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 Maël Alexander Reh ♦ Les rebelles causeront notre perte.

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ϟ 1ERE MOISSON : 23/08/2012
ϟ MESSAGE : 547
ϟ AVATAR : Sam Worthington (guardianangel)
ϟ MULTICOMPTE : Théodore M. Hymes
ϟ DISTRICT : quatre - réside désormais au Capitole
ϟ AGE : 23
ϟ METIER : Journaliste et Mentor (71èmes HG) - A un talent caché pour le dessin.
ϟ LIFESTYLE : excellentes, un peu trop à son goût d'ailleurs. Mais pour tout dire, il ne crache pas dessus, bien au contraire...
ϟ HUNGER GAMES : oui
ϟ RÉBELLION : contre
ϟ COMPÉTENCES : SURVIVOR
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MessageSujet: Maël Alexander Reh ♦ Les rebelles causeront notre perte.   Sam 18 Oct - 15:25


REH Maël Alexander

23 ans ϟ District 4 (Union) ϟ Sam Worthington

PRÉNOM(S) ϟ A la base, j’étais supposé m’appeler seulement Maël, mais comme mon frère aîné de quelques minutes n’a pas réussi à respirer  la sortie du ventre de notre mère, mes parents ont rajouté Alexander sur mon certificat de naissance ; NOM ϟ Reh. Un nom court pour une famille sans histoire, un nom détesté désormais puisque le vainqueur qui le porte a tué de sang froid sa sœur jumelle dans l’arène. On en a rencontré des tarés dans les jeux : parait-il que je suis le pire ; DATE DE NAISSANCE ϟ 02 novembre, ce qui me fait 23 ans maintenant. Mais je préfère me dire que j’ai 4 ans, puisque ça fait 4 ans que j’ai survécu aux jeux ; DISTRICT ϟ District 4, chasse, pêche et tradition. Notre vie se limite à recueillir les fruits de la mer, à apprendre à se battre et à faire divers bracelets de coquillages pour le plus grand plaisir des habitants du Capitole; METIER ϟ Si je ne m’étais pas porté volontaire pour les jeux, sans nul doute que j’aurai terminé comme mon père et mes aïeux avant moi, à réparer des filets et à pêcher dans une mer qui nous donne une liberté factice. Mais je suis désormais un vainqueur, donc sans grand besoin de travailler. Je vis au Capitole cependant, et loin de me laisser désœuvré, je suis un objet que l’on exhibe dans les soirées et un journaliste qui commente les jeux ou joue plus ou moins son rôle de mentor; SITUATION CIVILE ϟ anciennement fiancé, je suis désormais célibataire et marié à ma bouteille; ALLÉGEANCE ϟ Soyons clair : je hais le Capitole, je hais cette bestialité qu’il réveille en nous, je hais ses habitants jusqu’au dernier. Et pourtant je vis au milieu d’eux puisqu’être dans mon District de naissance me donne envie de vomir. Si je hais le Capitole, ce n’est pas pour autant que je soutiens cette rébellion qui n’a toujours pas compris que le Capitole va gagner, que le Capitole gagne toujours. Selon moi, ils feraient bien de rendre les armes dès maintenant parce qu’ils vont au désastre. Alors oui, je hais le Capitole, mais ouvertement je le soutiens. Parce que c’est ce qu’il me demande, et parce que si je peux faire comprendre aux rebelles qu’ils se fourvoient, ce sera toujours des vies de sauvées; GROUPE ϟ Fame & Fortune, j’ai gagné les 71ème Hunger Games, juste après avoir fêté mes 19 ans. ; CRÉDIT ϟ sam-worthington | tumblr


les questions de César
QUE PENSEZ-VOUS DU GOUVERNEMENT ET DU PRÉSIDENT ? Je l’ai dit précédemment : je le hais. Vraiment. J’ai beau être originaire d’un des districts qui lui sont fidèles, j’ai beau avoir un passé de carrière, j’ai beau être un vainqueur, j’ai beau y résider, j’ai beau être une curiosité qu’on exhibe dans les soirées, j’ai beau le soutenir officiellement, je le hais. Le Capitole a tué Myriam. C’est tout. Ca suffit comme explication non ? Pour être plus complet : le Capitole est la seule puissance véritable de Panem. Je sais pertinemment qu’il ne peut pas y avoir de rébellion, c’est impossible. Comment renverser une institution suffisamment puissante pour contraindre des centaines de millier de personnes de donner régulièrement vingt-quatre de leurs enfants en victimes aux pulsions sanguinaires de ce qui vivent dans le luxe et, pire, une institution capable de forcer ces centaines de millier de personnes à regarder ces jeux. Point. L’attentat n’a rien changé, puisqu’il a déjà mis la main sur ceux qui ont osé faire ça. Non, le Capitole est invincible, et quand bien même je le hais plus que quiconque, on ne peut rien faire. Et encore moins moi, un vainqueur des Hunger Games, sûrement le moins populaire dans les Districts..

QUEL EST VOTRE AVIS SUR LES JEUX ? C’est une excellente question. Mon avis sur les jeux ? J’aimerai bien dire que j’en ai pas, que j’en ai plus, que je n’en ai jamais eu. Malheureusement, il faut bien l’avouer, pendant près de dix-neuf ans, je n’attendais qu’une chose : faire mes preuves, gagner les jeux, montrer au Capitole que la famille Reh lui était fidèle. Des c#nneries ? Peut être, mais c’était ce que le gosse pensait. Maintenant, après voir vécu les jeux, mon avis a changé. Je vois leur raison d’être, je la connais puisque je la subis. Le Capitole a eu un éclat de génie lorsqu’il les a mis en place, puisqu’il s’assure de ce fait la coopération de certains districts et la terreur dans les autres. Les Jeux, c’est un moyen comme un autre de nous manipuler, c’est un moyen comme un autre de nous avilir et de nous ramener à l’état d’animaux qui n’ont qu’un seul but : survivre. Je suis trop blasé, trop écœuré, trop brisé  pour haïr les jeux ou avoir un quelconque avis sur eux à présent. Dans un sens – oui je sais, c’est égoïste – c’est trop tard pour moi. Et même si je crains de voir mon frère tiré au sort, les jeux ne représentent à présent qu’une vague animation annuelle, une mascarade à laquelle je suis contraint de prendre part.

RÉCEMMENT, LE CAPITOLE A SUBI UNE VAGUE D’ATTENTATS. QU'EN PENSEZ-VOUS ? J’étais là… Le Capitole souhaitait que je sois présent, je ne sais plus exactement pourquoi, sûrement pour m’avoir à l’œil, ou pour exhiber devant les caméras celui qui représente la folie et la cruauté de l’être humain. Donc j’étais là. J’ai moi-même été blessé dans un de ces attentats. Je ne sais pas qui en sont les commanditaires, ni qui était exactement la cible, je n’écoute que d’une oreille les mensonges déversés par les médis, mais dans tous les cas, mes sentiments à l’égard du Capitole n’ont pas changé et ne changeront jamais. Ce que j’en pense donc ? Sûrement des crises de colère d’un enfant gâté qui pense pouvoir ébranler un gratte-ciel en tapant du pied. Je vous assure que si le président Snow avait été liquidé, si le Capitole s’était effondré comme un château de carte, j’aurai sauté au plafond, mais ce n’est qu’utopie, et j’ai eu assez de déceptions dans ma vie pour savoir que ça ne sert plus à rien de lutter voyez vous. Il faut que les gens comprennent qu’il est inutile de se débattre, qu’il est inutile de se laisser ronger par un espoir vain. Il n’y a que comme ça qu’ils pourront espérer mourir de vieillesse. Il est temps de grandir, b#rdel, il est temps d’assimiler que le Capitole est et restera inébranlable et que si on veut un changement, il faut courber l’échine, plier le genou, obéir au moindre ordre qui sort de sa bouche.

COMMENT VOUS COMPORTERIEZ-VOUS DANS L’ARENE PENDANT LES JEUX ? Petit, je me voyais comme le combattant ultime, le traqueur, le vicieux, celui que personne ne voit mais qui tue le plus de personnes, le héros du District Quatre. Lorsque j’ai fini dans l’arène, ça a été un peu différent. Juste un chouillas. Déjà, dans toutes mes idées les plus folles, je n’avais pas imaginé me retrouver dans l’arène avec ma sœur, après quelques jours au Capitole où nous avions du installer une haine médiatique entre nous deux sur les conseils de nos mentors. Je ne m’attendais pas à vouloir à ce point la protéger, sans penser au reste, sans penser à gagner. Mon comportement donc ? Celui d’un carrière de dix-neuf ans, un carrière solitaire. J’ai récupéré une épée, un sac, des gourdes, des poignards et je me suis enfui pour chercher Myriam et couvrir ses arrières. Ca, c’était au début. Et chaque jour passé, je suis devenu un peu plus fou, un peu plus paniqué, un peu plus meurtrier. Jusqu’à cette nuit où j’ai perdu totalement la raison lorsque j’ai failli perdre mon bras et mon œil. Je ne sais pas quand exactement j’ai tué ma grande sœur et je ne veux pas le savoir. Je ne veux plus repenser à la manière dont j’ai agi dans l’arène parce que j’y ai été un loup dans mon milieu naturel, un chasseur entraîné pour tuer et qui a su le faire mieux que les autres.

QUE PENSEZ-VOUS DE LA SPECIALISATION DE VOTRE DISTRICT, DE VOTRE NIVEAU DE VIE ? Ce que nous produisons ? Strictement rien à mon avis. Enfin… nous pêchons. Nous passons notre enfance et notre vie dans l’eau en quelque sorte. C’est rudimentaire comme explication mais bon, pour être franc, je n’ai pas eu le temps de travailler plus d’un an, et c’était dans une sorte de fabrique de filets… Ma famille n’était pas des plus riches, et elle ne l’est toujours pas, et à dix huit ans, qu’est ce que vous vouliez que je fasse ? Pêcher bien sûr, mais aussi rafistoler tous nos filets. Non. Je ne sais pas quoi dire plus, à part que, à ce qu’il paraît, nous n’avons pas à nous plaindre. Et comme nos trois coquillages et nos quinze poissons et autres crustacés sont appréciés du Capitole, nous sommes l’un de leurs districts chouchous et nous avons une niveau de vie bien supérieur aux autres Districts.


entrez dans l'arène
ϟ PSEUDO Marelle ♥
ϟ AGE 21 ans maintenant ! Mais plus pour longtemps.
ϟ COMMENT AS-TU CONNU LE FORUM ? Oulah… je ne sais plus ; j’y étais avant le hiatus, mais je crois que si j’ai atterri dessus à la base, c’était via des partenaires.
ϟ AS-TU LU LA TRILOGIE ? Oui ! Plutôt deux fois qu’une !
ϟ CODE At the Hunger Games you win or you lose (d’ailleurs, j’ai pas trouvé la première partie,  je l’ai juste déduite du reste du code ‘-‘ )
ϟ COMMENTAIRES ? des commentaires c'est ici !

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Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.
« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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MessageSujet: Re: Maël Alexander Reh ♦ Les rebelles causeront notre perte.   Sam 18 Oct - 15:27


« Tu te feins criminel pour te justifier »


don't get lost into the woods
Le décompte va arriver à son terme. Je le sais, je vois les chiffres. J’ai dix-neuf ans, pourtant j’ai envie de me carapater loin d’ici, loin de ces autres tributs. Je sais que je devrais me réjouir d’être là ! Tant de mes camarades de District voulaient ma place. Ils s’étaient tous portés volontaires, comme moi, mais pas nécessairement pour la même raison j’imagine. Après tout, dans le District Quatre, il est courant que l’on se porte volontaire pour le prestige que nous apportera la victoire. Ces idiots semblent oublier qu’il y en a toujours probablement cinq autres comme eux qui espèrent et qui ont leur chance de victoire. Non, se porter volontaire pour sa propre mort en espérant être celui qui survivra, ce n’était pas pour moi. Et pourtant j’étais là. Fort de mes aptitudes, suffisantes pour récolter un dix d’ailleurs. J’étais là et je voyais en face de moi celle pour qui j’étais là. En fait, elle était là à cause de moi. Oui, je sais très bien ce que je raconte. Ce n’était pas compliqué, ma fiancée avait été sélectionnée comme tribute, ma sœur s’est portée volontaire pour que je n’aie pas à subir la mort de Lizzie, et je m’étais porté volontaire parce qu’elle n’avait pas à faire ce sacrifice. Echec. Les deux frères et sœurs sont choisis pour concourir, et les autres du District sont perplexes. Nous nous détestions au point de vouloir régler nos comptes dans l’arène ? Non loin de là, mais mon Mentor nous encourage presque à garder cette image. Selon lui, notre rivalité attirera les regards des sponsors, et nous donnera nos chances. Je veux absolument sauver ma sœur, elle s’est sacrifiée pour moi, je me sacrifie pour elle. Maintenant, je vois à quel point c’était stupide, à quel point j’ai été inconscient de me porter volontaire. Elle aurait eu des chances de gagner, elle en avait très largement le potentiel. C’est limpide, des années en arrière, mais sur le coup… non.

Nous sommes donc en face l’un à l’autre. Comme des jumeaux. Normal, c’est ce que nous sommes. Je cours vers la corne d’abondance, je suis le premier arrivé et j’attrape ce qui se rapproche le plus d’un de ces bâtons avec lequel je jouais avec notre petit frère. C’est une épée, une vraie, et j’ai à peine le temps de l’empoigner que je me vois obligé de m’en servir. Je tue un tribut qui ne devait pas avoir quinze ans, et je récupère un des sacs de survie que j’enfile sur mon dos. J’en prends un autre, récupère tout ce que je peux, et avant de m’être dégagé de la Corne d’Abondance j’ai déjà tué deux autres tributs. Je fuis, ne voulant pas voir si ma sœur est encore en vie. C’est lâche. Je voulais la sauver et je n’ai même pas le courage de savoir si elle est en difficulté, si elle est à mes côtés pour le faire l’un de ses tendres sourires, si… je détourne le regard et je pars dans la forêt. J’ai choisi de faire cavalier seul, afin que l’on ne me voie plus comme une menace. Bien sûr, cette stratégie est stupide, et j’attire d’autant plus les regards qu’il est rapidement visible que je sais me débrouiller pour survivre. En même temps, dès ma naissance, j’avais montré que j’étais un de ces survivants tenaces qui n’arrivent pas à mourir. A la base, nous étions des triplets. Ma sœur est née en première, bien fringante. Elle a toujours été plus robuste que moi. Puis mon frère, qui est mort deux heures après. Et moi, mon pronostic vital à moi aussi était engagé. Même pas une demi heure après ma naissance et je connaissais déjà les jeux de la faim : je n’arrivais pas à m’alimenter. J’ai puisé dans mes ressources, me battant pour rester en vie. Je garde de ma naissance une taille petite et un air malingre, alors qu’en réalité, je suis plus sec que tous les membres de ma famille, et je dois dire que je suis assez costaud. La nuit tombe, et j’essuie une larme qui coule de ma joue. J’ai un bracelet à mon poignet que m’a donné ma sœur avant les jeux. Je sais qu’elle a le même à son poignet. Un bruit, et une meute de carrière surgit derrière moi. Visiblement, ils sont décidés, une fois n’est pas coutume, de s’allier, et veulent éliminer leurs principaux concurrents. L’un d’eux fait une remarque à propos de ma sœur, et j’éclate. Aussitôt j’attaque, me surprenant moi-même par ma vitesse, j’en étale un dans l’herbe dense de la forêt et je m’enfuis, plus leste que le chevreuil dont je porte le nom de famille. Les canons tonnent dans le ciel, je suis toujours en train de courir. Aurais-je oublié de vous dire que je suis insomniaque ? Peut être… je l’étais déjà à l’époque, et je trace ma route tard dans la nuit, n’ayant pas de fatigue à combattre. Je vois le tribut du district deux que je viens de tuer. Visiblement l’épée que je tiens dans ma main a tué une cinquième fois. Les tributs s’alignent. Ma sœur n’y est pas et mon soulagement sur mon visage n’est pas masqué. Peut être que les spectateurs pensent que je suis soulagé que quelqu’un d’autre que moi ne l’ait pas tué. Je l’ignore.

Les jours passent. Le canon tonne toujours, l’hymne retentit presque chaque soir et au bout d’une semaine et demie, nous ne sommes plus que quatre dans l’arène. La Tribute du Deux, les deux tributs du Quatre et la fille du district sept. Je n’ai pas vu ma sœur depuis le début des jeux, et je n’ai même pas conscience du temps qu’il s’écoule. J’ai perdu toute notion du temps, de l’espace… Ai-je déjà perdu l’esprit ? Je ne sais pas. J’essaye de survivre. Seul ce mot est dans mon esprit. Non. Ce n’est pas vrai, faire survivre ma sœur. Je sais que je dois éliminer tous les concurrents et ensuite me jeter de cette falaise que j’ai remarquée la veille. Pour que ma sœur survive. Je ne sais pas. Non. Ce n’est pas une bonne idée. Je suis un Reh, je ne parle pas de suicide. Je suis un survivant, depuis ma naissance si difficile ! Mais je ne veux pas que ma sœur meure. Je crois que c’est à ce moment là que j’ai définitivement perdu l’esprit. J’y suis habitué. Une lame surgit à cet instant à ma droite et m’entaille si profondément le bras que je ne hurle de douleur. Ce doit être le premier mot que je prononce depuis que je suis là, et ma voix résonne comme le rugissement d’un ours. Mon bras gauche rétorque aussitôt et on engage le combat. Je perds pied petit à petit, et l’autre s’en aperçoit. Elle est tellement sale, que je peine à distinguer son visage. Je n’arrive pas à déterminer si c’est la fille du deux ou du sept. Mais elle se bat bien. Elle attaque de nouveau et la violence de son coup me fait lâcher mon épée et m’entaille l’arcade sourcilière. Je ne vois plus rien de l’œil gauche, mais j’arrive à récupérer mon épée et la brandis à l’aveuglette. Soudain le canon tonne. Je gémis de douleur. Ce sont mes premières blessures sérieuses, et je sais que mes chances de gagner sont réduites. Le soir tombe. Et les tributs morts apparaissent dans le ciel. Il y en a eu un, au moins, je le sais parce que c’est la fille que je viens de tuer. Je distingue alors le chiffre quatre dans le ciel. Mon cœur s’arrête. Je peine à comprendre ce qu’il vient vraiment d’arriver. Cette fille… était-ce vraiment ? L’hymne et les lumières disparaissent, mais je reste prostré dans le creux de rocher ou j’avais trouvé refuge. Là bas, dans la ville, dans les Districts, je sais qu’ils pensent que je pleure de joie, parce que je viens de tuer ma sœur. Mais moi, je perds totalement mon âme. Je ne sais plus quoi faire. Survivre… survivre oui, mais à quoi bon ? Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de me porter volontaire ! Je voulais protéger ma sœur, et j’ai réussi à la tuer ! Je pleure de rage, je hurle, je crie que je veux qu’on en finisse. Je sais qu’il ne reste que deux tributs. La fille du deux et celle du sept. Je m’en fiche qu’elles m’entendent ! C’est ce que je souhaite justement ! La nuit est bien avancée, et les étoiles illuminent l’arène, comme si les juges voulaient les rendre plus brillantes pour assister à la fin des jeux. Je cours vers la clairière. J’entends des bruits dans les fourrés, et un hurlement. Un coup de canon. Visiblement, dans l’obscurité, l’une des deux filles n’a pas vu un des précipices sournois qui avaient déjà tué deux tributs.

J’arrive dans l’arène. Je croise le regard vert de l’autre. Elle a les mêmes yeux que ma sœur. Les miens sont voilés par le sang qui s’écoule de mes sourcils. Je ne vois pas grand-chose, mais la nuit, personne ne peut percer les ténèbres. Il n’y a que des ombres. Je sais que j’ai tué ma sœur. Je sais que je l’ai tué, et je n’ai qu’une envie, cesser ces jeux. Je sais que je vais mourir dans quelques minutes parce que ma blessure au bras saigne de plus en plus, et que ma vue réduite, quoique je puisse dire, va m’handicaper. Je sais que je suis un survivant, je revois encore mes parents me le dire, mais ma survie va prendre fin. Je suis résigné. C’est étrange n’est ce pas ? La résignation. Et là, coupant ce moment de réflexion l’autre prend la parole. Elle attendait peut être que je l’attaque. Peut être arrive t elle au bout de sa réserve elle aussi. Peut être sent elle, elle aussi, qu’elle n’a pas beaucoup à faire pour gagner. Je ne sais pas, je ne le saurais jamais. Mais elle parle. Et moi, j’ai un sourire de fou furieux au visage.

« Maël, c’est moi ! Tu… tu es en vie ? Qu’allons-nous faire ? Je ne peux pas tuer mon frère ! »

Mon cœur ne fait pas de bon dans ma poitrine. Ne s’arrête même pas. Ne fait rien. Il est brisé. Elle se joue de moi, ce n’est pas ma sœur ! Je viens de tuer Myriam, je le sais, j’ai vu son nom dans le ciel ! J’ai vu son visage. Non. Je n’ai vu que le numéro de notre district, mais un numéro ne peut pas se tromper. Je rétorque aussitôt, la voix éraillée, et hurlant dans la nuit :

« TU MENS ! MYRIAM EST MORTE ! »
« Non, je suis là, Maël, je suis bien en vie, petit frère ! »

Je deviens totalement fou. Comment ose-t-elle se moquer ainsi de moi. Je ne saurais pas reconnaître ma propre sœur ? Elle pense me leurrer ainsi par ces douces paroles ? Tout le monde sait que ma sœur ne m’a toujours appelé que petit frère. Non, personne ne le sait. Mais je n’y pense pas. Je continue de l’insulter. Je faiblis au fur et à mesure que nous échangeons ainsi, moi hurlant, elle tentant de me convaincre qu’elle s’appelle Myriam Emmanuelle Reh. Lorsqu’elle s’approche, je la laisse faire. Elle me prend la main et me relève la tête pour ficher ses yeux verts que je lui enviais tant dans mes yeux gris. J’y crois presque. Serait-ce Myriam ?

« Allez petit frère, calme toi, tu ne risques plus rien, je suis là. Calme-toi. »

Ces quelques mots je les rejette aussitôt. C’est à ce moment que je suis réellement devenu fou en fait. En pleurant, en laissant mes larmes nettoyer le sang qui m’empêchait de voir correctement, je plante une dernière fois mon épée dans le corps d’un autre tribut en hurlant :

« TU N’ES PAS MA SŒUR ! »

Le canon tonne. Je reste à genoux face au cadavre de la fille que je viens de tuer. Je ne veux pas ouvrir les yeux. J’entends la voix du présentateur. Du Haut Juge. Ou de je ne sais plus qui. Je pleure, et je ne bouge pas lorsque les soldats m’emmènent dans un hovercraft pour me soigner. La voix résonne dans mes oreilles, et je pleure toujours.

« Maël Reh vient de tuer sa sœur en lui disant en face qu’il ne la considérait plus comme telle ! Comment un monstre comme lui peut il exister ? »

Je dois être le vainqueur le plus détesté depuis le début des jeux. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Enfin, pour être plus explicite, je n’ai pas toujours été le monstre que tout le monde voit aujourd’hui lorsqu’il me regarde… Si vous avez bien tout lu, je suis né un deux novembre, quelques minutes après mon frère, et un quart d’heure après ma sœur. Myriam était robuste, vigoureuse et pleine de vie, mon frère… ne survécut pas, et moi j’étais là. Pas très gros, pas très grand, pas très vif. Pas grand-chose, mais en vie. Je me suis battu pendant trois semaines pour qu’on me laisse tranquille et qu’on arrête de dire que si je passais la nuit, c’était un miracle. Je grandis donc, contre toute attente, et ma grande sœur ne cessait de veiller sur moi. J’étais son petit frère fragile qu’il lui fallait protéger. Après tout, mes parents ne cessaient pas, eux non plus, de s’inquiéter dès que je me faisais une écorchure, de paniquer dès que je montrais le moindre signe de fatigue… A cinq ans, il était clair pour toutes les personnes qui nous croisaient que Myriam était la grande sœur, et que j’étais le petit dernier, Sebastian. Echec. Il y avait quelqu’un entre les deux. Et oui, car pour être plus clair, Myriam et moi étions les aînés, et deux ans après, Sebastian avait vu le jour. Aussi blond que j’étais brun, nous faisions la même taille et je semblais du même âge que lui. D’ailleurs, encore maintenant, les gens pensent que je suis le plus jeune. Mais bon. Donc nous grandîmes tous les trois dans notre vieille maison chaude et propre. Je vous passe le paragraphe sur l’enfance heureuse que nous n’avons pas vécue, parce que même si notre District était l’un des privilégiés, tous ses habitants ne l’étaient pas. Bien sûr, rien de comparable assurément avec la misère que j’ai découverte lors de ma tournée dans le douze ou le onze, mais notre vie n’était pas toute rose. Cependant, mes parents firent toujours de leur mieux pour nous offrir des entraînements de carrière et malgré mon mauvais départ dans la vie, j’affirmais haut et fort que j’étais le digne frère de Myriam : nous étions tous les deux parmi les meilleurs de notre promotion, même si, comme toujours, ma sœur avait deux longueurs d’avance sur moi. Je crois que j’ai tellement bien assumé ce fait toute ma vie que jamais je n’ai pu concevoir une once de jalousie à son encontre. Les années passèrent, rythmées par les moissons qui se succédaient. J’avais conscience qu’un jour j’allais être ‘éligible’ en quelque sorte mais je m’en fichais pour le moment. Nous vîmes des connaissances, puis des amis partir dans l’arène et ne plus en revenir. Tout le monde considérait ça comme un honneur, moi, j’étais terrifié. Terrifié non à l’idée de me battre ou de tuer, puisque après tout, j’avais une conscience aigüe du fait que si ce n’était pas l’autre c’était moi, mais terrifié à l’idée que je puisse être séparé de Myriam. Elle me protégeait depuis mon enfance et moi je voulais un jour lui rendre la pareille. J’étais si sûr de moi, si sûr de pouvoir l’aider… j’ai échoué. Puis nous eûmes dix huit ans. Nous devions cumuler nos entraînements et notre travail. Ce n’était pas bien dur, nous étions toujours ensemble alors tout allait pour le mieux. Sebastian suivait nos traces d’excellence. Nos parents, n’étant plus les seuls à rapporter de quoi se nourrir, virent le quotidien s’alléger et moi… je rencontrais Lizzie. Lizzie et ses cheveux bouclés. Lizzie et ses grands yeux innocents qui plongeaient au fond de vos âmes, mettant à découvert vos secrets les plus enfouis. Lizzie… c’était une amie de ma sœur, et elle devint très vite ma petite amie. Nous filions le parfait bonheur, et nous choisîmes même de nous fiancer lorsque nous eûmes tous les deux dix neuf ans. Myriam veillait sur notre bonheur, toujours. Et la moisson arriva. Avec elle, le cauchemar. Lizzie fut tirée au sort, Myriam croisa mon regard catastrophé, se porta volontaire. Le nom de mon voisin fut à peine cité que je m’avançais timidement, me portant volontaire à mon tour. Je ne pouvais concevoir que ma sœur fut loin de moi. Et c’était le moment, l’occasion rêvée pour la protéger, comme elle, elle me protégeait depuis des années.

Et je devins un monstre aux yeux de tous. Même de ma famille. Je n’avais pas la force de leur dire ce qu’il s’était passé cette nuit là. Mes parents crurent ce que dirent les commentateurs et la foule : je jalousais tellement l’excellence de ma sœur, que je voulais pour une fois passer devant elle et lui montrer que j’étais le meilleur. Forcément, je devins un paria dans le District Quatre. Le Capitole me demanda de développer l’un de mes talents et je me souvins ce que disait ma sœur à propos de mon style d’écriture et de ma manière de raconter des faits. Je devins écrivain dans un pays où l’écriture n’existait plus. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même dans tous les cas et ma voix monocorde fit bondir de joie l’un des responsables des vidéos des Hunger Games arguant que je pourrais faire un excellence commentateur pour les prochaines éditions des Hunger Games. Je refusai. Forcément. Et le Capitole me demanda des nouvelles de Sebastian. J’acceptai alors de commenter. Je hais le Capitole. Je le hais depuis qu’il a envoyé Myriam dans l’arène, qu’il a ruiné ma vie avec son interprétation des faits, depuis qu’il fait du chantage sur la vie de mon frère, depuis… depuis que je me suis rendu compte que la vie ne valait plus la peine d’être vécue, et que le Capitole ne pouvait pas être vaincu.

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MessageSujet: Re: Maël Alexander Reh ♦ Les rebelles causeront notre perte.   Sam 18 Oct - 15:28
J'adore vous revoir poster vos fiches, ça me rappel de bons souvenirs Smile

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MY BROTHER DIED FOR US. FOR FREEDOM.
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MessageSujet: Re: Maël Alexander Reh ♦ Les rebelles causeront notre perte.   Sam 18 Oct - 15:30
J'aime trop réécrire un peu avec Maël, donc le plaisir est totalement partagé

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Qui parle de vaincre ? Ce qui compte c'est de survivre.
« L'être humain cherche, tout compte fait, davantage à survivre qu'à vivre. Or survivre, c'est exister sans vivre... et c'est déjà mourir. » ►  Frédéric Lenoir.

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Maël Alexander Reh ♦ Les rebelles causeront notre perte.

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