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 "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]

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ϟ 1ERE MOISSON : 23/08/2012
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ϟ METIER : Journaliste et Mentor (71èmes HG) - A un talent caché pour le dessin.
ϟ LIFESTYLE : excellentes, un peu trop à son goût d'ailleurs. Mais pour tout dire, il ne crache pas dessus, bien au contraire...
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MessageSujet: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Jeu 6 Nov - 11:32


Une sonnerie. Stridente. Ma main s’extirpe de la couverture, tâtonne, s’égare, se pose sur le réveil, le saisit et l’envoie de l’autre côté de la pièce se fracasser contre un mur dans un froissement et crissement métallique.  La sonnerie lutte, faiblit, agonise et grésille, mais le mal est fait et me voilà pleinement réveillé. Mon grognement, les couvertures qui s’entremêlent, se débattent et glissent sur le parquet de la chambre, et me voilà de mauvaise humeur, pour changer, assis sur le rebord du lit. « Han… p#tain… » Ma voix rauque est à mon image : lasse et légèrement endormie. Le seul problème c’est que je sais que même si je me recouche, même si je ferme les yeux, même si je me mets en tête de compter les grains de sable d’une plage imaginaire, je serai incapable de replonger dans mes rêves. Une fois réveillé, mon instinct de survie m’impose de ne pas me laisser aller à nouveau au sommeil. Et je me connais suffisamment pour ne plus seulement tenter d’aller à l’encontre de cette règle qui, il faut l’avouer, commence à me gonfler sérieusement. Mes pieds nus foulent le parquet légèrement chauffé, se traînent hors de la chambre. Mes doigts longent le mur qui ondule et échange le paysage d’une mer étale pour les vitres qui exposent à mon regard le reste du Capitole. Si mon appartement ne vaut pas la villa de vainqueur qui m’attend dans mon District, il est suffisamment grand, riche et luxueux pour s’élever à plusieurs étages au dessus de la rue et me proposer toute la technologie des plus aisés Capitolins. Ce doit être le seul sujet sur lequel le Capitole ne ment pas : lorsqu’on est un vainqueur, on n’a plus à se plaindre de quoique ce soit sur le plan matériel. Ce qui est bien dommage puisqu’avec l’ivresse, le dessin et l’insolence, me plaindre est l’un de mes passe-temps favoris depuis que je suis sorti de cette arène maudite, mille fois, cent fois, vingt fois maudite. Arrivé dans le salon, vêtu seulement de mon bas de pyjama, je me laisse tomber dans un fauteuil et laisse un des serviteurs sans langues faire glisser sur la table basse un plateau rempli de fruits selon mon rituel du matin. Sans leur accorder un regard, j’attrape une grappe de raisin, me recroqueville sur le fauteuil et commence à en avaler les grains un à un, faisant confiance à leur acidité pour me réveiller tout à fait.

Je sais que la plupart des habitants des districts ne sauraient que me mépriser de me montrer aussi détaché face à des victimes du Capitole, face à ce luxe et à cette opulence qui contraste tant avec leurs conditions de vie. Même dans le District 4, nous ne croulons pas tous sous la nourriture et les richesses. Mais tout cela, j’estime l’avoir payé suffisamment cher pour m’octroyer le droit d’en profiter sans scrupule. Et refuser ce que l’on m’offre ne fera pas revenir Myriam. Je parle d’expérience : j’ai essayé. Mais finalement, au fil des mois, j’ai compris que quoique je fasse, rien ne pouvait me ramener en arrière, rien ne pouvait retenir la lame que j’ai plongé, à un moment ou à un autre, dans le corps de ma sœur, et que tout ce que je peux faire c’est, justement, faire ce qu’il me plait. Boire, dessiner, écrire, ne même pas essayer de feindre le bonheur, être grossier, vulgaire, impoli, insolent, agressif, méchant, mesquin, désintéressé… je peux faire ce que je veux tant que je ne franchis pas la ligne rouge posée par mon Maître Chanteur et au bout de quatre ans, je suis devenu plus que doué pour danser sur cette ligne sans jamais poser un orteil de l’autre côté, sans jamais leur donner une seule raison d’être satisfait de moi et de mon attitude ni particulièrement déçu. C’est une vengeance, puérile, infantile, mais c’est une vengeance que j’offre à Myriam. Et la solitude qui en résulte n’est que la juste punition que je m’inflige.

Une heure plus tard, les cheveux trempés et toujours torse nu – reste de mon enfance dans le D4, assurément – je suis de retour dans le salon, désœuvré, à laisser mes doigts se saisir d’un crayon et d’un bloc de feuilles pour esquisser des paysages et des bâtiments, frôlant l’agenda ouvert qui pointe quatre rendez vous déjà manqués et deux à venir. Voilà autre chose à rajouter à cette liste de libertés que je m’offre : le refus d’être ponctuel. C’est un moyen comme un autre de me rebeller, c’est un moyen comme un autre de me démarquer, c’est un moyen comme un autre d’être libre et  détaché de ce système qui m’étouffe. Et même si le retour à la réalité est à chaque fois un peu plus brutal, je saisis ces moments comme autant de gorgée d’eau fraiche. Par réflexe, mon regard dévie immanquablement sur l’agenda, accroche le nom de deux autres vainqueurs, d’une soirée prévue et à laquelle je ne peux me défiler vue l’entrée rouge sang qui la signe comme inévitable, revient sur le nom d’un des vainqueurs et s’y arrête. Calligraphié sur cet archaïque agenda, preuve tangible de mon attrait pour l’écriture et le dessin, s’étend un Asher Yaxley qui me fait froncer les sourcils. Mes doigts se perdent dans ma barbe naissante. « Pourquoi pas. » Ma voix résonne dans la pièce, comme pour me renvoyer en écho ma solitude et ce réflexe douteux que j’ai de soliloquer dans l’espoir que Myriam me réponde un jour de sa voix sarcastique. Suis-je fou ? La question ne se pose même plus dans mon cas. En quelques mouvements, j’enfile la chemise que l’on me tend, boutonne les boutons principaux, joue un instant avec un bracelet de coquillages passé à mon poignet et attrape un carnet et un crayon pour passer le temps si jamais Hadès se pointe en retard.  D’après l’agenda, nous sommes supposés nous voir dans une heure. D’après l’agenda, je mets vingt minutes à rejoindre le café indiqué.

Dans les escaliers qui me conduisent vers la sortie, les ascenseurs n’étant que très peu à mon goût, je me surprends à me demander s’il va venir, étant d’ailleurs incapable de me souvenir duquel de nous deux est à l’origine de ce rendez vous griffonné. Si c’est lui, il doit avoir quelque chose à me dire et viendra. Si c’est moi, vu le nombre de lapins que je pose, vu ma ponctualité, vu ma sympathie mémorable, les chances pour qu’il ne se pointe pas sont assez élevées. Mais dans un haussement d’épaule, je laisse paraître mon désintérêt total pour la question. Qu’il vienne ou ne vienne pas, ça m’aura forcé à sortir prendre l’air et tout le monde aura été gagnant. En vingt minutes exactement, je suis assis à la table du café, à ignorer les regards que l’on pose sur moi, foudroyer du regard ceux qui veulent de moi un autographe ou la moindre chose s’en approchant, confortant ma réputation de vainqueur antipathique et augmentant d’un cran encore l’intérêt que ces crétins peuvent avoir pour moi. Je les laisse d’ailleurs noter sur le carnet ce qu’ils veulent, sirotant dans mon coin, lunettes de soleil posées sur mes yeux clairs, un whisky bien matinal. Il ne doit pas être loin de neuf heures du matin, il n’y a pas foule dans ce Capitole de fainéants. Déchirant la page couverte d’invitations et de sollicitation – j’imagine que de toute manière, mon Capitolin de maître chanteur doit avoir prévu mes soirées et mes visites pour les mois à venir – je dévoile une page vierge et mon crayon s’y promène sans y penser, mêlant écriture et dessin dans une calligraphie au thème maritime. Et lorsqu’une silhouette se dresse devant moi, je m’aperçois que les dizaines de minutes d’attente qu’il me restait se sont évaporées dans ma concentration et que, comble de l’horreur, je n’ai même pas terminé mon premier verre de la journée. A ce rythme là, je n’aurai pas assez bu pour me présenter convenable ivre à la soirée de ce soir, ma réputation risque d’en pâtir. Sans faire un mouvement pour me lever, je donne un coup de pied à la chaise face à moi dans un simulacre de politesse et d’invitation à s’asseoir. « Salut Hadès. T’es venu finalement ? » Comme si c’était lui qui ne se pointait pas à la plupart des invitations. Mon ironie et mon humour me perdront si je ne meurs pas étranglé d’ici là. « Alors comment va la vie, tu n’as tué personne ces temps-ci ? Pas trop monotone ? » Je me sens d’humeur à faire de l’humour. Noir, peut être, mais de l’humour. Pour une fois que je suis de bonne humeur, ou quelque chose s’en approchant, on ne va pas faire la fine bouche. Non ? Mes doigts se crispent sur mes esquisses, déchirent prudemment la feuille et j’émiette les déchets de papier dans le caniveau le plus proche.


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« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Sam 8 Nov - 21:46




You never leave the arena
Il n'en était pas à sa première venue au Capitole. Durant un temps la capitale avait été son lieu de chute permanent. Lorsqu'il ne pouvait plus vivre dans le District 2. Faire face à Bonnie. Supporter de ne pas pouvoir l'approcher. Il avait fait du capitole son point de chute. Multiples sorties, enivrement, il avait trouvé dans cette ville la perdition qui lui permettait d’anesthésier sa douleur et les souvenirs. Le Capitole avait cette capacité de vous faire tourner la tête. Surtout lorsque vous étiez un vainqueur talentueux dans l’art de la mise à mort. Les femmes le désirait, les hommes l’enviait et le désirait parfois également. Alcool, drogue, pilule miracle, tout se trouvait, se monnayait ici. Tout. Il avait trouvé ici de quoi anesthésier son corps, son âme également. Il avait aussi trouvé ici des gens comme lui, d’autres vainqueurs, perdus. Des vainqueurs qui ne s’étaient pas arrêtés à la façon dont il avait triomphé, au sang sur ses mains et à la réputation qu’il s’était forgé dans son district puis dans l’Arène. Ils étaient tous égaux, depuis leur sortie de l’arène. Le district ne comptait pas lorsque l’on était sortie de l’enfer. Certains vivaient avec ce poids mieux que d’autres. Asher gérait les morts, il s’était entrainé des années à cette épreuve, il était prêt, mentalement à tuer et n’avait jamais hésité dans l’arène. Jamais. C’était ce qui lui avait valu son surnom : Hadès. Dieu des enfers et des morts. Il avait mis la ville à ses pieds, mais à quel prix ? Loin de regretter les morts qu’il avait fait, il n’avait tendu que vers un but dans cette arène, survivre et tenir la promesse qu’il avait fait à un mort, c’était ce que l’Arène avait fait de lui qui l’avait éloigné de son District. Il se savait violent. Il l’était. Animal sauvage, incapable de quitter définitivement l’Arène. C’était la nuit qu’il était le plus dangereux, le plus sauvage. Instable. La violence faisait partie de lui. Il l’avait compris lorsqu’il avait blessé, à de multiples reprises celle qui s’était rebaptisée Perséphone. Celle qui partageait ses nuits, au Capitole, ancienne du District 2. Il l’avait étranglée en lui faisant l’amour, en proie à des réminiscences de l’arène dès lorsqu’il relâchait la pression sur son esprit. La nuit les cauchemars auxquels il était sujet lui avait fait frapper cette femme. Et pourtant ... elle était restée. Jusqu’à ce qu’il ne supporte plus de la faire souffrir. Jusqu’à ce qu’il ne supporte plus de faire souffrir qui que ce soit. Elle était sortie de sa vie. Comme Bonnie avant elle. Parce qu’il ne pouvait pas sortir de l’Arène. On n’en sortait jamais. Il avait alors comprit, en côtoyant d’autres vainqueurs. Il avait compris ce que cela impliquait en côtoyant leurs souffrances, leurs doutes. Des souffrances qu’il se refusait à avouer partager. Mais leur présence apaisait ses réminiscences, le rendait plus humain. Avec eux il n’y avait pas de façades. Pas une fois qu’il avait appris à connaître certains d’entre eux. Il y avait alors des rendez-vous qu’on ne pouvait manquer. Comme celui-ci. Bien qu’il savait que personne ne pouvait sauver Maël de sa souffrance. Que le Capitole ne serait qu’un lieu de perdition pour lui. Comme il l’avait été pour lui autrefois. Etrangement tout avait changé pour Asher depuis leur dernière rencontre, autour d’un verre ou plutôt de plusieurs bouteilles. Etre rentré chez lui, avoir renoué avec Bonnie pour la perdre de nouveau .... Le complot contre le Président. Tout cela semblait si irréel. Il savait pourtant qu’il ne pourrait s’ouvrir à son ami concernant ses doutes. Il avait lu son dernier article dans le train le conduisant à la Capitale. Le bar était un typique du genre ici. Moderne, épuré. Capitolin. Maël était au rendez-vous, son apparence laissant à désirer, le regard dans ses yeux ne laissant douter de son humeur. « Salut Hadès. T’es venu finalement ? Alors comment va la vie, tu n’as tué personne ces temps-ci ? Pas trop monotone ? » Ash’ se laissa tomber sur la chaise qui faisait face à l’ancien vainqueur et d’un coup d’œil commanda une tournée à la serveuse, perchée sur des talons hauts veritigneux et aux faux-cils vert. Le capitole. Tout un style. « Il est difficile de chercher à étrangler sa maitresse dans son sommeil, quand ladite maîtresse est embarquée pour trahison par la garde rapprochée du Président... » Commenta t-il froidement en jetant un regard au verre puis au dessin de Maël. « A ce que je vois ta maîtresse à toi ne t’inspires pas aujourd’hui. » En faisant référence à son verre encore plein. « Tu risques d’en décevoir certains ce soir, il faut dire que tu es de meilleur compagnie quand tu n’es pas sobre. » La pique était assassine. Voulu. Il avait besoin que Maël lui parle de la Rébellion, de ce qu’il savait de l’attentat contre le Président. Il était l’un des journalistes du Capitole. Il pourrait l’aider... Mais pas sobre, cela était une certitude. L’alcool avait le pouvoir de délier les langues et aujourd’hui ce n’était pas Asher qui voulait aider son ami, mais Hadès voulant exploiter ses faiblesses pour obtenir ce qu’il désirait.

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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Lun 10 Nov - 17:34


Avachi sur la chaise, je laisse mes doigts faire glisser le crayon de papier sur la feuille, mes yeux gris contemplent le ressac de la mer qui éclot dans un tourbillon orage. En quelques traits, la vague se transforme en un A calligraphié, je m’amuse à le compléter d’un sher ensanglanté, dans un humour bien noir et un cadavre pour soutenir le nom. Les secondes passent, j’agrémente l’ensemble de quelques coquillages, oiseaux, chairs ouvertes et lames rouillées : un paysage d’horreur teinté d’embruns marins, le crayon appuie de plus en plus sur la feuille, la creusant, l’amenant au point de rupture, la transperçant alors que je raye l’ensemble du dessin, le déchire, le réduit à néant pour mieux l’émietter sur le trottoir, dans un mépris des convenances tout à fait conscient. Je revendique mon incivilité comme une marque de fabrique, comme une raison d’exister, comme une justification de ma liberté, ce qui doit me faire paraître encore plus pitoyable que ce que je ne le suis déjà. Amusant. Non ? La présence d’Hadès me rappelle que ça n’a rien d’amusant. Ce qui est drôle, en revanche, c’est de voir ce que l’on devient une fois sorti de l’arène. Je suis un vestige, il est un monument. Le meurtre transcende certaines personnes quand il réduit les autres à de simples morts-vivants qui ne trouvent pas la sortie. Et inutile de préciser que si je fais sans aucun doute partie de la deuxième catégorie, l’homme face à moi fait partie de la première catégorie tant et si bien qu’il la définirait presque. Vainqueur avant d’avoir du poil au menton, notre différence d’âge est à présent minime. Un regard, je considère la serveuse ignorée jusque là, remarque en même temps qu’Asher ses cils et sa tenue d’une élégance à faire vomir avant d’hausser les épaules et de faire tourner le verre inachevé entre mes doigts. Jean déchiré, chemise froissée, c’est sûr que je ne suis pas véritablement les standing du Capitole qui m’héberge, mais bon, on va dire que c’est ce qui rajoute à mon exotisme. Dans un grognement pour le moins aimable, j’ai donc salué l’autre vainqueur. Sa voix froide contraste avec ma décadence. Ouais, on n’est vraiment pas issu du même moule, ça ne fait aucun doute. « Il est difficile de chercher à étrangler sa maitresse dans son sommeil, quand ladite maîtresse est embarquée pour trahison par la garde rapprochée du Président... A ce que je vois ta maîtresse à toi ne t’inspires pas aujourd’hui. Tu risques d’en décevoir certains ce soir, il faut dire que tu es de meilleur compagnie quand tu n’es pas sobre. » Loin d’être refroidi ou vexé, je me contente de rire à ses remarques. J’ai encore de longues heures d’ennui devant moi, mon dernier article ayant tant plus aux Autorités qu’ils me laissent un peu de répit avant d’en exiger un autre de moi, avant qu’ils essayent une nouvelle fois de me rendre présentable et visible. Alors bon, j’ai toute la journée pour boire. On n’est pas à un verre près. Mais dans un sens… Hadès n’a pas tort. D’une moue qui ne daigne même pas paraître blessée, je rétorque, moqueur : « J’avais oublié à quel point ta compagnie était plaisante, Hadès. » Je porte le verre à mes lèvres, sirote une gorgée avant de faire son sort au reste du contenant. « Trahison, c’est amusant comme ce mot revient régulièrement dans l’actualité. Alors, petit Pluton, tu t’abaisses à traîner avec de vils traitres ou… comment pourraient-ils se faire appeler… des Défenseurs de la liberté ? » Je ricane. C’est pitoyable cet espoir qu’ils se traînent, ces rebelles. Ils vont nous détruire, ils vont se détruire. Et une fois leur temps passé, il ne restera que le Capitole omniprésent, omnipotent, et des monceaux de cadavres qui en viendront à nous faire regretter les vingt trois petites victimes sacrifiées par an sur l’autel de la paix.

Je secoue la tête, désignant le verre qu’on vient de lui apporter et le mien que l’on vient de remplir à nouveau. « Tu n’as pas tort, je délaisse mon amante préférée en ce moment. On pourrait presque imaginer me voir arriver lucide à l’un de ces banquets, imagine un peu le scandale que ce serait. » Mes doigts froissent les restes de dessin que je n’ai pas détruits, ceux que j’ai laissés s’échouer sur la table dans un instant d’égarement. Mieux vaut les retirer de sa vue, car contrairement à ceux que beaucoup peuvent penser, je ne suis jamais plus maître de moi-même que lorsque j’ai quelques litres d’alcool ambré dans le sang, comme un ichor venu parcourir mes veines pour me placer aux côtés de cet Hadès. Pour faire oublier le dessin, j’attrape le verre que je vide aussi rapidement que le précédent. « Mais je vois qu’elle me fait des infidélités, si elle vient te voir aussi. Au moins, c’est elle qui va t’étrangler, ça te changera. » Un nouveau ricanement. « Ne t’inquiète pas, je ne suis pas possessif. » Je lève mon verre dans lequel nage un fond ambré, en attente d’être rempli à nouveau. « Allez, buvons à toutes les amantes étranglées, et les traitres qui se jouent de nous ! » Mes pensées menacent un instant de dériver vers Nale et Jana. Traitres, tous les deux. Un soupçon de dégoût et de déception transperce mon visage, avant de s’échouer sur un rictus une nouvelle fois moqueur. « Mais bon, assez parlé de moi. Qu’est ce que tu racontes de beau, pourquoi tu voulais me voir ? Je suis assez curieux… »


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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Mar 25 Nov - 10:39




You never leave the arena
« J’avais oublié à quel point ta compagnie était plaisante, Hadès. » Il avait obtenu ce qu’il voulait, que Maël commence à boire. Etrangement le vainqueur était d’une bien meilleure compagnie une fois que son degré d’alcoolémie dépassait le seuil des premiers grammes. Mais ça Asher le comprenait largement, lui aussi avait cherché le refuge dans la boisson, les nuits où il était trop violent, trop torturé par les visages de ses proches baignant dans leur sang. Ce n’était pas ce qu’il avait fait dans l’arène qui le maintenait éveillé. Des regrets il n’en avait pas, il avait été formé, dressé pour tuer sans état d’âmes. Il le faisait à la perfection. Il avait même était approché par Isobel Filicorn, la Pacificatrice assurant la protection du Président lui-même, pour intégrer l’armée Présidentielle. De toute évidence tuer sans sourcilier était un critère d’embauche ces derniers temps. Mais il avait refusé cette offre alors car s’il avait tué pour survivre, contrairement à ce qu’il avait pensé, il n’y avait pris aucun plaisir. Il suivait un objectif. Celui de rentrer pour tenir sa promesse auprès d’un mort. Celle de veiller sur sa sœur. Même si pour qu’elle soit réellement en sécurité il devait la tenir à grande distance de lui et de l’animal sauvage qu’il devenait la nuit. Il avait fait son devoir envers Bonnie. S’assurant de sa sécurité, qu’elle ne manquait de rien. Vivant en partie au Capitole pour être certain qu’elle ne risquait rien. Il se connaissait. Il la désirait. La dernière femme qui avait été à ses côtés la nuit, Enobaria avait été forte, assez pour rester près de lui malgré ce qu’il lui infligeait la nuit. Les meurtrissures, les hématomes, le sang. Elle avait tout supporté. Jusqu’à ce que ce soit lui qui ne supporte plus de la blesser ainsi, alors qu’il en désirait une autre à ses côtés. « Trahison, c’est amusant comme ce mot revient régulièrement dans l’actualité. Alors, petit Pluton, tu t’abaisses à traîner avec de vils traitres ou… comment pourraient-ils se faire appeler… des Défenseurs de la liberté ? » Asher haussa un sourcil qui se voulait amusé. « Venant de celui qui fait l’actualité, tu as une drôle de manière de te faire mousser mon vieux. Je dirais plutôt que le mot « rebelle » leur sied mieux, après tout c’est ce qu’ils sont. La seule liberté qu’ils défendent est celle de leur survie... » Mais il était si difficile d’imaginer Bonnie volontairement parmi eux. Elle qui voulait entrer dans l’arène et faire la gloire de sa famille. Elle qui croyait tant dans le Gouvernement. Le rôle traitre ne lui allait pas. Ce n’était pas logique ou cohérent. Il l’aurait su si elle avait planifié quelque chose comme un attentat. Il était avec elle chaque jour depuis la « retraite » de Reynolds. « Tu n’as pas tort, je délaisse mon amante préférée en ce moment. On pourrait presque imaginer me voir arriver lucide à l’un de ces banquets, imagine un peu le scandale que ce serait. » Asher ricana car il avait aussi conscience que l’alcool qui buvait était un moyen de contrôle pour Maël. Personne ne le voyait tel qu’il était alors. Il se protégeait ainsi. « Mais je vois qu’elle me fait des infidélités, si elle vient te voir aussi. Au moins, c’est elle qui va t’étrangler, ça te changera. Ne t’inquiète pas, je ne suis pas possessif. Allez, buvons à toutes les amantes étranglées, et les traitres qui se jouent de nous ! » Il leva son verre à son tour, entrechoquant son poison avec le sien. Maël était l’un des rares dont il supportait « réellement » la compagnie, il n’y avait pas besoin de faire semblant avec lui. En quelque sorte il comprenait bien mieux ce vainqueur qui était détesté pour ses actes dans l’Arène, tuer sa sœur jumelle, qu’avec des vainqueurs adulés pour leurs exploits comme il l’était lui-même. Maël n’avait rien à prouver, cette vie l’avait rendue amer et cynique, il ne mentait pas ou peu, était entier, franc. Il ne se cachait pas, ne prétendait rien. Il était l’exact reflet de ce que l’Arène avait fait de lui. « Mais bon, assez parlé de moi. Qu’est-ce que tu racontes de beau, pourquoi tu voulais me voir ? Je suis assez curieux… » La raison de sa présence ici avait pour lien les récents articles de Maël sur la rébellion il avait besoin d’en savoir plus, de connaître leur mode de fonctionnement ou tout ce que Maël pouvait savoir, ce que ses sources lui avait dit. Il devait contacter la résistance, retrouver Bonnie. Il le devait à Samuel et plus que tout, il se le devait à lui-même car .. il l’aimait. « J’ai besoin de comprendre comment fonctionne la rébellion. Elle était là, avec moi, chaque jour, je l’ai entrainé à tuer. J’ai besoin de comprendre comment ils ont pu organiser cela sous mon nez, sans que je le détecte. Pour ne plus refaire cette erreur. Jamais. Parle-moi d’eux. De ce que tu sais. »

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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Ven 28 Nov - 0:49


Sarcasme, alcool, je suis d’une compagnie affreusement extraordinaire, j’ignore vraiment comment les gens peuvent supporter de me parler tant je dois être intimidant dans ma c#nnerie. Un peu d’humour, un peu d’alcool, beaucoup d’ironie et d’attaque gratuite, voilà ma recette pour tous les contacts humains que je suis forcé de me coltiner. Et dire d’Hadès est loin d’être le pire… je termine mon verre d’une gorgée pour me donner du courage et éviter de penser à la soirée qui va se profiler ce soir. Je suis plutôt côté malgré tous mes efforts et ma réputation de bad boy immature et incontrôlable. Je suis plutôt côté, moins que le vainqueur assis face à moi, mais suffisamment pour que nous sachions tous les deux comment finiront les mondanités à venir sans avoir besoin de se le confier. Génial, j’adore le concept. Et j’en remets une couche, invitant Asher à ne pas me laisser seul dans ma descente de la réserve ambrée du bar qui nous a offert un refuge sommaire. Allez, buvons à toutes les amantes étranglées, et les traitres qui se jouent de nous ! argue-je sur un ton facticement entraînant et convaincu, laissant mes pensées dériver un instant vers les deux membres du D4 qui ont pris la peine de me trahir, moi, une x-ième fois et cachant ma grimace dans une dernière intervention visant à reporter la conversation non pas vers nos déchéances communes – sujet trop travaillé, vu et revu, pour qu’il soit encore intéressant – mais plutôt sur les raisons de nos retrouvailles. Je suis toujours incapable de savoir si c’est moi qui suis à l’origine de ce rendez vous, ou s’il avait quelque chose à dire, et je préfère partir du principe que si j’ai été contraint de sortir de mon appartement c’est par sa faute et non la mienne. Je commence avec un classique assez parlé de moi goguenard pour embrayer sans plus tarder sur lui. Je suis assez curieux… Oh, oui, je suis curieux. Plus que curieux même : je suis intrigué. Il a fait fort, pour le coup, l’autre ahuri. M’intriguer moi, tant et si bien que je m’intéresse réellement à ce qu’il va me dire… Ce serait presque un exploit tant ma désillusion et ma dépression m’enfoncent continuellement dans un égocentrisme dont je n’ai ni le temps, ni la patience et encore moins l’envie de m’arracher. « J’ai besoin de comprendre comment fonctionne la rébellion. Elle était là, avec moi, chaque jour, je l’ai entrainé à tuer. J’ai besoin de comprendre comment ils ont pu organiser cela sous mon nez, sans que je le détecte. Pour ne plus refaire cette erreur. Jamais. Parle-moi d’eux. De ce que tu sais. » Oulah. Trop sérieux pour moi. Mes sourcils froncés sont éloquents, je m’avachis sur le siège, croisent les jambes, glissent mes doigts dans mes cheveux savamment décoiffés et fait tourner autour de mon poignet ce qu’il me reste de ma sœur.

Sans être du genre à mettre trop plombes à parler, je me concentre pour réfléchir, ou du moins en mimer le fait, avant de lâcher un trainant et moqueur « J’ai l’air d’un rebelle ? » qui ne laisse aucun doute quant à mon avis sur la question. Je me donne un genre : je sais. Celui du mec qui se pense au dessus de toutes conventions, politesses, principes de vie en communauté. Celui d’un mec qui n’en a rien à faire des autres, qui veut faire croire qu’il ne craint plus rien ni personne. Un rebelle de quinze ans, m’avait craché je-ne-sais-plus qui, fort justement. Donc ouais, je dois avoir l’air d’un rebelle, mais pas au sens où il l’entend. Un serveur passe, attiré par mon geste de main, rempli sans me demander le verre que je vide aussitôt et le convaincs de laisser la bouteille à portée de main. « Sérieux, tu crois quoi, Hadès ? Que j’ai des indics ou des c#nneries dans le genre ? J’suis juste un p#tain de vainqueur, comme toi, qui s’éclate à écrire des torchons et parfois à envoyer des messages plus ou moins sérieux à des c#ns qui ne les comprendront pas tant ils sont dans leur délire paranoïaque ! » Et voilà, je m’énerve. Je me suis même redressé, les doigts crispés sur ce verre que j’ai bien envie de lui envoyer dans la figure pour lui faire entrer dans le crâne qu’il n’y a rien, mais vraiment rien, de structuré dans ce groupe d’imbéciles qui jouent avec le feu. Je secoue la tête, faisant voltiger mes mèches brunes et appuyant mon manque total d’intérêt pour la question. « Et s’il te plait, parle pas de rébellion, ça me donne envie de vomir. Ces mecs, faut que tu comprennes qu’ils se sont mis en tête que tout ça… ma main plane sur les buildings qui nous écrasent. pourrait s’effondrer comme un château de cartes avec des bons sentiments. Mais ils se trompent, ces p#tains de gamins. Et toi, comme moi, on le sait. Tout ce qu’ils vont réussir à faire, c’est obliger le Capitole à raser un nouveau District, à créer des nouveaux orphelins, à nous imposer des jeux plus sadiques encore pour bien qu’on imprime le concept : la violence ne fera jamais. Jamais. Tomber le Capitole. » Mes yeux le foudroient. Ma main se crispe à nouveau sur le verre que je pose brutalement sur la table. « Alors si tu veux pas que ces imbéciles se foutent encore de ta gueule, fais entrer dans le crâne de tes gamins que tout ce qu’on leur demande, c’est de faire leur job, à la rigueur de survivre dans l’arène, mais d’avoir en tête que seule une machine bien rodée peut évoluer. Si on s’amuse à y foutre des grains de sable, elle déraille, se coince, et faut changer les pièces pour que le cœur continue de fonctionner. Voilà. C’est tout. » J’hausse les épaules. Avant de conclure dans un sarcastique « Mais si tu veux, je peux te trouver de quoi te donner une idée de leur prochain repas et de la couleur de leurs sous-vêtements. Ca doit être la seule chose pertinente à savoir à leur propos. »


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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Ven 2 Jan - 17:47




You never leave the arena
Elle m’avait ensorcelé, bouleversé. J’avais fait une promesse à son ami avant son départ aux jeux. Veiller sur Bonnie, s’assurer qu’elle ne manqua de rien. Qu’elle soit heureuse, qu’elle survive. J’avais longtemps pensé que me tenir loin d’elle, veiller sur elle en envoyant de l’argent à son père, en m’éloignant d’elle pour ne pas la blesser. Dans un premier temps pour qu’elle ne perde pas un autre frère, puis parce que je rêvais chaque nuit que je la tuais. Moi. Mes mains autour de sa gorge, mon épée transperçant son cœur. Mais je m’étais trompé, je l’avais laissé tomber. Cette nuit, cette unique nuit que nous avions partagé chez moi m’avait ouvert les yeux. Elle était la lumière. Ma lumière. Elle m’avait été enlevé par les rebelles, parce qu’elle avait été accusé de leur crime. Mais étaient-ils vraiment responsables ? Tout Panem soupçonnait que les attentats du Printemps n’étaient qu’une mise en scène mais la centrale avait bel et bien explosée dans le District 5. Et cela ne pouvait être une machination du président. Bonnie. Tout ce qui comptait c’était que je la retrouve. Que j’emploie toutes mes forces pour la retrouver, pour trouver un dissident, un rebelle qui me mènerait à elle. Maël était l’un de mes espoirs. Je savais qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être, il aimait sa sœur, j’en étais persuadé, il ne voulait pas la tuer. La boisson n’était qu’un aveu de plus de la culpabilité qui le rongeait. Il était proche du pouvoir, son metier lui permettait de savoir certaine chose. Je prenais un risque en découvrant ainsi mon intérêt. Depuis l’Expiation les vainqueurs savaient qu’ils n’étaient pas en sécurité, qu’un accident était si vite arrivé. « J’ai l’air d’un rebelle ? » Non. Il avait l’air d’un vainqueur, brisé par ce qu’il avait fait dans l’arène. Mes démons n’étaient pas ceux de l’Arène mais de ce que je pourrais faire désormais. J’étais un tueur, méthodique, froid, impitoyable. Un leader. Le Capitole avait bien tenté de m’utiliser dans ses rangs, de me convaincre de mettre en pratique mes talents de combattant comme Pacificateur. Sans succès. Tout ce qui m’intéressait c’était de survivre, de faire en sorte que Bonnie survive. « Sérieux, tu crois quoi, Hadès ? Que j’ai des indics ou des c#nneries dans le genre ? J’suis juste un p#tain de vainqueur, comme toi, qui s’éclate à écrire des torchons et parfois à envoyer des messages plus ou moins sérieux à des c#ns qui ne les comprendront pas tant ils sont dans leur délire paranoïaque ! » Oui, c’était ce que je croyais, car j’avais moi-même des sources pour mes romans, des gens qui parlaient trop, l’inspirant. Les capitolins pensaient que les Vainqueurs étaient des êtres fascinants, ils les cotoyaient, parlaient trop parfois. Je savais une chose, la centrale du 5 n’avait pas explosée toute seule. Les rebelles étaient infiltrés parmi les pacificateurs, le gouvernement. Maël pouvait savoir quelque chose. Quelqu’un avait pu parler, dire quelque chose. On ne faisait jamais vraiment attention à toutes ses paroles face à quelqu’un d’ivre. Maël pouvait savoir certaines choses. « Et s’il te plait, parle pas de rébellion, ça me donne envie de vomir. Ces mecs, faut que tu comprennes qu’ils se sont mis en tête que tout ça… pourrait s’effondrer comme un château de cartes avec des bons sentiments. Mais ils se trompent, ces p#tains de gamins. Et toi, comme moi, on le sait. Tout ce qu’ils vont réussir à faire, c’est obliger le Capitole à raser un nouveau District, à créer des nouveaux orphelins, à nous imposer des jeux plus sadiques encore pour bien qu’on imprime le concept : la violence ne fera jamais. Jamais. Tomber le Capitole. Alors si tu veux pas que ces imbéciles se foutent encore de ta gueule, fais entrer dans le crâne de tes gamins que tout ce qu’on leur demande, c’est de faire leur job, à la rigueur de survivre dans l’arène, mais d’avoir en tête que seule une machine bien rodée peut évoluer. Si on s’amuse à y foutre des grains de sable, elle déraille, se coince, et faut changer les pièces pour que le cœur continue de fonctionner. Voilà. C’est tout. Mais si tu veux, je peux te trouver de quoi te donner une idée de leur prochain repas et de la couleur de leurs sous-vêtements. Ca doit être la seule chose pertinente à savoir à leur propos. » Venir ici était une erreur, je le comprenais à présent. Maël ne trouvait aucun espoir dans la rébellion, il n’y voyait qu’une nouvelle source de violence de la part du Capitole, une raison supplémentaire de châtrer les Districts et il avait raison. Je ne voulais trouver la rébellion que pour récupérer Bonnie. Pas parce que je croyais qu’il y avait un espoir. Pas parce que je souhaitais les rejoindre pour les aider. JE voulais seulement récupérer la femme que j’aimais. La femme pour qui j’aurai été prêt à tout sacrifier, une gamine qui serait peut-être moissonnée un jour, que le Capitole avait cherché à tuer dans cette arène. Je mentais à un homme qui était probablement l’un de mes derniers amis vivants... « Je veux la retrouver Maël. J’ai besoin de ton aide. »

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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Ven 9 Jan - 23:12


C’est pas tout, mais il fait soif. Dans un sens, je m’en veux d’avoir autant parlé. D’un autre côté… c’est le risque à courir lorsque je bois. J’ai la langue plus pendue, moins d’inhibition et donc moins de réserve. Et si les jurons sortent mieux de cette manière, ce ne sont pas les seuls, loin de là, à échapper à mon contrôle. Dans tous les cas, je me félicite. J’ai évité les pièges, je n’ai pas fait de bourbe, et j’ai même pas frôlé la limite. Certes, je me suis presque énervé, mais bon… ça aussi, c’est un risque. Et puis, Maël sans son ton sarcastique, c’est comme la mer sans ses thons narcoleptiques : n’importe quoi. Je soupire en me la bouclant, avant de vider un nouveau verre, ou plutôt la bouteille que je bois au goulot. J’hésite même à rajouter une remarque sur le fait que l’alcool qu’elle contient est pas trop dégueulasse mais je me ravise en observant mon interlocuteur. J’ai répondu à sa question, reste à voir s’il est satisfait ou pas, et étrangement je mise plutôt sur la deuxième solution. Mon sourire s’accentue sur les lèvres, presque pour le narguer. N’a-t-il pas compris que si je suis le parfait ambassadeur du Capitole c’est que j’ai totalement perdu foi en un possible renversement ? Si jamais j’y ai cru plus de quelques secondes. La rage, la colère, l’horreur qui m’ont saisi lorsque j’ai entendu le canon tonner et mon nom en vainqueur restent trop présentes dans mon esprit pour que j’ose même me targuer de les avoir oubliées. Les premiers temps, j’aurai pu croire en la rébellion. Vraiment. Perdre la moitié de moi-même, avoir tué ma sœur, être forcé de cacher les larmes pour afficher un sourire de Vainqueur… j’aurai pu croire qu’on pouvait tout faire payer à Snow, j’aurai pu croire qu’il y avait un espoir de me venger, qu’il y avait un espoir de les voir pleurer à leur tour. J’ai failli m’hasarder à tout balancer. Et puis il y a eu l’arrivée de mon Maître Chanteur, les pressions, ses tentatives – fructueuses – pour me détruire davantage par l’avilissement et le chantage. Et enfin, le rejet du District Quatre. Alors oui, Hadès, contrairement à ce que tu peux croire, contrairement à ceux que tous pensent, contrairement à ce que j’affirme, je ne rêve que de voir le Capitole chuter, ses Gouvernants dans une arène, forcés de s’entretuer et moi aux commandes, en train de jouer avec des précipices artificiels et des mutations génétiques. Mon regard se durcit, se déporte sur le verre que je prends, cette fois, le temps de remplir.

« Désolé, Hadès, mais tout ce que je peux te dire c’est que ça ne sert à rien de les chercher… » J’hausse les épaules, appelant d’un signe un serveur pour qu’il nous apporte de quoi grignoter. Tant qu’on y est, autant vider leurs caisses de bouffe en même temps que leur cave, ce sera tout bénef. Je sais que dans certains districts, ils voient d’un mauvais œil les Vainqueurs opulents. J’ai cru le comprendre dans ma tournée de l’horreur, celle qui m’a contraint à passer dans chaque district saluer les foules qui ne voyaient en moi que l’assassin de leur fils, de leur fille, de sa propre sœur jumelle. Je les ai écœurés par mon dédain apparent pour leur deuil, par mon sourire, mes excès, par ma nature même et cette revanche que je prenais dans mon attitude conquérante qui tranchait tant, et qui continue de trancher, avec le dégoût que j’ai pour moi-même. Alors même si je les écœure, même si je m’écœure, je choisis de profiter de ce que dont j’ai mérité en tuant des tributs et de dilapider mon argent avec l’indolence d’un Capitolin. Et tant pis pour ceux qui ne sont pas d’accord, qu’ils aillent crever dans le caniveau, on ne leur demander par leur avis. Merci. « Je veux la retrouver Maël. J’ai besoin de ton aide. » « Hein ? » Ma réaction spontanée chevauche presque l’intervention d’Hadès que je n’attendais pas, plus. Elle ? Qui ? Celle qu’il a étranglée ? Celle qui a rejoint la rébellion ? J’hausse les épaules, fronce les sourcils, désigne son verre. « J’arrive pas à savoir si tu as trop ou pas assez bu, là… » Avant de secouer la tête. « T’es complètement taré, mon pauvre type. Déjà : si tu veux la retrouver, j’espère que c’est pas pour lui faire des papouilles sinon y’en a là haut qui vont jubiler à l’idée de pouvoir te contrôler davantage. Ensuite : flingue toi tout de suite, ce sera plus rapide et le résultat sera le même. » Je ne sais pas trop quoi en penser. Etrangement je pars du principe que rien dans ses propos ne le positionne d’un côté ou de l’autre de la barrière « pro-Capitole ». Ou alors, j’évite de me poser la question. Mais du coup, mes propos à moi deviennent légèrement incohérents puisqu’ils ne prennent plus, eux non plus, position. Génial. « Ecoute, Asher… » Ma voix prend étonnamment une intonation sérieuse, comme si je n’avais pas quelques verres derrière moi. Contrairement à ce qu’on peut croire, et ce que je peux inciter à croire, je tiens plutôt bien l’alcool. Et en dehors de cette manie de trop parler, je conserve toute lucidité pendant un petit bout de temps. « C’est de la folie. J’vais pas te réexpliquer ce que tu m’as toi-même appris lorsque je suis arrivé ici, mais si tu veux la retrouver, fais en sorte que le Capitole rase le QG des rebelles et qu’elle soit un trophée de guerre dont tu pourras disposer. Parce que s’Ils ont vent de tout ça, ils vont te démonter, te démolir tant et si bien qu’à la fin il ne restera de toi qu’un pantin amorphe pour faire plaisir aux excentriques habitants de ce charmant patelin… » J’hausse à nouveau, encore, les épaules.


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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Sam 10 Jan - 16:08




You never leave the arena
« Désolé, Hadès, mais tout ce que je peux te dire c’est que ça ne sert à rien de les chercher… » On pouvait dire beaucoup de choses au sujet de Maël mais il portait sur notre société un regard perspicace, juste. Il savait précisément comment s’intégrer à ce schéma. Il avait su également s’attirer les foudres de Panem pour ne pas être forcé de s’ériger en parangon de vertu ou en pantin du capitole. Il s’était fait haïr, sans le souhaiter personne n’aurait voulu tuer sa sœur de sang-froid, restant ainsi en dehors du radar. Je n’avais pas eu cette chance. J’étais le plus jeune gagnant des jeux depuis le début de ce procédé de punition. Le plus jeune et aussi le plus meurtrier. A moi seul j’avais éliminé plus de la moitié des tributs de mon édition. Sans manifester la moindre émotion. Sans faiblir un seul instant, concentrer sur un objectif : survivre. Même parmi les vainqueurs Maël n’a que peu d’amis. Je suis l’un des rares à tolérer ses beuveries, ses phrases assassines et son mauvais caractère. « J’arrive pas à savoir si tu as trop ou pas assez bu, là… » Une fois encore un autre aurait clairement signifié une fin de non-recevoir à l’ancien vainqueur irrévérencieux mais c’était son honnêteté, sa façon de ne jamais taire son opinion, quitte à être grossier, que j’avais apprécié en lui. « T’es complètement taré, mon pauvre type. Déjà : si tu veux la retrouver, j’espère que c’est pas pour lui faire des papouilles sinon y’en a là-haut qui vont jubiler à l’idée de pouvoir te contrôler davantage. Ensuite : flingue toi tout de suite, ce sera plus rapide et le résultat sera le même. » Il n’avait pas complètement tort, je savais que si je partais pour le District 13, pour rejoindre Bonnie se serait probablement un voyage sans retour. Un exil. Rallier un camp dans lequel je n’avais pas foi. Mais quitter le Capitole ne me briserait pas, le Président avait perdu ma confiance en torturant Bonnie en la sachant innocente. Je n’étais plus lié par mes obligations à Panem, Bonnie dans le 13. Rien ne me retenait. Sauf ses amis que j’abandonnerai derrière moi : Maël, Névah et quelques autres. Eux qui seraient peut être la cible de la colère du Président, comme Arabella et Owen, ou bien des victimes de la rébellion. « Ecoute, Asher… C’est de la folie. J’vais pas te réexpliquer ce que tu m’as toi-même appris lorsque je suis arrivé ici, mais si tu veux la retrouver, fais en sorte que le Capitole rase le QG des rebelles et qu’elle soit un trophée de guerre dont tu pourras disposer. Parce que s’Ils ont vent de tout ça, ils vont te démonter, te démolir tant et si bien qu’à la fin il ne restera de toi qu’un pantin amorphe pour faire plaisir aux excentriques habitants de ce charmant patelin… » J’avais été son « mentor » ici après sa victoire, je l’avais introduit dans les cercles du Capitole, j’avais fait en sorte qu’il puisse être toléré ici, qu’on accepte son excentricité et sa souffrance également. Et il avait raison, je connaissais le Capitole aussi bien que lui. Si Snow avait vent de mes projets, je serai à jamais emprisonné ici, non pas par des murs mais parce que le Capitole excellait à faire obéir ses dissidents. Je savais qu’il avait raison. Mais l’amour, la confiance qu’avait placé Bonnie en moi. Je ne pouvais pas la laisser seule là-bas. « On ne sait rien de cette rébellion. Je sais simplement qu’elle n’est pas responsable des attentats du Printemps. Elle voulait entrer dans l’arène, faire ses preuves. Elle croit au Capitole. Maintenant elle est entre les mains de ses rebelles. Je ne sais pas ce qui est plus enviable, être prisonnier du capitole ou de cette rébellion. Je ne peux pas attendre qu’elle me soit rendue .... » J’eu un instant de silence. « Je l’aime, je ne peux pas voir quelqu’un que j’aime mourir une fois de plus. »

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MessageSujet: Re: "La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]   Mer 21 Jan - 19:41


Ca me gonfle un peu qu’il me prenne pour un mec sensé. Mon intelligence, mon esprit relativement futé, mon côté stratège si j’en ai eu un, je les ai laissés dans l’arène ou du moins j’aimerais que ce soit le cas. Alors qu’on ne me parle que d’alcool et de sieste, s’il vous plait. Sincèrement, ça me pèse, ce sujet qu’il a foutu sur le tapis sans même me prévenir, histoire que je ne me pointe pas au rendez vous. Certes, c’est peut être pour cette raison là qu’il ne m’a pas prévenu, mais bon… Ca ne se fait pas, un point c’est tout. D’autant plus que je me demande ce qui me retient de tout lui balancer en pleine tronche ce que je garde pour le moment en pensée. Peut être un résidu de savoir vivre qui a pointé le bout de son nez sans prévenir lui non plus ? Sûrement. Dans tous les cas, je m’entends et me comprends très bien lui expliquer par A+B voire A+B+Z qu’il est totalement stupide. Idiot. Crétin. Je ne vais pas jusqu’à dire qu’il est décevant mais à mes yeux c’est tout comme. Asher, en somme, c’est un peu mon seul pote actuellement. Déjà que je ne suis pas franchement une célébrité adulée dans mon District, mais les autres Vainqueurs ne m’apprécient pas des masses non plus, pas que je les aide particulièrement d’ailleurs. J’ai l’habitude de voir dans leurs yeux le sourire de ma sœur, ce n’est pas que je m’y suis fait, mais c’est que je ne peux pas l’ignorer à chaque fois que nos chemins se croisent.

Bref. Asher est stupide parce qu’après Nale, c’est lui qui veut se frotter aux rebelles et je n’aime pas l’idée de perdre mon second et dernier repère ici. Je ne suis pas particulièrement possessif, mais je sais ce qu’il m’attend si lui aussi me lâche : plus aucun moyen de ne pas devenir totalement fou, plus aucun moyen de trouver ma vie un minimum sympa. Pas qu’elle soit géniale actuellement, mais ça fait du bien de boire avec un pote de tant à autres. Discuter de meurtres, de cadavres, d’étranglement, tout ça, tout ça, ce genre de conversations tout à fait admirables et printanières. Un soupir, un haussement d’épaule, je finis par la boucler et attendre sa réaction. Suicide, pas suicide ; compréhension, pas compréhension… J’ai presque envie de jeter les dés pour parier sur le genre de réponse qu’il va me balancer avec son sérieux habituel. « On ne sait rien de cette rébellion. Je sais simplement qu’elle n’est pas responsable des attentats du Printemps. Elle voulait entrer dans l’arène, faire ses preuves. Elle croit au Capitole. Maintenant elle est entre les mains de ses rebelles. Je ne sais pas ce qui est plus enviable, être prisonnier du capitole ou de cette rébellion. Je ne peux pas attendre qu’elle me soit rendue .... » Pardon ? Il se fout de ma tronche ? Déjà, la rébellion non responsable des attentats, c’est un aller simple au cimetière en passant par la case torture, mais qu’il s’amuse à dire qu’elle est prisonnière chez les Rebelles sans l’avoir voulu… Je n’ai même pas la foi de rire. Vraiment. Même pas un petit ricanement de rien du tout. Rien. Juste mon regard océan qui refuse de ciller en se posant sur Asher. « Je l’aime, je ne peux pas voir quelqu’un que j’aime mourir une fois de plus. » Il m’aurait foutu une claque que ça n’aurait rien fait de plus. « T’es c#n. » Les mots glissent tous seuls, sans daigner me demander mon avis avant de se concrétiser. Je me reprends, histoire d’argumenter. « C’est stupide d’aimer, ça ne sert à rien, c’est vain, c’est futile, c’est éphémère et plus encore c’est douloureux. Tu es c#n, c’est tout. Si tu crois qu’elle sera ravie de te voir arriver en sauveur… Je suis sûr qu’elle a déjà adopté leurs us et coutumes, qu’elle fait exploser des gens et hurle aux meurtres de sa petite voix criarde que tu vas être contraint d’interrompre en l’égorgeant. » Un regard sévère, un ton amer. Il m’écoeure à ne pas avoir compris que s’il avait un sou de jugeote il ne s’attacherait à personne. Il y a trois personnes que j’aime ou que j’ai aimées plus que tout au monde. La première, d’un amour fraternel, c’est moi qui l’ai tuée. En la reniant, en l’égorgeant. La deuxième, d’un amour enfantin et idéaliste, elle m’a tourné le dos. Elle n’a même pas su voir plus loin que le sang sur mes doigts. Et le troisième, le troisième je lutte encore pour le sauver mais c’est lui qui me hait et cette haine n’est rien d’autre qu’un poison brûlant. Alors Asher est stupide.

« Garde l’amour pour les mortels, Hadès, ou trouve toi une Perséphone que Zeus te laissera voir six mois par an. » Je secoue la tête, des mèches brunes glissant sur mes yeux. P#tain. Il est c#n, mais qu’il est c#n. Et pourquoi est ce que bien malgré moi j’ai envie de croire que je peux l’aider ? Parce que je suis aussi c#n que lui. Une moue, un soupir. Un gros, très gros, soupir, même. Mes doigts se saisissent de mon crayon gris, s’emparent d’une feuille, y jettent d’un coup de poignet assuré des lignes et des cercles, quelques courbes, griffonnent des zones en gris, accentue des contrastes. Ce n’est pas un coquillage ou un paysage qui nait sur la feuille, c’est un dessin d’un autre genre que ma mémoire retranscrit alors que mes yeux inquiets ne cessent de glisser sur les environs à la recherche d’un regard un peu trop curieux pour mon propre bien. Et le sien. Finalement, le plan brouillon s’achève, je tourne la feuille et pointe la croix d’une chasse au trésor représentée au sud-est, et ses quatre sœurs à différents endroits. « Tu brûles ça dès que tu peux. Ils ont cru que j’étais trop torché pour piter un mot à ce qu’ils bavaient, alors ils ne l’ont pas rangé de suite la dernière fois que je suis allé rendre visite au Journal. Grosso modo, à ce que j’ai compris, c’est les dernières frappes rebelles, ou traces rebelles. Bref, si ça peut t’aider. Mais si tu te fais flinguer ou pire, si je me fais flinguer, je ne te le pardonnerai pas, Hadès. » Je suis plus que sérieux, et ça me perturbe. Depuis quand, bon sang, depuis quand je me la joue rebelle ? Depuis quand je fais passer les envies d’un autre Vainqueur devant la santé de mon frère et celle de mes parents ?


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« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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"La réalité est une illusion causée par le manque d'alcool" [pv Hadès]

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