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 « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]

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CITOYEN DE PANEM
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ϟ 1ERE MOISSON : 23/08/2012
ϟ MESSAGE : 545
ϟ AVATAR : Sam Worthington (guardianangel)
ϟ MULTICOMPTE : Théodore M. Hymes
ϟ DISTRICT : quatre - réside désormais au Capitole
ϟ AGE : 23
ϟ METIER : Journaliste et Mentor (71èmes HG) - A un talent caché pour le dessin.
ϟ LIFESTYLE : excellentes, un peu trop à son goût d'ailleurs. Mais pour tout dire, il ne crache pas dessus, bien au contraire...
ϟ HUNGER GAMES : oui
ϟ RÉBELLION : contre
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MessageSujet: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]   Lun 5 Jan - 21:27

Let me die, please.


pv Pantalaimon T. Bluethorne


La panique se faufile, comme un serpent, pour me mordre une fois, deux fois, dix fois, un peu partout. Elle prend son temps pour m’assommer, faire palpiter mon cœur et enrailler ma respiration. Je suffoque, recroquevillé dans mon coin sans être capable d’effectuer le moindre mouvement. Imbécile, hurlent mes geignements étouffés alors que je me sens capable de me faire dessus malgré mes vingt trois ans bien tassés. Imbécile, hurlent mes mains qui enlacent mon torse pour le protéger d’un mal dont je ne verrais la provenance. Imbécile, imbécile d’esclave, imbécile de muet, imbécile d’imbécile. Achluophobie, voilà l’un des vestiges de mes jeux. Je ne suis que des ruines et parmi ces ruines s’élèvent des terreurs qui me surplombent et me tétanisent. Peur du noir, comme un enfant, peur de l’absence de lumière, la moindre obscurité m’effraie plus que tout, m’empêche de respirer et fait couler ces larmes qui s’accrochent dans ma barbe naissante pour mieux se cristalliser en séchant, se craquelant sur mes joues. Achluophobie, voilà l’un de mes plus noirs secrets, sans mauvais jeu de mots. Beaucoup l’ignorent, peu le savent et parmi ces derniers, la majorité l’a deviné sans que je ne donne ou ne veuille donner le moindre indice. Achluophobie. J’entends d’ici les rires des Capitolins s’ils venaient à l’apprendre, ceux des membres de mon district, ceux du Muet qui m’a plongé dans le noir. Recroquevillé dans un coin de la pièce, je cherche la sortie en me tassant contre un mur qui refuse de se décaler. Des ombres, même légères, qui se contentent de m’envelopper suffisent à me faire mourir de peur. Des ombres que je transfigure en êtres vivants, des ombres qui m’étranglent, me menacent, qui me supplient de les épargner et que je refuse d’assassiner, me condamnant à suffoquer. Depuis combien de temps suis-je ainsi prostré ? Dix, vingt minutes ? Une heure ? Deux ? Quatre ? Une infinité de secondes que mon cœur écoule dans un battement à un rythme effréné. Une infinité de secondes qui me tue à petit feu. « Myriam… » Ma voix rauque qui supplie et appelle ma grande sœur est à l’image de mon âme : totalement brisée. Je me traîne le long du mur, refusant de m’approcher davantage du gouffre de ténèbres qu’est mon lit et parviens avec peine à la porte de ma chambre, gueule ouverte elle aussi sur une obscurité dense dans laquelle j’ai beau apercevoir mes meubles, mon tapis, le reste de mon appartement, je ne peux me résoudre à avancer. Epuisé par l’effort que je fournis pour rester conscient, contrôler les vagues de terreur qui me submergent et les hurlements qui s’étranglent dans ma gorge, je reste appuyé au mur, recroquevillé sur moi-même, j’attends que les cris de mes meurtres et ceux plus incisifs encore de ma grande sœur cessent de me tourmenter. J’attends, en fait, que le soleil daigne se pointer à l’horizon, daigne m’éclairer, me brûler, m’arracher à mes tourments nocturnes. Daigne me sauver de cette misère qui me tire et m’extorque un gémissement. « Myriam, s’il te plait, viens me chercher » Mon tremblement s’accentue. Pas de fierté à avoir – je n’en ai jamais eu en dehors des caméras – pas d’orgueil, les larmes repartent en cascade, ma tête se perd entre mes bras pour échapper au noir qui m’entoure.

Comment en suis-je arrivé là ? Un nouveau serviteur, voilà ce qui a déclenché l’engrenage. J’ai peur de noir. Achluophobe, donc. J’ai peur du noir, peur des ténèbres, je ne vis qu’entouré d’une lumière aussi forte que le soleil, même lorsqu’il se cache derrière l’horizon pour laisser place à la lune. Pas un seul instant, les lumières ne s’éteignent dans mon appartement. Pas un seul instant je ne dois me retrouver dans un soupçon d’obscurité. Sortie nocturne : interdite. Soirées qui se terminent tard ? Supplices auxquels je suis contraint. Trois ans que je vis au Capitole, trois ans avec les mêmes serviteurs qui savent mes tics et mes tocs, qui ont intégré que s’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient dans mon appartement, les interrupteurs ne devaient jamais être effleurés. Et forcément, il faut que mon Maître Chanteur m’offre un Muet pour me féliciter de mes efforts, pour enfoncer le clou et passer un message. Les sanglots reprennent, de plus en plus sonores. Depuis combien de temps suis-je ainsi prostré ? Depuis qu’un bruit m’a réveillé en pleine nuit et que je me suis retrouvé dans une chambre noire. Pitié, faites que le soleil se lève et que personne ne me voie ainsi. Un bruit, un mouvement, de la lumière répond à ma supplique. Mais loin d’être de provenance astrale, elle provient du salon où je me précipite et me réfugie, où mon nouveau Muet justement vient d’arriver. Un pas, deux, je m’effondre sur le canapé, sans oser dire le moindre mot. Il n’y a rien à dire, juste à revivre. Survivre. Sangloter, encore. Perdre la face, aussi. Et chercher du secours dans les yeux de celui qui ne peut rien me dire. « Je veux ma sœur » me voilà bégayant, geignard. C’est la première fois que je vois mon cadeau mais peu importent les faux-semblants pour l’heure, tout ce que je demande, c’est que le soleil revienne plein et entier.


_________________
Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.
« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]   Sam 28 Fév - 19:39

LET ME DIE, PLEASE.


Maël & Pantalaimon
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Je viens tout juste d'arriver dans l'appartement de mon nouveau propriétaire. Première Journée, première nuit. Je pensais qu'au fil du temps, je finirais par m'habituer à mes nouvelles conditions mais c'est faux. La vie a Panem a toujours été difficile, mais elle l'est d'avantage lorsque l'on se retrouve constamment sur un terrain ennemi, prisonnier et contraint d'obéir si l'on ne veut pas perdre plus que la langue. Jamais je ne cesserais de penser à mes alliés et aux combats qui perpétuent. A ma famille qui, je l'espère, continue de vivre sans être embêtée par mes bêtises... Ainsi que les nombreux morts durant les jeux dont mes frères et sœurs ont pu être victime. A toutes ces infimes choses qui ont fait ce que je suis aujourd'hui. Par moment, il me surprend de regretter mes actes passés pour la souffrance que j'ai dû endurer et que j'endurerais jusqu'à la fin de ma minuscule vie... Mais finalement, je me dis qu'il vaut peut être mieux que je sois fier de ce que j'ai pu accomplir à présent pour les rebelles plutôt que de les avoir lâchement trahit pour sauver ma propre personne. Qui sait, peut être qu'un jour ils me le rendront bien en me sauvant en retour.

Mais je ne voulais pas trop me faire de faux espoir. Le Capitole avait su m'arrêter une fois, ils allaient sans doute faire le maximum pour que je ne puisse aucunement rejoindre les rebelles à nouveau... Que je reste à leur botte, et me prouver qu'ils étaient au-dessus de tout. Qu'ils avaient gagné le combat à l'avance. Et quoi de mieux que me détruire petit peu par petit peu. D'abord par des punitions physiques continuelles pour m'obliger à cracher des noms... Parfois morales lorsque ça ne suffisait pas... Puis la langue que l'on arrache sans vergogne lorsqu'ils ne contrôlent plus l'interrogatoire. Lorsque l'on atteint la limite et que la personne interrogée ne trouve plus que le seul moyen de se prostrer sur elle-même... A ce moment-là, on croit que c'est la fin. Qu'on a passé le pire, mais on se trompe... Autrefois considéré comme un héro par ses pairs, l'identité est de suite perdue lorsque l'on arrive au Capitole. On m'a obligé à porter ces vêtements ridicules communes aux autres muets puis on m'a bousculé avec les nouveaux venus, j'ai été acquis et aujourd'hui je suis offert de la même manière que l'on offre un petit animal de compagnie à un enfant. Je m'attendais alors à me retrouver dans l'une de ces familles ridicules Capitoliennes mais au lieu de cela, je me retrouve dans l'appartement d'un ancien gagnant qui a eut le malheur de tuer la seule petite sœur qui est née peu de temps après moi... Si j'avais eus de l'espoir tout comme mes parents pour que cette petite perle puisse exister pour notre famille, tout avait basculé du jour au lendemain, le jour de la Moisson...

Ô combien je me suis retenu pour ne pas fondre en larme devant ce-dit vainqueur ! Je voulais rester fort. Rester vivant. Leur montrer à tous que jamais ils ne me briseront... Malgré l'état dans lequel ils m'avaient rendu. Sans doute avais-je encore des marques de mutilations parcourant mon corps qui siéraient à merveilles avec ma maigreur terrifiante et ma pâleur maladive et mon haleine de chair fraiche dû à l'ablation de mon muscle provenant de ma cavité buccale. Je me trouvais pas moins effrayant qu'une bête et pourtant aussi insignifiant qu'un petit canari dans une cage. Bien trop insignifiant pour affronter le grand méchant qui dormait actuellement tranquillement - du moins c'est ce que je croyais au départ... -. D'ailleurs, moi aussi je devais dormir, comme tout les autres muets qui profitaient justement de cette nuit pour se reposer, ronflant tranquillement, les uns sur les autres avant de reprendre leur dur labeur le lendemain... Mais je ne n'avais pas le sommeil aussi lourd que mes amis. Aussi, je finis par quitter ce petit tas d'hommes pour rejoindre le salon et commencer à laver la vaisselle pour aider à ma manière, les autres muets.

J'usais de la plus grande minutie en prenant un temps énorme pour nettoyer une petite assiette, tandis qu'un autre serviteur l'aurait fait en deux trois secondes à la même manière qu'un automate. Mais je n'étais pas encore arrivé à ce niveau. D'ailleurs, ma plus grande peur serait d'agir de la même manière qu'eux. A la fois incapable de parler et de penser. Agissant seulement à l'annonce d'un ordre avant de revenir à sa place dans un coin de la maison tel une plante verte, une simple décoration... Mais j'envisageais malheureusement que cela pourrait arriver un jour ; il suffisait de voir les bleus naissants parcourant le corps de mes amis pour comprendre que même ici, les alliés du Capitole perpétuaient leurs atrocités. C'est d'ailleurs à cause des moutons comme ce vainqueur que les rebelles ne pourront atteindre le but... Des lâches, des trouillards... En parlant du loup, on y voit la queue.

Tout tremblotant, voilà qu'il apparaît... C'est donc lui le grand gagnant des jeux ? Il n'a pas l'air féroce. Il ne me montre même pas les crocs, non. Il pleure. Encore et encore. Il me donne envie de vomir. De le détruire avec autant de lâcheté qu'il a pu avoir lors des Hunger Games, en tuant sa propre sœur et la mienne... Beaucoup le déteste pour cela. Alors que sa sœur lui proposait son aide, il en a profité pour lui donner un coup de poignard dans le dos. Certains compatiraient pour lui comme j'ai pu avoir de la pitié pour certains vainqueurs qui pleurent les destins dont ils ont été condamné, mais pas lui. Je ne veux pas. Je ne le servirais pas. Je ne veux pas... « Je veux ma sœur »

Pourtant je m'étais rapproché de lui, parce que c'est mon devoir de l'aider, d'apaiser ses souffrances, d'accéder à sa requête... Je grimace lorsque je l'entends se plaindre, mais je me ravise rapidement. D'un geste presque paternel, je m'assois alors doucement prêt de lui, pose une main compatissante sur son épaule et lui adresse un sourire de tristesse à son égard. J'aurais dû en rester là, sage comme une image, bien que je ne fais que de garder un masque d'innocence et que je n'ai que de peine pour sa sœur et non pour lui... Mais après tout ce que j'ai pu endurer jusque là, je ne peux comprendre comment il peut se lamenter, lui l'enfant pourri gâté. Et un bouillonnement de colère m'envahit peu à peu, mélangé à de la tristesse et de la rage de vaincre. De venger ma propre sœur surtout. Un instant, je suis terrifié à l'idée de ce qui pourrait arriver ensuite en planifiant mes actions atroces puis je n'attends plus... Saisissant violemment un coussin prêt de sa tête, je viens finalement l'écraser sur sa face et appuyer de tout mon poids, de toute ma force, de tout mon être pour essayer d'arrêter ses pleurnichements, ses soupires, ses tremblements. Sa minable petite vie... Il veut sa sœur ? Très bien, qu'il la retrouve ! Je ne fais qu'exécuter les ordres.

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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]   Dim 8 Mar - 12:39

Let me die, please.


pv Pantalaimon T. Bluethorne


La panique. Elle me tétanise. Elle m’enveloppe, me fige, me maintient recroquevillé sur ce canapé où je viens de m’effondrer. Je n’ai jamais fait preuve de beaucoup d’orgueil ou de fierté mal placée, le gémissement qui s’échappe de mes lèvres ne me trouble en aucun cas. Il est même justifié. Parce que je veux que ce cauchemar cesse et que je sais pertinemment que le soleil ne changera presque rien au final à la terreur qui m’habite. Je veux ma sœur. Jamais encore cette phrase n’a été aussi sincère. Je veux Myriam, je veux qu’elle m’ébouriffe les cheveux dans un éclat de rire, qu’elle se regarde d’un air amusé, que l’on puisse encore se comprendre d’un haussement d’épaule, dans une conversation silencieuse que nous seuls maîtrisions à la perfection. Des triplets, des jumeaux, deux faces d’une même médaille. Et je suis handicapé, maintenant, à la recherche de ce membre fantôme que les mois refusent de laisser partir. Elle est morte, je l’ai tuée, je suis responsable de ma folie et personne ne viendra me dire le contraire. Et cette obscurité, cette obscurité dans laquelle je me suis perdu et que je fuis dans ce salon péniblement éclairé d’une lumière artificielle, cette obscurité refuse de me lâcher. Mes sanglots ne sont ni sonores, ni silencieux. Ils m’agitent de tremblement sur ce canapé que j’ai peur de quitter, dans ce salon que j’abhorre mais que je considère comme un refuge malgré tout. De toute manière, je n’en ai pas d’autres.

Un bruit. Un mouvement. Je remarque la présence d’un Muet que je ne connais pas. Mon cadeau. Le nouveau. Celui qui a tranché la corde qui me maintenait en vie sur la frontière entre la sérénité et la peur panique. Celui qui a déclenché ce cataclysme d’obscurité. Celui que je ne parviens pour le moment qu’à regarder avec les yeux suppliants d’un Vainqueur trop terrifié pour faire preuve du moindre courage ou d’une quelconque retenue. De toute manière, ce ne serait pas mon genre. Je ne suis pas un véritable Carrière, je ne suis pas un véritable Rebelle, je suis juste un déchet jeté sur le bord de la route qui a eu plus de chances que certains et moins de scrupules que d’autres. Je veux ma sœur. Mes lèvres articulent sans y penser la supplique d’un gamin qui se sent seul, beaucoup trop seul et vulnérable pour sortir de lui-même d’un cauchemar dans lequel il est plongé depuis trois ans. Le voilà qui s’approche. J’ignore tout de lui, jusqu’à son nom. Je sais juste qu’il vient du District 3 et que s’il est là, à présent, devant moi et muet, c’est parce qu’il a été capturé alors qu’il n’était qu’un de ces rebelles que je méprise pour l’inefficacité de leurs actions et pour leur combat désespéré.

Va-t-il m’aider ? Non. C’est certain : il ne peut pas m’aider. Parce que jusqu’à preuve du contraire, il ne peut pas faire revivre les morts, il ne peut pas recoudre la chair déchirée par mon épée, il ne peut pas ôter de ma mémoire le regard stupéfait de ma grande sœur. Quand l’ai-je tuée ? Dans la forêt alors qu’elle m’attaquait ou sur cette plaine, alors qu’elle me demandait, désespérée, ce que nous allions faire puisque nous étions les seuls survivants de cette boucherie que le Capitole se plait à nommer jeux ? Mes tremblements reprennent, mes yeux embués de larmes ignorent la main posée sur mon épaule alors que je me recroqueville à nouveau. Le canapé se creuse à mon côté, je comprends que le Muet s’est assis dans un même mouvement mais je n’en ai rien à faire. Parce qu’il ne sert à rien, puisqu’il ne peut pas me ramener Myriam, il ne peut pas précipiter le retour du Soleil, il ne peut pas me sortir de mon cauchemar ni faire barrière entre moi et mes démons. Et il ne peut encore moins faire chuter ce Capitole que j’exècre mais est si solide, puissant et omniprésent que rien ni personne ne pourra ne serait-ce que le faire chanceler. Va-t-il m’aider ? Non. Il ne peut rien m’offrir de plus que cette main posée sur mon épaule qui me brûle et m’indispose chaque seconde un peu plus.

Et soudain, une violence que je n’attendais pas se déchaîne, un coussin s’écrase sur mon visage alors qu’il me plaque sur le canapé et que tout l’air stocké dans mes poumons est expulsé d’un seul coup par son poids qui me maintient. Mon esprit embrumé par la peur mais plusieurs secondes à comprendre ce qu’il se passe. Il veut me tuer. Bravo Sherlock. Passée la surprise, mes réflexes de Carrière finissent par prendre le dessus. On n’efface pas ainsi des années d’entraînement, et malgré mes dérives alcooliques et cette dépression dans laquelle je suis largement enfoncé, j’arque les reins, cherche à me libérer de son emprise en jouant des jambes pour le repousser, me débattre, me sentir revivre alors que l’air manquant bat dans mes tempes au rythme de mon cœur affolé. Finalement, je parviens à caler mes genoux puis mes pieds sur son torse et je le jette sur le côté sans me soucier un seul instant qu’il s’écrase sur la table basse. Pris dans le mouvement, je roule avec lui, heurte le meuble, dégage le coussin, roule un peu plus loin et reste immobile au sol le temps de reprendre mes esprits et ma respiration. Enfin, je m’assois et me traîne contre le mur le plus proche pour m’éloigner de ce fou furieux. « Mais tu es taré ma parole ? D’abord la lumière, ensuite ça, tu veux ma mort ? Qui est ce qui t’envoie ? » Questions stupides. Mais il faut qu’on me pardonne, je pensais l’apocalypse venu lorsque je me suis réveillé dans le noir, je m’aperçois que ce n’était que les prémices d’un dérèglement général. Quelqu’un veut me tuer ? Qui donc ? Rebelles, Capitole, les solutions sont multiples. Et moi, je me terre dans un coin de la pièce comme si les deux murs qui me bloquent peuvent me protéger à leur manière.


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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]   Mar 17 Mar - 15:22

LET ME DIE, PLEASE.


Maël & Pantalaimon
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Si j'ai cru un seul instant que je pourrais le vaincre aussi facilement. Il a eut une belle vie. Il a été entraîné pour les Jeux. Il a tué des personnes lui... Moi pas. Si chez les rebelles, certains ont malgré tout l'allure pour aller sur le terrain, jamais on ne m'a obligé à l'être tout autant. A quoi bon lorsque l'on doit seulement donner de la nourriture au plus démuni ? Ou détruire des ponts ? La seule chose où j'ai toujours été bon, c'était la course, la fuite. Je ne savais me défendre autrement ni même combattre. Seul mon âge pouvait par moment m'être utile face à plus petit que moi mais cela n'était pas vrai tout le temps. La preuve en était cet instant... J'avais même la sensation d'ailleurs d'être plus petit que mon nouveau propriétaire au vue de son apparence élégamment bien bâti tandis que j'étais maigre et faible après toute les tortures dont j'avais pu être victime suite à mon arrestation et sans doute visible lorsque mes manches se relevaient un peu. Son coup de pieds joints sur mon petit ventre et le rebond sur la table basse percutant violemment mes côtes suffirent à me briser m'obligeant à ne pas me mouvoir sur le sol, recroquevillant sur moi-même à gémir et à me plaindre de mes nouvelles blessures réanimant quelques autres douleurs enfouies... Tandis que je reste immobile, le carrière prend la décision, lui, de me fuir le plus rapidement possible en se trainant jusqu'à un mur. Cela me soulage et m'étonne à la fois. Ça me soulage, parce que je m'attendais réellement à ce qu'il me fasse regretter mon geste suicide... Quoique peut être finira-t-il par me punir ensuite lorsqu'il sera moins sonné ? Déjà qu'il m'a déjà fait atrocement mal... Et pourtant, il a peur de moi. Je le vois tétanisé contre le mur qu'il semble se raccrocher comme on se raccrocherait à une bouée. Je me traîne un instant dans sa direction, mais je m'arrête, curieux de la situation mais pas assez fou pour venir terminer ce que j'avais commencé... « Mais tu es taré ma parole ? D’abord la lumière, ensuite ça, tu veux ma mort ? Qui est ce qui t’envoie ? » Je voudrais lui répondre personne. Que si j'ai tenté à sa vie, c'est tout simplement parce qu'il a arraché la vie de ma sœur, si jeune. Et que, si on m'a donné à lui plutôt qu'un autre est quelque chose de voulu et bien je n'en savais rien... Quoiqu'il y a de grande chance vu que l'homme ne m'est pas totalement inconnu. Cependant, je n'arrive à sortir aucun son de ma gorge. Personne se transforme en une espèce de bruit animal. Un grognement incompréhensible. Fatigué, je préfère alors resté silencieux plutôt que de gâcher de la salive pour rien. Il fallait que je me fasse une idée. Je n'avais plus de langue, plus de voix... Maël aurait du le savoir avec tout ces muets qu'il fréquente à longueur de journée. Et pourtant, il ose encore me poser une question... Peut être le fait-il exprès. En tout cas, pour une première entrevue, tout semble mal parti. Je ne sais combien de temps je vais résister à vivre ici sans péter un câble ou mourir à force de ne pas tenir en place et me montrer tout autant rebelle malgré ma mauvaise position.



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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]   Sam 18 Avr - 15:53

Let me die, please.


pv Pantalaimon T. Bluethorne


Pendant une fraction de seconde, je suis de retour dans l’arène ombragée, acculé au milieu des arbres par des précipices, des tributs, la mort et la douleur. Pendant une fraction de seconde, je crains pour ma vie. Je suffoque. Je sens réellement le sang poisseux dégringoler mon bras, dégringoler mes tempes, m’aveugler et me priver de ma sœur. Et mon instinct de survie, la violence des vainqueurs, un soupçon de folie, tout cela s’accumule pour rétracter mes jambes, poser mes pieds sur son torse et envoyer au loin celui qui veut ma mort. Libéré, je chute, je roule, je me recroqueville dans un coin et me plaque contre un mur protecteur. Qu’est ce qu’il me veut, ce Muet ? N’est il pas supposé me servir, m’obéir et non attenter à ma vie ? Je sais que je suis détesté. Haï. Je sais que tout le monde me croit coupable d’un fratricide. Je sais qu’en plus, c’est vrai. Mais je sais aussi que si les Capitolins, si les Districts, si tout le monde perçoit les vainqueurs comme des monstres ou des héros, je fais pour ma part l’unanimité dans tous les partis : j’ai tué ma sœur. Je l’ai reniée, j’ai tué ma jumelle dans un cri de rage. Alors qui pourrait me pardonner et comment pourrais-je leur en vouloir de me haïr, comment puis-je me demander une seule seconde pourquoi ce muet a voulu me tuer ? Tu veux ma mort ? Cette question n’a rien d’innocent. Rien de futile. Elle est sérieuse, elle est anxieuse. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il ne peut pas me répondre. Parce qu’il n’a plus de langue pour une raison quelconque que je n’ai pas envie de connaître. Un grognement animal s’échappe de sa gorge, je me relève péniblement. Tourne sur moi-même à la recherche de mes affaires de journaliste. D’un pas chancelant, je finis par rejoindre un meuble d’où j’extrais un bloc de papier et un stylo que je lui balance sans aucune délicatesse à la figure. L’entendre parler, ou plutôt ne pas parler, m’a remis un peu de plomb dans le crâne. Et sa présence, sa simple présence, même agressive et clairement antipathique, a réussi à me calmer un peu de ma terreur nocturne. C’est mon muet. Le mien. Ma propriété. C’est ignoble de dire ça, mais d’une certaine façon, je l’ai payé du sang de mes victimes, du sang de ma sœur.

« Alors les règles vont être simples. Ici, t’es chez moi. La prochaine fois que tu éteins la lumière dans une pièce, je t’égorge et personne ne fera le moindre geste pour m’en empêcher. » C’est dingue comme je sais être sérieux, comme je sais être crédible. Peut être est ce parce que je compte vraiment l’égorger s’il me refait un coup pareil ? Sûrement. « Tu vas faire comme les autres : si je dis un truc, tu le fais un point c’est tout. Si je dis rien, tu réfléchis et tu suis ton instinct. » En gros, sois autonome et obéissant. Et ne reste pas dans mes pattes. Je finis par désigner le bloc note et le stylo que je lui ai balancés avec toute la délicatesse dont je sais faire preuve depuis mes Jeux. « Et maintenant tu vas me dire comme tu t’appelles et pourquoi tu ne m’aimes pas. » Je croise les bras pour cacher les tremblements qui les agitent. Je ne sais pas si c’est indiqué quelque part ou si c’est une règle implicite, mais il me semble que communiquer avec un Muet n’est clairement pas conseillé par le Capitole. Et bien : j’en ai rien à faire. Je suis un rebelle, quelque part. Parce que je n’ai plus rien à perdre. En dehors de mon frère et de mes parents. « J’espère quand même que tu sais écrire, sinon je te jure que t’es sacrément mal barré. »


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MessageSujet: Re: « Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]   Lun 4 Mai - 3:12

LET ME DIE, PLEASE.


Maël & Pantalaimon
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Mauviette. Pour un gagnant des jeux, il me fait peine à voir. Comment peut-il trembler face à moi alors que je suis comme une poupée de porcelaine fragile, étendue sur le sol. Oui, un instant, j'ai bien cru qu'il avait peur de moi et qu'il allait même me fuir ! Mais je le vois finalement se ressaisir et se se relever comme si de rien n'était, reprenant doucement la situation en main. Si je sais que c'est plutôt mauvais signe pour moi d'avoir un Maël conscient de ses actes plutôt que totalement pétrifié, je ne reste pas moins mauvais à son égard, allant même jusqu'à le défier du regard jusqu'à ce que je sois surpris de recevoir un bloc note et un stylo tomber devant moi. Je sais clairement ce que ça veut dire alors que je ne maîtrise pas le langage des signes : il veut clairement discuter avec moi... Bon à savoir ? A voir plus tard. « Alors les règles vont être simples. Ici, t’es chez moi. La prochaine fois que tu éteins la lumière dans une pièce, je t’égorge et personne ne fera le moindre geste pour m’en empêcher. » Je grognais en même temps qu'il énonça sa longue tirade. Chez lui ? Mais je n'avais aucunement choisis de vivre chez lui ! Et il est hors de question que je suive l'un de ses ordres ! Si fermer les lumières pouvaient également me permettre de le voir trembler comme une brindille comme auparavant, je n'allais aucunement me gêner de le faire même ! Il continue alors sur sa lancer, me rabaissant plus bas que terre, comme si une langue faisait de moi ou non un individu sans importance que l'on pouvait disposer. Et s'il y avait bien une personne que je voulais aucunement servir, c'est certainement ce vainqueur.

Cependant, je ne rechigne pas lorsqu'il me demande d'écrire mon nom sur le bloc note qu'il m'a balancé au sol ainsi que les raisons qui m'ont poussé soudainement à lui faire du mal. Songer que je ne veux pas "papoter" avec lui serait un mensonge. J'ai besoin de me faire entendre d'une manière ou d'une autre et il est certainement la première personne qui me remarque depuis mon arrestation... Alors, même si c'est pour lui cracher ma haine à la figure, au moins je peux aujourd'hui me permettre de le faire. ✎ Mon nom est Pantalaimon Bluethorne. Si je te déteste, c'est que tu as tué ma dernière petite sœur durant les jeux. Compte pas sur moi pour suivre tes ordres, tu ne m'asserviras JAMAIS. ✎ Clair et net, je balance à ses pieds le bloc et le stylo avec autant de douceur qu'il en a démontré en me jetant les papiers et le crayon. Depuis que j'ai réussis à écraser le coussin sur sa tête, je suis déterminé à ne plus me laisser faire. Qu'importe ses intentions s'il veut faire de moi sa poupée gonflable, son animal de compagnie ou sa plante verte voire sa petite chose... J'ai des dents et des ongles et je sais très bien m'en servir ! D'ailleurs, je surveillais attentivement sa réaction pour voir ce que je devrais faire ensuite. Allait-il réagir face à ma provocation et durement ? Si oui, il fallait m'apprêter à me relever et à courir.

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« Je meurs chaque nuit pour ressusciter chaque matin. » [pv Pan]

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