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 {FLASHBACK - 4ans} « Une chute sans fin dans une nuit sans fond, Voilà l'enfer. » [pv Jana]

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CITOYEN DE PANEM
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ϟ 1ERE MOISSON : 23/08/2012
ϟ MESSAGE : 545
ϟ AVATAR : Sam Worthington (guardianangel)
ϟ MULTICOMPTE : Théodore M. Hymes
ϟ DISTRICT : quatre - réside désormais au Capitole
ϟ AGE : 23
ϟ METIER : Journaliste et Mentor (71èmes HG) - A un talent caché pour le dessin.
ϟ LIFESTYLE : excellentes, un peu trop à son goût d'ailleurs. Mais pour tout dire, il ne crache pas dessus, bien au contraire...
ϟ HUNGER GAMES : oui
ϟ RÉBELLION : contre
ϟ COMPÉTENCES : SURVIVOR
MODÉRATEUR DE DAUGHTER OF FIRE
MessageSujet: {FLASHBACK - 4ans} « Une chute sans fin dans une nuit sans fond, Voilà l'enfer. » [pv Jana]   Ven 24 Oct - 19:43


Un pas. Deux. Trois. Quatre et me voilà dans le salon. Je reste un instant immobile, le souffle coupé, mes yeux gris écarquillés pour prendre possession des lieux et de ce qui est désormais à moi. A moi. Et à moi seul. Un nouveau pas, je trébuche sur le tapis, me rattrape in extremis au canapé pour m’y effondrer sans la moindre délicatesse ou retenue. Seul. La douleur n’a rien de comparable à celle qui pulsait dans mon bras ou dans mon œil. Il faut comprendre que de toute ma vie, même dans l’arène, même perdu dans un arbre où je tentais de survivre, même lorsqu’on nous a emmenés au Capitole, même lorsque j’ai dis au revoir à mes parents et à Sebastian, je n’ai jamais été seul. Myriam était là, quelque part à côté de moi ou tout simplement dans mon cœur, sa présence forgée de notre complicité vieille de dix-neuf ans. Et maintenant, son absence creuse un trou béant dans ma poitrine que toute la technologie médicinale du Capitole est incapable de combler voire simplement guérir. Et le pire dans tout ça, c’est que je suis seul dans cette maison, seul dans ce district qui m’a vu naître, seul dans ce village de vainqueurs pourtant bien plus rempli que dans tant d’autres districts. Je viens de revenir mais je sens déjà que ma place n’est plus ici. Des bruits, du silence, personne ou presque personne pour m’accueillir, pas un regard de mes parents, juste celui, haineux, de Sebastian qui ne comprend pas, qui ne voit pas, qui se fait mener par le bout du nez par les Jeux et ce qu’ils ont impliqué. Lentement, je me laisse glisser à terre, hors de ce canapé que je suis conscient de ne pas mériter. Je vois encore sur mes mains le sang de ces tributs, et même si leur mort en soi ne m’effraie pas, c’est mon indifférence qui me terrifie le plus.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ainsi prostré au sol, dans ce salon trop grand qui m’écrase de son espace, adossé à ce canapé, assis sur ce tapis, devant cette table basse qui me rappellent de leurs murmures et par leur simple présence que je suis seul. Et que je le mérite. Je ne sais pas, je n’ai pas voulu savoir, je ne saurai jamais quand exactement j’ai tué Myriam. L’ai-je tuée dans cette forêt, après que cette hache m’a percuté le bras, l’arcade sourcilière pour maculer ma vue d’une couleur andrinople ? Ou l’ai-je tuée alors qu’elle me clamait que c’était elle, que c’était ma jumelle, que c’était ma grande sœur, qu’elle ne voulait pas me tuer et encore moins avoir à se battre contre moi ? Un tremblement s’empare de mes muscles, je me recroqueville davantage, je ferme les yeux et me bouche les oreilles pour ne plus entendre sa voix, même si ça ne sert à rien. Le tremblement s’accentue, s’immisce dans mes poumons, étrangle ma respiration, se réfugie dans mon cœur qu’il fait battre de manière erratique. De mes yeux perlent des larmes de terreur. Je ne veux pas être seul, p#tain ! Je veux ma sœur, je veux Myriam, je veux qu’elle soit là, à côté de moi, qu’elle me prenne la main, qu’elle m’affirme que rien ne pourra m’arriver tant qu’elle sera là protéger, pour veiller sur moi, pour Tu m’as tuée, Maël. Je sursaute. Quand exactement me suis-je endormi ? Et surtout, question plus pertinente encore, qu’est ce qui m’a réveillé ? Je ne reconnais pas tout ce qui m’entoure, d’un bond je m’accroupis derrière le buisson contre lequel j’étais adossé, pour chercher dans la forêt la source du bruit. Et dans un clignement, je me rends compte que s’il fait nuit, que si je suis sur un tapis aussi doux qu’un pré d’herbe verte, la ressemblance avec l’arène, mon arène s’arrête là.

Un soupir s’échappe de mes lèvres, un sourire daigne même s’y poser, un rire tente maladroitement de s’y frayer un chemin. Je suis pathétique. Me voilà dans le District 4 depuis une demi journée maintenant, et je suis déjà fou. Quand le suis-je devenu, exactement ? Au moment où j’ai compris que j’avais tué Myriam et que j’avais gagné les jeux grâce à son sang sur mes mains. Charmant. Lentement, je me redresse, décontracte mes muscles et mes articulations malmenées par ce sommeil sauvage qui m’a pris par surprise, titube jusqu'au Hall pour chercher la cuisine. Et un interrupteur. P#tain, ouais, un interrupteur. Le noir de la nuit me fait suffoquer. Il enroule ses doigts griffus autour de ma gorge, je crains d’apercevoir un éclat et une hache se précipiter vers moi pour mieux me mettre à terre. Tétanisé, terrifié, mes mains tâtonnent nerveusement sur le mur le plus proche et trébuchent sur un interrupteur que j’active en renfort de coups de poings et autres hurlements, avant de m’effondrer à nouveau sur le parquet satiné de la villa. Je suis faible, m#rde, je suis encore plus faible qu’avant les jeux, je suis encore plus pathétique que cette voix mal assurée qui se portait, la première, volontaire pour rejoindre sa sœur effarée. J’étais certain, à ce moment là, de faire le bon choix, de sauter sur une occasion en or, de me comporter héroïquement pour la plus grande fierté de ma famille. Et résultat, me voilà là, prostré au milieu d’un couloir, à chercher de la lumière pour fuir la plus enfantine des peurs, la plus pitoyable surtout, cette phobie du noir et de l’obscurité que je me découvre depuis la fin des jeux. De toute manière, personne n’est là pour le voir. Personne n’est là pour voir à quel point Maël est perdu sans sa sœur, personne ne voudra savoir que je ne l’ai pas tuée parce que je le voulais, mais que ce n’était qu’un p#tain de concours de circonstance qui a fait le plus grand bonheur du Capitole et de ses groupies. Et le pire dans tout ça, c’est que je sais que demain, si quelqu’un m’interpelle, si quelqu’un me parle, je devrais jouer le jeu. Parce que c’est ce qu’il s’est passé, hein, Maël ! C’est ce que tu voulais, tuer ta sœur, cette sœur qui te faisait de l’ombre, cette sœur que tout le monde portait aux nues, non ? La voix du maître chanteur résonne à mes oreilles, comme ces quelques coups portés à l’entrée de la villa, dont l’écho se répand dans le couloir qui m’héberge.

Je fronce les sourcils. Me laisse guider par la curiosité plutôt que ma raison, me lève péniblement pour trébucher jusqu’à la porte et l’ouvrir dans un grognement. « Quoi ? » Qu’il est loin, le Maël tout souriant qui aurait accueilli dans un éclat de rire Jana, qui l’aurait prise dans ses bras en lui disant d’entrer, qu’il allait appeler Myriam, qu’ils n’allaient pas tarder à se mettre à table et qu’elle pouvait rester. « Qu’est ce que tu veux ? Un autographe ? Désolé, c’est sur rendez-vous et qu’en journée, merci. » Je fais volte face, oubliant de fermer la porte, m’appuyant quelques pas plus loin contre le mur. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Dans un sens, je ne veux pas la voir. Mais dans un autre, je ne veux pas être seul. Génial. Paye ta logique et ta cohérence, mec.


_________________
Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.
« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

(c) northern lights.
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