux falsifier leur éclat douloureux. Et je prie pour qu’elle ne les regarde pas. « Si je m’amuse ? Oh, mais ma chère, bien sûr ! Sais tu que ces petits fours coûtent chacun le prix d’une tesserae ? N’est ce pas amusant de se dire que c’est en quelque sorte une vie que tu dégustes à chaque fois que tes doigts délicats empoigne l’un de ces petits pains couverts d’un caviar ramassé ce matin par un généreux habitant du D4 ? » Je joue moi aussi finalement. Je saisis un tas de petits fours, justement, que j’avale sans même les manger, dans une grossièreté malpolie et un sourire mesquin.


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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Sam 18 Avr - 23:07
« L’attention, l’attention, c’est le fruit de ta victoire, ma jolie. Tes sœurs n’ont rien fait pour cela, tout le mérite te revient. »

Non, l'attention ne lui venait pas de sa victoire. L'attention, elle l'avait obtenue depuis qu'elle s'était portée volontaire, détournant alors les caméras perfides du Capitole du visage de sa soeur. Par contre, Athèna commençait à trouver son petit jeu très... Ennuyeux. Elle avait bien remarqué qu'elle avait visé juste ( et elle bénissait encore son impolitesse d'écouter les conversations des autres pour cela), mais l'idée même d'avoir mérité son calvaire capitolin la révulsait, et là c'était lui qui avait visé juste. Sans indice.

« Regarde moi : ma sœur avait l’attention de tout le district à la base, mais au final, c’est moi qui l’ai. Et pourquoi ? Parce que je l’ai mérité. Et est ce que je m’en plains ? »


Au départ, Athèna avait voulu se dire qu'il n'avait sans doute pas pris de plaisir à briser ainsi sa famille. Maintenant, vu la manière dont il parlait, elle commençait sérieusement à remettre sa vision des choses en question. Elle ne considérait pas que tuer quelqu'un soit un acte méritant, mais lui semblait visiblement avoir accepté ça très facilement. Tant mieux pour lui, ça devait lui faire des nuits plus paisibles. Il devait être un peu moins perturbé qu'Athèna s'il arrivait à voir du mérite dans toute cette histoire.
Seulement, sa manière de déglutir et son regard ne parvenaient pas à falsifier le bonheur. C'était aussi évident que de se rendre compte qu'Athèna ne souriait pas vraiment. Aucun d'eux n'avait l'air très heureux de sa présence à cette soirée, mais les autres invités semblaient tous croire à leurs mauvais jeux d'acteurs. Ils maniaient mensonges et complots mieux que quiconque, mais semblaient ne pas parvenir à les voir chez les autres dans de telles circonstances. Ce serait tellement plus simple s'ils arrêtaient de se mentir.
Le Vainqueur haussa ses épaules, comme si de toute façon tout cela n'avait pas d'importance. Peut-être avait-il raison sur ce point. Ces fêtes n'avaient pas de véritable raison d'être, les Jeux n'avaient pas de véritable but à part tuer vingt-trois innocents et briser un coupable. Athèna aurait bien haussé les épaules en raison, mais elle craignait d'avoir un peu trop extrapolé. Elle avait tendance à réfléchir un peu trop.

 « Si je m’amuse ? Oh, mais ma chère, bien sûr ! Sais tu que ces petits fours coûtent chacun le prix d’une tesserae ? N’est ce pas amusant de se dire que c’est en quelque sorte une vie que tu dégustes à chaque fois que tes doigts délicats empoigne l’un de ces petits pains couverts d’un caviar ramassé ce matin par un généreux habitant du D4 ? »


La première chose qu'elle nota fut la vitesse à laquelle il avala sa poignée de petits fours. La deuxième fut qu'il n'avait pas répondu à sa question dans le sens où il ne s'était pas présenté. La troisième fut son sourire mesquin.  Avait-il seulement déjà pris un tessera ? Avait-il connu l'angoisse de savoir que son nom était bien plus présent qu'il ne le devrait ? Là encore il visait juste, mais Athèna ne pouvait pas lui en vouloir: elle lui avait en quelque sorte tendu la perche. Une fille d'une famille nombreuse du District Neuf avait beaucoup d'occasion de vendre son nom au Capitole. C'était bien connu.
D'un air visiblement écoeuré, la Vainqueur approcha sa main gauche des petits fours, en saisit un, et le porta assez haut pour pouvoir le détailler à loisir, repensant à la joie de sa famille lorsqu'elle amenait devant eux ce qu'elle avait échangé contre la possibilité de mourir.
Un bruit la fit sursauter. Athèna se retourna brusquement, tremblante, pour regarder derrière elle et s'assurer que ce n'était qu'une autre aberration stylistique qui venait de se tromper de coupe et de vomir sur un très élégant tapis. Et elle saisit l'occasion de ne plus sourire. Après tout, quel gâchis ! Et si Athèna pensait à tout ce gâchis de nourriture, les autres semblaient plutôt avoir pitié du tapis. La mentor reporta son attention sur son interlocuteur, même si ça se voyait très clairement que son esprit était ailleurs. Loin dans la paranoïa.

 - Personnellement je n'apprécie pas de croquer des cadavres. Mais ce goût te rappelle peut-être ton chez toi !


* Génial, t'as vraiment l'air de t'amuser là !* Athèna n'avait aucun problème à sous-entendre qu'il était peut-être en train de manger la vie d'un des futurs gamins qui seraient à sa merci en tant que mentor. Et aucun scrupule à lier les cadavres et sa maison, comme par exemple pour faire un lien fort plaisant avec sa soeur.
Elle déposa son petit four là où elle l'avait pris d'une main toujours tremblante, examinant mentalement la possibilité d'avoir du poison sur les doigts, et choisit de saisir à la place une coupe de quelque chose d'alcoolisé au hasard. Elle n'aurait qu'à faire semblant de boire, et puisqu'elle avait trop de mal à tenir quoi que ce soit de l'autre main ça dissuaderait peut-être l'espèce d'arrogant de lui proposer quoi que ce soit d'autre. Cela se voyait nettement sur elle qu'elle n'était pas du genre à abuser de la gentillesse du Capitole: elle était encore plus maigre qu'avant ses Jeux.

 - Le plaisir de ta conversation a beau être immense,  je suppose que pour nous amuser nous devrions danser.  


C'était plus ou moins une invitation. Bon, d'accord, c'était carrément une invitation . Cet homme sentait l'alcool à deux mètres, et lui parlait de choses bien déplaisantes, mais au moins en lui parlant elle avait le sentiment de ne pas être la seule à être en contact avec la réalité. Écouter des gens parler uniquement de choses superficielles avait tendance à l'énerver au plus haut point, et elle préférait encore culpabiliser d'avoir plus de richesses que toute la population de son District réunie. Elle se voyait mal danser au bras d'une espèce de grosse peluche à la peau bleue de toute façon. Elle préférait même courir le risque de se faire vomir dessus par un ivrogne en train de valser.
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Dim 19 Avr - 15:30


L’avantage, lorsque l’on est presque toujours bourré en public, c’est qu’au bout d’un moment, les gens estiment que l’on est constamment bourré. Et l’avantage pour un mec comme moi, c’est qu’il suffit que je boive quatre verres – soit le dixième de ce qu’il me faut – pour que les gens cessent de me croire crédible et mettent sur le compte de l’alcool le moindre de mes faux pas. Je m’amuse, je rétorque, je puise dans toute cette atmosphère délicieusement, outrageusement malsaine, un petit peu de joie et beaucoup de mesquinerie. D’ironie, aussi. Je me noie dans le sarcasme. Et lorsque je prononce un mot, une personne sensée est supposée comprendre son contraire. Mes doigts agrippent un monticule de petits fours que j’avale sans mâcher. Ce caviar, c’était moi qui le préparais, autrefois. Lorsque je n’étais pas en classe, lorsque je n’étais pas au gymnase. Ce pain, j’imagine que ce sont de minuscules mains qui le pétrissent chaque jour. Et j’ai choisi de m’en foutre. Parce que ce n’est pas, ce n’est plus, ça ne serait plus jamais mon problème de toute façon. Et je préfère mille fois me moquer de ce que valent chacun de ces petits fours plutôt que de prononcer à voix haute mon nom, mon prénom, leurs sonorités bien trop proches de Myriam Reh à mon goût. Lorsque les morts reposent, laisse reposer leur mémoire. Je salis bien trop l’honneur de ma sœur pour accepter de me lier à elle à voix haute. Que son nom soit prononcé, oui. Le mien, en parlant de mérite, et bien… mon nom ne mérite plus d’être prononcé. Vraiment.

Alors je m’amuse. Je me moque. Je me goinfre. Et je ne suis de toute évidence pas le seul, puisque derrière nous, le bruit tout à fait charmant d’un vomissement dégringole sur le tapis. Un sourire dégoûté s’étire sur mes lèvres, je fronce les sourcils, plisse le nez. « Pathétique… » J’attrape un verre d’alcool, un alibi intemporel, l’avale cul sec et lance à la cantonade, observant du coin de l’œil Athèna : « Mais quel immonde personnage. Je me demande ce qu’il fait encore dans des soirées d’un tel prestige si c’est pour gâcher de si jolis tapis… » Je sais. J’attire autant les regards que les remarques amusées, que les exclamations moqueuses, que la honte sur l’homme qui s’est si pitoyablement trompé de coupe. Je n’ose pas trop m’avancer, mais je doute que sa carrière décolle après ça. Nous sommes des Vainqueurs, mais mieux encore nous sommes des Stars. Et derrière notre agonie se cache une influence que j’effleure du bout des doigts. - Personnellement je n'apprécie pas de croquer des cadavres. Mais ce goût te rappelle peut-être ton chez toi ! Mon attention se déporte vers Athèna qui a repris notre conversation là où nous l’avions laissée, sur un sujet bien plus profond que notre badinage superficiel peut le laisser sous-entendre. Au lieu de m’offusquer, je souris derechef. Et étrangement, petit à petit mon sourire devient sincère voire spontané. C’est qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche. Et quelque part, sauf si elle joue un jeu – ce qui est fort probable – je commence à me dire qu’elle ne fait pas, comme moi, partie de ces adorateurs du Capitole. De ceux qui parlent volontairement et avec des étoiles dans les yeux, d’un mérite, d’une victoire, d’une chance et d’une opportunité. Fait-elle elle aussi des cauchemars ? Est-elle elle aussi ressortie de ses jeux en ruines, de simples vestiges ayant pris place là où siégeait une jeune adulte qui avait l’avenir devant elle ?

Mais c’est que je deviens presque spirituel, dites moi ! Je m’adosse plus confortablement à la colonne, pliant même un genou. « Croquer des cadavres… tutututut, tu vas trop loin dans le dramatique. Vois plutôt ça comme des… fragments d’avenir ? Une voyance… » Je fais semblant de chercher mes mots, alors que mes yeux parcourent la pièce à la recherche d’indic du Capitole et d’hommes de main de mon maître chanteur. « … mystique ? Un cadeau. L’argent que tu as si dignement gagné par la force de tes petites minimes… » Je m’amuse. Dans la provocation. Parce que déjà, vaincre et tuer, ce n’est pas gagner dignement, mais en plus, vu la force de ses mimines et surtout de son bras droit… Je suis ironique. Bien évidemment.

Un soupir. Elle dépose le petit four, j’hausse les épaules, indifférent. Les mains finalement libres, je les essuie autant sur la nappe que sur la colonne de marbre avant de les remettre dans mes poches. Je ne fais ni mes vingt trois ans, ni mon statut de Vainqueur. Et ça me va. Inoccupé, donc, puisque je ne mange ni ne bois pour le moment, je prends le temps de l’observer. Quelque part, elle m’intrigue. Comme tous les Vainqueurs. C#nnasse ? Victime ? Petit chat effrayé ? Craintive ? Blessée. Oui, c’est cela. Comme moi. Comme tous. Mais qu’a-t-elle de plus que les autres ? - Le plaisir de ta conversation a beau être immense, je suppose que pour nous amuser nous devrions danser. Ah. Elle a ça de plus. Une impertinence dont on ne se doute pas au premier abord. Et de mauvaises idées. Très mauvaises. « Hum… » Une petite moue peu convaincue lui répond dans un premier temps. « Je doute que ce soit une excellente idée. Autant pour nos charmants… hôtes que pour tes pieds et le mobilier. » Je me frotte le nez, m’ébouriffe les cheveux. C’est une réponse, non ? « En gros, si t’as pas envie que je te gerbe dessus, mieux vaut éviter. Mais si tu veux, un charmant styliste ou gros lard qui te tourne autour depuis le début de la soirée sera ravi de participer à ton amusement. »

Et m#rde. Je crois que j’ai un peu dérapé. Parce que le gros lard, il est sorti tout seul. Bon, on peut mettre ça sur le dos de l’alcool. Mais si elle s’est un peu trop dévoilée depuis le début, il semble clair que ça commence à être à mon tour de faire de petites et de grosses erreurs. Il faut que je parte, que je la laisse en plan et que je me réfugie dans une autre pièce ou un autre coin, ou juste derrière un autre buffet. Mais lorsque j’entame un mouvement pour m’esquiver, j’aperçois mon Maître Chanteur qui fait son entrée. Et un seau d’eau glacé tétanise mes muscles. Ma main empoigne sans prévenir le bras droit d’Athèna et nous propulse sur la piste de danse dans un fatras de pas maladroit. « Tout compte fait, le mobilier est moche. »


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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Dim 19 Avr - 16:38
« Croquer des cadavres… tutututut, tu vas trop loin dans le dramatique. Vois plutôt ça comme des… fragments d’avenir ? Une voyance… »

Pensait-il vraiment ce qu'il était en train de raconter ? En temps normal, il aurait perdu l'attention d'Athèna au mot " fragment", mais ce soir elle n'avait pas grand chose d'autre à faire de l'écouter, tout en essayant de limiter son air ennuyé au reste des convives. Le Vainqueur conservait son appui sur la colonne de marbre, et son regard supérieur sur le reste de l'assemblée, tout en poursuivant.

« … mystique ? Un cadeau. L’argent que tu as si  dignement  gagné par la force de tes petites minimes… » 


Athèna éclata de rire. C'était une des choses qu'elle contrefaisait le mieux, parce qu'il s'agissait d'être dans l'excès. Et que depuis les Jeux son attitude était très rarement mesurée. Quelques têtes étranges d'habitants du Capitole se retournèrent à l'émission de cette marque d'amusement, mais s'en désintéressèrent très vite.

- Si t'as prochaine blague c'est de me faire croire que tu lis dans les lignes de la main, oublie. On me l'a déjà faite.

Aucun habitant du Capitole ne pourrait lui en vouloir de rire à ce qu'il avait dit, ou même de répondre comme elle l'avait fait. Ils verraient tous la provocation du Vainqueur au sujet de sa main, mais la plupart ignoraient l'importance du mot dignement dans sa phrase.
Le jeune homme lui, semblait surtout ignorer l'importance des bonnes manières, vu la façon dont il s'essuya négligemment les mains en se servant du mobilier. Athèna imaginait qu'avec sa réputation il pouvait se permettre ce genre de choses. Si elle avait aimé boire, elle aurait sûrement profité de sa pour oublier pour ou moins volontairement certaines règles de bienséance. Cependant, elle devait donner cette image de jeune fille joyeuse, sereine et sympathique qu'on avait forgé pour elle à sa sortie de l'arène. Une jeune fille bien loin à présent, dont il ne subsistait qu'un sourire faux, un sens de l'humour très personnel. Sa crainte naturelle était masquée par sa légère insolence, mais rien ne pouvait dissimuler sa paranoïa. Elle avait bien conscience que se retourner au moindre bruit, craindre le moindre verre, et se promener avec un couteau dans la poche, n'étaient pas des habitudes très répandues chez les gens normaux.
De toute façon sa tentative de paraître normale venait d'être découragée par la réponse de son interlocuteur à son idée de danser un peu.

 « Je doute que ce soit une excellente idée. Autant pour nos charmants… hôtes que pour tes pieds et le mobilier. » 


Athèna le regarda se frotter le nez et les cheveux sans grâce et finit par se demander s'il n'avait pas des puces. Elle lui aurait bien répondu que personnellement elle ne craignait pas ce genre de choses, mais elle voulait d'abord s'assurer que personne de plus fréquentable ne serait disposé à danser. Seulement, à part ces invités bizarres naïfs et excentriques tout droits issus du Capitole, elle ne distinguait personne.

 « En gros, si t’as pas envie que je te gerbe dessus, mieux vaut éviter. Mais si tu veux, un charmant styliste ou gros lard qui te tourne autour depuis le début de la soirée sera ravi de participer à ton amusement. » 


Il avait dit " Gros lard". Le sourire d'Athèna fut un vrai sourire l'espace d'un instant. Enfin quelqu'un qui partageait une part de son aversion envers la population locale ! Mais bon, il n'était pas question d'en discuter ouvertement, surtout maintenant.

- Tu sais, j'avais compris sans avoir besoin des détails.


La jeune blonde se retourna pour essayer de voir de qui il parlait - tout en priant pour qu'il ne parle pas de l'abominable personne venue observer son bras juste avant son arrivée. Ce serait bien trop désagréable de devoir à nouveau lui témoigner de la sympathie.
Vu le nombre réduit -c'est à dire nul- de partenaires décents - c'est à dire à visage à peu près humain- Athèna se fit à l'idée qu'elle allait devoir se remettre à piocher dans les coupes d'alcool et les petits fours en se forçant à garder son sang froid. Seulement quelqu'un en avait décidé autrement.
Elle n'avait absolument pas senti une main se refermer sur son bras droit, et à vrai dire quelqu'un pourrait tout à fait lui planter une fourchette au même endroit qu'elle n'aurait rien remarqué non plus. Elle n'avait pas prévu de se faire tirer brusquement au beau milieu de la salle, sur ce qui servait de piste de danse. Ni que ce serait par la personne qui avait décliné son invitation quelques secondes plus tôt. À sa manière de la traîner sur la piste sans prévenir, elle avait cru l'espace d'un instant qu'il avait tenté de la tuer. C'était sûrement pour ça qu'elle le regardait avec un air un peu perturbé en clignant des yeux comme si elle ne croyait pas à ce qu'elle voyait. Elle mit aussi du temps à relâcher son couteau dans sa poche, qu'elle avait saisi en sentant le danger de la situation, réalisant qu'ils étaient devant tout le monde et qu'il vaudrait mieux que personne ne s'aperçoive de ce genre de possessions.

 « Tout compte fait, le mobilier est moche. »

Ça l'aurait certainement fait sourire si tant de précipitation n'avait pas plutôt tendance à l'effrayer En plus, la Vainqueur était certaine d'avoir bousculé au moins deux personnes sur sa trajectoire, et elle avait dû s'appuyer sur son partenaire pour éviter de tomber au milieu de tout le monde. * Pour l'élégance, on repassera* .

- Alors concentre toi dessus et oublie mes pieds. J'aime bien mes chaussures, et j'aimerais les conserver encore un peu.


Un nouveau grand sourire très faux mais qui faisait sensation au Capitole prit place sur son visage. Athèna aimait bien danser, elle trouvait même que c'était la seule chose distrayante dans ce genre de fêtes. Seulement, l'haleine alcoolisée de son partenaire lui était des plus désagréables. Enfin, elle préférait toujours ça à l'idée de danser avec une espèce de... Bestiole bleue. La jeune blonde se plaça correctement pour une danse très en vogue au Capitole, en se disant que si son "ami" l'avait attirée ici c'était qu'il devait la connaître aussi. Et elle l'entraina doucement dans la danse, pour éviter qu'il ne salisse le mobilier trop vite.

- Par contre, la prochaine fois que tu changes d'avis, ce serait gentil de me prévenir. Ça éviterait de possibles ... Accidents.


Il paraissait certainement évident au Capitole que ce genre d'accidents ne pouvaient concerner qu'une coupe de vin renversée ou quelqu'un de bousculé lors de leur entrée en scène remarquée. Mais son compagnon d'infortune perdu au milieu de cette fête était plutôt doué aux devinettes. Que ce soit la chance ou sa perspicacité, Athèna ne ressentait pas le besoin d'être plus claire, pour lui expliquer qu'elle trouvait les surprises très déplaisantes.

- D'ailleurs, puisque je suppose que mon amusement est le cadet de tes centres d'intérêts, pourquoi tu as soudainement décidé d'exposer tes talents de danseur au Capitole ? Tu veux te forger une nouvelle réputation ?


Elle avait parlé doucement, profitant du fait qu'ils étaient assez proches puisqu'ils dansaient ensemble. Là encore, pas besoin de préciser qu'Athèna ne pensait pas du tout à une amélioration de sa réputation actuelle, mais plutôt l'inverse. Peut-être essayait-il un nouveau stratagème pour avoir la paix. Car même s'il lui parlait avec fierté du fait qu'il avait mérité l'attention, elle se disait que s'il aimait tellement ça, il en profiterait avec une meilleure allure. Avec classe et un peu moins de boisson, en fait.

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Athèna
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Lun 20 Avr - 22:15


Mon sang se glace. Mon sang ne fait qu’un tour. Et je saisis le bras de l’autre Vainqueur pour la jeter sur la piste avec toute la délicatesse que je n’ai plus. Fuis ! Fuis, cours, cache toi ! Mon instinct me hurle de me soustraire à la vue d’un homme qui joue avec ma vie comme avec des marionnettes. Un claquement de doigts, mon frère termine dans une arène. Une frappe dans ses mains, j’égaye la soirée d’une Capitoline. Il fait ce qu’il veut de moi, sa simple présence m’angoisse bien plus que la plus sombre des obscurités. Et pour un achluophobe comme je le suis depuis mes jeux et bien… ce n’est pas dénué de sens. Pas du tout. C’est même très voire trop évocateur. Et dans tous les cas et bien… nous voilà sur la piste de danse. Je ne remarque pas sa crispation en premier lieu, plutôt son air affolé. Que je néglige dans une remarque sarcastique voulant la convaincre autant moi que tout est normal, que je n’ai pas paniqué, que je ne suis pas en danger dans cette foule de danseurs. Qu’il ne pourra – ne voudra ? – pas s’approcher de moi tant que nous danserons tranquillement sans faire d’émeutes.

Je ne remarque pas sa crispation, donc. Ce que je remarque, plutôt, c’est surtout que je ne sais pas danser. Ce n’est pas au programme d’un entraînement Carrière, et en quatre ans au Capitole, j’ai plutôt perfectionné mon sens de l’insolence et de la vulgarité que celui de l’artiste et du danseur qui, de toute manière, n’existe pas en moi. Je vous assure : je suis maladroit. Balourd. Bourrin. Vulgaire. Et même si ce dernier point ne rentre pas en jeu dans l’apprentissage de pas compliqué de danses ridicules, je trouvais qu’il sonnait bien. - Alors concentre toi dessus et oublie mes pieds. J'aime bien mes chaussures, et j'aimerais les conserver encore un peu. Elle est bien mignonne, mais ses chaussures vont morfler, avant ou sans ma coopération. Son sourire sonne aussi faux que le mien. « Autant me concentrer sur ton charmant minois alors. » Tiens, j’innove. Je change de terrain d’attaque, je provoque sur un autre domaine, avec ce sourire insolent qui caractérise le Maël officiel. Le vainqueur en jean, le Vainqueur décoiffé, renfrogné, effronté, arrogant et totalement hors des conventions du Capitole. Celui qui détruit l’œuvre des stylistes en quelques secondes. Le Vainqueur dragueur ? Non, ce n’est pas moi. Juste provocateur. Et l’alcool m’aide, dans ces cas là, à devenir celui que je ne suis pas et ne serais jamais.

- Par contre, la prochaine fois que tu changes d'avis, ce serait gentil de me prévenir. Ça éviterait de possibles ... Accidents. D'ailleurs, puisque je suppose que mon amusement est le cadet de tes centres d'intérêts, pourquoi tu as soudainement décidé d'exposer tes talents de danseur au Capitole ? Tu veux te forger une nouvelle réputation ? Hein ? Mes doigts se lient aux siens, je tente sans grande conviction de suivre la cadence, mes coudes et mes épaules percutants des Capitolins bien trop bourrés pour comprendre ce qu’il leur arrive. Les pas, le rythme, la mélodie même me sont totalement inconnus. La danse, être au centre de l’attention comme actuellement, alors que je sens dans ma nuque le regard perçant de mon maître chanteur… Je déteste ça. Presque autant que ces soirées, presque autant que le Président Snow, presque autant que le Capitole. Et si je donne l’impression de déborder de haine à l’encontre de tout ce qui fait mon quotidien, et bien… c’est que c’est le cas, voilà tout. Je me reconcentre sur notre discussion, essayant de mettre de côté la présence d’Anaël. Accident dit-elle ? En voilà une bonne blague. « Oh, ne t’inquiète pas, un cocktail renversé, un peu de sang répandu et un gros lard en moins, ça ne me fait ni chaud ni froid, tu sais ? » mon ton, badin, me surprend presque autant par son affabilité que par les mots que j’ose prononcer. De loin, je suis certain qu’on a l’impression que je lui fais du charme, avec mon petit sourire en coin. Qu’ils pensent ce qu’ils veulent, je viens d’écraser son pied, piétiner un autre en reculant, la force à virevolter d’un coup de poignet et à percuter, faire chuter, exploser dans sa rotation l’intégralité d’une pile de verres. Mon sourire s’accentue. « Oups. » Acte totalement volontaire ? Bien évidemment. « Trop ébloui, je n’ai pas fait attention à mon environnement. » Etrange. Je m’amuse. Je m’amuse vraiment. « Ca répond à ta question sur mes talents de danseur ? » Je bloque son poignet, nous forçant à nous immobiliser au milieu de la piste de danse, gênant momentanément l’ensemble des autres Capitolins. Une petite moue joueuse s’étire sur mes lèvres. Tendant de plus en plus vers de la sincérité. « Nous parlions de nous amuser. Et puisque la danse semblait à ce point te faire envie, je me suis dis que ça valait le coup d’essayer. » Ca m’agace. J’ai envie de lui faire confiance. Pour la première fois depuis longtemps. Mais je ne peux m’empêcher de regarder, de transpirer, d’angoisser et de me crisper en surveillant du coin de l’œil mon maître chanteur. Il est là. Je nous pousse hors de la piste, de l’autre côté de la pièce.

« Mais maintenant que nous nous sommes pliés à tes envies, plions nous aux miennes. Dis moi… Athèna, c’est ça ? Pourquoi ne manges-tu pas ? » Je lui mets d’autorité de nouveaux petits fours dans les mains alors que mes yeux restent fixés sur mon psychologue et cauchemar.


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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Mar 21 Avr - 10:17
Danser avec lui était un calvaire. Athèna avait beau essayer d'aller doucement, elle sentait bien que l'autre Vainqueur n'était pas dans élément au milieu de tous ces gens. Elle comprenait encore moins pourquoi il avait subitement changé d'avis pour venir la faire danser s'il n'y connaissait rien, surtout qu'au Capitole s'était un très bon moyen de se ridiculiser. Cela sonnait comme une confirmation de son hypothèse: il voulait sans doute détériorer encore un peu plus sa réputation. Peut-être espérait-il ne plus jamais être invité dans une de ces soirées aussi dangereuses pour son image qu'ennuyeuses.

 « Oh, ne t’inquiète pas, un cocktail renversé, un peu de sang répandu et un gros lard en moins, ça ne me fait ni chaud ni froid, tu sais ? »


* Sauf si c'est toi, le gros lard* Athèna appréciait la compagnie du jeune homme, parce qu'il était beaucoup plus intéressant que tous les esclaves de la mode qui se pressaient ici. Cela ne voulait par contre pas du tout dire qu'elle lui faisait confiance. C'était quelque chose qu'elle avait bien du mal à faire désormais, même si elle savait qu'en tant que Vainqueurs ils avaient certainement des points communs.
Il écrasa son pied, ce qui la ramena droit à la réalité, et profita de son mouvement pour l'envoyer bousculer des verres d'un coup de poignet. Non, définitivement, lui faire confiance n'était pas au programme. Le bruit fracassant du verre qui se brise empêcha Athèna d'entendre ce qu'il disait mais son air triomphant et faussement désolé se suffisait à lui même. Elle rit un petit peu et pour de vrai.

« Trop ébloui, je n’ai pas fait attention à mon environnement. »


Elle fit un pas pour s'écarter du verre brisé et manqua de peu de s'étaler par terre, son talon glissant sur les éclats. Traîner avec ce Vainqueur ne semblait pas très bénéfique à sa réputation, mais au moins c'était beaucoup plus drôle. Athèna prenait plus de plaisir à casser leurs verres qu'à manger leurs petits fours c'était certain. Même si elle n'appréciait pas du tout d'y être poussée par quelqu'un d'autre.

« Ca répond à ta question sur mes talents de danseur ? » 


C'était donc ça, le but de la manoeuvre ! Lui prouver qu'il ne comptait pas faire étalage de ses talents à la danse, mais plutôt l'inverse.

 - Oui, c'est très efficace comme démonstration !

Pendant un instant elle s'était dit qu'elle lui expliquerait qu'il aurait pu simplement lui dire qu'il ne savait pas danser. Mais elle trouvait l'idée d'embêter tout ce beau monde beaucoup plus distrayante encore que de simplement danser.
D'un autre de ses mouvements de poignet dont il avait le secret, et contre lesquels Athèna ne tentait rien, il les fit s'arrêter au beau milieu de la piste. Il fallait dire qu'elle n'avait pas spécialement l'envie de donner l'impression qu'elle se débattait contre lui, ce serait très étrange. Lui en tout cas, il affichait clairement son amusement sur son visage, même si la blonde affichait un air un peu plus sérieux - comme s'il lui disait quelque chose d'important. C'était assez amusant de tenter d'imaginer quelle histoire les Capitolins allaient inventer juste en regardant leurs visages, et Athèna s'attendait forcément à en entendre parler d'ici peu.

« Nous parlions de nous amuser. Et puisque la danse semblait à ce point te faire envie, je me suis dis que ça valait le coup d’essayer. »


Son air sérieux déserta rapidement son visage, au profit d'un sourire tranquille. Pour l'instant, ça paraissait gentil. Et, comme tout le monde, Athèna aimait que l'on soit gentil avec elle, ce qui n'était pas courant au Capitole. Pas que l'on soit volontairement méchant, mais on avait plutôt tendance à agir dans son propre intérêt. Il ne restait maintenant qu'à attendre pour savoir si ce piètre danseur était gentil ou s'il avait une idée derrière la tête.
En tout cas, il semblait guetter quelque chose dans l'assemblée - certainement les regards des Capitolins sur eux. Un Vainqueur était une star digne d'attention, deux Vainqueurs ensembles étaient un spectacle à ne pas rater. Athèna préférait imaginer que regarder, à l'inverse de son interlocuteur. Elle gardait plutôt les yeux rivés sur son visage, attendant de savoir si ses paroles avaient une suite.
Au lieu de ça, elle le sentit encore la pousser dans un coin. Son dos se raidit, redoutant encore un obstacle sur sa trajectoire, tandis qu'elle resserrait sa main gauche dans le but de se rattraper à lui s'il voulait la faire tomber. Heureusement ça ne semblait pas être son but, et ils se retrouvèrent juste hors de la piste, proche d'un coin du buffet que la jeune femme n'avait pas encore approché.

« Mais maintenant que nous nous sommes pliés à tes envies, plions nous aux miennes. Dis moi… Athèna, c’est ça ? Pourquoi ne manges-tu pas ? »

Elle aurait peut-être dû répondre sur son prénom. Ça aurait peut-être été beaucoup plus poli. Mais elle préférait se concentrer sur les petits fours qu'il lui plaçait dans les mains. Sa main droite eut du mal à se refermer à temps, et plusieurs d'entre eux tombèrent.
Pourquoi ne manges-tu pas ?
L'idée même qu'il les ai touché avant elle lui donnait envie de les reposer tout de suite. En plus il les avait choisi lui même, quoi de mieux s'il tentait de l'empoisonner ? Et même si ce n'était pas le cas, Athèna savait qu'il n'aurait pas suivi sa méthode de sélection reposant sur les probabilités de tomber sur de la nourriture empoisonnée ici. Elle ne pouvait pas manger ce qu'il venait de lui donner tout simplement parce que c'était lui qui avait choisi ce qu'elle était sensée ingurgiter.
D'un geste précipité elle reposa toute la nourriture sur le buffet, avant de lancer un regard autour d'elle pour vérifier si quelqu'un d'autre que le Vainqueur l'avait vu. Elle s'essuya consciencieusement les mains sur une serviette, puis même sur ses vêtements. Athèna avait la folle impression d'avoir du poison sur les doigts, comme s'il avait suinté des petits fours pour s'attaquer à elle. Le poison était le plus grand fléau. Et il fallait encore qu'elle trouve de quoi répondre à son camarade, si elle ne voulait pas définitivement passer pour une folle.

 - J'ai... Un petit appétit.  


Ah, ça c'était une bonne réponse ! Très crédible... Elle n'avait que la peau sur les os, salivait parfois d'envie devant les plats sans oser s'en servir, et allait prétendre qu'elle n'avait pas faim. Elle ne pouvait pas terminer sa phrase ainsi, ce serait suspect.

 - Je crains les douleurs d'estomac.


Voilà déjà qui se rapprochait plus de sa peur d'être empoisonnée, sans pour autant la faire passer pour une folle. C'était une bonne explication. Maintenant, la deuxième partie de la tactique consistait à détourner la conversation d'elle-même, pour parler d'un sujet moins... Problématique.

 - Et toi, c'est quoi ton prénom déjà ? Pourquoi tu bois autant ?  


C'était bien ça, direct et efficace. Légèrement sans réel intérêt mais pratique pour changer de sujet. Alors qu'Athèna se décidait à essayer de prendre quelque chose du buffet dans la main, parce que rester à côté sans même y jeter un oeil paraissait étrange, elle entendit quelqu'un s'approcher d'eux.

 - Bonsoir.


La blonde tourna la tête, n'ayant pas encore eu le temps de jeter son dévolu sur quoi que ce soit de " comestible". Elle n'avait encore jamais vu cette personne ici. Athèna répondit à son salut par un hochement de tête poli, ayant retrouvé son faux sourire. La vie de Vainqueur était bien difficile.[/color][/color]
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Mar 21 Avr - 23:09


Il y a des gens qui ont le sens du rythme, d’autres qui ont le sens de la grâce et de la délicatesse. Et bien moi, je sais dessiner et c’est tout. Et la danse, ce n’est clairement pas du dessin. Et Athèna en fait les frais, à son grand déplaisir j’en suis certain. Moi, je m’en fiche. Je ne cherche pas à éblouir le Capitole par mes capacités de danseur, je cherche juste à me faire remarquer, à m’amuser, à leur faire des pieds de nez et à me tenir loin, très loin, le plus loin possible de mon maître chanteur. On pirouette, on titube, on percute une table et la musique s’embellit soudainement d’un concert de cristal et de verres qui se renversent et s’explosent sur le sol et le tapis dans une myriade de petits éclats. Oups s’amusent mes lèvres. D’un mouvement de poignet, je nous en éloigne, articule un petite justification, une provocation supplémentaire à l’encontre du Capitole, souris davantage encore lorsqu’elle me répond sur le même ton par un - Oui, c'est très efficace comme démonstration ! qui manque même de me faire éclater de rire. Sincèrement. C’est déroutant. Quelque part, je me méfie d’elle. Plus encore parce qu’elle me semble sympathique finalement. Je me méfie d’elle, parce que le Capitole n’est qu’un nid de serpents. Parce que je ne n’oublie pas que c’est un Vainqueur, que c’est mon mentor, que c’est une personne comme elle qui a soufflé la première l’idée destructrice de nous afficher, Myriam et moi, comme rivaux et non complices. Encore un mouvement de poignet, un reste d’art martial plutôt que de danse, ne vous faites surtout pas d’illusions, je nous immobilise au mieux de la piste, avant d’enchaîner, tombant de plus en plus dans une sincérité dangereuse. Dangereuse, oui, c’est le mot qui convient. Petit à petit, je me contemple en train d’abaisser ma garde. Mon sourire tranquille devient trop chaleureux, loin des faux que j’affiche en permanence. Qu’ai-je asséné à Hadès il y a peu ? Que… et bien qu’il valait mieux se tenir loin de toute sympathie pour ne pas offrir au Capitole le bois pour nous battre ? Et bien je me mens. Là, maintenant. Je me mens et ça m’agace, parce que j’ai envie de lui faire confiance. Ca m’agace, ça m’angoisse, et comme aimanté mon regard file et tombe sur la silhouette de mon psychologue, me forçant une nouvelle fois à la pousser hors de la piste et nous échouer sur un buffet légèrement déserté.

Reprends tes esprits, Maël, reprends toi. Joue, joue, mens, mens aux autres mais ne te mens pas. Mon sourire redevient ce simulacre qu’il aurait du rester, teinté d’insolence. Et c’est à mon tour de m’amuser, de choisir un jeu. Celui des questions. Celui auquel je ne compte pas, d’ailleurs, participer si jamais elle s’y hasarde elle aussi. Première question qui me passe par l’esprit : la nourriture. D’autorité je lui impose des petits fous, en en mâchant la moitié au passage, les yeux rivés dans son dos, sans l’observer, sans surveiller ses mains qui hésitent, relâchent, reposent les petits fours. - J'ai... Un petit appétit. Ouais, c’est ça, prends moi pour un Capitolin. J’attrape un verre que je vide cul sec, avec d’en saisir un deuxième, de le boire tout aussi vite, d’en prendre un troisième. Anaël approche. Je le sens mal. Et derrière moi, il y a un mur. Je ne peux pas fuir. Et il approche. - Je crains les douleurs d'estomac. Hein ? Mais comment elle peut se croire credible, là ? La nourriture est peut être trop abondante, trop, trop, elle a le seul avantage d’être constamment comestible. « M’est avis que tu vas avoir des douleurs d’estomac plus facilement si tu ne manges pas que si t’ingurgites ces trucs » Je ne fais pas vraiment attention à ce que je raconte. Mes yeux restent fixés sur elle. Sur son épaule. Sur la silhouette derrière qui… disparait dans la foule. Un soupçon de soulagement se disperse dans mes épaules. Je prends un quatrième verre que je porte à mes lèvres pour en boire une gorgée avant de me raviser et de le lui tendre. « Dans ce cas là, si tu veux pas manger, t’as qu’à boire. » Boire pour être saoul. Boire pour oublier. Boire pour être libre. Libre de dire ce que je pense, libre d’être ce que je suis : une épave. - Et toi, c'est quoi ton prénom déjà ? Pourquoi tu bois autant ? Hein ? Mon nom ? Mais c’est quoi cette obsession pour mon prénom ? Elle l’a pas entendu de la soirée ? Elle… - Bonsoir.

Oh non. Mon visage se décolore. Mon poing se crispe sur mon verre, le fendille presque, me force à le poser avec précipitation sur la table du buffet. « Maël ! » Il me sourit d’un air satisfait, conscient d’avoir ferré sa proie, conscient que je me liquéfie sur place. Il se tourne vers l’autre Vainqueur, son sourire s’accentuant sur ses lèvres. Une autre proie ? Peut être qu’il l’a déjà mise à son tableau de chasse. Je ne sais pas combien de Vainqueurs ce psychologue suit, mais je sais que je ne suis pas le seul. Il lui tend une main poli. « Athèna Woodland, celle qui a trahi, je ne crois pas que nous ayons déjà eu l’honneur d’être présenté l’un à l’autre. Anaël Harrison. J’espère que Maël ne vous dérange pas trop, ce bougre a tendance à être un peu trop porté sur l’alcool et parfois il lui arrive de sortir des propos qui pourraient être très mal interprétés… » J’ai envie de pleurer. De disparaître. Mais je n’ose pas bouger. En quelques phrases, Anaël a tout dit. Tout lancé. Ses poignards sont fichés dans ma peau jusqu’à la garde. Celle qui a trahi. Il n’a pas choisi son bras comme angle d’attaque, plutôt les circonstances de sa victoire. Je m’en souviens maintenant, j’avais trouvé ça lâche sur le moment lorsque je regardais les jeux avec l’excitation d’un Carrière. Gagner en empoisonnant, c’était tellement pas loyal. des propos qui peuvent être très mal interprêtés. Il sait que je joue la comédie, lorsque je suis bourré. Il sait que les seuls moments où je suis réellement sincère, c’est quand je fais mine d’être totalement saoul. Et il veut détruire la confiance naissante entre Athèna et moi. La solitude, c’est le meilleur moyen pour mâter un Vainqueur. « Anaël… » Ma voix oscille. Pâlit. Veut tout dire. Laisse nous.. « Chouette soirée, hein ? »


_________________
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Mer 22 Avr - 0:21
Athèna n'était donc pas la seule à prendre la mauvaise habitude de reposer ce qu'elle avait dans les mains sur le buffet. Le Vainqueur, après lui avoir clairement dit qu'elle n'était crédible pour un sous avec ses explications, venait de reposer près d'elle une coupe. Il s'apprêtait à la boire, signe qu'elle n'était au moins pas empoisonnée par lui. La jeune blonde s'en saisit avant de se retourner en entendant une voix proche mais inconnue.
Athèna lui offrit un sourire et un hochement de tête poli, même si son rêve en ce moment était surtout d'être très loin. Elle commençait presque à s'amuser avec l'autre Vainqueur - même si le jeu des questions était beaucoup moins drôle que de renverser des verres. Voilà une intervention sérieuse qui, si elle avait le mérite de changer de sujet, allait vraiment faire retomber l'ambiance.

 « Maël ! »

* Ah, ils se connaissent ?* Voilà une information très intéressante. En tout cas, l'inconnu avait l'air très content de le croiser. Un ami peut-être ? Athèna ne savait pas trop. Le point positif était qu'au moins elle connaissait désormais le prénom de son camarade de bêtises, qui était plutôt désigné par des surnoms dans la foule que par sa véritable identité. L'inconnu tendait une main vers la jeune femme. La main gauche occupée par un verre, elle n'eut pas d'autre choix que de solliciter son très lent bras droit, et de réussir à peine à refermer ses doigts sur la main amicale avant qu'il ne l'enlève et que la Vainqueur ne laisse retomber son bras brusquement. Elle n'aimait pas les efforts inutiles, encore moins les efforts humiliants.
Elle porta doucement sa coupe à ses lèvres.

« Athèna Woodland,  celle qui a trahi , je ne crois pas que nous ayons déjà eu l’honneur d’être présenté l’un à l’autre. Anaël Harrison. J’espère que Maël ne vous dérange pas trop, ce bougre a tendance à être un peu trop porté sur l’alcool et parfois il lui arrive de sortir des propos qui pourraient être très mal interprétés… » 


Elle eut envie de recracher ce qu'elle avait dans la bouche. D'une main mal assurée elle déposa sa coupe derrière elle sur la table en se forçant à sourire alors même qu'elle semblait plutôt trembler. Celle qui a trahi . C'était donc comme ça qu'ils l'appelaient par ici ? Personne ne lui pardonnerait donc jamais d'avoir empoisonné cette grosse brute pour rester en vie ? Pendant un instant, elle avait planté ses yeux dans ceux d'Anaël. Elle avait cru y revoir ceux de Nero, au moment où il s'était jeté sur elle pour l'étrangler en réalisant qu'elle l'avait trompé. Athèna avait cligné des yeux comme une idiote, consciente qu'elle ne devait pas passer pour une fille très maligne. Elle avait reculé un peu, jusqu'à toucher la table. Mais à quoi s'attendait-il en la traitant de traîtresse de toute façon ? Le psy d'Athèna avait déjà clairement expliqué que les conditions de sa victoire n'étaient pas un sujet à aborder, ce qui faisait que le Capitole la laissait relativement tranquille, c'est à dire ne posait jamais de question à ce sujet. Ça devait être ça. Son silence devait les intriguer.
Ce n'était pas une manière très agréable d'aborder les gens. Mais au Capitole, il fallait toujours faire semblant que tout le monde était agréable de toute façon, ça ne changeait pas grand chose.

- Enchantée.

Elle lui offrit un nouveau sourire, comme si elle sortait finalement d'un genre de rêverie qui l'avait empêché de faire véritablement attention à ce qu'il disait.

- Ne vous inquiétez pas, il est pour l'instant d'une très bonne compagnie. Et puis vous savez, pas besoin d'interpréter quoi que ce soit quand on parle de petits fours !


Maël n'était pas vraiment la personne la plus agréable qu'elle ait rencontré. Mais il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir qu'il avait perdu une bonne partie de son entrain à l'approche de cette personne, ce qui ne donnait vraiment envie de se faire un ami d'Anaël. Ça donnait juste envie de l'éviter. Et puis, ce qu'elle disait n'était pas vraiment un mensonge: ils avaient réellement parlé de petits fours et autre nourriture.
Mais peut-être faisait-il allusion à ce qu'ils auraient pu se dire en dansant ? Non, il devait croire à un badinage stupide, comme tout le monde. Et puis, pourquoi s'intéressait-il à l'interprétation que l'on pouvait faire des paroles du Vainqueur ? Cette situation devenait trop étrange et désagréable à son goût. * Calme toi Athèna, tu es encore en train de te faire des films* . Il devait juste être un ami soucieux de la réputation de Maël, voilà une explication tout à fait normale. C'était un conseil de son psy: trouver une explication rationnelle et normale pour chaque phénomène qui renforçait un peu plus son angoisse. Mais ce soir, rien ne pouvait justifier toutes les sensations de vulnérabilité qu'elle avait pu ressentir, ni l'impression d'avoir vu les yeux d'un mort. Et toujours cette même idée, au fond d'elle même. Quelqu'un voulait sa mort. C'était aussi paranoïaque qu'impossible à occulter pour elle. Et ça lui coupait définitivement l'appétit.

« Anaël… »

Maël non plus n'avait pas l'air très content. Cela remettait encore en cause l'hypothèse de l'ami. * Arrête de réfléchir Athèna, ça t'as sauvé dans l'arène mais ici ça apporte que des ennuis...*. Elle devait se moquer éperdument de savoir quelle relation pouvait exister entre les deux hommes. Au Capitole, si ce n'était pas une histoire de coucherie ça n'intéressait personne. Il fallait qu'elle se mette à cette nouvelle philosophie.

« Chouette soirée, hein ? »


Oui c'était ça. Une " chouette soirée ". Elle ferait mieux de suivre l'exemple de Maël, lui, il avait l'air d'être tout à fait disposer à entretenir une discussion, même si ça ne débordait pas de joie de vivre. Mais Athèna n'avait vraiment aucune envie de rester ici, surtout si c'était pour se faire traiter de traîtresse encore une fois. Elle avait " les nerfs fragiles".

- Vous ne trouvez pas qu'il fait un peu chaud par ici ? Je vais aller faire un tour dehors, il paraît que la terrasse est magnifique ! Vous m'y retrouvez ?


Malgré l'utilisation du pluriel, cette phrase s'adressait beaucoup plus à Maël qu'à Anaël. Il était à peu près la seule personne qui pourrait lui adresser la parole ici sans la mettre hors d'elle. Et elle sentait déjà qu'elle se rapprochait dangereusement de la limite de remarques désobligeantes qu'elle pouvait supporter. Prendre l'air était une très bonne idée. Et puis, un coup de chaleur expliquerait peut-être son air hagard un peu plus tôt lors de leurs présentations ? C'était vraiment une bonne idée. De plus, même si Anaël se joignait vraiment à eux ( et encore, ça c'était si Maël venait), elle aurait au moins eu quelques minutes de relative tranquillité.
Elle marcha doucement vers la sortie de la salle, pour ensuite monter un escalier très large qui donnait à l'endroit des airs de châteaux. Ou peut-être était-ce vraiment un château en fait. Durant ce passage éclair, Athèna aurait juré reconnaître certains visages dans la foule des invités. Mais c'était impossible. Encore des visages de tributs. Morts évidemment. Mais ça lui arrivait assez souvent, et tant que ce n'était pas celui de Nero elle pensait pouvoir y faire face correctement. Quoi qu'il en soit, elle entra dans une salle en tout point identique à celle du niveau inférieur, à part que l'on y trouvait moins de monde, et accéda à l'extérieur par une baie vitrée.
Elle y était seule, à tel point qu'elle se demanda un instant si ce n'était pas une zone plus ou moins interdite. Ou un endroit dangereux. Non, elle balaya cette pensée de son esprit en secouant la tête. Elle y était au contraire bien plus en sécurité que dans la salle, car ici personne n'était là pour lui parler.
La jeune blonde s'appuya sur la rambarde, se penchant un peu pour observer le paysage en prenant de grandes inspirations. Il faisait peut-être un peu froid pour les riches et fragiles habitants du Capitole, voilà qui expliquait leur absence.
Elle se pencha encore un peu, pour observer plus bas. Cette ville était véritablement aussi incroyable de nuit que de jour. C'était toujours le spectacle, comme si tout était fait pour donner l'impression que le Capitole ne dormait jamais.
Elle se pencha encore un peu. Athèna recommençait un peu à divaguer comme ça lui arrivait parfois depuis sa victoire, et elle était bien heureuse que personne ne soit là pour la voix fixer le sol avec autant d'insistance. Elle savait très bien que ce qu'elle croyait y voir n'était que le fruit de son imagination, et qu'il n'y avait pas vraiment un sol de prairie humide en bas... Mais elle savait très bien aussi qu'elle ne pouvait pas faire grand chose pour estomper ces visions d'horreur, à part essayer de se mettre dans un coin et de se changer les idées. C'était pour ça qu'il ne fallait pas lui parler de sa victoire. Parce qu'elle finissait vite par retomber en plein cauchemar. Et si les Capitolins s'étaient montrés indulgents face à ses besoins de solitudes à sa sortie d'arène ce n'était plus le cas maintenant. Elle devait espérer qu'on la laisserait tranquille, ce qui ne s'était pas produit ce soir.
Et soudain cette pensée. * Et si quelqu'un était là ?*
Elle se redressa aussi brusquement que si elle avait vu un fantôme, et se tourna vers la baie vitrée.

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Athèna
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Lun 4 Mai - 22:28


C’est affreusement horrible à dire, mais face à Anael, j’ai envie de pleurer. Vraiment. Son regard provoque en moi des tremblements de panique, chaque respiration semble me condamner et moi, j’ai l’impression de sentir sur ma nuque la pointe d’une épée que l’on enfonce lentement, comme une menace grandissante, comme une mise en garde constante. Il joue avec moi, j’en suis parfaitement conscient. Il joue avec moi alors même que la soirée et la foule qui nous entourent me protègent très légèrement de sa présence et de son influence. Mais c’est plus fort que moi : je perds mes moyens face à lui, peinant à respirer et luttant contre la panique la plus totale. En quelques mots, le ton est donné, le principal est dit : en quelques mots, il me présente, il se présente, et il appuie avec délicatesse sur les failles psychologiques des deux vainqueurs. Détestable, voilà ce qu’il est. Et dans ses yeux, on voit bien qu’il le sait et que, pire encore, il l’assume totalement avec ce petit sourire mesquin et amusé de celui qui maîtrise tout. Immobile, je l’observe démolir verbalement Athèna en s’attardant sur l’une de ses failles psychologiques, je suppose. Je suis peut être lâche, mais pour une fois que ce n’est pas moi la cible, je préfère me taire pour ne pas la redevenir. La main mal assurée sur la Vainqueur me fait détourner le regard. Sers les dents, Maël, sers les dents. Il va bien finir par partir, après avoir réduit en lambeaux le peu de… complicité ?, qui commençait à naître en toi et l’autre Vainqueur. Sers les dents Maël, je me répète cette instruction en me mordant la lèvre inférieure. - Enchantée. Je ne peux pas nier qu’elle a un certain mérite. Je ne suis pas le moins expérimenté lorsqu’il s’agit de ravaler sa rancœur et de sourire sans aucune joie, mais je me sais totalement incapable d’être aussi serein qu’elle face à mon psychologue. Elle a du mérite. Pire encore : elle a du cran. Parce qu’en dehors de sa main mal assurée et de son regard, rien ne laisse paraître le piétinement qu’elle vient de subir. Non. Je ne peux vraiment pas nier qu’elle m’impressionne, et je ne le peux toujours pas lorsqu’elle enchaîne pour me… défendre ? - Ne vous inquiétez pas, il est pour l'instant d'une très bonne compagnie. Et puis vous savez, pas besoin d'interpréter quoi que ce soit quand on parle de petits fours ! Ah non, non, non, ne t’allie surtout pas à moi. Athèna, grossière erreur ! Pour qu’il te laisse tranquille, il fallait que tu fasses mine de comprendre et que tu le remercies du conseil. Non, non, non, il ne fallais pas faire ça. Je me mordille la lèvre à nouveau, tousse pour m’éclaircir la voix et attirer l’attention d’un Anaël devenu curieux et intrigué. Ma respiration s’accélère lorsque je croise les pupilles du Capitolin. Chouette soirée, hein ? Changeons de sujet, et vite. Et laisse nous, s’il te plait, laisse nous. Anael penche légèrement la tête sur le côté, pose son verre sur la table et attrape un petit four, comme pour me faire, nous faire, clairement comprendre qu’il compte papoter avec nous pendant plusieurs minutes encore.

Je lève les yeux au ciel, fais dériver mon regard sur le reste de la salle. Ce n’est pas compliqué : je sens le regard pesant d’Anael sur ma nuque, il faut absolument que je cherche une solution de fuite, une porte de sortie, une… - Vous ne trouvez pas qu'il fait un peu chaud par ici ? Je vais aller faire un tour dehors, il paraît que la terrasse est magnifique ! Vous m'y retrouvez ? Je bondis aussitôt sur l’occasion offerte par une Athèna qui semble avoir parfaitement compris, finalement, à qui elle avait à faire. « Tu as tout à fait raison, l’atmosphère devient irrespirable avec cette foule, et… » La main d’Anael posée sur mon bras me fait aussitôt taire et me crisper. « C’est d’accord, nous t’y retrouverons. » Plus tard. Je suis du regard la Vainqueur s’échapper alors qu’Anael me pousse contre le mur le plus proche d’un regard menaçant. « Tu joues à quoi, Maël ? C’est une Vainqueur du Neuf ? Elle déteste les gens comme toi, elle déteste les Carrières et elle s’est sacrifiée pour sauver sa petite sœur. Toi, tu as tué la tienne. Tu penses réellement qu’elle apprécie ta compagnie ? » Je n’ose pas bouger mais je suis brutalement partagé entre une volonté sournoise de fondre en larmes et de l’étrangler. Parce qu’il n’a pas tort sur un point : ma présence doit être insupportable à Athèna lorsqu’on prend en considération la différence entre elle et moi. J’ai tué ma sœur pour gagner, elle a sauvé la sienne en mourant. Ou presque. Je ferme les yeux, persiste à me taire, persiste à éviter son regard. Je me demande même si je vais survivre à cette soirée maintenant que ma seule possible alliée s’est envolée dans un nuage de fumée, brûlée vive par les sous-entendus de mon psychologue, écartelée par les jeux, décapitée par mon image publique et la sienne. Et soudain : le miracle.

Anael se retourne brutalement, me lâche, et foudroie du regard la personne qui vient de l’interpeller. « Tache de faire profil bas, Maël. On reprendra cette conversation demain. Et ne lui parle plus. » Deux ordres, un impératif. Il me tourne le dos et offre son plus charmant sourire au Haut Juge qui vient de faire son apparition. Moi, j’en profite pour m’éclipser. M’appuyer au mur. Essuyer la transpiration qui colle quelques unes de mes mèches sur mon front et dans ma nuque. Ne lui parle plus. L’ordre tourne et résonne dans mes pensées. Je ne sais franchement pas ce qui est le mieux, mais je sais une chose : je refuse de plier totalement. Anael me manipule, Anael me soumet à sa volonté. Constamment. Mais je refuse que le contrôle soit total, je ne le supporterai pas. Le Capitole, je le hais. Les Capitolins, je les hais aussi. Mais plus encore, je hais ce que l’on a fait de moi, ce que j’ai fait de moi, ce que l’on voit de moi. Je ferme les yeux, serre le poing en regardant une dernière fois le dos de mon maître chanteur, et m’esquive dans une autre pièce, dans un escalier, dans un couloir, dans… mes pieds frôlent la porte sans la franchir. Derrière moi : l’ensemble illuminé de l’intérieur de la villa. Devant moi, la terrasse. Athèna. Et la nuit. Ma hantise. Regarder les ténèbres droit dans les yeux, c’est le maximum que je puisse faire. M’y plonger, m’y immerger, c’est au dela de mes forces. La dernière fois que l’on m’a fait sortir de nuit d’un bâtiment, je me suis pissé dessus dans les premiers mètres. Elle se penche, je l’observe, incapable de prononcer un mot. Je me demande d’ailleurs encore ce que je fais là.

Et elle se tourne, me prenant brutalement au dépourvu. Je fais aussitôt un pas en arrière, comme pour me protéger de la nuit qui l’enveloppe à moitié. La terrasse est éclairée, pourtant. Mais je n’arrive pas à ne pas voir derrière elle des doigts de brume s’agiter pour la saisir et l’emporter dans la nuit. Je n’arrive pas à ne pas entendre les cris des Tributs s’égorgeant dans l’obscurité de la forêt, se désarticulant dans un gouffre masqué par les ténèbres. « Rentre, reste pas dehors. » C’est plus fort que moi. Je suis terrifié, et quelque part je n’arrive pas à me dire qu’elle ne peut pas ne pas être terrifiée elle aussi. Et son attitude frôle donc le suicide à mes yeux d’achluophobe. « Je suis désolé pour Anael, il… « Je ne sais même plus comment je voulais finir ma phrase. J’ai presque l’impression d’avoir pensé, le temps d’une seconde, qu’il était de mon devoir de le défendre. Je ferme les yeux. Bon sang, où est donc le Maël officiel, hein ? Ou est le Maël grossier, sûr de lui, le Maël insolent ? Pourquoi est ce qu’il ne reste qu’un trouillard, là ? Ce n’est pas le moment de flancher, vraiment pas ! « Ca va mieux ? T’as mangé trop de petits fours ? » Piètre tentative de provocation qui ne se solde que par une question sans aucune conviction.


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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Mar 5 Mai - 9:38
Athèna fixa Maël un moment. D'un côté elle était rassurée qu'il ne soit pas accompagné d'Anaël, qui lui était tout à fait désagréable, mais de l'autre elle aurait préféré rester encore un peu toute seule. Seulement le Vainqueur était là, comme elle l'avait proposé, et il faisait une drôle de tête en la regardant. La jeune blonde ne put pas s'empêcher de tourner la tête vers la nuit qui s'étendait derrière elle, à la recherche d'une quelconque menace. Il commençait sérieusement à l'inquiéter, parce qu'elle n'avait rien vu. Quelle menace invisible pesait sur elle ?

« Rentre, reste pas dehors. »


Athèna ne lui demanda pas pourquoi. Elle inspira un grand coup pour profiter encore un peu de l'air frais et s'approcha de la porte. Rester dehors aurait eu l'avantage de les isoler du reste des invités qu'Athèna n'était pas sûre de pouvoir supporter. Mais comme toujours elle n'avait pas d'autre choix de faire face, redoutant un peu plus à chaque instant le moment où elle craquerait et où sa vision de l'arène remplacerait totalement la réalité. Cela lui arrivait régulièrement depuis sa victoire, et son psychologue était loin de l'avoir débarrassée de ce fardeau.

« Je suis désolé pour Anael, il… «

 - N'est pas là, c'est vraiment dommage.  


Athèna essayait de lui faire comprendre gentiment que son ami n'était pas du tout le genre de personnes qu'elle prenait plaisir à fréquenter. Il s'amusait bien trop à ses dépends, comme le reste des Capitolins en vérité, et ne semblait pas vouloir être sympathique de toute façon. À peine arrivé il avait bien appuyé sur ce qui n'allait pas chez elle, tout en se montrant désagréable avec Maël en insistant sur le fait qu'il ne mesurait sans doute pas l'impact de ses paroles. L'ami parfait, en conclusion.

« Ca va mieux ? T’as mangé trop de petits fours ? »


Encore cette histoire de petits fours. À croire que Maël en était presque obsédé. Et puis c'était bien évident pour Athèna qu'il se moquait d'elle: il savait très bien qu'elle n'avait quasiment rien mangé, et même si elle se forçait à essayer de donner l'impression qu'elle se goinfrait comme tout le monde, il n'y avait que des Capitolins pour tomber dans le panneau. Mais après les remarques d'Anaël, et ce début de flash-back angoissant qu'elle avait vécu en revoyant les yeux d'un mort et son arène, Athèna ne pouvait pas oublier sa peur omniprésente de l'empoisonnement. L'idée même de nourriture lui donnait envie de vomir, comme pour se persuader que même si elle avait mangé quelque chose de mortel elle pouvait encore s'en séparer et vivre.

 - Ça va mieux, mais si tu me parles encore de nourriture c'est moi qui vais vomir sur tes chaussures. T'es prévenu.  


Ça manquait un peu de sympathie, dit comme ça. De toute façon, il l'avait cherché ! Il savait très bien que ce sujet ne lui plaisait pas - il aurait fallu être aveugle pour ne pas l'avoir deviné - et il s'attardait encore dessus. Comme si ça avait une quelconque importance de savoir ce qu'elle mangeait, en quelle quantité, si c'était trop ou pas. Maintenant qu'elle avait bien signifié que ce sujet lui était totalement désagréable, il fallait qu'elle pas à autre chose. Déjà, elle finit enfin par rentrer totalement dans la salle éclairée qu'elle fixait depuis plusieurs minutes. Elle était beaucoup moins remplie que l'étage inférieur, et c'était bien la seule chose qui faisait qu'Athèna se sentait le courage de rentrer.

 - Tu n'avais pas l'air très content de voir ton ami tout à l'heure.


Ça c'était le moins qu'on puisse dire. C'était à se demander si Anaël était l'ami de qui que ce soit, puisqu'il n'était agréable ni à ceux qu'il connaissait, ni aux inconnus.
Le regard de la Vainqueur se perdit un instant sur la foule, tandis que sa respiration se faisait plus marquée. Elle voulait s'assurer qu'elle n'était pas déjà en train de perdre le contrôle, auquel cas elle ferait mieux de retourner dehors. Et même si certains détails n'avaient pas leur place à cette soirée, si quelques visages n'auraient pas dû avoir la forme qu'elle voyait, elle sentait que pour le moment ça allait malgré les quelques sursauts que ça lui provoquait. Elle pouvait rester à l'intérieur, mais avait déjà bien décidé de ne pas s'éloigner de la terrasse. Maël avait eu l'air d'y voir quelque chose, d'accord, mais rien ne pouvait être pire pour Athèna qu'être entourée de ces gens. Ces gens qu'elle ne connaissait pas et dont le visage pouvait trop facilement devenir celui de quelqu'un d'autre.
Elle se demandait si ça arrivait aux autres Vainqueurs. Son psychologue parlait de stress post-traumatique et de paranoïa, mais les autres ? Avaient-ils la même chose ? Lorsque Maël regardait la salle, voyait-il lui aussi des morts s'agiter comme s'ils étaient vivants ?

 - Tu veux vraiment pas aller dehors ? On serait plus tranquille...


La configuration de cette salle était identique à celle où ils s'étaient rencontrés. La majeure différence était qu'ici les gens dansaient moins, et semblaient trouver plus intéressant de discuter par petits groupes. Athèna ne pouvait pas s'empêcher de penser à divers complots qu'ils pouvaient être en train de monter, entre leurs messes basses et leurs regards discrets sur ce qui les entourait. Oui, ça ressemblait vraiment à une conjuration en marche, à des prises de décisions dans l'ombre, et tout ça bien sûr ne pouvait que lui nuire à elle. Elle vivait dans l'impression constante que l'on voulait sa mort et avait maintenant l'impression que tout se jouait ici. * Mais non, ils discutent entre amis. Ils discutent entre amis de leur prochaine soirée, c'est tout... Voilà c'est ça.* Elle avait vraiment du mal à s'en persuader, mais il fallait bien faire avec.
Ses doigts de la main gauche ne parvenaient plus à lâcher son couteau ridicule à l'intérieur de sa poche, en réponse à ce sentiment d'agression plus ou moins justifié qu'elle ressentait. Elle n'était pas prête de remettre les pieds de son plein grès dans ce genre de soirées, se disait-elle. Jusqu'à se rappeler qu'il était indispensable qu'elle se montre de temps en temps pour qu'on ne l'oublie pas et qu'elle puisse tenter de jouer correctement son rôle de mentor. Quelle blague.

_________________

Athèna
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ϟ METIER : Journaliste et Mentor (71èmes HG) - A un talent caché pour le dessin.
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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Lun 11 Mai - 21:10


L’intervention d’Anael n’a laissé que des ruines. Vraiment. J’ai du mal, beaucoup de mal, à être celui que j’étais en début de soirée. Où est parti le Maël sûr de lui et provoquant ? Où s’est caché le Vainqueur sarcastique, moqueur, celui qui renverse des tables, se moque de la Vainqueur, écrase des pieds et toutes les politesses de base sous son talon rageur ? Il s’est carapaté, l’imbécile, il s’est enfui dès que l’ombre menaçante de son maître chanteur est apparu sur la scène, comme une apparition calculée du Croque-Mitaine. Un frisson, je contemple pendant une fraction de seconde Athèna la suicidaire qui reste à portée de main de cette nuit qui me terrifie. Ne reste pas dehors. C’est presque une supplique que je lui lance, incapable que je suis de franchir le pas de la porte. C’est plus fort que moi, ou bien je suis trop faible, mais la nuit et l’obscurité quelle qu’elle soit me terrifie. M’horrifie. Une chance cependant : la voilà qui obtempère sans poser davantage de question et je me demande pendant un bref instant s’il n’y a pas quelque chose de tordu dans ses rouages, dans ses réflexions, dans son cerveau de Tribut qui a été massacré par les jeux au même titre que le mien. C’est étrange, d’ailleurs, de se rendre compte qu’elle est comme moi sur beaucoup de points. Moi qui ai toujours mis de la distance hautaine entre les autres Vainqueurs et mon armure d’indifférence. C’est étrange, de se rendre compte de ce qui nous rapproche.

Et de ce qui nous éloigne. Il n’aurait au final suffi que de deux phrases à Anael pour réduire à néant le peu qui commençait à se bâtir entre elle et moi. Etait-ce de la complicité ? Un peu d’affection ? Ca n’a plus d’importance parce qu’elle me déteste sûrement et moi je dois la mépriser. Je n’ai rien à faire, ici, d’ailleurs. Je n’ai rien à faire ici, à commencer des excuses pour l’intervention de mon psychologue, je n’ai rien à faire à l’étage, à lui parler alors qu’il vient tout juste de me l’interdire explicitement. « Je suis désolé pour Anael, il… « - N'est pas là, c'est vraiment dommage. [/b] Je frissonne. On ne rigole pas avec Anael, et je ne goûte pas du tout à son ironie et à sa légèrement moquerie. J’inspire profondément pour mieux changer de sujet pour redevenir le Maël de début de soirée. Sans succès. Ma provocation tombe à plat, tout comme mon moral et ma combativité. Il faut que je parte, il faut que je fuie. Il faut que je disparaisse dans la nature, que je m’éloigne d’elle, que je… - Ça va mieux, mais si tu me parles encore de nourriture c'est moi qui vais vomir sur tes chaussures. T'es prévenu. Il y a vraiment quelque chose de détruit entre nous deux, je m’en rends compte à chaque fois qu’elle parle. Parce qu’il y a une dizaine de minutes, j’aurai répondu sans sourciller ni réfléchir. Là, je reste un instant muet, et ma respiration se bloque. Je n’arrive même pas à goûter à la plaisanterie et à la provocation. Tout ce que je parviens à articuler, c’est un « Je vais arrêter alors, ça gâcherait tellement mon magnifique costume même si j’avoue douter sur la quantité de vomi que tu seras capable de régurgiter vu ton appétit » bien fade et insipide à mes oreilles. D’un pas, elle finit de rentrer dans la pièce et mes épaules se décrispent légèrement. Enfin. - Tu n'avais pas l'air très content de voir ton ami tout à l'heure. Aussitôt la tension revient, grimpe le long de ma colonne vertébrale et joue avec mes poumons. Je grimace un sourire. « Tu te fourvoies, j’étais juste surpris de le voir ici. » Par pitié, changeons de sujet. Je ne peux pas te faire confiance, parce que tu me détestes. Je lève les yeux au ciel, tentant d’ignorer les dernières vingt minutes, tentant de faire abstraction du balcon, tentant de… - Tu veux vraiment pas aller dehors ? On serait plus tranquille... « Non, on reste ici. » Réponse sèche, qui a surgi automatiquement de mes lèvres sans laisser le choix à Athèna. « Pas question que je sorte, on pourrait croire que la fête nous déplait pour que l’on se cache à ce point. » C’est ça Maël, essaye de lui faire gober ça. Je lui offre une nouvelle tentative de sourire complice qui se solde, cette fois, par une grimace déjà un peu plus convainquante que la précédente.

Je recule d’un pas. Pour mieux me coller à la rambarde du couloir qui donne immédiatement sur le salon où dansent encore les gens, dans des mouvements désarticulés qui donneraient presque l’impression que je sais danser. Mes yeux se fixent dans les siens, longent le couloir, reviennent sur elle, se perdent dans l’escalier qui nous a menés jusqu’ici pour terminer, après un rapide coup d’œil dans son dos, sur le balcon, sur ses cheveux blonds. « Nous formons un bien étrange duo, tout de même. » Je commence enfin à reprendre un peu contenance. « On s’est tous les deux portés volontaires. Toi pour sauver ta sœur, moi pour la tuer. » Oui, je ramène brutalement le sujet sur le tapis. J’ai besoin, je ne sais pas pourquoi, de savoir ce qu’elle en pense réellement. Pourquoi est ce que ça m’intéresse soudainement ? Allez savoir… « Et finalement, on est tous les deux là et on a tous les deux atteint notre objectif. Et on a rien d’autre en commun que notre statut de Vainqueur. Et on parle, parce que nous participons tous les deux à cette merveilleuse fête donnée en l’honneur de je ne sais même plus quoi. » B#rdel, mais qu’est ce que je suis en train de raconter. « A minauder comme deux crétins, simuler, faire semblant ; Deux hypocrites. Voilà notre point commun : nous ne sommes que des hypocrites. » Je lui tourne le dos pour m’appuyer à la rambarde et regarder la salle en contrebas. « Des petits c#ns. Des petits s#lauds. Qui se complaisent dans leur bouffe, qui nous considèrent comme des objets. Comme des trophées. Même si on a l’air famélique ou qu’on fait mine de rien avoir à foutre de leur tronche. Et nous, on ne vaut pas mieux, parce qu’on se parle alors qu’on n’a clairemnt rien à faire de l’autre. »


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MessageSujet: Re: Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es   Lun 11 Mai - 23:23
La fixette qu'il faisait sur son appétit commençait à être gênante, et Athèna en venait à se demander si quelqu'un ne l'avait pas chargé de surveiller ses faits et gestes, voire de la pousser à la consommation. Peu importe ses motivations, la Vainqueur n'avait aucunement l'intention de manger quoi que ce soit sans l'avoir décidé et choisi elle-même, quand bien même il déciderait de lui mettre la moitié des petits fours de la salle entre les mains. Autant changer de sujet, lui parler de la joie débordante qu'il semblait dégager en présence de son ami. Enfin, si on pouvait qualifier d'ami quelqu'un qui semble aussi peu sympathique, d'ailleurs.

« Tu te fourvoies, j’étais juste surpris de le voir ici. »


* Mensonge*
Athèna était certaine qu'il ne s'agissait pas de surprise, même si elle ne disposait pas véritablement d'élément tangible pour le prouver. La présence d'un ami, même surprenante, ne donnait généralement pas autant l'impression de déranger que ce qu'elle avait vu. Même si, vu l'ami, cela semblait justifié. Mais déjà la jeune blonde avait la tête ailleurs, perdue sur les visages horribles de ceux qu'elle avait vu mourir. La fiction basculait peu à peut dans la réalité, et il lui fallait trouver une porte de sortie. Une échappatoire, un endroit où il y aurait moins de monde ou de choses lui rappelant possiblement l'arène. Dehors. Mais sa proposition fut sèchement balayée par Maël.

 « Non, on reste ici. »

Pendant un instant Athèna resta surprise de cette réponse, et le regarda avec de gros yeux, comme si elle s'était attendue à tout sauf à ça. Elle ne comprenait pas ce qui le poussait à refuser, même si au fond elle sentait que s'isoler avec quelqu'un d'aussi... Bizarre, n'était peut-être pas une bonne idée. Quoique, elle était aussi une fille étrange, peut-être même plus.
Elle devrait peut-être sortir seule, s'il refusait de l'accompagner. Ce serait une bonne idée: elle ne craindrait ni les visages des convives ni les remarques désagréables de qui que ce soit...

 « Pas question que je sorte, on pourrait croire que la fête nous déplait pour que l’on se cache à ce point. »


Il avait raison. Et s'ennuyer à une fête du Capitol était très mal vu pour un Vainqueur, elle le savait très bien. Il faudrait se justifier, et l'hôte de la fête ne compterait de toute façon plus jamais dans la liste des alliés potentiels du mentor. Pire, il pourrait devenir un ennemi. Cette pensée suffisait à effrayer la jeune fille, qui craignait déjà l'empoisonnement sans gêner personne. Son regard se reporta sur Maël, qui faisait une tête un peu étrange mais qui devait sans doute être un sourire. Athèna se força à lui rendre. Tant qu'elle serait entourée de ces gens elle aurait bien du mal à ne pas se forcer. Elle ne répondit pas.

« Nous formons un bien étrange duo, tout de même. » 


Ses yeux s'étaient perdus dans le vague assez longtemps pour qu'elle sursaute en se rendant compte que l'autre mentor avait changé de place. Et qu'elle ne l'avait pas vu. S'il avait tenté de lui planter une dague dans le dos elle n'aurait rien vu, quel manque de prudence, quel relâchement ! Mais elle ne prit pas le temps de s'attarder sur tous les possibles plans machiavéliques qu'il aurait pu mettre en oeuvre pour la tuer: il l'avait intéressée. En quoi deux Vainqueurs pouvaient-ils former un duo étrange ? Il paraissait plutôt normal que deux de ceux qui avaient surmonté ces épreuves se rapprochent, parce qu'ils avaient plus en communs entre eux qu'avec le reste du Capitole. Pourquoi pensait-il différemment ?

« On s’est tous les deux portés volontaires. Toi pour sauver ta sœur, moi pour la tuer. »

- C'est faux.


Athèna n'avait pas pu s'en empêcher. Elle ne s'était pas portée volontaire dans le but de sauver qui que ce soit d'autre qu'elle-même. Ses parents l'avaient élevée dans le but qu'elle se porte volontaire pour épargner ses soeurs, ils l'avaient déjà considérée comme morte avant même ses jeux. Ils n'avaient pas été triste en la voyant partir pour la simple raison qu'elle n'avait jamais vraiment compté dans la famille. Si elle ne s'était pas portée volontaire elle savait bien qu'elle aurait connu un sort bien pire que tout ce que l'arène pouvait lui réserver. Le seul problème était que personne n'avait prévu qu'elle reviendrait.
À force de sentir l'arène gagner du terrain dans cette soirée, Athèna commençait légèrement à perdre pied. Elle croyait sentir l'herbe de la prairie mortelle caresser ses mollets tout en sachant qu'il n'en était rien, mais pour combien de temps encore ?
Et cela contribuait à lui faire détester l'image de grande soeur parfaite qu'on lui donnait souvent. Elle avait été obligée de se porter volontaire, et mourrait d'envie que tout le monde le sache. Qu'on arrête de lui demander quel indéfectible lien fraternel la liait à ses cinq soeurs alors qu'elle n'avait pas de nouvelles d'elle depuis bien longtemps. Elle aurait bien voulu que qui que ce soit se rende un peu compte de la situation. Personne ne pouvait avoir envie de vivre les jeux, c'était impossible.
 « Et finalement, on est tous les deux là et on a tous les deux atteint notre objectif. Et on a rien d’autre en commun que notre statut de Vainqueur. Et on parle, parce que nous participons tous les deux à cette merveilleuse fête donnée en l’honneur de je ne sais même plus quoi. »


Athèna ne se souvenait pas non plus de l'intérêt de cette fête. À ses débuts au Capitole elle avait tenté de s'intéresser à ce genre de choses, mais les événements se bousculaient tous dans ce coin de Panem, et on ne pouvaient pas dire qu'ils étaient de la première importance. Ce qui était plus problématique dans le discours de Maël, c'était surtout l'idée qu'ils n'aient rien en commun. C'était possible effectivement, mais Athèna aurait bien eu besoin de savoir que quelqu'un avait vécu la même chose qu'elle. Et elle ne parlait pas à beaucoup d'autres Vainqueurs, la plupart de ses amis étant morts pendant l'Expiation. Maël disait qu'ils n'avaient à voir l'un avec l'autre ? Tant pis. Mais ça ne plaisait pas à Athèna.

« A minauder comme deux crétins, simuler, faire semblant ; Deux hypocrites. Voilà notre point commun : nous ne sommes que des hypocrites. » 

- Maël, s'il te plaît...


Elle voudrait bien qu'il se taise. Qu'il arrête de l'assimiler à du mensonge ou de la trahison. Elle savait qu'il avait raison, qu'elle n'était pas franche, mais le pourrait-elle ? Le moindre écart de conduite était fatal, surtout ces derniers temps, pouvait-il attendre d'elle qu'elle dise tout haut ce qu'elle pensait ? Bien sûr que non. Il lui tourna le dos pour aller regarder les gens qui s'agitaient plus bas, comme s'il allait leur cracher dessus. Athèna ne se sentait pas le courage d'aller regarder leurs visages. Elle préférerait concentrer son attention sur celui de Maël, veillant à ne laisser aucun mort prendre sa place, et inspirant profondément de la manière la plus régulière possible. Tout allait bien se passer, il suffisait qu'il se taise...

« Des petits c#ns. Des petits s#lauds. Qui se complaisent dans leur bouffe, qui nous considèrent comme des objets. Comme des trophées. Même si on a l’air famélique ou qu’on fait mine de rien avoir à foutre de leur tronche. Et nous, on ne vaut pas mieux, parce qu’on se parle alors qu’on n’a clairemnt rien à faire de l’autre. »


Elle le regardait bizarrement, parce qu'elle ne voyait pas du tout où il voulait en venir. D'accord, ce n'était pas la personne la plus agréable qu'elle ait rencontré, mais jusqu'ici ça avait eu l'air d'un jeu. Et maintenant il semblait encore plus sérieux que jamais, ce qui empêchait Athèna de déterminer s'il pensait vraiment ce qu'il était en train de dire.

- Ça y est, t'as fini de m'insulter ?


L'hypocrite famélique qui n'avait rien à faire de personne commençait à se sentir vexée. Qu'est-ce qu'elle avait dit pour mériter de se faire traiter comme ça ? Elle avait répondu plus ou moins gentiment aux remarques et provocations de son camarades, mais n'avait pas le sentiment d'avoir été si insultante.

- Tu devrais commencer par parler en ton nom, avant d'essayer de parler pour moi. J'ai jamais dit que je me fiche de toi. Si j'en avais rien à faire, je t'aurais jamais demandé de venir me rejoindre, et je serais pas rentrée quand tu l'as demandé. Je trouvais que t'étais quelqu'un de sympathique, mais je commence sérieusement à avoir des doutes.


Elle ne s'était pas énervée, elle parlait doucement. Il y avait plusieurs raisons à cela: déjà si elle ne voulait pas avoir une de ces crises où la fiction se superposait à la réalité il valait mieux qu'elle reste calme. Ensuite, il fallait éviter que des gens soient attirés par le bruit de leur conversation. Personne n'avait à savoir ce qu'ils étaient en train de se dire, et il fallait que quiconque les voit pense à un duo d'amis ou de gens faisant gentiment connaissance.

- Et toi, t'en a rien à faire de ce que je te raconte ?


Ça ne ferait jamais qu'une personne de plus. Encaisser l'indifférence de sa famille était dur, mais une fois cela fait, celui des inconnus devenait réellement insignifiant.
Mais Athèna était tout de même en colère.

- C'est peut-être ta soeur qui aurait dû gagner.

Et si elle espérait égoïstement que Maël serait blessé par ce qu'elle venait de dire, au fond elle le regrettait déjà. Et elle savait surtout qu'elle s'engageait sur un terrain glissant où Maël n'aurait pas de mal à la faire souffrir.

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